L'OGCNice va perdre son président et son DG

11.01.19 | par morlino | Catégories: LE GYM E BASTA

Vendredi 11 janvier 2019 restera pour l’OGCNice une très triste date: celle du jour où le président de l’OGC Nice, Jean-Pierre Rivère, et son directeur général, Julien Fournier, ont annoncé leur départ en raison de désaccords avec les actionnaires majoritaires sino-américains : Chien Lee, Alex Zheng, oeuvrant dans le business du tourisme; et les investisseurs américains Paul Conway et Elliot Hayes, qui en juin 2016 ont racheté 80 % des parts du Pt Rivère contre 20 M€. On devrait assister à «une passation de pouvoirs en douceur» .
Que se passe-t-il ? Le duo est en désaccord avec les actionnaires majoritaires qui sont plus préoccupés par leur marge sur les transferts que par l’apport de nouveaux joueurs. Les brillants duettistes n’ont jamais caché qu’ils réinjectaient, eux, l’argent gagné dans le club.
L’heure n’est pas encore au bilan mais il faut féliciter le duo partant qui a va laisser beaucoup après son passage:

Un stade flambant neuf
Un centre de formation flambant neuf
L’exploit d’avoir fait signer deux très grands entraîneurs: Puel et Favre
Ils ont relancé Ben Arfa
Fait signer Balotelli qui a fait deux grandes saisons avant de s’éteindre
D’avoir fait débuter Vieira en manager de L1
La découverte de plusieurs joueurs: Benitez, Plea, Ricardo… La liste est longue.

Les têtes pensantes du Gym ont dit qu’elles restaient en place jusqu’à la nouvelle organisation.
Ils ne claquent pas la porte.
Peut-on rêver à leur maintien après leur clash ?
C’est le vœu de beaucoup de supporters. Cela voudrait dire que des renforts vont arriver.
Quoiqu’il arrive grand merci aux deux grands dirigeants.
Rivère débutait dans le football. Il a vite appris et très bien représenté Nice.
Lui et son DG ont écrit plusieurs belles pages du Gym.

Livres : bons d’entrée (De Fallois, Borges, Arendt, Bedu, Hureaux, Genevoix, Zylberstein, Tyrmand, J-L Servan-Schreiber, Rabie …) et les bons de sortie (Houellebecq, Onfray, Jean d'O. ...)

11.01.19 | par morlino | Catégories: LITS ET RATURES

A la manière de René Magritte.

Les bons d’entrée :

-Introduction à La recherche du temps perdu, Bernard de Fallois. Editions Bernard de Fallois, 320 p., 18 €. Radioscopie toute en subtilité. Les Proustiens peuvent aller se rhabiller.

-Le livre de sable, Jorge Luis Borges. Traduit de l’espagnol (Argentine) par Françoise Rosset. Folio/ Gallimard, 144 p., 6, 90 €. Esprit du labyrinthe: le maestro se parle à un autre lui-même assis sur un même banc.

-Nous autres réfugiés, Hanna Arendt. Allia, 43 p., 3, 10 €. Merveilleux petit très grand livre. L’intelligence de l’intelligence.

-Les initiés, de l’an mille à nos jours, Jean-Jacques Bedu. Robert Laffont, 1189 p., 22 €. Dans cette anthologue d’illuminés essentiels, on voit Hugo faire tourner des tables. Et cela ne fait pas rire.

-Yauque, nem. 25 ans de Beuquette, Yanny Hureaux. Avec Gilles Grandpierre. Préface Didier Louis. L’Ardennais, 190 p., 14, 90 €. La sentinelle de nos âneries et le voyeur d’ombres a encore frappé. Des croquis littéraires dignes de Vialatte avec un zeste de Giono.

-Ceux de 14, Maurice Genevoix. Préface de Bernard. Flammarion/ GF. 954 p., 9,90 €. Chef d’œuvre d’un écrivain outrageusement oublié.

-Souvenirs d’un chasseur de trésors littéraires, Jean-Claude Zylberstein, Allary Editions, 450 p., 22,90 €. Les coups de cœurs d’un avocat qui diffuse le miel de la littérature depuis des lustres.

-Journal 1954, Léopold Tyrmand. Traduit du polonais par Laurence Dyèvre. Noir sur Blanc, 560 p., 26 €. On y lit : «Le socialisme s’édifie sur la tuberculose» et «la terreur, l’oxygène du communisme».

-80 ans, un certain âge, Jean-Louis Servan-Schreiber. Albin-Michel, 246 p.,18 €. Sur 11 (frères, sœurs et cousins) ne survivent plus que JLSS et deux de ses sœurs. Hymne à la vie par un journaliste au-dessus de la ceinture.

-La bibliothèque enchantée, Mohammad Rabie. Traduit de l’arabe(Egypte) par Stéphanie Dujols. Actes-Sud, 175 p., 19 €. Célébration de la culture par le biais du sauvetage d’une bibliothèque.

Les bons de sortie :

-Les clés de la liberté, Simone de Beauvoir. L’Aube, 96 p., 9,90 €. A la gloire de l’ex collaboratrice à Radio Vichy.

-Un hosanna sans fin, Jean d’Ormesson. Ed. Héloïse d’Ormesson, 140 p., 14 €. Fond de tiroir d’un “immortel".

-Rompre, Yann Moix. Grasset, 128 p., 13 €. Bouquin pour passer à la télé. Pendant les travaux, la vente continue.

-Sérotonime, Michel Houellebecq. Flammarion, 352 p., 22 €. Tient le rôle de «grantécrivain» mis sur orbite médiatique par Raphaël Sorin. L’hameçonnage a bien pris.

-Mes recettes healthy: BIM ! Prends-toi en main avec mes recettes fitfight forever. Thibault Geoffray. Marabout, 176 p., 15, 90 €. Deuxième meilleure vente derrière Houellebecq. C’est vous dire le niveau du lectorat.

-Sagesse, Michel Onfray. Albin Michel, 528 p., 22, 90 €. Une centaine de livres (série en cours). Le flot du tout à l’ego.

Eloge du dégoût, Bernard Morlino (Editions du Rocher)

10.01.19 | par morlino | Catégories: LITS ET RATURES, De GAULLE ET MITTERRAND SONT MORTS

Malraux, De Gaulle, Moulin… Quand il n’y aura plus aucun survivant de 1939-1945, tout sera terrifiant. Les gens s’ennuient en temps de paix.

Vu l’actualité de la politique intérieure en France, je republie un extrait de mon livre Eloge du dégoût (2012, Editions du Rocher) Le passage ci-dessous provient du chapitre: “Les politichiens dégradent l’action politique” (p.83-p.96)

-"Les peuplades éloignées étaient beaucoup plus artistes que nous. Nos lointains prédécesseurs avaient le sens des volumes. Face aux masques et autres statuettes anonymes, leur âme nous toise. Nous sommes incapables de tirer autant d’un bout de bois ramassé dans les forêts. On marche sur les asperges sauvages et nous ne ramassons plus les figues gorgées de sucre et de soleil, aplaties par les pneus des voitures indifférentes. On prétend tout savoir mais nous ne sommes pas en mesure de donner le nom des habitants de Los Angeles, de Washington et de Chicago.
Cela rassure de signer des autographes. Douce impression d’exister. Le plus connu d’entre nous n’est plus rien dès qu’il voyage. Certains people vont jusqu’à dire : « L’été je pars à l’étranger dans des endroits où personne ne me reconnaît ». C’est le comble du chic : une cure d’anonymat ! A Paris, ils sont pourtant prêts à tuer père et mère pour se faire une place à la devanture des kiosques à journaux. Les plus cyniques usent de leur gloriole pour passer avant tout le monde devant des distributeurs de billets, au seuil des banques sur les Champs Elysées. Les badauds sont contents de voir de près celui qu’ils voient chez eux quand ils sont en train de se curer le nez.
La pensée régnante du texto nous impose une société qui ne pense pas plus loin que les menus des fast-foods. On s’écrit en charabia. On pense en onomatopées. On ouvre un blog dans le désert. On téléphone aux radios par raconter qu’on a trompé sa femme avec le livreur de sushis… On interroge Madame Michu pour savoir si le budget du ministère de la défense lui convient. On fait croire à chaque auditeur qu’il est journaliste. Les radios sont devenues des vide-ordures.
D’ici peu, les présidents de la république feront leurs allocutions télévisées entourés de clodettes. Un ancien président des Etats-Unis se fait payer une fortune à chaque conférence pour ne rien dire de nouveau sur le conflit israélo-palestinien. En Italie, un président du conseil a atteint un degré de cynisme rarement atteint en démocratie.
Les politichiens ne cessent pas de dire que l’ennemi est à l’intérieur du pays. En 1939, il est venu d’Allemagne. Dans les années 2000, des chasseurs de bulletins de vote désignent les Noirs et les Arabes. Les Français ne s’aiment plus. Sous la présidence Mitterrand, le diable s’appelait FN. Depuis la mort de celui qui en l’a fait proliférer, par tactique électorale, le FN a été convié au second tour dans la bataille pour l’Elysée. On nous prédit que ce parti peut accéder à la fonction suprême. De Gaulle nous faisait prendre le dictionnaire pour voir les définitions de «Chienlit» et de «Volapuk» alors que son homologue de 2007-2012 a traité de « pauv’con» un électeur qui ne l’a pas élu.
Au petit matin, on voit des passants avec de gros casques sur les oreilles. Il ressemble à des techniciens d’une régie de radio et à des astronautes. Avec en plus les lacets défaits et le froc qui laisse apparaître leurs fesses. A quand la télévision walkman ? Moderniser ne veut pas dire liquider le passé. A part les progrès de la médecine, tout ou presque se dégrade. Mes grands-parents étaient piétons. Mes parents, automobilistes. Je voyage en TGV. Nos enfants ou petits-enfants sont-ils condamnés à l’avion supersonique ou doit-on revenir au véhicule hippomobile ?
Pierre Bérégovoy s’est suicidé. Depuis la mort de l’ancien Premier ministre, la politique a perdu de son prestige. Il a mis fin à ses jours pour marquer son désaccord avec les pratiques actuelles. Il était de l’ancienne école. Tout devait se mériter. François Mitterrand avait été séduit par le parcours de cet homme différent des bardés de diplômes. Monsieur Bérégovoy n’a jamais porté de col Mao. Sa séance photo, très John Kennedy, avec ses petits enfants sous son bureau lui posa un problème de conscience. Il n’accepta que pour faire plus dans le coup. Cette façon putassière de séduire le révulsa.”

-Eloge du dégoût
de Bernard Morlino
2012, Editions du Rocher

[Post dédié à Jean Moulin]

PS: entendu le 19 mai 2014 (RTL, interview M.-O. Fogiel), le Président Valéry Giscard d’Estaing a dit: “La fonction présidentielle s’est beaucoup altérée, mais cela ne s’est pas fait d’un coup. François Mitterrand était un Président de la République. C’est après lui que le décrochement a eu lieu. La direction prise a été curieuse, puisque l’on a assisté à un retour de la IVème République et son régime très près du sol, dominé par les politiciens qui se battent pour avoir chacun un bout de terrain. Dès lors, le Président de la République est devenu un président de Conseil, pris dans le jeu des partis.”

Sur la mère d'Aragon..."Une femme invisible", Nathalie Piégay (Le Rocher)

08.01.19 | par morlino | Catégories: LITS ET RATURES

On se demande pourquoi on a attendu si longtemps un livre consacré à la mystérieuse mère de Louis Aragon. De son vivant, c’était impossible tant il représentait une intouchable statue du commandeur. En ce temps-là, le PCF faisait la pluie et le beau dans le monde culturel. Il fallait être coco pour être tendance. Le PCF pouvait compter sur le soutien d’Aragon et de… Picasso ! Deux poids lourds, très lourds.
Le secret était bien gardé. Aragon n’en savait pas plus que ses lecteurs. Pendant toute son enfance – il était né à la fin du XIXe siècle- sa maman s’est faite passer pour la sœur de son fils. Et ce n’est pas tout : Aragon croyait que sa grand-mère maternelle était en fait sa mère. Pas facile à suivre. Et son père ? Louis Andrieux, ancien préfet de police, ne reconnut pas l’enfant car il était d’un milieu aisé.
Un soir de juin 1917, en pleine guerre, sa «sœur» Marguerite lui apprend la vérité parce qu’elle pense qu’il va mourir au front. Il lui dit qu’il n’est pas né de père inconnu et qu’elle est sa maman. A 20 ans, il semble renaître. Comble de tout, Louis Andrieux s’était fait passer pour son parrain. Un masque pour ne pas altérer sa vie professionnelle. Louis Andrieux avait trois fils dans son mariage officiel, et sa femme légitime savait que son mari avait un «bâtard».
La maman de Louis Aragon avait 33 ans de moins que le père de son fils.
Tout le livre nous plonge dans cet univers du mensonge. Pas étonnant que Louis ait inventé la formule «le mentir-vrai». Un jour, Jean d’Ormesson a parlé avec Aragon jusqu’à 3 h du matin. Jean d’O dit à Aragon : «Votre chauffeur vous attend… »
Aragon rétorqua : «Il est payé pour ça !» L’Académicien du quai Conti déclara : «Dans mon milieu favorisé on ne parle pas comme ça des domestiques». Le monde à l’envers.

-Une femme invisible, Nathalie Piégay. Le Rocher, 347 p., 19 , 90 €

Vous êtes ici, John Freeman (Actes-Sud)

07.01.19 | par morlino | Catégories: LITS ET RATURES

Dans une librairie, les poètes sont en rangs serrés dans une bibliothéque perdue au milieu d’une marée de romans. Ils font office de miel dans un supermarché.

Freeman, John. Il porte bien son nom : John Lhomme/Libre. Quand on lit ses poèmes, on se balade avec lui au gré des voyages et de ses humeurs. La poésie est trop absente des écrans et de la presse écrite. Les médias la tiennent à l’écart. Les politiciens aussi car un poète est incontrôlable. Les poètes ne sont pas invités ici et là alors qu’ils sont fondamentaux dans l’Histoire de la Littérature. De Ronsard à Apollinaire, de Villon à Baudelaire, de Rimbaud à Michaux, de Lautréamont à Prévert. John Freeman arrive en bout de lignée, comme les bourgeons sur un arbre.
Le titre français de son livre souligne un état présent, même si c’est un lieu désigné on ne sait où alors que l’auteur a titré : Maps, c’est-à-dire Cartes, donc presque le contraire puisqu’elles invitent aux voyages : Paris, Oslo, Richmond, Rio de Janeiro… A vrai dire, les deux sont bons car avant d’être ici il faut bouger vers là-bas.
En format court ou long, Freeman exprime à la fois ce qu’il voit et ce qu’il ressent. Au début, on a un peu de mal à le suivre parce que chaque poète à son propre langage. On doit s’habituer un peu avant de voyager dans sa planète sur le tapis volant de ses rêveries basées sur le quotidien, l’instant présent. Hugo a dit que les poètes ont un monde enfermé en eux-mêmes. C’est valable pour tout le monde d’ailleurs mais peu arrivent à le déchiffrer, sinon la planète se porterait mieux, il n’y aurait pas tant de pauvres ères qui errent sans gouvernail. Hommes avec des emplois mais sans métier. Freeman a ce que l’on peut nommer : fraîcheur d’âme, élans vers les autres, curiosité, appétit de vivre…
Quand on découvre un poète, pas question de le comparer aux phares du passé, tels Cendrars ou Reverdy, Soupault ou Aragon. On se laisse aller dans ses observations comme on regarde le paysage assis dans un train. Son recueil sent le macadam, le réverbère des photos de Brassaï, les fenêtres bouchées avec des parpaings. On est dans l’urbain. Un morceau de Miles Davis avec la sourdine. Des polaroïds qui s’effacent à force d’avoir été oubliés au soleil. Freeman est dans le rôle du fixateur pour aider ceux qui ne regardent plus que le bout de leurs pieds.

-Vous êtes ici, John Freeman. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierre Ducrozet. Actes-Sud, 100 p., 15 €

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