Archives pour: Mars 2014, 07

Alceste à bicyclette, de Philippe Le Guay d'après Molière

Vendredi 7 mars 2014 à 23h50, Canal+ Family
Alceste à bicyclette de Philippe Le Guay
Scénario : Philippe Le Guay et Fabrice Luchini

Canal plus diffuse Alceste à bicyclette très bon film qui a pour thème Le Misanthrope le chef d’œuvre de Molière. On peut mourir tranquille quand on a écrit une telle pièce. Avec Shakespeare et Tchekhov, Molière est le plus grand dramaturge du monde.
Le film met en présence Gauthier Valence (Lambert Wilson). Un acteur populaire qui fait de la soupe tout en conservant encore quelques espoirs de s’attaquer au vrai théâtre. Un jour, il a l’idée et l’envie de contacter Serge Tanneur (Fabrice Luchini) pour lui proposer de remonter sur scène. Tanneur dégoûté par la profession est un comédien qui s’est retiré du monde pour peindre. C’est un Alceste contemporain.
Les deux acteurs se voient souvent pour répéter des scènes. Ils tirent au sort pour jouer tantôt Alceste tantôt Philinte. Un jour, Valence dit: “Pas besoin de tirer au sort, aujourd’hui je suis Philinte". A la fin du film, Tanneur s’habille dans la vie comme Alceste et déclare que la pièce se fera avec lui s’il joue Alceste et uniquement Alceste. Dans la vie, il est plus Alceste que Philinte. Le premier vomit sur toute la société, le second, s’acclimate aux imposteurs. Les deux acteurs forment un sacré duo, relation amicale qui peut virer à une relation basée sur le pouvoir. Au milieu d’eux, il y a Francesca (Maya Sansa) sorte de Célimène échappée de la pièce.
Un film plein de finesse, de malice, d’humour, de colère. Un grand film intimiste.

LES PROCHAINES DIFFUSIONS
Mercredi 12 mars 2014 à 18h35, Canal+ Cinema
Vendredi 14 mars 2014 à 16h50, Canal+ Cinema
Lundi 17 mars 2014 à 08h15, Canal+ Cinema

"La Grande Guerre, vue du ciel", de Michel Bernard (Perrin/ Ministère de la Défense)

07.03.14 | par morlino | Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR

Cet album se distingue de tous les récents ouvrages sur la Première Guerre mondiale, tout simplement parce que le texte de Michel Bernard est excellent du premier mot à la dernière ligne. Cet écrivain est l’un de nos meilleurs prosateurs actuels. Il arrive à entremêler souvenirs personnels, faits historiques, pertinence du jugement, ouverture d’esprit et qualité littéraire à l’écart de l’emphase. Son texte pourrait exister seul alors que dans ce genre de livre, la part photographique transforme souvent l’écrit en pensum pour tartinier. Ce que nous transmet Michel Bernard n’a pas besoin d’être illustré car ses mots sont plus forts que les illustrations. Bien sûr, je ce que je dis n’enlève rien aux deux photographes qui ont signé les photos- ne parlons pas de clichés, svp: Isabelle Helies et Sylvain Pétremand (SIRPA Terre) n’ont pas fait qu’appuyer sur le bouton. On les imagine, en hélicoptère, choisir le bon angle, la bonne construction, l’impeccable composition, capter les tombes et les monuments aux morts encerclés d’arbres. Leurs prises de vues sont à la hauteur du texte. Citons et remercions tous les participants qui ont contribué à faire le plus bel album jamais réalisé sur “14-18″: Laurent Veyssière(Chef DMPA), Katia Monaci (Direction artistique), Nicolas Gras-Payen (Direction éditoriale), Margueritte de Marcillac (Coordination éditoriale), Cécile Delautre (Correction)et Sylvie Montgermont (Fabrication). Lisez ces noms comme ceux d’un générique d’un film qui défile toujours trop vite.
Avant de nous parler des massacres sur la terre ensanglantée, Michel Bernard lève la tête et nous invite à faire la même geste afin de contempler les cieux qui ne changent pas, eux. «Le ciel est la fidélité du monde ». Cette formule admirable nous renvoie au mot non moins sublime d’André Breton : « Le ciel est la réclame de Dieu ». Un million quatre cent mille Français ont été tués entre 1914 et 1918, rappelle Michel Bernard. Sur les monuments aux morts, souvent à l’entrée des villes et villages, il n’y a pas que des pères. De fait, beaucoup de ces anonymes étaient des fils. Parmi les soldats, il y avait nos « grands-pères bien avant que nous soyons leurs petits-fils ». Michel Bernard a vraiment une sacrée plume : « Nés dans le pays de ces hommes, nous vivons les jours qu’ils n’ont pas vécus. » Pour écrire de telles fulgurances il faut savoir se mettre dans la peau des soldats morts.
Enfant, Michel Bernard, déjà très attentif à ses semblables, avait été attiré par un vieux monsieur qui vendait des billets de la loterie nationale pour les “Gueules Cassées": un invalide de guerre. Cette façon de regarder est l’humus de son style. Sa famille a aussi perdu des jeunes gens (Léon et Jean) qu’il honore dans sa prose. La Grande Guerre est notre préhistoire. Pour reprendre une expression de Michel Bernard tous les jeunes gens de 1914-1918 «sont morts de jeunesse ». Divine trouvaille stylistique qui dit tout. Et surtout sans effet de manche.
Michel Bernard nous fait partager les ultimes moments de paix avec Claude Monet, juste avant la déclaration de guerre que n’a pas pu empêcher Jean Jaurès, assassiné le 31 juillet 1914. Les mobilisés ne se doutaient pas de la violence à venir. Dès le 22 août 1914, 22 000 jeunes Français furent tués entre les près et les forêts du plateau de l’Ardenne Belge. Il a fallu changer les uniformes : du pantalon rouge trop voyant on est passé à la couleur bleue. La mort de Péguy est intervenue vers 5 heures du soir à Villeroy, le 5 septembre 1914, au sein de son régiment, le 276e. Il avait 41 ans.
Le mémorialiste inspiré nous fait revivre la Bataille de la Marne mieux qu’un envoyé spécial avec caméra. En quatre jours, 100 000 morts ! La Camarde est présente dans toutes les pages. Et donc le chagrin, les familles endeuillées. On imagine les tranchées avec les rats qui grouillent. On devine le calvaire des soldats sous la neige de l’hiver 1914-1915. Grand contraste avec le printemps qui revient alors que la mort rode de partout. Les pages 115-116 célèbrent les artistes tombés au champ d’honneur, sur la colline des Eparges. Parmi les victimes: Alain-Fournier, Louis Pergaud et Albert-Paul Granier. Parmi les rescapés, Maurice Genevoix. Le livre est dédié à la mémoire de sa fille Sophie. Comme le temps passe.
Lors de la grande offensive de Champagne, le 28 septembre 1915, Blaise Cendrars fut grièvement blessé au bras droit. Il sera amputé et devra ensuite écrire de la main gauche. Autre grand écrivain victime de «14-18»: Guillaume Apollinaire, blessé à la tempe droite, le 17 mars 1916 alors qu’il venait d’être naturalisé français. Trépané, il est mort de la grippe espagnole deux jours avant l’armistice.
Le poignant livre de Michel Bernard s’achève par la révélation du dernier mort de la Grande Guerre, «tombé dix minutes avant que ne sonnât le clairon» de la cessation définitive des combats. Il s’appelait Augustin Trébuchon. Un berger de 40 ans. Il s’ajoute à la terrible liste : «La guerre a tué dix millions d’hommes entre 1914 et 1918. Près de quatre millions d’entre eux sont morts sur le sol de la France, entre les dunes des Flandres et les cols des Vosges». Parmi les témoins de l’horreur, un homme décida de consacrer sa vie de rescapé à élever des statues à ses amis disparus. Il s’appelait Maurice Genevoix. Michel Bernard entretient la flamme du souvenir.

-La Grande Guerre, vue du ciel, de Michel Bernard. Perrin/ Ministère de la Défense, 234 p., 29,90 €

[Post dédié à Yanny Hureaux]

Radioscopie de la confiance de Renaud Lavillenie

07.03.14 | par morlino | Catégories: GRAND MONSIEUR, CERDANEMENT

Après le saut historique de Lavillenie, son illustrissime aîné Sergueï Bubka a quitté les tribunes pour venir saluer son successeur au record du monde. Grands moments.

Quand le Français Renaud Lavillenie a battu le record du monde de saut à la perche en salle franchissant 6,16 m dès son premier essai, samedi 15 février 2014 à Donetsk, en Ukraine, l’athlète n’est pas soudainement devenu meilleur qu’avant de s’élancer vers la barre.
Il suffit de voir son palmarès international pour s’en persuader : en individuel ou par équipe, il collectionne les titres de champions d’Europe (2009, 2010, 2011, 2012, 2013) du Monde (2012) et Olympique (2012).
Impressionnant ! Renaud Lavillenie était déjà un immense champion avant d’effacer le précédent record mondial de la spécialité détenu par l’Ukrainien Sergueï Bubka, considéré comme le plus grand perchiste de tous les temps, depuis 21 ans, avec 6,15 m.
Désormais Lavillenie a remporté tout ce qu’il est possible de gagner. Son record mondial le situe dans la galaxie des plus grands champions français : Mimoun, Cerdan, Killy, Prost, Perec, Zidane, Manaudou, Loeb, Riner.
Après son record du monde, les médias se sont emparés de son exploit pour faire les gros titres. Les sportifs de haut niveau procurent des bonnes nouvelles. Celles dont on a tant besoin car d’habitude on nous inonde de catastrophes en tous genres. Beaucoup de gens s’identifient aux sportifs qui accomplissent une grande performance alors qu’ils n’en sont que les spectateurs, voire téléspectateurs. Le sport est si attractif que l’on finit par croire qu’on a réalisé le saut de Lavillenie nous-mêmes.
Il convient de regarder de plus près ce qu’a fait Renaud Lavillenie. En premier lieu, il nous a montré une fois de plus qu’il pense toujours pouvoir réaliser ce qu’il veut faire. Sinon, il n’aurait jamais franchi toutes ces barres si élevées au cours de sa carrière. Penser réaliser ce qu’on veut faire c’est preuve d’une immense confiance en soi.
La perche est un très grand sport car elle nécessite d’être en harmonie totale. Il faut être prêt physiquement, bien choisir son matériel, courir vite en parfait équilibre, s’élancer au bon moment après avoir bien engagé la perche, monter le plus haut possible, commencer à franchir la barre lorsque le corps a atteint sa vitesse limite, repousser la perche avant la rotation du corps, ne pas toucher la barre lors de l’amorce de la chute dans la fosse… Pour être combinés tous ces paramètres demandent une immense technique.
Quand il est redescendu des airs, Renaud Lavillenie a vu que la barre était restée fixe. Avant même d’avoir regagné le sol, il savait qu’il avait battu le record du monde. On a pu lire sa joie sur son visage si expressif.
Ensuite, il a manifesté son bonheur comme le fit Bob Beamon lorsqu’il sauta en longueur 8,90 m pendant les Jeux olympiques 1968 de Mexico. La meilleure performance mondiale du Français ne s’est pas déroulée n’importe où. Lavillenie est devenu l’homme qui saute le plus haut du monde, à Donetsk, en Ukraine, sous les yeux de Sergueï Bubka qui jadis régnait dans ces mêmes lieux.
Les deux champions ont été réunis pour la photo. On a pu voir que le Français (67 kg) atteint les sommets sans dépasser les 1, 80 m qui est la taille habituelle des meilleurs perchistes.
Après son record du monde, Renaud Lavillenie s’est blessé à un pied à la réception d’un autre saut tenté à 6,21 m. Image frappante de voir le champion se déplacer avec des béquilles le jour de son exploit. Cette blessure ne doit rien au hasard. Autant le saut héroïque a ponctué une préparation au cours de laquelle le champion était concentré à 100 % et plus ! Autant sa tentative à 6,21 m est intervenue dans un moment euphorique. Certes, pour franchir 6,16 m il faut sauter plus haut que cette marque mais pour y parvenir on doit avoir l’esprit et le corps en totale osmose. Ce n’était pas le cas lors de l’essai pour améliorer le record du monde de fraîche date. Il va falloir que Lavillenie retrouve tous ses esprits pour repartir de plus belle.
La leçon à retenir c’est que l’on doit tout coordonner lorsque nous décidons d’accomplir une tâche. Si Lavillenie s’est blessé c’est qu’il avait escamoté trop de paramètres lors de sa tentative à 6, 21 m. Samedi 15 février 2014, Renaud Lavillenie nous a montré deux gestes antinomiques exactement comme Maradona en 1986 quand le footballeur a ouvert le score avec l’aide de la «main de Dieu » avant d’inscrire un second but décisif d’anthologie, partant de son camp pour dribbler toute l’équipe de la RFA- ou presque- afin d’aller conclure d’un tir foudroyant. La force des champions réside dans leur démonstration par des actes et non pas des mots. C’est pourquoi beaucoup écrivains aiment le sport, à commencer par Albert Camus.

Titre du Blog All

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