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03.10.20

Permalink 11:07:41, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Jean Giono dans "Service Littéraire" d'octobre 2020

Exceptionnel Jean Giono. Voilà un authentique écrivain si loin des imposteurs qui polluent les librairies. Ecoutez ici sa conception du métier d’écrivain. Quel bonheur de l’entendre ! C’est exactement ce qu’il faut faire pour mourir content. Albert Camus regrettait le temps où il était inconnu car c’était la période où il était plein d’espoir.

Voici le début de ma nouvelle célébration de Jean Giono dans Service Littéraire N° 141, octobre 2020. Le dernier des Mohicans littéraires à la solde de personne.

Le hussard sous nos toits:

La Pléiade publie un neuvième tome de l’œuvre de Jean Giono lors du cinquantième anniversaire de sa mort.
Fils de cordonnier et de repasseuse, Jean Giono (1895-1970) fut un bon vivant. A table, il ne fallait pas lui présenter des plats où l’esbroufe l’emportait sur les victuailles. Il se moquait des amuse-gueules et autres plaisanteries culinaires. Il était nostalgique des daubes et des civets cuits à feu doux, par sa mère. Rien que des plats roboratifs. Il assimilait la salade verte et les haricots à un régime pour souffreteux. Quand il partait dans les collines, son paradis terrestre, il mettait dans sa musette du pain de campagne, du saucisson et du fromage. De retour à la maison, rien ne lui faisait plus plaisir que de prendre une gousse d’ail pour la frotter sur du croûton enduit de quelques gouttes d’huile d’olive. Il aimait aussi les abats, le foie, les rognons, les tripes et les pieds paquets. Il lui fallait parfois dire non pour éviter la crise de goutte qui l’empêchait d’écrire lorsqu’elle se figeait dans le pouce droit. Giono disait alors qu’il était victime d’une «crise d’injustice aiguë». Le contraire de l’ermite claquemuré dans sa thébaïde s’est retiré du monde parce qu’il ne pouvait pas le changer. Antithèse de Gauguin, Giono n’avait pas besoin de partir loin en vue de se dépayser.
Le méridional se méfiait du soleil et se moquait des touristes qui se font griller au soleil pour finir par ressembler à du pemmican, boulette de viande séchée de la cuisine amérindienne…”

-Un roi sans divertissement, et autres romans, Jean Giono. Préface de Denis Labouret. La Pléiade/ Gallimard, 1313 p., 66 €.
-Pour saluer Melville, Jean Giono. L’Imaginaire/ Gallimard, 127 p., 7, 90 €.
- Le Hussard sur le toit, Jean Giono. Folio, 512 p., 8,50 €
-Lucien Jacques. Le sourcier de Giono, sous la direction de Jean François Chougnet. Actes-Sud, 126 p., 28 €.
-Le pain d’étoiles. Giono au Contadour, Alfred Campozet. Préface Sylvie Durbet-Giono. La Thébaïde, 206 p., 20 €

Le site de Service Littéraire. Les abonnements sont capitaux pour le mensuel, svp:
https://www.servicelitteraire.fr/

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