16.01.21

Résistance: France Bloch-Sérazin (A. Quella-Villéger/ des femmes), Laure Moulin (Th. Rabino/ Perrin), Angela Davis (des femmes) et la correspondance Alfred & Lucie Dreyfus (Folio/ Gallimard)

Témoignage de Roland, le fils de deux héros de la Résistance.

Si l’on vit libre en France c’est grâce à des héros dont certains ne sont pas connus. Sans eux, on ne sait pas ce qui serait arrivé. Parmi eux le couple Sérazin. France Bloch-Sérazin (1913-1943), fille de l’écrivain Jean-Richard Bloch et de la sœur d’André Maurois (Marguerite Herzog), est une dame extraordinaire morte avant ses trente ans, au terme d’une vie trépidante. Brillante étudiante, la jeune chimiste adhère au communiste et s’engage tôt dans le combat contre les nazis. L’immonde régime de Vichy la fiche juive et communiste puis fait tout pour l’arrêter. Jeune maman d’un garçon, Roland né le 28 janvier 1940, elle vit dans le stress permanent, : elle veut cacher le bébé, et ne sait pas où est son mari, Frédo Sérazin, résistant comme elle qu’il surnommait «Francette». L’enfant a deux ans quand sa maman est arrêtée par les vichystes, le 16 mai 1942. Elle sera exécutée par les nazis, le 12 février 1943, en Allemagne, après avoir été livrée à l’ennemi par la France de Pétain. Son mari fut arrêté, torturé le 15 juin 1944 et tué le jour même de son arrestation. Il faut donc ancrer dans notre mémoire, ce couple mort pour la France. Leur fils a été sauvé des griffes des occupants et des miliciens grâce à une chaîne de la solidarité mêlant parents et amis. Madame Bloch-Sérazin se prénommait France. C’est dire l’amour que sa famille portait à la France qui a tout fait pour la massacrer, elle et d’autres membres de sa famille. La dernière lettre de France Bloch-Sérazin annonce sa mort à son mari. Des mots déchirants comme deux de Guy Moquet.

Un résistant peut en cacher un autre. En l’occurrence, une résistante. Laure Moulin (1892-1974), la sœur du seul préfet qui est resté dans sa préfecture quand les nazis avançaient dans la France. Infirmière volontaire lors de la Première Guerre mondiale, elle était une patriote de premier ordre. Professeur d’anglais, elle aide les réfugiés espagnols qui fuient Franco, puis elle s’engage dans la résistance en été 1940. Dans l’ombre totale, elle aide son frère, devenant une spécialiste du codage et décodage des messages secrets. Quand son frère meurt, elle est désemparée et cherche à comprendre ce qui a pu se passer. A-t-on balancé son «petit frère» aux nazis ? Si oui, qui ? Thomas Rabino reconstitue les étapes essentielles de Laure Moulin, personnalité aux multiples dons : les langues, la littérature, le sport… De caractère et de visage, elle ressemblait à Jean Moulin, trait pour trait, aussi belle qu’il était beau. On dirait que Jean était Laure en version homme, et que Laure était Jean en mode féminin. Le livre de Thomas Rabino est le premier consacré à l’héroïne qui passa le reste de sa vie, après la Libération, à honorer la mémoire de son frère. Un ouvrage référence.

Autre forme de résistance et pas la moindre: celle d’Alfred Dreyfus, élargie à sa femme. Voilà des lettres qui ne sont pas people comme celles d’un ex président - l’un des plus grands menteurs d’après-guerre- et de sa femme cachée, rien d’autre que du Voici de la branchouille sans aucun intérêt, à part de ramasser du fric (Si ce genre de torchon permet de rééditer Dreyfus, Perros et Navel, cela est un mal pour un bien). J’ai vu des manuscrits de Dreyfus à la BN. Pour ne pas devenir fou au bagne, il faisait de la calligraphie. Oui, il répétait plusieurs fois la même forme, ce qui peut paraître affolant alors que cela travaillait sa concentration, sa grande force mentale. Dreyfus est l’un des plus grands serviteurs de la France. Ceux qui l’ont condamné, dégradé, humilié, conduit presque au seuil de la mort dont il est revenu, auraient mérité d’être jetés dans une fosse aux lions remise en service rien que pour eux. Des psychiatres et autres analystes à la mode parlent de résilience. Mais que représentent-ils face à l’innocent dont l’honneur a été massacré puis rétabli grâce notamment à Emile Zola, lui-même bafoué, malmené et peut-être tué comme l’explique certaines thèses sur un assassinat par asphyxie ?

-France Bloch-Sérazin, une femme en résistance (1913-1943), Alain Quella-Villéger. Des femmes/ Poches, biographies, 300 p., 10 €.

-Laure Moulin. Résistante et sœur de héros, Thomas Rabino. Perrin, 310 p., 22 €.

- Ecrire, c’est résister, correspondance (1894-1899), Alfred et Lucie Dreyfus. Editions par Marie-Neige Coche et Vincent Duclert. Préface de Françoise Gillard. Folio/ Gallimard, 300 p., 7, 90 €.

A lire aussi ce livre d’un mythe vivant : -Femmes , race et classe, Angela Davis. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Dominique Taffin et le collectif des femmes. Des Femmes/ Antoinette Fouque, 300 p., 10 €

15.01.21

Permalink 12:21:31, Catégories: ANTI-FOOTBALL, PARIS SERA TOUJOURS PARIS  

Le Trophée des Champions 2021 ? Football 100 % onaniste

Mercredi 13 janvier 2021
Trophées de Champions
PSG 2-1 Marseille

Depuis le C-19, le football n’existe plus.
Les joueurs jouent entre eux et ne se rendent pas vraiment compte qu’ils vivent en circuit fermé, à l’écart du public. L’essentiel pour eux c’est l’argent en fin de mois viré sur leurs comptes en banque.
Le football professionnel sans public ce n’est pas du football.
Imagine-t-on Le Misanthrope joué devant personne ? Cela s’appelle répétitions, filage ou italienne.
Le football n’a repris que pour palper les droits TV.
Dans ce Trophées des Champions, pâle copie de ce qu’ont inventé les Anglais, on a vu l’impayable (!) Neymar jouer 30 minutes pour marquer un penalty. Tout ça pour 3 M€ par mois. Beurk ! Il peut nager dans des baignoires remplies de liquide (!) Ce joueur ne respire pas l’intelligence. Il partira de France sans savoir formuler une phrase de dix mots dans la langue de Molière.
Il a fêté son penalty comme s’il avait gagné la Coupe du Monde. Affligeant.
Ensuite, ses partenaires ont hurlé de joie pour fêter le titre devant personne.
Stade vide. Ambiance mortifère.
Ecoeurant !
Trophée en bois. Trophée insipide. Trophée pour les supporters. Rien de plus.

Permalink 08:02:28, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, LE JARDIN D'ENFANT  

Giono, encore & toujours. Propos et récits (M.T. Amrouche/ NRF), Le Hussard sur le toit, Le chant du monde (Ferrandez)

Jean Giono, interrogé par Claude Santelli. Ou quand la télévision n’est pas de la stupide communication.

On passe un grand moment avec Jean Giono quand on lit ses réponses aux questions de Marguerite Taos Amrouche. L’esprit fuse de partout. Jean Giono refuse d’être comparé à Stendhal. Il dit que ses «pauvres petits livres» ne tiennent pas la comparaison. Face à Stendhal, il songe même à cesser d’écrire ! Son humilité est non feinte. Comme dans Le Hussard sur le toit (sous la veine romanesque), il s’exprime beaucoup sur le choléra qui nous ramène au C-19. Il fait l’éloge une fois de plus de la fiction, du non-reportage. Il préférait l’invention juste, transcendantale, au quotidien rapporté par les journaleux sans talent. Il confie qu’il n’aime pas la lumière de Provence à partir de 14 h. Giono aurait voulu que le jour se levât pour ne jamais se coucher. Une palpitation d’éternité. Ces pages sont pleines du tabac de sa pipe. Cela sent bon.

Le peintre Jacques Ferrandez donne sa vision du Chant du monde de Jean Giono. Sa vision et non sa version. Insérés dans la nature, les personnages évoluent au cœur des paysages qui nous en font voir de toutes les couleurs. On voit des femmes et des hommes qui s’aiment à flanc de colline. Il y a de l’eau, des animaux, du feu, le jour et la nuit. Des vieux, des moins vieux, des plus jeunes, un nouveau-né. Du soleil, de la neige. Des corps nus, hommes et femmes. La vie à chaque page. Il y aussi le carnaval et même des coups de poings. Une très belle bande dessiné signée par un artiste qui a déjà célébré Albert Camus. Merci maestro.

-Propos et récits, Jean Giono. Entretiens improvisés avec Marguerite Taos Amrouche. Textes établis, présentes et annotés par Christian Morzewski. Gallimard, 210 p ., 20 €
-Le hussard sur le toit, Jean Giono. Folio/ Gallimard, 500 p., 9,70 €
-Le chant du monde, de Jacques Ferrandez d’après Jean Giono. Folio/ Gallimard, 155 p., 9,10 €

13.01.21

Permalink 10:00:47, Catégories: LITS ET RATURES  

Mieux que la littérature de gare: celle de caniveau

Société du spectacle oblige.
Au lieu d’aller dénoncer les malfaiteurs de la braguette, au moment des faits, des auteurs ou autrices, comme ils disent, écrivains ou écrivaines, comme ils disent encore, font fructifier l’atroce. On ne compte plus les exemples dans les familles de dégénérés.ées. Tellement narcissiques qu’ils couchent entre eux. La télévision leur fait tapis rouge. Hier, tout ça était dans Ici-Paris. Aujourd’hui, dans Le Monde.
Au lieu d’aller voir la police pour dire untel m’a pris.e en levrette sans mon accord, oui, oui, lui-même - sans jeu de mots- je vous dis, il.elle pisse de la copie.
Des éditeurs se lèchent les babines certains que beaucoup vont se rincer l’oeil.
La forme n’intéresse pas assez de monde. Seul le fond compte. Ainsi font, font…
Et bouquet final, il y a des membres de la coterie des immondes qui défendent l’innommable.

Les prochains livres à succès promis à gros… tirages :

Ma mère couche avec ma soeur qui a eu un enfant avec mon père.
Mon beau-père m’a sodomisé pendant France-Brésil 1998.
Ma mère m’a appris à tromper mon père avec ma tante.
A 3 ans, je m’amusais à faire des fellations à mon grand-père.
En 1968, mon père m’obligeait à faire des 69 avec sa soeur.
Mon fils m’a demandé de dépuceler sa fiancé qui était la soeur de ma femme.
J’ai eu trois enfants de ma mère que je ne connaissais pas.
J’ai épousé mon chien qui a mis enceinte ma belle-fille.

10.01.21

Les Marx Brothers par eux-mêmes, de Chantal Knecht (Laffont)

Quand on voit la médiocrité de certains histrions censés nous faire rire, on est obligé de penser qu’ils feraient mieux de regarder les films des Marx Brothers pour apprendre leur métier. Les cinq frères savaient tout faire et bien faire. Leur humour a révolutionné l’humour. Un humour avec des jeux de mots bien souvent mal traduits car ils étaient trop forts dans l’absurde. Chaplin dans le parlant est tombé dans le verbiage. Eux, non.
Quelle chance ont eu ceux qui les ont vus sur scène. Au music-hall ils étaient encore plus extraordinaire du fait de leur présence en chair et en os.
Au départ, ils sont cinq : Chico l’aîné au doigt revolver, Harpo le muet qui klaxonne, Groucho à la langue bien pendue, Gummo qui tient les cordons de la bourse et Zeppo monsieur passe partout. Quelle lignée ! Quelle fratrie ! Unique au monde. Du talent au kilo. Avec des poids lourds : Groucho, Harpo et Chico.
Il n’y a que deux catégories de gens : ceux qui aiment les Marx et ceux qui les ignorent. Nous sommes tous des Marxistes, disent les thuriféraires. Groucho quand il était bien reçu chez quelqu’un avec plein de victuailles, des bouteilles, des cigares et des dames, écrivait ensuite son hôte : «J’espère que quand vous viendrez chez moi vous ferez la même chose ! » Groucho était un génie comique. Sa démarche, ses yeux, sa voix, sa dialectique, son esprit, son intelligence crèvent l’écran. Sa moustache, unique. Il pouvait la dessiner avec de la suie de bouchon en liège. Harpo lui ne fait que passer, comme un ange terrestre. On ne sait pas d’où il sort et où il va. Il est aérien comme le son de sa harpe. Et Chico joue du piano avec un doigt à la fin pour clore sa partition.
Le livre est bourré de lettres, de témoignages, d’archives, de références, le tout sous forme d’un abécédaire. Les émissions de radio retranscrites ont la saveur d’un vieil Armagnac. Tout est excellent. Tout est à garder. Tout est à lire. A relire. On rit. Non seulement parce que c’est amusant mais aussi parce que cela fait du bien de savoir qu’en 1932 longtemps avant notre naissance des frangins se marraient bien ensemble. Une femme salue un homme mais celui ne se souvient pas qu’il a passé la nuit avec elle car il ne mélange pas le travail avec le plaisir. En 2020, un tel sketch vous conduit à l’émasculation sur une chaîne d’info continue ! Il faudrait adapter au théâtre l’héritage des divins farfelus. Succès assuré.
Il faut remercier Chantal Knecht d’avoir récolter tout ce legs considérable. J’en profite pour saluer Roland Blanche (1943-1999) avec qui j’ai passé une nuit dans les années 1980 a parler des films des Marx Brothers. Il déménageait et voulait m’offrir toute sa collection sur les frères. Vouloir me les donner, c’était déjà un cadeau inoubliable. Ensuite il est mort. Cela finit souvent comme ça mais il est parti trop tôt, au bout de longues nuits blanche, Roland, formidable comédien. Le coeur sur la main. On dit que les meilleurs partent en premier. Là, c’est vrai.

-Les Marx Brothers par eux-mêmes, Chantal Knecht. Préface Jean-Loup Chiflet. Robert Laffont, 760 p., 30 €

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