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Adieu au foot, de Valerio Magrelli (Actes Sud)

20.11.12 | par morlino | Catégories: FORZA ITALIA !, LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR

Valerio Magrelli rend hommage à Silvio Piola (1913-1996) champion du monde 1938. L’attaquant mythique de la Lazio Roma a marqué 364 buts dans sa carrière dont 274 en Serie A

Si vous voulez lire un très bon livre sur le football lisez celui-ci et ne gaspillez pas votre temps et votre argent à lire le bouquin de “l’autre” -comme disait Zidane- qui nous livre un plat réchauffé. C’est à chaud qu’il fallait expliquer aux Français et non pas deux ans après. Encore un non livre pour permettre à son signataire de faire un nouveau come back médiatique. Très peu pour moi. Je ne suis pas pas client. C’est incroyable comme ceux qui vivent du football ne savent pas parler de leur sport et encore moins écrire dessus. En revanche, le football est présent dans chaque page du livre du Romain Valerio Magrelli. Son ouvrage sans pagination est composé de «quatre-vingt dix récits de une minute». Comme un match de foot, l’ouvrage est découpé en deux mi-temps. L’ensemble fait environ 150 pages.
Voilà un très bel exercice de style sur le football qui vaut largement d’autres domaines. Il n’y a qu’en France où l’on échafaude un barème basé sur de fausses valeurs. En quoi écrire sur la politique serait-il mieux que de signer un essai sur la présence des cèpes dans la forêt de Chantilly ? Un livre doit s’apprécier pour ce qu’il est. Celui de Valerio Magrelli est excellent, autant que sa traduction qui ne le dénature pas. Traduire c’est respecter. Parmi les séquences proposées, on voit un gardien de but uriner en plein match. Ce qui n’est pas courant. Il se soulage derrière les panneaux publicitaires. Un acte qui devient héroïque sous la plume de Magrelli.
L’Italien rend hommage aux obscurs du ballon rond de manière très originale. Il met sur le devant de la scène les amateurs qui dégagent sur leur groupe autant d’aura que Cristiano Ronaldo alors que le grand public ne le saura jamais. Magrelli nous confie qu’il a une peur panique sur un terrain depuis qu’il s’est retrouvé dessus, enfant. Son fils ne semble pas l’aimer plus que lui. Le fiston, davantage supporter que joueur, a été élevé à la dure : son père shootait sur le fiston pour l’habituer aux coups de ballon ! Tout au long de l’ouvrage Magrelli junior parle sans cesse de son propre fils, toujours de manière humoristique, surtout les passages concernant la PlayStation. Leurs rapports fait songer à ceux qui existaient entre Kafka et son paternel. Une admiration qui vire au complexe. Son fils dans la peau d’un supporter éclata en sanglots quand la France remporta l’Euro 2000 face à l’Italie grâce au but en or de Trezeguet. Etrangement, l’écrivain ne signale aucun détails des faits que je viens de nous rappeler…
Magrelli a de la tendresse pour les footballeurs qui ont les pieds carrés, le genre de bourrins qui se servent de leurs membres inférieurs uniquement pour monter dans l’autobus.
A la 14e minute de son match littéraire, Magrelli nous apprend qu’un goéland a laissé tomber un poisson sur la pelouse. A la 15e, il recense les bruits qui ont disparu : le coup de pied dans la sphère, le choc entre adversaires jusqu’aux bris des os, la frappe sur le montant ou la transversale. A la 20e, il nous décrit qu’un jeune garçon, à Belgrade, joue au ballon avec un crâne. Au même âge, Cioran faisait la même chose. Magrelli voit juste : au Chili on a transformé les stades en prisons.
Quand Magrelli a-t-il compris qu’il était devenu vieux ? A 40ans, un partenaire se mit à la vouvoyer. Ce fut le début de la fin. A la 27e, il évoque le béret de Jackie Charlton dit la « Girafe ». Qui s’en souvient à part Magrelli et Bobby Charlton ? Les deux frangins gagnèrent la World Cup 1966. Magrelli nous rappelle à juste titre qu’on ne peut pas jouer au ballon sur le versant des montagnes. Magrelli aime mieux lire les anciens articles des journalistes de jadis qu’écouter les émissions modernes sur le football qui ne sont que des rixes verbales sans aucun intérêt au point de vue du jeu à proprement parlé. Les parleurs d’à présent jacassent sur l’écume des jours parce que les amateurs de football voient désormais les matchs comme les reporters spécialisés.
Magrelli a la nostalgie du football qu’il n’a pas connu : celui raconté dans les journaux en noir et blanc. Mon père m’a dit : « Si tu ne sais pas contrôler le ballon tu n’arriveras jamais à rien». Il avait raison. Le volant d’une voiture, sa vie ou le verbe, partout il ne s’agit que de contrôle. Bien sûr cela n’exclut pas la création sans la perte de contrôle, si cher au surréaliste. Le football est d’ailleurs fascinant parce qu’il mélange le contrôle et l’improvisation. Bien sûr, hors des matchs soporifiques à 80% de la L1.
Le match de Magrelli n’a pas d’arrêt de jeu. Je me permets de rajouter un peu de temps additionnel. 91e minute : je déteste voir sur un terrain de football le reste des lignes à la chaux de la délimitation d’un match de rugby. 92e minute : je n’ai jamais oublié le ballon qui rebondit dans M le maudit alors qu’on ne voit plus la fillette. 93e minute : autrefois, j’ai vu en match officiel le ballon passé au-dessus des tribunes puis revenir ensuite lancé par quelqu’un à l’extérieur. Quand on était obligé de prendre un autre ballon, cela me déplaisait totalement.
Je siffle la fin du match de Magrelli. Un très beau match que je vous conseille de revoir en différé. Félicitations aux éditions Actes-Sud, installées à Arles, qui viennent de remporter le Prix Goncourt 2013. J’ai ue pensée pour le fondateur Hubert Nyssen. Plus qu’une pensée.

-Adieu au foot
De Valerio Magrelli
Traduit de l’italien par Marguerite Pozzoli en collaboration avec René Corona
Actes-Sud, 150 p., 17 €

Mémoires du comte, de Bussy-Rabutin (Mercure de France)

20.11.12 | par morlino | Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME

«On vint m’arrêter le vendredi matin, 17 avril, dans mon logis, comme je m’en allais au lever du Roi. » Nous étions en 1665. L’homme qui parle s’appelle le comte de Bussy-Rabutin. Le roi c’est Louis XIV. Ce dernier fit mettre aux arrêts son sujet avec lequel il entretenait une correspondance. On jeta dans la Bastille le cousin de Madame de Sévigné parce que dans un écrit il portraitura le monarque sous les traits d’un libertin.
Bussy-Rabutin commence ses Mémoires en prison. Elles ne paraîtront que trois après sa mort en 1696. Elles se lisent très aisément parce qu’elles sont écrites sur un ton alerte et complice avec le lecteur. L’ancien guerrier avait une haute opinion de lui-même puisqu’il jugeait « considérable » son parcours professionnel et intime. En 2012, il serait un people. Son récit débute en 1618, l’année de sa naissance. Il est issu d’une bonne famille de Bourgogne. Le garçon né au milieu de cinq enfants. Tous meurent, sauf lui.
Son libertinage devient vite son image de marque. Les historiens expliquent qu’il ne ment pas dans sa vision des événements. Si on l’a mis en prison c’est que ses dires ont « déchiré mille gens ». Mille gens plus le Roi Soleil. Bussy-Rabutin est un mémorialiste important du XVIIe siècle. Un Paul Léautaud exilé dans un château.
S’il écrit « je », il se nomme toujours « Bussy » dans la prose. A la Bastille, il devint gravement malade, vu les conditions de détention. A la fin de l’été 1666, on le libère mais il ne sera jamais plus qu’un prisonnier libéré.

-Mémoires du comte
De Bussy-Rabutin
Mercure de France, 370 p., 7 €

Titre du Blog All

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