Frank Sinatra, une mythologie américaine, Steven Jezo-Vannier (Le Mot et le reste)

19.12.19

Permalink 11:12:37, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Frank Sinatra, une mythologie américaine, Steven Jezo-Vannier (Le Mot et le reste)

Pas de piercing, aucune Clodette, pas de tatouage, mais une conviction hors mornes. Un révolutionnaire en costard. The Voice ! La grande classe: diction haut de gamme, ironie dans l’œil, gestuelle impeccable, charisme incendiaire, décontraction phénoménale, c’était Monsieur Sinatra.

Il avait un charisme indiscutable. Une présence qui crève l’écran, et une voix qui ne crève pas les tympans. Sa voix… Quelle voix ! Ils peuvent tous aller se rhabiller les crooners de seconde zone. Sa voix envoute. Autant que celle de Barry White. De surcroît, Sinatra a une légende sur fond de mafia. Cela a fait fantasmer tout le monde du cinéma et tout le public amateur de sensationnel. Lire la vie de Sinatra c’est faire un voyage au sein de la vie des noctambules, des jolies femmes, de l’alcool et de l’amitié, par exemple avec Dean Martin qui lui aussi avait un sacré brin de voix.
Qui sait que Sinatra a inventé l’album concept 33 tours autour d’un thème ? Plus personne, sauf son biographe. Sinatra c’est l’homme qui peut téléphoner au président Kennedy d’un bouge où il sirote du vieux whiskey avec Don Trucmuche qui a un gros barreau de chaises entre les dents.
A une journaliste qui lui demande un potin, il rétorque : «Barre-toi de là, tu pues ! Casse-toi et va prendre un bain… T’es qu’une pute à deux dollars !» Quand on vient lui demande des comptes sur cette parole olé olé, il en remet une couche : «Tout compte fait, je me suis trompé : elle n’était qu’une pute à un dollar». Qui le cherche, le trouve en grande forme. Un bazooka verbal en guise de riposte. Quand il est Ava Gardner, il lui demande de moins tourner, d’être plus une femme au foyer. C’est demander au soleil de ne plus briller. Deux monstres sacrés du 7e Art ensemble cela fait des étincelles. Les deux félins sont incompatibles avec la vie pépère. Il va jusqu’à mettre en scène un suicide : c’est dire s’il était allumé.
Sinatra est hors modes qu’il voit passer comme des trains dans lesquels il ne monte jamais. Il n’y a qu’un Sinatra : il le sait très bien et en joue jusqu’à la fin. Quand il entre en scène cela revient à voir une rose noire dont le parfum est mortel. Tout le livre s’articule autour de cinq chapitres : les débuts du chanteur (1915-1944), la naissance d’une star de la chanson (1944-1952), la confirmation d’une star mondiale (1952-1965), la naissance d’un mythe (1961-1971) et l’installation d’une légende (1971-1975). Soutien de Franklin D. Roosevelt, ami de John F. Kennedy et d’Humphrey Bogart, protégé de Lucky Luciano et amant de Marilyn Monroe et d’Ava Gardner. Telle fut la vie de Sinatra, un géant du show biz, du 7e art et de la scène. Rien à voir avec un produit pour vendre comme une savonnette. Des Sinatra, il n’y en qu’un par siècle, et c’était lui ! Ce n’était pas un acteur qui chante, ni l’inverse. C’était un acteur et un chanteur.

-Frank Sinatra, une mythologie américaine, Steven Jezo-Vannier. Le Mot et le reste, 525 p., 29 €

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