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10.03.20

Permalink 17:02:43, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Le centenaire de la naissance de Boris Vian (1920-1959)

Boris Vian. Son nom est déjà magnifique. Il a cependant voulu le transformer en Bison Ravi (anagramme) et surtout hélas! en Vernon Sullivan, car il ne vendait aucun livre sous son nom. La critique imbécile n’a pas détecté son talent. Pour se venger, il a inventé ce pseudonyme tout en mettant Vian sur la couverture, comme traducteur ! Quel camouflet aux Mandarins du Landerneau littéraire. La postérité a tranché: Boris est toujours là et ceux qui l’ont ignoré ne sont même plus de la poussière.
Vian = génie.
Bon en tout : ingénieur, musicien (trompinette et non pas trompette !), parolier, interprète, pataphysicien, bricoleur, romancier, poète, chroniqueur tremplin de jazzmen (dont Miles Davis)…
Un touche à tout du niveau de Jean Cocteau et Sacha Guitry.
Il avait même le talent du voisinage: vivant sur la même terrasse que celle de Jacques Prévert, cité Véron, dans la sphère du Moulin-Rouge. Peut-on rêver mieux ?
Avec Dada et les surréalistes, c’est lui qui nous a le plus apporté.
Se sachant condamné par une maladie cardiaque- aujourd’hui il vivrait avec- il vivait à 200 km/h.
Parfois, il menait quatre activité en même temps: ambidextre, il écrivait une histoire différente avec chaque main tout en tenant deux discussions distinctes avec deux amis de passages. Un véritable acrobate du langage, de la communication. Un équilibriste qui avait un compte à rebours interne. H. Salvador a dit qu’à 3 h. du matin, Boris Vian voulait qu’ils poursuivent l’écriture de leur chanson en cours alors que Salvador n’arrivait plus à tenir debout. Boris Vian en voulait toujours plus.
Près de lui, on entendait son cœur battre, m’a confié son très bon biographe Philippe Boggio qui a obtenu cette confidence d’un proche.
Les chansons de Vian annoncent Gainsbourg et B. Lapointe.
Les faux modernes actuels ne sont que des produits de l’édition. Vian était un artiste, lui. Un vrai. Pas un imposteur. Il disait: “Je n’arriverai pas à 40 ans…” Là aussi, il a vu juste.
Mieux vaut vivre 39 ans comme lui que beaucoup plus sans aucune grâce comme tout ce déballage lors des Césars 2020. Cette soirée-là, on a vu que les thons n’étaient pas tous dans la mer.
L’attitude de Vian est aussi importante que ses écrits. Il ne trichait jamais.
Il était là où il était. C’est pour cela que tout ce qu’il a fait et laissé tient encore la route.
Il s’inscrit dans l’Histoire des Lettres. Et il le savait.
Ce n’est pas un auteur à la mode.

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