Archives pour: Mars 2020

15 février 2020: Mon hommage à l'Hopital Public

31.03.20 | par morlino | Catégories: LA REVUE DE STRESS

Archives de la mi février 2020: A Limoges, peu de monde dans la rue. Faut-il que les médecins “cassent du flic” pour qu’ils fassent la une, en boucle ?

Mon témoignage:

Intégrale Week-end, CNews avec Julien Pasquet et Sophia Rousseau, samedi 15 février 2020:
Merci Bernard ! de la 17e minute à la 26e minute:

https://www.cnews.fr/emission/2020-02-15/integrale-week-end-2e-partie-du-15022020-927575

Antonin Artaud (1896-1948), le visionnaire

30.03.20 | par morlino | Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR

Lire Artaud c’est bien plus prenant que tous ces livres insipides d’amants et maitresses.

Le lundi 13 janvier 1947, le poète a tenu une conférence au Vieux-Colombier, à Paris, qu’il a appelé Histoire vécue d’Artaud-Momo. Le Marseillais Artaud est l’un des plus passionnant parcours d’écrivain, de créateur. II écrivait comme on se jette dans le vide. Hors normes, comme de Nerval, van Gogh ou Camille Claudel, il faisait peur aux moutons de Panurge. Philippe Soupault m’a dit que pour effrayer encore plus ceux qui disaient du mal de lui, Antonin Artaud s’amusait à sauter sur les tables des bistrots à Montparnasse. Les médecins l’ont rendu toxicomane.

On le disait marteau mais c’était un écorché vif:

-"Les problèmes sociaux ne sont rien auprès d’une certaine irritation physiologique de l’épiderme, de la peau, des os, que peu ont vue, mais qui bientôt va parler plus haut que tout, car ce n’est pas une colère de cœur, mais cette fois une colère de corps, la colère de ce grand négligé de l’histoire tant de l’homme que des animaux: le corps".

Il pronostique:
-"Peste, choléra, scorbut, variole, syphilis, famine…”

Et il ajoute:
-"Monde non mené par gouvernements, églises, rites, doctrines, systèmes, institutions, livres, journaux, facultés mais par (…) chronicités de miasmes endoctrinant depuis toujours les corps".

-"Vous n’êtes pas libres, la conscience apparente est une façade sur vous jetée par des singes, de vieux et très astucieux ouistitis. Ce n’est pas sérieux, alors tournons la page et regardons ce qui se passe (…) La façade bonne à endormir les gogos (…) Je ne suis pas un politicien".

-"Ne vous laissez jamais mettre au cercueil".

-"Je ne suis pas malade, je suis conscient", disait-il. Tarif ? Neuf ans d’internement ! “J’ai été victime d’un crime social". Et encore: “Je suis mort à Rodez sous un électrochoc".

Il récapitule:
-"9 ans d’internement, 3 ans d’emprisonnement, 2 ans d’électrochocs, 2 coups de couteau en 1916 et 1928. Cela donne à réfléchir (…) L’histoire d’un écrivain sain d’esprit et séquestré et incarcéré pendant neuf ans est sans importance, je le sais, et elle ne peut intéresser que les rares amis de mes œuvres qui ne sont pas légion".

Lors de la conférence, Artaud, très ému, ne fut pas à la hauteur alors qu’il savait très bien lire devant ses amis, d’autant plus qu’il était par ailleurs comédien. Cette fois, il lui a semblé vain de se mettre à nu en public. Il n’en avait plus la force ni l’envie. Heureusement, il avait tout mis par écrit ce qu’il voulait dire mais cela lui semblait déjà du réchauffé. A quoi bon ?

PS: toutes les citations proviennent de: Œuvres complètes, tome XXVI, Antonin Artaud. Gallimard, 1994.

Jean Giono, du choléra au covid 19: "C'est la nature qui règle ses comptes"

29.03.20 | par morlino | Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR

“Le choléra
c’est la nature
qui
règle ses comptes
au crayon rouge.”

Jean Giono

Ecarté de la vie littéraire officielle, de manière totalement grotesque, par le Comité National des Lettres- Aragon en tête-Jean Giono se vengea dans Le hussard sur le toit, dézinguant toute la lâcheté du monde.

Jean Giono, auteur entre autres merveilles de L’Homme qui plantait des arbres, nouvelle de 1953, a passé sa vie à célébrer la nature.

Hommage à Georges Clemenceau (1841-1929)

28.03.20 | par morlino | Catégories: De GAULLE ET MITTERRAND SONT MORTS

Georges Clemenceau perd patience avec ceux qui le filment. Clemenceau l’anti star, l’anti plan de com. - qui ne gangrénait pas encore la politique - , l’anti esbroufe. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelait le “Tigre". Toujours prêt à rugir.

“On ne ment jamais autant
qu’avant les élections,
pendant la guerre
et
après la chasse.”

Georges Clemenceau

Le Père la Victoire avait une plume acérée, craint de tous.
C’est lui qui trouva le titre “J’accuse !” pour l’article de Zola qui prenait la défense de Dreyfus.
A l’Armistice de 1918, il a déclaré:
“La France, hier soldat de Dieu, aujourd’hui soldat de l’Humanité, sera toujours le soldat de l’idéal".
Outre toutes ses qualités et fonctions, il fut maire de Montmartre. Lors de sa mandature, il y a ouvert un centre de prophylaxie. Il avait tous les dons, notamment celui de l’amitié qu’il cultivait avec Claude Monet.

Mort de Michel Hidalgo (1933-2020)

26.03.20 | par morlino | Catégories: GRAND MONSIEUR

La carrière de Michel Hidalgo

Palmarès:
Reims
Division 1 1955
Trophée des champions1955

Monaco
Division 1: 1961, 1963
Coupe de France: 1960, 1963
Trophée des champions1961

Sélectionneur de l’équipe de France
Euro 1984
World Cup: 4e place 1982

Parcours professionnel:
1952-1954 Le Havre
1954-1957 Stade de Reims
1957-1966 AS Monaco
1 seule sélection en équipe de France (1962)

Le trio Michel Hidalgo, Fernand Sastre (Pt de la FFF) et Michel Platini a relancé le football français international qui sommeillait depuis Batteux et Snella. On peut associer au trio Jacques Georges qui a précédé Mr Sastre à la 3 F.
Michel Hidalgo fut un bon milieu de terrain, un demi comme l’on disait.
Joueur sobre, il se fondait dans l’équipe. 100 % collectif.
Il a joué à Reims où il était très difficile d’être titulaire.
Il fut finaliste de la Ligue de Champions 1956.
A Monaco, il a mieux pu s’exprimer.
Le joueur avait une âme d’entraîneur.
En équipe de France, le sélectionneur a gagné le premier titre international de l’Histoire(Euro 1984), ouvrant la voie au futur glorieux des années 1998-2000.
Il aimait le football spectaculaire, avec Tigana, Giresse et Platini.
Platini était à la fois Piantoni et Kopa: leader technique et leader de vestiaire.
Platini avait la vision du jeu de Piantoni et de Kopa avec en plus l’aspect chef qu’avait Kopa et non pas Piantoni.
Hidalgo aurait aimé rester en poste pour la Coupe du Monde 1986 mais il céda sa place de sélectionneur à Henri Michel, “parce que je l’avais promis". Un homme de parole. C’est rare, très rare.
La mort de Raymond Kopa, en 2017, restait insurmontable tant il aimait le virtuose disparu.
Piantoni, Kopa, comme joueurs. Hidalgo, sélectionneur.
Trois hommes dans l’esprit d’Albert Batteux et Jean Snella.
Toute une époque inoubliable, ancrée au fond de notre cœur.
On leur doit tout, y compris Jacquet, Zidane et ne parlons pas de Mbappé.
Sans racines, pas d’arbre.
J’ai passé quatre heures avec Hidalgo où je l’ai passé à la torture de mes questions sans lui dire que j’étais journaliste sinon vous n’obtenez rien, d’où l’avantage de ne pas être membre attitré PAF. Cartier-Bresson ne voulait pas diffuser son portrait sinon “je ne peux travailler” disait-il.
Pourquoi avoir retiré Baratelli de la cage en 1982 ?
-Les joueurs les plus importants voulaient que je change de gardien car ils estimaient que Baratelli relâchait trop les ballons..
-Donc un sélectionneur peut abdiquer…
-Quand ils pensent tous la même chose impossible d’aller contre la majorité…
Michel Hidalgo a eu la franchise de me dire la vérité.
Un homme droit, comme aurait dit Jean Gabin.
A tel point qu’il refusa le poste de ministre des Sports, ne s’estimant pas à la hauteur.
Qui fait ça ? Personne à part lui.

"Les gens qui ne sont rien" (E. Macron) sauvent la France

23.03.20 | par morlino | Catégories: De GAULLE ET MITTERRAND SONT MORTS

Emmanuel Macron, parmi les bobos grosso modo, a parlé des “gens qui ne sont rien” (sic) pour évoquer le flux d’anonymes dans les gares. Il est vrai que dans notre monde, le moindre débile d’une émission débile est une star du PAF avec plein de followers ! Dans la seconde partie de sa démonstration, il se rachète: expliquant qu’il ne faut pas oublier d’où l’on vient.

Le 23 mars 2020, il y a beaucoup de personne du corps médical atteintes par le Coronavirus.
Si les “gens qui ne sont rien” faisaient valoir leur droit de retrait, l’hécatombe redoublerait d’intensité.
Qui a vendu les masques ?
En coulisses on dit: ce n’est pas moi, c’est l’autre !
L’hydre de l’administration.
Le corps médical est sur les champs de bataille- pour reprendre le mode d’expression de Macron- mais sans arme. Comme les soldats français de 1940 qui avait le barda de 14-18.
Aujourd’hui, les “gens qui ne sont rien” sauvent la France.
Il convient de les nommer:
Les infirmiers et infirmiers. Brancardiers.
Les techniciens de surface, comme l’on dit pour une fois joliment.
Les livreurs.
Les coursiers.
Les policiers.
Les pompiers.
Les éboueurs.
Les agriculteurs.
Tous les travailleurs en grande surface.
La liste est longue.
Hier, d’aucuns frappaient les policiers, les pompiers.
Demain insulteront ils le corps médical comme ils ont frappé les policiers après les avoir applaudis lors de “Je suis Charlie” ?

16 février 2020: L'Hôpital public est un trésor public

22.03.20 | par morlino | Catégories: GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME

Archives de la mi février 2020: A Limoges, peu de monde dans la rue. Faut-il que les médecins “cassent du flic” pour qu’ils fassent la une, en boucle ?

Un post du 16 février 2020 suite à ma chronique sur CNews:

Mon témoignage:

Intégrale Week-end, CNews avec Julien Pasquet et Sophia Rousseau, samedi 15 février 2020:
Merci Bernard ! de la 17e minute à la 26e minute:

https://www.cnews.fr/emission/2020-02-15/integrale-week-end-2e-partie-du-15022020-927575

Covid 19. Foule dans les magasins ? Et la circulation alternée !

20.03.20 | par morlino | Catégories: LA REVUE DE STRESS

Mon ami Guy Béart n’était pas tendance dans les années où il fallait être de gauche parce qu’il était apprécié par Georges Pompidou, fin lettré. Au même moment, Guy Béart était un intime de Georges Brassens qui l’aimait beaucoup.

On entend ici et là que les affamés bien nourris se ruent dans les grandes surfaces.
Cela serait facile d’instaurer la circulation alternée: un jour, voitures qui se finissent par un numéro pair, le suivant par un numéro impair. Ainsi de suite.
On apprend que les masques ont été vendus par l’Etat en 2010/2011.
Pas brillant pour ceux qui gouvernaient alors, suivez mon regard…
Et pas brillant pour les autres qui ont suivi.
Hier, on faisait la sourde oreille devant les demandes du corps médical du service public.
Aujourd’hui, les malades potentiels claquent des dents.
La veille on nous dit d’aller voter.
Le lendemain: quoi! vous allez prendre l’air ! Bande d’inconscients !
L’Etat nous dit: prenez le métro, allez travailler, et puis: restez chez vous !
Tout l’ensemble est du Ionesco, Molière, Kafka et Giono.
Il suffit d’un virus pour mettre le monde à terre.
“L’homme est une statue de sable fragile au bord de la mer", a dit Michel Foucault qui savait de quoi il parlait.
Une phrase parmi d’autres: “Les mariages, baptêmes sont interdits. Seuls les enterrements sont autorisés".
Pire encore: “Faute de places, on va devoir choisir qui doit mourir…”
Au suivant! Au suivant ! chantait Jacques Brel.

Covid 19 ou le mensonge des politiques face à la réalité d'une épidémie

Jean Giono, né le 30 mars 1895 à Manosque et mort le 9 octobre 1970, à Manosque aussi. Il a été jeté deux fois en prison parce qu’il était pacifiste. La seconde fois, la milice littéraire l’a même accusé de collaboration, ce qui est une infâmie. Jean Giono, italien d’origine piémontaise par son père cordonnier, est l’honneur des lettres françaises. Un homme qui savait dire non quand tout le monde disait oui.

Les politiciens sont tous des communicants.
Ils mentent comme ils respirent car ils n’ont qu’un but: garder son poste avec tous les avantages.
Tous n’ont pas la même carrure.
Il y a Abraham Lincoln, Mandela et puis les autres.
De Gaulle avait le génie de la communication.
Hitler lui a inventé la communication de masse. Ce fut le premier politicien a être filmé en permanence, à choisir ses images de propagande.
Les discours du chancelier Hitler sont des numéros d’orateur, version dictateur qui tire le peuple vers le bas, au niveau de ses pires instincts.
De Gaulle c’est le contraire. Il a relevé son pays.
Aujourd’hui, nous sommes dans le bas de gamme.
Certes pas dans la négation de l’homme comme Hitler mais ce n’est pas brillant.
Qui peut se réjouir de voir tous ces voleurs d’argent public ?
Qui peut se louer de voir un président sur un scooter ?
En mars 2020, on a vu l’actuel pt français prononcer six fois le mois guerre dans un épisode de virus.
Là on mesure vraiment qu’il n’a pas connu une vraie guerre, sauf au cinéma.
On ne sait pas ce que l’on vit: est-on dans du Ionesco ?
“Le choléra c’est la nature qui règle ses comptes au crayon rouge” a écrit Giono, ce grand vivant. Avec Colette, il est l’un des rares écrivains à fêter la vie quand 99 % des écrivains passent à côté d’elle.
La population ne tombe pas comme des mouches.
Combien y a-t-il de morts chaque jour en France ?
Combien de morts en Janvier-Février 2019 et 2020 ?
Toutes les deux secondes quelqu’un meurt dans le monde.
172 800 morts par jour sur la planète.
La riposte: 380 000 naissances !
606 000 morts par an, sur le sol français. Coronavirus ou pas.
C’est chacun son tour. On vient, on part. Ils voudraient en plus connaître l’heure !
Jadis, on nous laissait mourir.
Aujourd’hui, on veut tuer la mort.
Une illusion de plus.
Les politiciens qui mentent comme ils respirent ne savent pas comment faire face à la réalité d’une épidémie. Ils s’en remettent aux médecins mais à la fin ils ont le “final cut". C’est là où les atermoiements arrivent car chassez le naturel, il revient au galop.
Face à une pandémie on ne peut pas sortir un plan com. !
Entendre une ex ministre de la santé, recyclée candidate à la marie de Paris parce qu’un membre - c’est le cas de le dire- de sa “famille” politique est un adepte des sextapes, dire qu’elle savait tout ce qui allait se passer au niveau du Coronavirus, n’arrange pas la renommée des politiques. Si elle ne doutait que les élections municipales allaient être reportées pour alors se présenter ? Ses larmes au moment de la passation de pouvoir racontaient-elles son désarroi ? A mes yeux, il s’agissait d’une émotion liée à une page qui se tourne. A la tristesse de quitter une fonction qui lui plaisait.
Le premier ministre a parlé ensuite pour dire que les Français le jour du vote étaient eux-mêmes sans crainte puisqu’ils sont allés dans les parcs prendre le soleil. Dans l’administration, il n’y a jamais de responsable. C’est fait exprès. C’est toujours la faute à l’autre, à l’invisible, à l’hydre administrative.
Souvenez-vous du sang contaminé.
Hier, il y avait trop de vaccin. Aujourd’hui, pas assez de masques.
On peut d’ores et déjà convenir que le changement de ministre de la santé en pleine crise est une grave faute politique.
Gouverner c’est prévoir. On ne peut s’inventer chef d’Etat comme on gagne Secret Story !
Le pt a parlé de guerre mais où sont les armes pour sa guerre: masques, gants, gels ?
La France sous Coronavirus nous fait entrevoir celle de 1940 et plus.
On mesure les délations d’autrefois. Les ravages du marché noir.
Les excès de zèle de certains dépositaires de l’autorité.
Une évidence: quand le Coronavirus s’éloignera, s’exprimera en France, à Paris, la liesse populaire, sur les Champs-Elysées. Comme à la Libération.

Hommage aux Cafés, au Procope des encyclopédistes et aux autres.

16.03.20 | par morlino | Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT

Les cafés ne seraient pas nécessaires ?
C’est oublier le Procope, des Lumières.
Le Flore d’Apollinaire.
Le Cyrano de Breton.
Le président a dit: “Lisez".
Quel mépris pour la littérature !
On ne devrait lire et donc écrire que lors des confinements ?
Tous les écrivains vivent dans le confinement parce qu’ils prient sans cesse.
Des prières sur l’indicible.

Les cafés pas indispensables ?

16.03.20 | par morlino | Catégories: LA REVUE DE STRESS

Superbe chanson chantée par Patachou. Paroles: André Hardellet. Musique: de mon ami Guy Béart

Le gouvernement prétend que les cafés ne sont pas des lieux indispensables, pas nécessaires.
C’est bien mal connaître son peuple.
Les cafés sont des lieux où suinte le “fantastique social” a dit Pierre Mac Orlan. Cette remarque fulgurante est souvent attribuée à tort à Léon-Paul Fargue, autre merveilleux clients de bistrots.
Les cafés, estaminets, bouges, et rades permettent de se rencontrer.
Jadis il y avait les salons littéraires, puis les cafés ont pris le relais.
Sans bar, la vie est morte comme les villages sans café.
Le café c’est comme un phare sur la digue de notre solitude.
Le matin, le maçon prend son café-calva.
J’ai connu des piliers de bars. Des gens forts sympathiques.
Les pouvoirs publics sont représentés par des ignorants qui n’ont jamais entendu Léo Ferré chanter: “Richard, le dernier, pour la route…” Et Blondin, l’ont-ils lu ? Blondin qui m’a dit à l’inauguration de la Place Marcel Aymé, devant le domicile du créateur de Passe-Muraille : “Venez on va lever le coude avec Michel Déon”. Ce qui fut fait. Et connaissent-ils la sentence de George Best: “En Californie, il y avait tant de bars entre moi et la mer que je n’ai jamais vu la plage".
On peut aimer les cafés pour n’y boire que des sodas ou autres “Pam-Pam” qui n’existent plus que dans mon imagination agrippée aux années 1950-1970 comme le futur noyé à un vieux bout de bois qui ne flottera plus très longtemps.
Demain, la France sans café sera un pays mort.
Et les politiques vont encore éructer quelques décrets ubuesques.
Vivre tue. Le savent-ils ?
Mourir c’est déjà triste mais mourir en quarantaine c’est pire !
Dans les cafés, il y a des gens qui travaillent. Dire qu’ils ne sont pas indispensables, pas nécessaires cela fait écho à la phrase de l’actuel locataire de l’Elysée qui a dit: “Dans les gares on croise des gens qui ne sont rien…”

[Post dédié à Molière, Jules Romains, Camus, Giono, Ionesco qui ont tous écrit de manière sublime sur la médecine, la contagion de masse]

A Liverpool, un grand Atletico Madrid bat et élimine les Reds tandis que Paris sauve sa peau grâce à son pressing

11.03.20 | par morlino | Catégories: SPECIAL MARADONA, BECKENBAUEREMENT, ANTI-FOOTBALL

Diego Simeone a dans le sang des globules rouges, blancs et des ballons. Un Argentin de la plus belle espèce. La grinta innée. Beau à voir. Depuis tant d’années. Le joueur était déjà accrocheur. L’entraîneur n’a rien perdu de son mordant qu’il sait communiquer. C’est l’anti Wenger par excellence.

Mercredi 11 mars 2020
8e C1 2020 Retour
Liverpool 2-3 Atletico Madrid
Buts pour les Reds:G. Wijnaldum (43e), Roberto Firmino (94e)
Buts pour Madrid: Marcos Llorente (97e, 105e +1), Morata (120e +1)

PSG 2-0 Borussia Dortmund
Buts pour le PSG: Neymar (28e), Juan Bernat (45e + 1)

A Paris, Dortmund a perdu.
A Liverpool, le football a gagné.

Pourquoi Paris a gagné ? Ses joueurs ont étouffé les adversaires par un pressing constant. Quand vous entourez à trois chaque “ennemi” porteur du ballon celui-ci panique et n’a plus aucune lucidité pour le transmettre. Pour jouer de la sorte, il faut que toute l’équipe se donne à fond. Les Parisiens ont répondu présent. Bravo à eux mais la route est encore longue. La C1 c’est l’enfer sur terre. Le paradis ne s’ouvre qu’à la fin de la finale.
Paris a fait le travail devant un Dortmund très peu concerné par le match et encore moins par la qualification. Lucien Favre m’a déçu. Ce n’est pas demain qu’il entrainera le Bayern Munich. Dès qu’il y a un gros match il disparait.
Neymar a fait craindre le pire au début. Ensuite, il a mis un très beau but de la tête. Une royale anticipation. A la fin, il a pleuré comme un gamin. C’est dire qu’il jouait gros. On le sent seul. Perdu sentimentalement.
Paris a joué soudé. Une manière qu’on ne lui connaissait pas à ce niveau.
A vrai dire, ils ont sorti l’équipe la plus faible. Dortmund a bien joué à la maison mais à Paris des joueurs ont été absents des débats: Witsel et Hazard bis ont été lamentables. On a vu des zombies habillés de jaune.
Paris a réussi à passer en 1/4 dans un stade vide, cela veut-il dire qu’ils avaient peur de leur public ? C’est possible, vu la communion finale avec les fans restés dehors. Une fête comme si Paris avait gagné la C1. Ils se contentent de peu. Etre dans les 8 meilleurs clubs européens. Le plus dure reste à venir. D’autres matchs à couperet. Liverpool a été viré à Liverpool, cela donne une idée de la dureté de cette compétition.
Bonne nouvelle: Marquinhos a été un très bon capitaine, hurlant tout le match pour tenir en éveil ses partenaires. Le contraire de T. Silva heureusement resté en tribune.

Le vrai exploit s’est produit à Liverpool.
Les Madrilènes ont été fantastiques.
Les Reds n’ont plus rien dans les chaussettes.
Vaincre, se qualifier chez le vainqueur sortant cela signifie beaucoup.
Les Madrilènes de Simeone sont désormais parmi les favoris.
Menés 2-0, ils sont parvenus à l’emporter 2-3. Qui est capable de faire ça, à part eux ?

Les 4 premiers qualifiés pour les 1/4 de finale:

Leipzig
Bergame
A. Madrid
Paris

Devraient se qualifier la semaine prochaine:

Bayern Munich
Juventus Turin
Manchester City ou Real Madrid
Barcelone

Le centenaire de la naissance de Boris Vian (1920-1959)

10.03.20 | par morlino | Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR

Boris Vian. Son nom est déjà magnifique. Il a cependant voulu le transformer en Bison Ravi (anagramme) et surtout hélas! en Vernon Sullivan, car il ne vendait aucun livre sous son nom. La critique imbécile n’a pas détecté son talent. Pour se venger, il a inventé ce pseudonyme tout en mettant Vian sur la couverture, comme traducteur ! Quel camouflet aux Mandarins du Landerneau littéraire. La postérité a tranché: Boris est toujours là et ceux qui l’ont ignoré ne sont même plus de la poussière.
Vian = génie.
Bon en tout : ingénieur, musicien (trompinette et non pas trompette !), parolier, interprète, pataphysicien, bricoleur, romancier, poète, chroniqueur tremplin de jazzmen (dont Miles Davis)…
Un touche à tout du niveau de Jean Cocteau et Sacha Guitry.
Il avait même le talent du voisinage: vivant sur la même terrasse que celle de Jacques Prévert, cité Véron, dans la sphère du Moulin-Rouge. Peut-on rêver mieux ?
Avec Dada et les surréalistes, c’est lui qui nous a le plus apporté.
Se sachant condamné par une maladie cardiaque- aujourd’hui il vivrait avec- il vivait à 200 km/h.
Parfois, il menait quatre activité en même temps: ambidextre, il écrivait une histoire différente avec chaque main tout en tenant deux discussions distinctes avec deux amis de passages. Un véritable acrobate du langage, de la communication. Un équilibriste qui avait un compte à rebours interne. H. Salvador a dit qu’à 3 h. du matin, Boris Vian voulait qu’ils poursuivent l’écriture de leur chanson en cours alors que Salvador n’arrivait plus à tenir debout. Boris Vian en voulait toujours plus.
Près de lui, on entendait son cœur battre, m’a confié son très bon biographe Philippe Boggio qui a obtenu cette confidence d’un proche.
Les chansons de Vian annoncent Gainsbourg et B. Lapointe.
Les faux modernes actuels ne sont que des produits de l’édition. Vian était un artiste, lui. Un vrai. Pas un imposteur. Il disait: “Je n’arriverai pas à 40 ans…” Là aussi, il a vu juste.
Mieux vaut vivre 39 ans comme lui que beaucoup plus sans aucune grâce comme tout ce déballage lors des Césars 2020. Cette soirée-là, on a vu que les thons n’étaient pas tous dans la mer.
L’attitude de Vian est aussi importante que ses écrits. Il ne trichait jamais.
Il était là où il était. C’est pour cela que tout ce qu’il a fait et laissé tient encore la route.
Il s’inscrit dans l’Histoire des Lettres. Et il le savait.
Ce n’est pas un auteur à la mode.

La France offre à Dortmund un huis-clos au 8e contre le PSG

09.03.20 | par morlino | Catégories: De GAULLE ET MITTERRAND SONT MORTS, ANTI-FOOTBALL

Mercredi 11 mars 2020
8e C1 2020 Retour
PSG- Borussia Dortmund

Incroyable ! Quel cauchemar !
La France impose un huis-clos pour le 8e de finale retour.
A l’aller, les Allemands ont gagné 2-1.
La France facilite la tâche à Lucien Favre.
Le PSG communique en plus sur le peu de temps de jeu de Neymar tout empâté, sur la blessure de T. Silva et sur l’angine de MBappé.
Le plus fort mentalement se qualifiera. Rien à voir avec le talent footballistique.
Quelle coup de massue !
Nous vivons un monde de fous !
Ils traitent un virus comme si c’était le nazisme.
C’est en 1940 que la France aurait dû arrêter les Allemands.
Ils nous demandent de nous laver les mains, comme si nous étions des débiles.
Après les attentats, les grèves, la France sans dessus sans dessous, les Gilets Jaunes, voici le Coronavirus !
Les élections municipales sont faussées. Aucun débat démocratique. Meeting sous la moquette.
Tout va bien pour le gouvernement qui reprend les cartes en mains.
On voit les ministres de partout.
Dormez bien, l’Etat veille sur vous.
Pauvre France ! Pauvre humanité !
Nous assistons à la répétition générale des années 2050.
Je serai mort. Et je ne regretterai pas ce monde qui traite les citoyens comme si nous avions des QI d’huitres. J’ai vécu l’après-guerre, dans un monde qui savait ce que cela voulait dire souffrir. Rien à voir avec les bobos actuels qui s’inventent des responsabilités. Une grippe devient cholera. Ces bobos robots n’ont jamais lu Le Hussard sur le toit de Jean Giono.
Le Barnum continue. Quand ce n’est pas le cinéma français qui s’auto-détruit comme le football en 2010, on voit le sport attaqué par les politiciens.
Hier 3000 Italiens à Lyon. Aujourd’hui, aucun Allemand au Parc des Princes.
De Gaulle reviens, ils sont devenus fous !

Le chef d'oeuvre de Dybala contre l'Inter Milan

09.03.20 | par morlino | Catégories: FORZA ITALIA !, SPECIAL MARADONA, GRAND MONSIEUR

Dimanche 8 mars 2020
Juventus Turin 2-0 Inter Milan
Buts pour la Juve : Ramsay (54e) et Dybala (67e)

Le but de l’Argentin est d’une exécution exceptionnelle, du début à la fin.
Un extérieur gauche, un bijou. De haute joaillerie.
Du grand art. Ce joueur est de la trempe des 10 mythiques.
J’espère qu’il donnera une Coupe du Monde à son pays. Ce que ne sait pas faire Messi.
Messi ne fait rien pour aider Dybala. Quelle erreur ! Ronaldo fait le contraire: il l’aide à s’épanouir. Pas jaloux du tout. CR7 se comporte en père, lui.
L’Argentin est sous médiatisé en France qui est obsédée par Neymar, le champion des réseaux sociaux.
Actuellement méconnaissable, Neymar a perdu sa grâce innée, intacte chez Dybala.
Le week-end fut un grand moment avec la victoire de Nice contre Monaco, et celle de Man United contre Man City, 2-0.
La Juve s’est bien amusée dans un stade vide, désolant comme le plan Vigipirate contre une grippe.
Ils parlent d’une grippe comme si les nazis étaient de retour !
Au rayon défaite, celle du Real Madrid. Et après on dit que la Liga n’a que le Barça et le Real.

Le buteur Dolberg, le nouveau Langers de l'OGCNice

09.03.20 | by morlino | Categories: LE GYM E BASTA, GRAND MONSIEUR

Samedi 7 mars 2020
28e journée de L1
Nice 2-1 Monaco
Buts du Gym: Dolberg (59e, 93e)
But pour l’ASM: Ben Yedder (33e)
Expulsion : Jovetic/ ASM (85e)

OGC Nice : Benitez - Danilo, Dante ©, Sarr - Wagué, Lusamba (Ganago 85e), Lees-Melou, Claude-Maurice, Durmisi (Herelle 56e) - Ounas (Myziane, 77e), Dolberg.

AS Monaco : Lecomte - Aguilar, Glik ©, Ballo-Touré - Fofana, Bakayoko, Golovin, Fabregas (Slimani 71e) - Jovetic, Ben Yedder.

Classement
1 Paris 68 27 22 2 3 75 24 51
2 Marseille 56 28 16 8 4 41 29 12
3 Stade Rennais 50 28 15 5 8 38 24 14
4 Lille 49 28 15 4 9 35 27 8
5 Reims 41 28 10 11 7 26 21 5
6 OGC Nice 41 points 28 matchs 11 8 9 41/38 +3
7 Lyon 40 28 11 7 10 42 27 15
8 Montpellier 40 28 11 7 10 35 34 1
9 Monaco 40 28 11 7 10 44 44 0
10 Angers 39 28 11 6 11 28 33 -5
11 Strasbourg 38 27 11 5 11 32 32

Entre le 11e et le 5e, il n’y a que 3 points de différence.
Avant d’aller à Paris, Nice s’est fait plaisir et a fait plaisir, remportant le derby des voisins de la Côte d’Azur.
On a encore apprécié le talent de Kasper Dolberg, toujours à l’affût.
Le Danois a l’instinct du buteur comme l’avait jadis le Luxembourgeois Langers.
Patrick Vieira poursuit sa belle aventure avec le Gym.
Il réussit mieux que “Titi” Henry, porté disparu dans un championnat au rabais.

Belle découverte: "Petit Mec", de Pierre Blanc-Sahnoun

04.03.20 | par morlino | Catégories: LITS ET RATURES

Charles Denner dans L’homme qui aimait les femmes, de François Truffaut. Ce film de 1977, le cinéaste ne pourrait sans doute plus le tourner dans s’attirer les foudres.

Pourquoi se livre est-il placardisé dès sa publication ?
Les greffiers du Landerneau littéraire n’ouvrent jamais un livre estampillé L’Harmattan. Ils ont trop à faire avec la bassesse humaine présente dans ceux de Matzneff. La couverture Gallimard ne garantit plus rien. Nous ne sommes plus au temps des grands éditeurs de (Paulhan, Arland,Lambrichs…)
Ce livre a-t-il été refusé par les dits “grands éditeurs” ?
Qu’importe le flacon pourvu qu’on est l’ivresse !
Vu le ton de l’auteur, on le voit mal attendre le verdict d’un comité de lecteurs. Il a beaucoup de talent pour se laisser juger par les “professionnels de la professions” (selon le mot de Jean-Luc Godard) qui en ont moins que lui. J’imagine plutôt que Pierre Blanc-Sahnoun a surtout voulu voir son livre édité, un plaisir personnel, histoire de faire le point sur son parcours amoureux, affectif et plus si affinités. Il s’est fait plaisir, et du coup nous fait plaisir car il est authentique. On demande à un livre de ce genre de percevoir l’âme de celui qui l’a écrit. Ici, on n’est pas déçu. L’auteur se met à nu. En première ligne, ses sentiments aux différents moments au temps de l’enfance, adolescence. L’époque phare de notre existence.
Vous pouvez vous procurer ce livre sans la moindre hésitation.
Vous y trouverez le parcours initiatique d’une jeune homme des années 1970.
Ce pourrait être banal. Ce ne l’est pas parce que l’auteur a du style, une grande force de caractère, oui un caractère bien trempé.
Bien sûr, il y a une bonne dose d’humour et même de la méchanceté, cette méchanceté qui sert de bouclier. Oui, une méchanceté que l’on garde pour soi. On l’a pense mais on ne l’exprime pas en face de la personne concernée sinon elle ne s’en remettrait jamais. Genre : “Vingt ans plus tard, ils ont eux-mêmes des gosses qui redoublent et c’est bien fait pour leurs gueules".
L’ouvrage est une grande fresque de boums, de premières fois ratées, de mobylettes, de Solex, de slows, d’acné, d’appareils dentaires, de cigarettes mentholées, toute une jeune flamboyante d’avant le Sida. Un parfum d’A nous les petites anglaises mais sans les niaiseries, avec un zeste de Quatorze ans, les gauloises d’Eric Charden, en fond sonore.
L’auteur est aussi intelligent que sensible. Il a une lucidité qui est une sorte d’inspecteur Maigret de ses faits et gestes.
Il ne rate pas les autres mais ne se manque pas lui non plus !
Ses yeux sont des rayons X. A peine vous passer la porte, il sait a déjà votre pedigree dans la tête, le cœur ou le slip !
Partez à la chasse de se livre et ramenez-le comme un trophée.
Un des plus beaux livres de 2020.
Pas une once de misogynie. Que de l’amour. De l’umour comme disait Jacques Rigaut.

-Petit Mec, de Pierre Blanc-Sahnoun. L’Harmattan, 157 p., 17 €

Le lumineux Real Madrid a éteint Messi et le Barça

03.03.20 | par morlino | Catégories: BARCA ES MES QUE UN CLUB, LA MAISON BLANCHE, GRAND MONSIEUR

Dimanche 1er mars
26e journée de Liga
Real Madrid 2-0 Barcelone
Buts pour la Maison Blanche: Vinicius (71e), Marino Diaz (90e + 2)

Classement
1er Real Madrid 56 pts, 26 m, 16/8/2 48/17 + 31
2e Barcelone 55 pts, 26 m, 17/4/5 62/ 31 + 31

Le match était de toute beauté. Au même moment se déroulait l’affligeant Lyon-St Etienne (2-0). La comparaison prouva que la L1 n’est plus qu’un centre de formation. En France, le match était insipide. En Espagne, le jeu était partout.
Le Real a offert un grand spectacle.
Dès le début: l’hymne du club, les chants. ADMIRABLE.
Ensuite le match avec le Barça très faible. Messi grotesque: il ignora de Jong deux fois très bien placé, à 0-0. Il fit exprès de ne pas lui donner la balle. Il avait très bien vu que le jeune néerlandais était en bonne position. Messi voulait briller, seul. Ensuite, il manifesta de la mauvaise humeur vis-à-vis de Griezmann qui se comporte en petit garçon. On sent que le Français a peur de Messi, orphelin de Suarez(blessé) et de Neymar (qui se lamente au PSG).
En seconde mi-temps, le collectif du Real s’est mis en route. Fantastique ! Cette équipe ressemble à Zidane: du jeu, du jeu, et encore du jeu. L’esprit de conquête était partout.
Il faudra encore compter avec le Real cette saison.
Ce maillot blanc est vraiment très superbe. Les Madrilènes jouent tout en blanc: maillot, short, chaussettes. Une tenue historique, culte.
Là j’ai réalisé que c’était le plus beau maillot du monde.
Le plus grand club du monde.
C. Ronaldo était dans les tribunes. Il s’est régalé.

Le discours de Peter Handke, prix Nobel de Littérature 2020

03.03.20 | par morlino | Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR

Peter Handke n’a pas créé de poupée médiatique qu’on invite sans cesse à la télé. Donc voici son discours qui sera bientôt disponible dans un volume Quarto consacré à ses récits, à paraître chez Gallimard, en avril 2020. Et aussi dans la collection “Hors série Littérature” sous le titre “Conférence du Nobel", le mois suivant.

“Jouer le jeu. Menace le travail encore plus. Ne sois pas le personnage principal. Cherche la confrontation, mais n’aie pas d’intention. Évite les arrière-pensées. Ne fais rien. Sois doux et fort. Sois malin, interviens et méprise la victoire. N’observe pas, n’examine pas, mais reste prêt pour les signes, vigilant. Sois ébranlable. Montre tes yeux, entraîne les autres dans ce qui est profond, prends soin de l’espace et considère chacun dans son image. Ne décide qu’enthousiasmé. Échoue avec tranquillité. Surtout aie du temps et fais des détours. Laisse-toi distraire. Mets-toi pour ainsi dire en congé. Ne néglige la voix d’aucun arbre, d’aucune eau. Entre où tu as envie et accorde-toi le soleil. Oublie ta famille, donne des forces aux inconnus, fous-toi du drame du destin, dédaigne le malheur, apaise les conflits de ton rire. Mets-toi dans tes couleurs, sois dans ton droit, et que le bruit des feuilles devienne doux. Passe par les villages, je te suis.”

C’est ce qu’une femme a dit à un homme il y a près de quarante ans au début d’un long poème dramatique intitulé Par les villages1.

Quand j’étais enfant, quand le moment était venu et quand le temps le permettait, ma mère me parlait à maintes reprises des « gens du village » – Stara Vas en slovène, Altes Dorf en allemand – pas d’histoires, mais de courts récits mais cela sonnait, au moins à mes oreilles, comme «des événements uniques», pour reprendre l’expression de Goethe. Il se peut que ma mère les ait également racontés à mes frères et sœurs. Mais dans mes souvenirs, j’ai l’impression d’avoir toujours été son unique public.

Un de ces événements s’est déroulé ainsi: dans l’une des fermes, à mi-chemin dans la montagne, une « idiote » (ou comme on le disait alors, « une femme faible d’esprit ») travaillait comme laitière. Cette fille fut violée par l’agriculteur et donna naissance à un petit garçon, que la femme de l’agriculteur éleva comme le sien. La fille, la vraie mère, avait des ordres stricts de rester éloigné du petit garçon pour qui, à ses yeux, la femme du fermier était sa mère. Or un jour, le garçon, encore très jeune mais qui parlait déjà, jouait seul près d’une clôture grillagée au bord de la ferme et se fit prendre dans le fil de fer barbelé. Plus il se débattait, plus il s’emmêlait. Il hurlait et il criait, jusqu’à ce que la bonne retardée mentale, la fille « faible d’esprit », ou, comme ma mère l’appelait dans le dialecte parlé dans la région entre Saualpe et Karawank, le Treapn, « l’idiote » accourut. En un rien de temps, elle décrocha le petit garçon. Lorsque la mère présumée du petit garçon se précipita finalement sur place, alors que la servante était déjà retournée à son travail, dans la grange ou dans les champs, l’enfant questionna: «Mère, comment se fait-il que l’idiote ait des mains si douces?

Dans La courte lettre pour un long adieu2, cet incident est devenu une chanson, une ballade chantée une nuit dans un bar de Philadelphie, en Pennsylvanie, avec l’exclamation du chanteur répétée à la fin de chaque strophe: «Et cet enfant, c’était moi! Cet enfant, c’était moi! »

La plupart des autres événements que ma mère m’a décrits impliquaient des membres de sa famille immédiate ou élargie, et presque toujours la personne principale était l’un de ses deux frères qui étaient par la suite «tombés sur le champ d’honneur» pendant la Seconde Guerre mondiale. Permettez-moi d’essayer de retranscrire deux de ces courts épisodes, brefs mais décisifs pour ma vie d’écrivain.

Le premier épisode à raconter concerne le frère cadet de ma mère, le plus jeune des enfants du clan, et il a lieu entre les deux guerres, disons en 1936 pour être plus précis. C’était une nuit à la mi-automne, un peu avant l’aube, et Hans, ou en slovène du village, Janez ou Hanzej, était absent depuis un mois, élève du soi-disant « Marianum », un internat pour garçons qui se destinaient à la prêtrise, situé à une quarantaine de kilomètres à l’ouest, à Klagenfurt / Celovec, la capitale de la Carinthie. La ferme gisait dans un silence profond, le premier chant du coq était encore loin. Et maintenant, soudain, on entendit le bruit d’un balai balayant dans la cour. Et celui qui venait et venait et n’arrêtait pas de balayer dans le noir était le benjamin de la famille, presque un enfant. Ce qui l’avait ramené de la ville au village, c’était le mal du pays, domotožje (en slovène). Curieusement, c’était d’ailleurs un bon élève qui aimait apprendre, mais pourtant, aux premières heures de la nuit, il était sorti d’une fenêtre du rez-de-chaussée de l’internat et était rentré chez lui tôt dans la nuit sur la route de campagne non pavée. Or au lieu de rentrer – les portes n’étant jamais fermées – il prit le balai et commença à balayer la cour. Dans le récit de ma mère, ce jour était «un samedi», l’avant-dimanche et « le samedi c’était la règle: la cour devait être balayée». Et il balaya et balaya, jusqu’à ce que le jour se lève progressivement, et que quelqu’un dans la famille – dans mon imagination ce n’est pas l’un de ses parents mais sa sœur – le fit entrer. Il n’est jamais retourné au séminaire des garçons. Au lieu de cela, il apprit la menuiserie et l’ébénisterie dans le village voisin en apprentissage.

Dès le départ, cet événement a hanté, transformé par lui-même sans la moindre action, mes premiers livres c’est-à-dire mes excursions épiques ou mes expéditions individuelles. Dans l’événement suivant, une telle métamorphose n’a pas encore eu lieu ou, si Dieu, le destin ou quelque chose d’autre le fera, il pourrait y en avoir une encore. Après le livre intitulé La Répétition, ce serait alors « La deuxième répétition »3.

À la fin du mois d’août ou au début du mois de septembre 1943, l’autre frère de ma mère, le plus âgé, revint quelques semaines en permission à la maison après avoir quitté le front russe de Crimée. En descendant du bus, il tomba nez à nez sur la personne chargée dans la région d’annoncer les mauvaises nouvelles de la guerre. Cet homme était en route vers le village pour annoncer à la famille que le plus jeune frère était mort dans la toundra, « de la mort d’un héros pour la Patrie». Et puisque le messager de la mort avait croisé de manière inattendue un membre de la famille, il pensa qu’il pourrait s’épargner la visite et remit simplement l’avis de décès au soldat en permission. Ensuite, on devinera facilement ce qui s’est passé: Gregor est rentré chez lui, où il a été accueilli par des chants et des applaudissements – ma mère était très attachée aux expressions de joie quand elle était jeune – mais pendant tout son séjour, il garda le secret, et ne dit pas un mot à sa famille au sujet de la mort de son frère, le « garçon de la toundra », comme il se surnommait lui-même dans ses lettres envoyées à la maison. Tout le temps restant, comme ma mère le raconta, Gregor, qui en temps de paix avait été un «vrai homme au foyer», évita la maison, ses parents, sa sœur, et même son village, Stara Vas et à la place, il circulait du matin au soir, en restant même parfois dehors toute la nuit, dans les villages voisins d’Encelna Vas, Lipa, Ruda, Globasnica, Diekše, Rinkolah et Krcanje, où, en compagnie de connaissances ou de parfaits inconnus, il pleurait. « Tu as pleurer ?, lui demanda ma mère. – Non! ». Les pleurs n’ont pourtant jamais cessé. Et cela ne devait jamais s’arrêter. Et ce jusqu’au dernier jour où tandis qu’il se rendait au bus pour retourner au combat, il remit l’avis de décès à sa sœur, le seul membre de la famille qu’il avait autorisé à l’accompagner. Quelques semaines plus tard, lui aussi fut « enterré dans un sol étranger, qui repose tranquillement sur lui », selon l’avis de décès publié, mots qui seront d’ailleurs répétés plus tard sur la plaque commémorative du cimetière du village.

Dans la scène finale du poème dramatique Par les villages, qui se déroule dans un cimetière, la femme qui a parlé au début se tourne vers l’homme, le personnage secondaire, mais aussi vers les autres personnages de la pièce, les personnages principaux, la sœur et le frère qui se sont déclarés la guerre entre eux et contre tous les autres, et cette femme appelée Nova, qui a toujours du mal à parler, dit:

« Ce n’est que moi, originaire d’un autre village. Mais vous pouvez tous en être sûrs: à travers moi parle l’esprit d’un nouvel âge, et cet esprit a ce qui suit à dire. Oui, il y a danger, et cela seul me permet de parler comme je vais parler: en résistance. Alors écoutez mon poème dramatique. Vous avez raison d’arrêter de vivre dans un état second, mais ne vous réveillez pas comme une meute de chiens qui aboient. Personne parmi vous n’est à blâmer, et précisément dans vos accès de désespoir, vous avez peut-être réalisé que vous n’êtes pas vraiment dans le désespoir. Si tu étais désespéré, tu serais déjà mort. Alors n’agissez pas comme si vous étiez tout seul. Certes, votre histoire n’offre aucun confort sur lequel vous pouvez compter. Mais arrêtez d’envisager d’être ou de ne pas être: l’être est et continuera d’être concevable et le non-être n’est pas concevable. Reconnaissez votre ressemblance; reconnaissez que vous êtes pareil. C’est juste moi qui le dis. Mais je ne suis pas simplement moi. Le «je» dans ces deux formes peut être la chose la plus fragile et la plus éphémère sur terre, et en même temps la plus globale – la plus désarmante. «Je!» Suis le seul héros – et vous devriez être les désarmants. Oui, ce «je» est l’essence de la nature humaine qui nous maintient humains! La guerre est loin d’ici. Nos armées ne se tiennent pas gris sur gris sur le tarmac gris mais jaune sur jaune dans les gorges jaunes des fleurs. S’incliner pour montrer du respect à une fleur est possible. On peut parler à un oiseau sur une branche. Alors dans un monde ravagé par les couleurs artificielles, faites place aux couleurs de la nature qui peuvent la raviver. Le bleu des montagnes est réel. Le brun d’un étui à fusil ne l’est pas; et la personne ou la chose que vous pensez connaître de la télévision vous ne la connaissez pas vraiment. Nos épaules existent pour le ciel, et le chemin de la terre au ciel doit passer par nous. Déplacez-vous lentement et devenez ainsi la forme sans laquelle aucune distance ne peut prendre forme. La nature est la seule promesse sur laquelle vous pouvez compter. Pourtant, la nature ne peut être ni refuge ni évasion. La nature fournit cependant un indicateur: il suffit de le vérifier quotidiennement. Les nuages ​​qui passent au-dessus de vous, même quand ils courent, vous ralentissent. Qui a dit que vous devez vous écraser et brûler? N’as-tu pas mis ta guerre derrière toi? Eh bien, renforcez le présent paisible et affichez la sérénité des survivants. Ce qui ressemblait de loin à une tête de mort menaçante se révèle être un jeu d’enfant lorsque vous vous rapprochez. Aérez votre lit millénaire. Ignorez les sceptiques éloignés de l’enfance. N’attendez pas une autre guerre: les vrais amoureux de la paix se trouvent en présence de la nature. Ne montrez pas à vos descendants le profil du diable. La maison de la force est dans le visage de l’autre. Ici et maintenant est le festival de gratitude. Ne laissez donc pas dire de vous que vous n’avez pas profité de la paix: laissez votre travail faire des merveilles, faites-le passer. Mais seuls ceux qui aiment le transmettent: n’en aimer qu’un, cela suffit à tous. En t’aimant, je m’éveille à moi-même. Même lorsque la plupart ne peuvent pas être édifiés, soyez édifiants. Détournez vos yeux des créatures bestiales à deux pattes. Être réel. Suivez la musique de la caravane. Marchez jusqu’à ce que les lignes de fuite émergent de l’enchevêtrement confus, si lentement que le monde redevienne le vôtre, si lentement qu’il devienne clair comme il t’appartient. Oui, gardez toujours vos distances par rapport au pouvoir qui se présente comme un pouvoir. Ne vous plaignez pas que vous êtes seul – soyez encore plus seul. Passez le bruissement. Décrivez l’horizon, de peur que la beauté ne se dissolve à nouveau. Décrivez-vous les images de la vie. Ce qui était bon mérite d’exister. Prenez votre temps et soyez créatif: transformez vos soupirs inexplicables en chansons puissantes. Notre art doit viser à crier vers le ciel! Que personne ne vous parle de la beauté – la beauté que nous, les humains, créons est ce qui nous ébranle. Consacrez-vous à la démystification, qui révèle en même temps le Mystère Unique. Prenez note: chaque fois qu’un enfant qui vient vers vous vous regarde avec consternation, vous en êtes la cause. Prendre de nombreux déguisements sera votre destin, et préférer une escroquerie joyeuse à une vérité rendue publique. Jouez les farces de la vie quotidienne. Se perdre fait partie du jeu. (Et pourtant: seul celui qui ne porte pas de masque marche fièrement.) Allez dans les régions inconnues de la terre et laissez ceux sans illusions sourire malicieusement: l’illusion donne la force aux visions. Oui, laissez-vous transpercer par l’aspiration à la forme et à transmettre le monde guéri – le rire méprisant que vous recevez provient de l’ignorance; c’est le râle de mort des cadavres de l’âme. Les morts vous donnent plus de lumière. Ne vous inquiétez pas si vous ne pouvez pas leur parler: une seule syllabe suffit. Mais gardez nos enfants à naître dans vos pensées. Engendrez l’enfant de la paix! Sauvez vos héros! Ce sont eux qui devraient proclamer: Guerre, laisse-nous en paix! Vous les gens d’ici: vous êtes aux commandes. Ne laissez personne vous convaincre que vous êtes les stériles à la fin des jours. Nous sommes toujours aussi proches de la source d’origine. Il n’y a peut-être plus de désert. Mais ce qui est sauvage, ce qui est toujours nouveau continue d’être: le temps. Le tic-tac des horloges ne signifie rien. Le temps est la vibration qui nous aide à traverser ce siècle maudit. Heure: je vous ai! Le jour béni est maintenant. En travaillant efficacement, vous pouvez le ressentir. Peut-être que la croyance rationnelle n’existe pas, mais il y a une croyance rationnelle dans le frisson divin. Contemplez le miracle et oubliez-le. Faites le grand saut. La joie est la seule bonne forme de pouvoir. Pas jusqu’à ce que vous sentiez que la joie ira bien avec le monde. – Il est toujours vrai que dans l’histoire que nous partageons tous, nous ne pouvons compter sur aucun réconfort. Qui mesure? Les tueurs d’enfants au pouvoir disparaissent, impunis. La paix et la tranquillité ne durent pas: les fontaines ruisselantes s’effondrent en barricades. L’espoir est le faux battement d’aile. Les tueries sont partout. En marchant sous le soleil de joie, nous buvons profondément d’amertume. Chers amis d’ici: les cris d’effroi continueront pour toujours. Votre plaidoyer pour la miséricorde fera simplement apparaître le signe du pouce vers le bas. Alors rassemblez-vous et regardez l’homme dans un costume sombre et une chemise blanche. Regardez la femme de l’autre côté de la rivière qui se tient sur le balcon au soleil. Prouvez, avec les moyens à votre disposition, notre défi humain! Une bénédiction à chaque baiser, même fugace. Et maintenant chacun de vous: reculez. Remplissez l’espace d’énergie démoniaque, grâce à la répétition. La forme est la loi et elle vous élève. La paix éternelle est possible. Écoutez la musique de la caravane. Calculer et savoir, aller au paradis. Accrochez-vous à ce poème dramatique. Avancez toujours. Promenez-vous dans les villages.

Si presque toute ma vie, les petits événements décrits par ma mère ont donné l’impulsion à ma carrière d’écrivain, il y a eu aussi des œuvres d’art, et pas seulement des livres, mais aussi des images, des films (en particulier les westerns de John Ford, les films « orientaux » du Japonais Yasujirō Ozu) et des chansons (dernièrement, par exemple, celles chantées par Johnny Cash et Leonard Cohen) ; par leurs tons et leurs sons, elles m’ont donné les formes et le rythme ou, plus modestement, les vibrations et l’élan nécessaire pour donner de la force et de l’énergie à mon inspiration. Mais mes premiers coups de pouce, cependant, ne venaient pas des arts : ce qui m’a remué et ravi pendant toute ma jeunesse, ce sont les litanies religieuses slovènes, slaves que j’ai entendues sous les arcades romanes de l’église près de mon lieu de naissance, Stara Vas. Et ces invocations à la fois monotones et oh, si mélodieuses dirigées vers le ciel m’agitent et m’animent encore à soixante-dix-sept ans.

Mère du Créateur – priez pour nous

Mère des Sauveurs – priez pour nous

Fruit de sagesse – priez pour nous

Foyer de notre joie – priez pour nous

Élan spirituel – priez pour nous

Honneur digne – priez pour nous

Récipient de toute sainteté – priez pour nous

Fleur mystérieuse – priez pour nous

Tour de David – priez pour nous

Tour d’Ivoire – priez pour nous

Maison de Dieu – priez pour nous

Coffre de l’alliance – priez pour nous

Porte du paradis – priez pour nous

Aube du Jour – priez pour nous

Il y a quelques années, j’étais en Norvège, grâce à Henrik Ibsen. Mais maintenant, pour clore, je ne vais pas parler du dramaturge et de notre Peer Gynt mais plutôt de deux petits événements norvégiens inouïs. Le premier concerne l’un des cinq ou six gardes du corps avec qui j’ai eu le plaisir de passer un après-midi et une soirée entière. Il était tard dans la nuit, et nous étions assis dans un bar calme sur le front de mer d’Oslo, lorsque cet homme a récité ses propres poèmes, d’abord en norvégien, puis en anglais, qu’il avait enregistrés sur son téléphone portable, et c’étaient tous, des poèmes d’amour, très tendres.

Et au cours d’une des soirées suivantes que seul enfin, j’ai passé à errer dans les rues vides d’Oslo à minuit (ou Kristiania, autre nom de la capitale citée dans le livre du jeune Knut Hamsun, La Faim), j’ai croisé la silhouette furtive d’un homme posté devant la vitrine éclairée d’une librairie. Quand je me tins à côté de lui, il se tourna vers moi, pointant en même temps l’un des livres exposés dans la vitrine : « Regardez: mon premier livre! », a-t-il dit. « Et sorti aujourd’hui! Le premier jour ! ». Cette personne était très jeune, presque un enfant, ou quelque chose comme ça. « Un jeune homme » comme il l’écrit dans le livre. Et il était heureux – comme seul un enfant peut être heureux. Et la joie qu’il dégageait alors, cet auteur, ce créateur, me réchauffe encore. Qu’il ne fasse jamais froid!

Permettez-moi donc de profiter de ce moment solennel pour envoyer mes salutations à ces deux-là, l’homme sur le front de mer d’Oslo, le garde du corps aux poèmes si tendres et le jeune, devant la devanture de la librairie, à l’ouest d’ici et où qu’ils se trouvent. Peut-être devrais-je regretter de ne pouvoir réciter aucun des poèmes d’amour de mon garde du corps. J’en ai pourtant noté quelques-uns ce soir-là, mais j’ai ensuite perdu le bout de papier. Mais à sa place, voici un poème différent, celui d’un soulguard, un gardien de l’âme (pardonnez le jeu de mots):

[suit la récitation en suédois par le récipiendaire du poème «Arches romanes» de Tomas Tranströmer.] *

1Peter Handke,Par les villages,[Über die Dörfer], trad. de l allemand (Autriche) parGeorges-Arthur Goldschmidt, coll. «Le Manteau d Arlequin Théâtrefrançais et du monde entier», Gallimard, 1983, p.28.

2Peter Handke, Courte lettre pour un longadieu, Paris,Gallimard, 1972.

3 Traduit malencontreusement en français par « le recommencement », Peter Handke, Le recommencement, Paris, Gallimard, 1986.

*Traduction de Michel Lhomme.

En complément : https://larepubliquedeslivres.com/le-probleme-avec-ceux-qui-ont-un-probleme-avec-peter-handke/

Titre du Blog All

Ceci est la description longue pour le blog nommé 'Blog All'.

Ce blog (blog n°1) est en fait un blog très spécial! Il aggrège automatiquement tous les articles de tous les autres blogs. Ceci vous permet de suivre facilement tout ce qui est posté sur ce système. Vous pouvez cacher ce blog au public en décochant 'Inclure dans la liste des blogs publics' dans l'administration des blogs.

Mars 2020
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
 << < Courant> >>
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31        

powered by b2evolution free blog software