Archives pour: Novembre 2012, 15

ITALIE 26- 6 FRANCE, en Champions League depuis 1956

15.11.12 | par morlino | Catégories: FORZA ITALIA !, FOOT FRANCHOUILLARD

Alors que la France de Zidane pouvait devenir championne du monde 2006, elle a perdu contre l’Italie… C’est ce match-là qu’il fallait gagner. La victoire française du 14 novembre 2012 en terre italienne, c’est de la poudre aux yeux. Ce football de compétition Canada Dry, je le laisse aux novices. J’aime les vrais livres, pas les faux.

26 à 6 est du handball ?
Non, il s’agit du nombre de finales de C1 disputées par les deux pays. L’Italie est largement en tête. Elle écrase même la France avec 12 victoires finales contre 1 en faveur de la France (OM, 1993, l’année de l’argent flanqué dans un trou à Valenciennes…) Au niveau des clubs, la France ne fait vraiment pas le poids.
En équipe nationale, non plus. L’Italie a quatre étoiles sur son maillot. La France, une.
Le 14 novembre 2012, la France a gagné 1-2 contre l’Italie, de l’autre côté des Alpes.
Belle victoire en match amical qui vient après un beau nul en Espagne, en match de qualification pour la Coupe du monde 2014.
Autant le nul en Espagne est important face à la plus grande nation de football actuel, autant la victoire en Italie ne me fait rien du tout. Cela fait longtemps que je ne regarde plus les matchs amicaux. C’est comme les quatre buts de Z. Ibrahimovic dont un retourné de plus de 20 m contre les Anglais…en amical aussi. C’est dans un match qui compte vraiment qu’il fallait les marquer.
Un match amical fait office de poupée gonflable face à Ava Gardner, de répétitions, de brouillon, de voiture à pédales, de vélo dessiné, bref d’un faux match de football.
Le football amateur c’est très bien mais des professionnels qui jouent pour rien, non, non et non.
Les deux palmarès sont très différents, il suffit de les comparer:

ITALIE
Coupe du monde
Vainqueur 1934, 1938, 1982 et 2006
Finaliste 1970 et 1994
Troisième 1990
Quatrième 1978

Jeux olympiques
Vainqueur 1936
Troisième 1928 et 2004
Quatrième 1960, 1984 et 1988

Championnat d’Europe
Vainqueur 1968
Finaliste 2000 et 2012
Demi-finaliste 1988
Quatrième 1980

***************
FRANCE
Coupe du monde
Vainqueur 1998
Finaliste 2006
Troisième 1958 et 1986
Quatrième 1982

Jeux olympiques
Vainqueur 1984
Finaliste 1900

Championnat d’Europe
Vainqueur 1984 et 2000
Demi-finaliste 1996
Quatrième en 1960

****************
Palmarès par nation en Champions League:
1 Espagne 13 titres/ 9 fois finaliste
2 ITALIE 12/ 14
3 Angleterre 12/ 7
4 Allemagne 6/ 9
5 Pays-Bas 6/ 2
6 Portugal 4/ 5
7 FRANCE 1/ 5

L’oubli est la ruse du diable. Mémoires, de Max Gallo (XO éditions)

15.11.12 | par morlino | Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME

Ex porte parole du gouvernement Mauroy, professeur, historien, l’académicien Max Gallo nous rappelle qu’il est écrivain grâce à ses mémoires où il rend un bouleversant hommage à sa fille. «Je sais fort bien que je ne suis qu’une machine à faire des livres» a confié Chateaubriand. A 80 ans, Max Gallo pourrait dire la même chose puisque sur la couverture de ses Mémoires figure une ancienne machine à écrire. Histoire de rappeler que c’est un homme de la planète Gutenberg égaré au siècle des SMS. Au prime abord, on est surpris qu’il n’annonce pas des Mémoires en plusieurs tonnes tant on est habitué à ses feuilletons sur les Romains ou Napoléon. Cette fois, Max Gallo nous livre sa part la plus intime, loin du bric-à-brac sexuel des auteurs de l’idiot-visuel. Le fils d’immigrés italiens offre un démenti aux critiques qui se plaignent qu’il va un peu trop à la ligne. Vont-ils être capables de se confronter à une inattendue prose à cœur ouvert ?
Le quai Conti a la particularité de rassembler des auteurs qui n’écrivent pas sous urgence vitale. A l’inverse, Max Gallo, lui, publie un ouvrage plein de larmes et d’angoisse qui désarçonne ceux qui ne sont pas habitués à le voir s’épancher sur son sort. Dans une émission de télévision, nous céderions au voyeurisme. En littérature, il s’agit d’un partage entre un écrivain et son lecteur, son semblable. Le dernier tiers du livre consacré à la mort de sa fille nous plonge dans le caveau familial. On réalise alors que depuis le suicide de sa fille Mathilde (1956-1972), Max Gallo se cache derrière des personnages historiques. Quarante ans plus tard, il tombe le masque, nous révélant une part de sa vie privée avec des accents de sincérité constante.
Max Gallo aurait pu titrer son requiem « Mon cœur mis à nu » mais au lieu de copier Baudelaire, il a choisi la citation d’un moine de 1207 : « Ne meurent et ne vont en enfer que ceux dont on ne se souvient plus. L’oubli est la ruse du diable ». A la vérité, on sait que le vrai tombeau c’est le cœur des vivants. Qui sont les morts de Max Gallo ? Il y a ses parents - des gens simples qui n’étaient pas n’importe qui, comme dirait Louis Nucéra, autre Niçois légendaire- ses grands parents (si importants jadis dans la formation des enfants) et bien sûr Mathilde, sa fille, qui portait le prénom d’une héroïne de Stendhal. Lorsqu’il était un écrivain en gestation, Max Gallo s’identifia à Martin Eden de Jack London qui se supprime, refusant le hochet de la gloire. Quand paraît son premier livre L’Italie de Mussolini (1964), il ressent un vide intérieur qu’il a du mal à maîtriser. Gérard de Nerval nous a pourtant prévenus : rien n’est plus triste que d’écrire. La fin de l’enfance de Max Gallo se situe le 7 juillet 1944 quand les nazis ont pendus Séraphin Torrin et Ange Grassi de chaque côté du bout des arcades de l’avenue de la Victoire, à Nice.
En 1968, à 36 ans, il s’estime n’être qu’un témoin de l’Histoire vu qu’il a été soit trop jeune soit trop vieux pour y participer. Quand il décide de s’impliquer sous Mitterrand, il n’insiste pas, peu emballé par un président de gauche décoré par le vichyste Pétain. Il sait qu’il est condamné à écrire. «La vie quotidienne ne m’intéressait pas », pensait-il déjà à la fin des années 1960. N’empêche, il ambitionne d’appartenir à la «caste des visibles». Max Gallo était de la tendance Dumayet-Desgraupes, en marge de la galaxie Guy Lux. Quand il annonce à sa fille (12 ans)- et non pas à sa femme- qu’il doit désormais partager sa vie entre Paris et Nice, le futur éditeur devine qu’il fait de la peine à l’adolescente qui se mit à cavaler sur le chemin du cap de Nice, sous la villa Orlamonde de Maurice Maeterlinck. Il ne pouvait pas imaginer que le mercredi 28 juin 1972, on lui apprendrait le suicide de sa fille. Néanmoins, il avait la prémonition d’une catastrophe sans pouvoir la nommer. « Mathilde s’était donné la mort. Donné ? La mort l’avait prise pour se venger de moi ».
Quelques mois auparavant, Max Gallo avait était le « nègre » de Martin Gray pour écrire Au nom de tous les miens qui relate le double drame d’avoir perdu sa famille dans les camps d’extermination nazis puis la nouvelle créée dans un incendie au Sud de la France. Les pages sur la mort de la fille sont hugoliennes. Mathilde, la suicidée. Léopoldine, la noyée. O cruauté ! « La mort de Mathilde devait ‘‘m’enfanter’’ » écrit le père massacré par le chagrin. Max Gallo estime que sa fille est morte pour le « sauver du fanatisme du moi ». Des Martin – Eden et Gray- c’est du second que Gallo est le plus proche puisqu’il est redevenu papa (David, né en 1985), grâce à un nouvel amour. Dans les Mémoires de Max Gallo, Mathilde est un phare. Laissez-vous toucher par sa lumière.

-L’oubli est la ruse du diable. Mémoires
de Max Gallo
XO éditions, 389 p., 21, 90 €

Titre du Blog All

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