Archives pour: Novembre 2012, 19

L'homme à la carabine, de Patrick Pécherot (Folio/Gallimard)

19.11.12 | par morlino | Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR

Léo Ferré: “Ni Dieu, ni maître". Piqûre de rappel.

Dans le livre, il y a plusieurs fois la photographie d’André Soudy, impeccablement vêtu. Les oreilles un peu décollées. On dirait Franz Kafka désœuvré. Ce livre a un côté écrit sans queue ni tête. On ne sait pas où l’on va: un parfum de liberté qui va à merveille au sujet. Qui est cet homme à la carabine ? André Soudy (1892-1913) est un membre de la Bande à Bonnot proche des milieux Anarchistes français. A tout juste 21 ans, il a été guillotiné à Paris.
On le voit aussi sur la couverture, en train de nous mettre en joue. Il fut condamné à mort le 27 février 1913 par la cour d’assises de la Seine alors qu’il n’a jamais tué personne. Ses derniers mots seront: « Il fait froid, au revoir ». Je ne peux pas affirmer si c’est vrai ou si cela fait partie de la légende.
Dans son testament plein d’humour il a noté qu’il léguait ses pinces-monseigneur au ministre de la Justice et ses « hémisphères cérébraux au doyen de la faculté de médecine », ses « cheveux au Syndicat de coiffure des travailleurs conscients et alcoolisés » et son « autographe à l’anarchie afin que les pitres et les apôtres de la philosophie puissent s’en servir au profit de leur cynique individualité. » Rien n’est plus fort que ces mots dits par un jeune réfractaire d’avant la guerre de 1914-1918. Avant d’avoir 20 ans, il avait fait de la prison pour des petits délits. Lors des braquages de la bande à Bonnot, il était chargé de veiller si personne ne venait. Il restait dans la voiture avec sa carabine, prêt à tirer, oui mais il n’a jamais été amené à flinguer quelqu’un. C’est vraiment prouvé. Il avait à la fois la tuberculose et la syphilis. Ce qui fait beaucoup pour un seul homme. Je le vois comme un rebelle à l’ordre établi qui est devenu voyou parce qu’il n’avait pas la chance d’être né écrivain.

-L’homme à la carabine
De Patrick Pécherot
Folio/ Gallimard, 321 p., 6,95 €

Une question d'orgueil, de Pierre Assouline(Gallimard)

19.11.12 | par morlino | Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR

L’agent secret français au service du KGB, qui est l’anti héros du livre de Pierre Assouline, est plus près de Mister Bean que de James Bond. Pas évident de quitter la grisaille d’une vie sprirituelle au ras du gazon. Pierre Assouline, le sauve de l’oubli, dans une ambiance finalement plus proche d’Emmanuel Bove teintée d’un zeste de Georges Lautner que de Ian Fleming.

Roman ? Enquête ? Biographie ? Autobiographie ? Essai ? Polar ? Jeux de pistes ? Tout l’univers de Pierre Assouline est dans ce livre, mélange de journalisme et de littérature. Journaliste ? Dans le sens Emile Zola, c’est-à-dire être animé par la volonté de tout savoir sur un sujet, l’essorer au maximum. Ecrivain ? Cela consiste à mentionner toutes les annotations, souvent personnelles, qu’on ne peut pas mettre dans un article. Par le passé, Pierre Assouline, outre ses biographies qui font autorité (Dassault, Gallimard, Simenon, Hergé, Cartier-Bresson, Paul Durand-Ruel …), a raconté la conception d’un film (Germinal, tiens, tiens, Zola …), la vie d’un hôtel (Lutetia) et il a même fait parler le personnage d’un tableau (Le Portrait). Ce travailleur acharné a quasiment une idée de livre par jour mais à la différence de beaucoup de velléitaires, lui, transforme souvent ses projets en livres, grâce son incontestable volonté de fer. Exemple : il visite le musée Camondo, à Paris. Emu par les drames de cette famille, il décide d’en faire un livre. Quand nous nous contentons d’une déambulation parmi les meubles du XVIIIe siècle Pierre Assouline passe à l’action avec un nouveau livre à écrire. J’imagine l’écrivain agir comme François Truffaut. En effet, le cinéaste amassait notes et documents dans des chemises et quand il estimait que certaines commençaient à être pleines, il les ouvrait pour passer à l’action.
Cette fois, il s’est attaqué à Georges Pâques (1914-1993), estimant qu’il y avait dans le parcours du haut fonctionnaire quelque chose qui cloche… Un peu d’humour ne fait pas de mal : l’œuvre de Pierre Assouline n’en manque pas. Il sait toujours faire un clin d’œil à ses lecteurs, à la manière de Nabokov qui ne s’en privait jamais, tel l’apparition d’Hitchcock dans ses propres films. Alors qu’est-ce qui cloche ? Il est tout de même incroyable qu’un Français au service de l’Etat- qui plus est à la Défense- se mette tout à coup à devenir une taupe au service du KGB. Le plus incroyable est que Georges Pâques n’était pas communiste, et encore moins OSS 177. L’espion français ressemblait vaguement à Max-Pol Fouchet (1913-1980), au plan physique - «rondeurs bonhommes» - mais pas intellectuel puisqu’avant d’être un grand homme de télévision, l’épatant Max-Pol Fouchet anima Fontaine, à Alger, la revue des écrivains résistants. Les vrais espions ressemblent plus à Michel Bouquet qu’à Sean Connery. Le but est de passer inaperçu.
Le narrateur, Pierre Assouline, ouvre son livre par la vision de son anti héros dans un bus. C’est la dernière fois qu’il le vit. Auparavant, en 1985, il l’avait rencontré pour essayer de comprendre la démarche de sa traîtrise mais Pâques restait muet sur l’essentiel. On eût dit qu’il ne savait même pas lui pourquoi il avait basculé dans l’intelligence avec l’URSS en pleine guerre froide. Question d’orgueil nous dit le titre. Sans doute, un orgueil mal placé qui a fait d’un haut fonctionnaire une balance. Dans le but de sauver l’humanité, Georges Pâques a cru bon transmettre aux Soviétiques des données sur notre bombe atomique. Je vois plutôt l’effet inverse ! Au fond de son lit, le soir, celui qui pensait mériter un plus grand destin devait se sentir supérieur aux autres, tenant sa famille dans l’ignorance de son activité en marge de celle du citoyen au-dessus de tout soupçon. Pendant trois décennies, Pierre Assouline agit tel celui qui défait un pull-over pour recomposer la belotte de laine. Hélas ! plus il enquête plus il se heurte à un mur. On a le sentiment qu’il est en face d’un criminel sans mobile et sans cadavre. L’espion tient de l’oignon, plus on l’épluche moins on trouve de noyau.
On comprend que ce comportement heurte Pierre Assouline qui veut toujours comprendre ce qui anime un individu. Une hypothèse apparaît page 61 : l’américanophobie est-elle le moteur du « produit de l’école républicaine » ? Il y a aussi l’argent… Bien qu’il se défendît de manigancer pour des espèces sonnantes, l’espion palpa des «versements injustifiés » (p. 101). Pierre Assouline voit toujours l’époque qu’il traite avec les yeux de l’époque précise. On ne peut pas parler du Céline de L’Ecole des Cadavres avec des yeux de 2012. Pâques n’était pas toujours fourré avec les membres du KGB.«La solitude de cet homme m’effraie à mesure que j’avance dans sa vie. » (p. 113) De Georges Pâques à Georges Opaque, il n’y a pas loin.
Quand il se fait pincer par la DST, le déshonneur familial lui importe plus que le déshonneur national alors que le général de Gaulle est président de la République, soit l’incarnation même de la fidélité envers son pays. Le Premier ministre Georges Pompidou déclare : « Comment a-t-il pu ainsi bousiller sa vie ?» « Il » c’est Pâques. Aussi isolé que l’île du même nom. Pour lui trouver des excuses, on le soupçonne d’être un homosexuel. (!) Eh bien non ! Pâques est devenu un traître sans être un inverti, comme on disait autrefois, ni un homme à femmes, ni même un homme à fric. L’énigme n’en devient que plus grande. Dans un premier temps, Pâques fut condamné à la prison à perpétuité pour avoir livré des informations secrètes à l’URSS entre 1955 et 1963, au risque de mettre en péril la Défense nationale. Non seulement, il échappa au peloton d’exécution mais de surcroît il bénéficia d’une libération conditionnelle accordée par Pompidou, le nouveau président de la République, normalien comme Pâques. Il a fini sa vie en bon grand-père, rangé des voitures. Face à Georges Pâques, le limier littéraire Pierre Assouline ressemble à ces piétons de Paris qui se réjouissent de voir arriver un autobus tout éclairé avant d’être déçus de lire : « Sans voyageur».

-Une question d’orgueil
De Pierre Assouline
Gallimard, 267 p., 18,90 €

700e victoire de l'OGCNice en L1 depuis 1932-1933

19.11.12 | par morlino | Catégories: LE GYM E BASTA, GRAND MONSIEUR

17 novembre 2012
OGC Nice 1-0 Toulouse
But pour les Aiglons : Cvitanich (60e)

Nice : Ospina - Genevois, Gomis, Pejcinovic, Kolodziejczak - Digard (cap.), Traoré - Pied (Abriel, 89e), Eysseric, Bauthéac (Meriem, 74e)- Cvitanich (Bosetti, 84e)
Coach: Claude Puel

Contre Toulouse, au stade, les Aiglons ont remporté la 700e victoire de l’OGCNice dans l’élite du football français, sur un total de 1947 rencontres disputés depuis le début de l’ère professionnel.
Sur les 1947 matches disputés en D1 puis en L1, Nice a fait 506 nuls et a connu 741 défaites).
L’OGCN occupe la 11e place des clubs français les plus présents parmi l’élite française.
Nice a trouvé son buteur avec Cvitanich qui parvient souvent à faire trembler les filets.
Avec 16 points, Nice remonte à la 11e place devant une meute de clubs aux trousses des Niçois.
Depuis que David Ospina a réintégré la cage niçoise, Nice ne perd plus:
31 octobre/ Coupe de la Ligue: Nice 3-1 Lyon
3 novembre/ L1: Nice 2-1 Nancy
11 novembre/ L1: Marseille 2-2 Nice
17 novembre/ L1: Nice 1-0 Toulouse
Donc une très belle série de 4 matchs avec 3 victoires et un nul à Marseille.
Ce n’est pas un hasard.
Puel avait dû mettre Delle comme gardien titulaire car Ospina pensait quitter Nice. En fait, le gardien de la Colombie n’a pas pu partir du Gym. Sachant cela, la hiérarchie est redevenue ce qu’elle devait être si Ospina n’avait pas demandé à être transféré.
Delle est un très bon espoir mais Ospina est celui qui a fait oublier Lloris en quelques matchs.

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