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17.11.20

Stades mythiques du foot, par Rémy Fièvre (Larousse)

Dans cette période de C-19 qui a vidé les stades, il très intéressant de lire l’album de Rémy Fière consacré aux enceintes de son choix. Choix que l’on partage, hormis le stade - ou terrain- qui fut le berceau de sa passion. Chacun le sien, parfois un endroit tout pelé (!), sans un brin d’herbe et encore moins de public et donc de gradin. Et ce n’est pas non plus forcément Wembley ou Gerland et le chaudron des Verts. Ces deux derniers ne sont pas dans le livre, ce qui met à égalité l’OL et l’ASSE. Pour une fois ! Notre premier stade souvent vétuste a disparu, tel le Stade du Ray, à Nice, là où j’ai attrapé le virus du football, un très bon virus. Il n’y est pas dans l’album: cela se comprend, il fallait être Niçois pour aimer le stade du quartier Saint Maurice, au bas de Cimiez. Les stades français retenus: le Parc des Princes, le SDF, le Vélodrome, Bollaert… C’est fou comme Lens est aimé en France. Il faut dire que le stade lensois a un grande cote en France. La ville compte 31 000 habitants quand son stade est allé jusqu’à accueillir presque 49 000 spectateurs !
L’album nous transporte dans les plus belles tribunes du monde: Argentine (Bombonera), Brésil (Maracana), Naples (San Paolo), Montevideo (Centenario), Autriche (Prater), Hongrie(Nepstadion), Olimpico (Rome), Ecosse (Hampden Park)… Il y a aussi : Luzhniki (Moscou), Olympiastadion (Berlin), Anfield (Liverpool), Celtic Park (Ecosse), Monumental (Buenos Aires). Tous les stades sont présentés par une double page sur le lieu, plus deux pages sur les temps forts avec parfois l’impression d’une personnalité (souvent un ancien joueur) liée au cadre sportif.
Le bel ouvrage ne fait pas l’impasse sur les stades qui sont devenus des lieux maudits, tels le Heysel (1985) en proie aux hooligans des Reds de Liverpool. Ce jour-là, j’étais chez moi, tout heureux d’attendre Juve-Liverpool, en direct à la télé. Au lieu du paradis, ce fut l’enfer sur terre. Il y a aussi Hillsborough et ses asphyxiés. Bastia et sa tribune qui s’effondre. Sans oublier, le Nacional (Chili) car les stades, quand ils sont sous le joug d’une dictature, deviennent des enceintes de la répression.
Très bien maquetté, l’album nous montre l’importance du public dans un match de football, ou d’un autre sport.
Pendant le règne du C-19, on ne voit plus que des matchs devant des bancs vides. Tous les stades sans spectateurs rendent le football insipide. Ce n’est plus qu’une réunion de millionnaires qui jouent pour pouvoir toucher leurs énormes salaires liés aux droits télés. A la vérité, le football sans public c’est comme un film joué devant une salle vide.
Si les stades sont des lieux mythiques c’est grâce à l’osmose du public et des joueurs lors de certaines rencontres extraordinaires. Quand on entre dans un stade vide, on se surprend à parler doucement. On est saisi aux tripes par le silence religieux qui s’en échappe et qui contraste avec les clameurs qui sont soudain au volume 0. On se réjouit alors de bientôt les entendre lors de la prochaine messe. Le football est une religion qui a besoin de prêtres mais qui ne peut pas se passer de fidèles. Remy Fière nous le rappelle. A défaut d’être un révérend c’est une référence.

-Stades mythiques du foot, Rémy Fière. Préface Youri Djorkaeff. Larousse, 208 p., 19, 95 €

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