Archives pour: Novembre 2019

13.11.19

Permalink 15:24:17, Catégories: GRAND MONSIEUR, ANQUETILLEMENT  

Raymond Poulidor est parti rejoindre Jacques Anquetil

Raymond Poulidor jouait à fond la carte de sa marionnette de franchouillard - il s’en amusait aussi- mais il faut retenir de lui qu’il a consacré sa vie à sa passion de la plus des manières: la constance sans jamais se lasser. Eddy Merckx a déclaré: “Avec Anquetil, Bobet et Hinault, il est l’un des plus grands cyclistes français". On pourrait en citer d’autres mais l’hommage est très beau et mérité.

Cette fois, c’est fini ! Poulidor est parti rejoindre Anquetil.
Notre enfance est définitivement jetée aux orties.
Il n’y a plus rien ! chanté Léo Ferré.
Les souvenirs restent, heureusement.
Avec Anquetil et Poulidor, la France a vibré comme l’Italie avec Coppi et Bartali. Il y a eu aussi Bobet et Robic. Le cyclisme est encore plus grand quand il y a des duels.
Poulidor ?
Monsieur-tout-le-monde qui rivalise avec les géants de la route.
Courage, volonté, travailleur, honnêteté, simplicité, grande intelligence.
Rien à voir avec un bouseux. On en a fait une caricature, pingre comme Guy Roux. Un truc de journaleux.
Il a gagné de très grandes courses.
L’éternel deuxième est en fait un grand champion: il a été professionnel jusqu’à 40 ans !
Il est né coureur cycliste comme Marcel Proust était né écrivain.
Son humour était aussi un acide violent.
Tout récemment, il est monté sur scène entouré de Merckx, Hinault et Indurain.
Savez-vous ce qu’il a dit ?
“Mesdames, messieurs, vous avez devant vous: 15 vainqueurs du Tour de France !”
Une punchline historique.

-Vintage Vélo Club, Bernard Morlino. Préface de Louis Nucéra. Gründ, 188 p., 24, 95 €. Dans mon nouvel album, Raymond Poulidor est hyper présent: portrait double page, plus ses duels avec Anquetil. Présent sur la couverture dans la galaxie des as du vélo.

11.11.19

Permalink 10:38:21, Catégories: LITS ET RATURES, ANQUETILLEMENT  

Camps (Nice-Matin) & Laborde (Nouvelle République des Pyrénées) aiment Vintage Vélo Club, de Bernard Morlino (Gründ)

Gino Bartali et Fausto Coppi. Je les aime autant que Rembrandt et Baudelaire. Je prends mon miel au bon me semble. Suis-je passéiste ? Non ! Les livres sur les sportifs en activité ne sont que de la basse communication. Je préfère écrire un bel album qu’un exécrable roman. Et surtout, je n’ai pas dit mon dernier mot. (Mon préfacier s’exprime de l’au-delà, grâce à notre correspondance, ses chroniques parues et autres textes. Un puzzle émotionnel).

Philippe CAMPS, Nice-Matin, 27 octobre 2019 :

-"Bernard Morlino ? Faut le suivre. C’est un passionné. L’écouter est un régal. Le lire un plaisir. Après le football et le rugby, il s’attaque au vélo. Les champions, les oubliés, le Tour, les classiques, le Ventoux, le dopage, les exploits, les défaillances : tout y passe. Plus qu’un livre, c’est un album de famille, une bible, un voyage dans le temps. Bernard Morlino est écrivain, biographe, chroniqueur littéraire, blogueur, consultant, fou, génial et Niçois. Bref, il n’a que des qualités. Grâce à lui, le passé n’est jamais vieillot. Le vélo non plus. Huit mois avant le grand départ du Tour à Nice, il serait inconscient de ne pas se procurer Vintage Vélo Club. C’est un conseil d’ami".

Christian LABORDE, La Nouvelle République des Pyrénées, 9 novembre 2019:

-"Le Père Noël a, cette année, deux mois d’avance. Serait-ce le dérèglement climatique ? Non, juste Bernard Morlino qui est en librairie. Les livres de Morlino sont toujours des cadeaux. Morlino connaît la langue française, possède une mémoire d’enfant, c’est-à-dire d’éléphant. Il se souvient de tout et de tous, des vélos Helyett que chevauchait Darrigade, de la chute de Roger Rivière, en 1960, dans la descente du col du Perjuret, des mots de Raymond Mastrotto, des artistes qui, d’ Yvette Horner à Dustin Hoffman en passant par Joséphine Baker, ont fait un tour sur le Tour. De très belles histoires, de très beaux portraits, servis par une iconographie savoureuse – la photo de Rik Van Steenbergen, page 182 par exemple ! – et par une mise en page qui relève de la mise en swing. Un livre coloré donc, et animé. Animé, oui, comme un dessin animé. Et animé parce qu’il a de l’âme, ce book !”

-Vintage Vélo Club, Bernard Morlino. Préface de Louis Nucéra. Gründ, 188 p., 24, 95 €.

[Post dédié à Raymond Poulidor]

10.11.19

Permalink 11:44:12, Catégories: BALLES NEUVES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Les Françaises remportent une très grande finale de Fed Cup 2019, guidée par une lumineuse Kristina Mladenovic

Lors du match A. Barty - K. Mladenovic pas une seule seconde, on ne s’est dit: “C’est du tennis féminin". Non, il s’agissait du tennis tout court. Du tennis de très haut niveau.

Finale de Fed Cup 2019
Week-end du 9 novembre
Lieu: Australie
France 3-2 Australie

Matchs
A. Tomljanovic (A)- K. Mladenovic (F): 1-6/ 1-6
A. Barty (A) - C. Garcia (A): 6-0/ 6-0

A. Barty - K. Mladenovic: 6-2/ 4-6/ 6-7
A. Tomljanovic - P. Parmentier (F): 6-4/ 7-5

A. Barty & S. Stosur - K. Mladenovic & C. Garcia: 4-6/ 3-6

Capitaine des Bleues: Julien Benneteau

Une éblouissante Kristina Mladenovic a contribué grandement à faire gagner la France en finale de la Fed Cup.
La championne française a remporté ses trois matchs haut la main: ses deux simples, plus le double.
Elle a d’abord donné l’avantage à la France.
Ensuite, elle a redonné l’avantage dans un match-clef. Malmenée par A. Barty, elle a su égaliser un set partout avant de s’imposer dans le tie-break de façon impériale, avec des gestes de classe devant l’actuelle numéro 1 mondial.
Et pour finir, elle a participé au match décisif, celui en double.
Sur le podium, au moment de la Marseillaise de toute beauté- chantée à l’unisson par des compatriotes transcendées par leur performance commune- la leader charismatique a éclaté en sanglots.
Magnifique de bout en bout. La grâce en mouvement.
Un très grand moment de sport français.

08.11.19

Permalink 17:20:43, Catégories: LITS ET RATURES, GRANDE DAME  

Voyage au bout de la vie de Mme Lucie Almansor (1912-2019)

Elle était née avant mes parents ! Je ressens le mouvement de la mer -sans jeu de mot- qui s’en va pour me plus jamais revenir.

Madame Lucie Almansor s’est éteinte vendredi 8 novembre 2019.

Elle avait 107 ans !

A la mort de son mari, Louis-Ferdinand Destouches alias Céline, le 1er juillet 1961, elle a fait graver sur la pierre tombale:

«LUCIE DESTOUCHES, NÉE ALMANSOR
1912-19..»

Désormais, nous savons:

«LUCIE DESTOUCHES, NÉE ALMANSOR
1912-2019»

Cette grande dame était extraordinaire. Non pas du fait d’être l’épouse du plus grand pamphlétaire de son temps.

Elle était extraordinaire parce qu’elle était extraordinaire.

Elle était né danseuse comme son mari était né écrivain.

Cela nous change de tous les imposteurs, d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

[Post dédié à Marc Laudelout, François Gibault, Pierre Monnier, Eugène Saccomano, Roger Nimier, Marcel Aimé, Mme Arletty, Michel Simon, Robert Le Vigan et à “Bébert".]

07.11.19

Permalink 10:55:56, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, VAN GOGH FOR EVER  

Le sourcier de Giono, Lucien Jacques. Sous la direction de Jean François Chougnet, avec Jacques Mény et Jacky Michel. (Actes Sud)

La simplicité implacable de Jean Giono. Marcel Pagnol n’a pas le monopole de la Provence. Ils sont deux à la représenter le mieux possible. Dans toutes les crèches, il devrait y avoir leur santon respectif. Pagnol, Giono… Deux soleils dans un même ciel, celui de l’hymne à la vie.

Retrouver Giono c’est toujours une joie, un bonheur renouvelé. Comme il nous manque avec sa bouffarde et ses yeux, ses grands yeux, ses beaux yeux, comme si le bleu de la mer et le bleu du ciel étaient réunis dans un seul homme. Je n’ai rien à dire à ceux qui n’aiment pas Giono. Peut-on ne pas aimer la vie ?
Le voici réuni avec son ami Lucien Jacques, graveur, peintre, poète, tisseur, éditeur… On pourrait penser que c’est Giono qui le découvrit mais ce fut l’inverse. Artiste apprécié par Jacques Prévert, le touche-à-tout Lucien Jacques avait des mains en or. Son trait, sa peinture, pour vous donner une idée, tient à la fois de Marquet, Cézanne, Derain, Matisse… Cela vous va ?
Pas de mensonge. Il ne triche pas avec ce qu’il voit. Il rend vivant, pas bêtement ressemblant, comme le souhaitait Bonnard. Physiquement, il a l’allure qui ne sent pas les couloirs de ministères ! Il dégage de la paysannerie tels Joseph Delteil et Gaston Chaissac.
Voir un paysage de Lucien Jacques, c’est lire une page de Giono. Les deux artistes provençaux sont les deux côtés d’une même médaille : l’authenticité, la haine du travail mal fait, la joie de vivre, le bonheur de regarder une fleur, de voir se poser un papillon sur une branche de mimosa, le bruit d’un ruisseau, la fraîcheur de l’eau de source qui jaillit d’un fond sablonneux, et la mélancolie de la fin de l’été qui ne veut pas devenir automne. Lucien Jacques savait que Giono était un Dostoïevski égaré dans un champ de lavande tandis que Giono était content de se retrouver avec un poète pictural qui n’avait pas la désastreuse ambition des pitoyables sans talent qui pullulent dans la capitale à la recherche d’une notoriété éphémère car ils savent que la postérité sera impitoyable avec eux.
Jean Giono et Lucien Jacques avançaient leur grâce commune pour se protéger de la pesanteur des faux artistes, simples promoteurs de produits dits culturels.
L’art est au-dessus de la culture. Le très beau catalogue sur l’exposition Lucien Jacques nous le prouve.

-Le sourcier de Giono, Lucien Jacques. Sous la direction de Jean François Chougnet, avec Jacques Mény et Jacky Michel. Actes Sud, 128 p., 28 €.

Exposition au musée Regards de Provence, 29 octobre 2019-17 février 2020, en même temps que l’exposition Giono,avec 300 documents sur l’univers de Giono qui oscille entre création, travail, pacifisme, amitié avec les peintres, refuge dans la nature, évasion dans l’imaginaire et surtout amour de la vie.

Mucem: 1, Promenade Robert Laffont, 13002 Marseille ·Téléphone: 04 84 35 13 13

05.11.19

Permalink 14:03:54, Catégories: LITS ET RATURES  

Germaine Berton. Une anarchiste passe à l’action, Frédéric Lavignett (L’Echappée)

Le 22 janvier 1923, une jeune femme de 20 ans, Germaine Berton, assassine Marius Plateau, des Camelots du Roi, dans les locaux du journal L’Action française. Un geste meurtrier pour venger Jean Jaurès assassiné le 31 juillet 1914, contre l’occupation de la Ruhr et contre le fascisme. Elle sera acquittée. Depuis la polémique est toujours là: pour certains, elle a été instrumentalisée, pour d’autres c’est une héroïne désespérée. Fait divers ? Acte politique ? Crime d’une désœuvrée ? Acte insensé d’une révoltée ? Tout le monde voit midi à sa porte.

Déjà auteur d’un splendide album consacré à La Bande à Bonnot (Editions Fage, 2008. 628 p., 38 €) - historique à tous les niveaux, fond et forme- Frédéric Lavignette en consacre un autre à Germaine Berton (1902-1942)- dans une maquette moins exceptionnelle mais qui tient la route dans son genre. L’exigence est au rendez-vous, grand travail. Cette indomptable, née en 1902 est morte le 4 juillet 1942 le jour de l’enterrement de Léon Daudet qu’elle avait toujours voulu … assassiner ! Il est fort probable que Germaine Berton se soit suicidée. Suicide ou trop d’absorption de médicaments, car elle est morte à l’hôpital ? Meurtre déguisé en suicide ? Tout reste possible avec ce destin hors normes.
Avant de mourir, elle a eu la joie d’apprendre le décès du pamphlétaire royalo-nationaliste qui hantait les nuits et les jours de l’ouvrière-syndicalistes dont la biographie est pleine de bruit et de fureur. Lors d’une manifestation, elle est blessée d’un coup de sabre. Membre de l’Union Anarchiste, en 1922, elle finit par adhérer aux groupes des anarchistes individualistes du 14e arrondissement de Paris. Le 22 janvier 1923, elle tue Maurice Plateau, chef des Camelots du roi, qui s’est trouvé sur la route de la révoltée à défaut de Daudet ou de Charles Maurras.
«La» Berton voulait en finir avec les antisémites. Lors du procès à fort retentissement elle bénéficie d’un acquittement le 24 décembre 1923, grâce à son avocat, le célèbre Henry Torrès. Un cadeau de Noël qui ne plait pas à tout le monde. L’année suivante, on la coffre pour «port d’armes prohibées, menaces et outrages à agents dépositaires de l’ordre et excitation au désordre». Suite à une grève de la faim et à une tentative de suicide, elle est libérée, se marie en 1925, et disparait des radars jusqu’à l’annonce de sa mort, dix-sept ans après son retrait de la scène de l’actualité selon l’expression d’usage.
Tout l’album passe en revue tout ce qui touche de près ou de loin l’assassinat commis par «La» Berton, notamment le contexte historique, avant et après son geste meurtrier. Le travail de Frédéric Lavignette a consisté à récolter tous les éléments du faits-divers qu’il a décortiqué dans tous les sens. L’iconographie nous transporte dans le temps. La typographie est parfaite. Nous y sommes. On se croit dans l’époque décrite. On voit même Marius Plateau en costume sur la table d’autopsie ! Le limier Lavignette a retrouvé tous les domiciles de l’anarchiste. On peut voir les photographies des obsèques de Maurice Plateau.
D’aucuns seront surpris d’apprendre que les jeunes poètes Louis Aragon, André Breton et Philippe Soupault sont du côté de Germaine Berton. Ils disent en chœur que la mort de Maurice Plateau est «un accident du travail», mot d’Aragon, un des princes de l’insolence. Parmi les documents qui nous retournent les sens : Sarah Bernhardt dans son cercueil. Jamais je n’avais vu la comédienne morte. Je n’en suis toujours pas revenu. Dans l’affaire Berton survient l’affaire Philippe Daudet, le fils du pamphlétaire, retrouvé «suicidé» dans un taxi, comme l’annonce la presse le 3 décembre 1923. Contre toute attente, on apprend que l’adolescent était un… anarchiste qui admirait Germaine Berton ! Le cran de “La” Berton avait été perceptible le premier jour de son procès où elle sortit une petit miroir pour se recoiffer comme si elle était seule dans sa chambre. Au procès, Léon Blum est venu dire que Jaurès aurait demandé l’acquittement de son assassin car le “sang ne lave pas le sang". Blum était du côté de Germaine Berton et surtout contre l’Action française: “La seule vengeance qui aurait satisfait Jaurès, c’eût été qu’une pensée de remords s’éveillât dans l’âme de son assassin“. Le procès se suit pas à pas, mot à mot, dans cet album de très haut calibre.

-Germaine Berton. Une anarchiste passe à l’action, Frédéric Lavignette. L’Echappée, 283 p., 24 €.

Permalink 11:02:20, Catégories: LITS ET RATURES, LA REVUE DE STRESS  

Les bons d’entrée (Borges, Leboulanger, Thibert, Jerphagnon, Solnon, Bépoix/ Richard, J-P Delfino, Vergez-Chaignon, July, Frébourg…) et les bons de sortie !

A la manière de René Magritte.

Les bons d’entrée :

-Le rapport de Brodie, Jorge Luis Borges. Traduction de l’espagnol par Françoise Rosset revisité par Jean-Pierre Bernès. Folio/ Gallimard, 146 p., 6,80 €. Faudrait donner un Borges au Nobel !

-Bertram le Baladin, Camille Leboulanger, Libretto/Phébus, 270 p., 9, 50 €. Un auteur né à l’ère d’internet écrit sur un conteur d’histoires avec un luth. Eh! Toile des neiges.

-Torrentius, Colin Thibert. Editions Héloïse d’Ormesson, 128 p., 15 €. Pamphlet pour la tolérance et contre les censeurs.

-L’absolue simplicité, Lucien Jerphagnon. Préface de Michel Onfray. Bouquins / Robert Laffont, 1190 p., 32 €. Un apôtre de Montaigne et de Jankélévitch.

-Histoire des favoris, Jean-François Solnon. Perrin, 448 p., 24 €. Parfois ils servaient de frères ou d’amants.

-La forêt au Moyen Age, sous la direction de Sylvie Bépoix et Hervé Richard. Les Belles Lettres ; 420 p., 26,90 €. La générosité séculaire des arbres : fruits, animaux, eaux, mais attention aux bandits !

-Assassins !, Jean-Paul Delfino. Editions Héloïse d’Ormesson, 237 p., 18 €. Emile Zola mort intoxiqué au monoxyde de carbone ? La thèse de l’assassinat déguisé est possible.

-Une juvénile fureur, Bénédicte Vergez-Chaignon. Perrin, 459 p., 24 €. La vie de Bonnier de la Chapelle fusillé à 20 ans après avoir tué l’amiral Darlan. «Mort pour la France».

-Dictionnaire amoureux de New York, Serge July. Plon, 775 p., 27 €. «La ville debout» (Céline) par le cofondateur de Libération qui n’a plus rien à voir avec la grande époque des années 1980.

-Où vont les fils ?, Olivier Frébourg. Mercure de France, 155 p., 15, 50 €. Le styliste est de sortie.

Les bons de sortie :

-Journal intégral, tome 1 (1919-1940), Julien Green. Editions de Guillaume Fau, Alexandre de Vitry et Tristan de Lafond. Bouquins/ Robert Laffont, 1376 p., 32 €. La fesse cachée de l’acaca/démicien.

-Emerveillement, Matthieu Ricard. La Martinière, 216 p., 35 €. Il était une foi commerciale. Tiens v’la du bouddha !

-Une envie de désaccord(s), Cécilia Attias et Louis Sarkozy. Plon, 228 p., 19, 90 €. Encore un non livre pour faire du fric sur le dos des victimes du PAF.

-Répondre à la crise démocratique, François Hollande. Fayard/ Terra Nova, 126 p., 14 €. Un bouquin ni fait ni à faire pour être invité dans les médias afin de combler l’oisiveté.

-Fils de la Nation, Jean-Marie Le Pen. Editions Muller, 450 p., 22,90 €. Un «détail» pour l’Histoire littéraire.

- Secrets d’histoire 9, Stéphane Bern. Albin Michel. Pour mieux connaître Voltaire, reportez-vous à Henri Guillemin sur YouTube qui nous fait voyager sans quitter son bureau.

04.11.19

Permalink 17:48:34, Catégories: LITS ET RATURES  

-Le livre des incompris, Irène Gayraud (Maurice Nadeau)

Maurice Nadeau: l’un des joyaux de sa profession.

Quand on voit sur la couverture «Maurice Nadeau », on sait d’emblée que nous sommes dans l’exigence d’un vrai talent. Même si l’illustre éditeur est mort, son empreinte est restée. On n’est pas déçu par le livre d’Irène Gayraud qui répond au pedigree, mélange d’émotion et de grammaire. Toutes les histoires s’enchaînent les unes aux autres, comme les pierres précieuses d’un collier dont l’auteur serait le fil reliant.
Nous sommes en compagnie de personnages qui ne nous laissent pas de marbre. Il y a un contemporain de Diderot et Rousseau qui veut inventer des livres pour aveugles, une musicienne qui met en musique ses transports amoureux (elle voit dans les voix, la voie à suivre), une poétesse qui écrit pour des animaux, un squatteur exalté… De doux dingues qui sont des clairvoyants.
Irène Gayraud nous adresse un beau cadeau- pas empoisonné et sans ruban.
Un hymne à l’esprit, à l’intelligence, à la trouvaille artistique si chère à André Breton. Et à Maurice Nadeau.

-Le livre des incompris, Irène Gayraud. Maurice Nadeau, 180 p., 18 €.

Permalink 00:15:48, Catégories: GRAND MONSIEUR, BEHRA, FANGIO, SENNA & NORTON  

King Hamilton 1er: 6 fois champions du monde F1

La messe est dite: L. Hamilton vient de réaliser le triplé de F1: 3 fois champions du monde de suite, parmi tant de records ! Ci-dessus, sa carrière rien qu’en chiffres. Pas besoin de blablas: les chiffres parlent pour lui. Pour expliquer sa constance, le champion - un vrai, pas un Neymar, parfait intermittent du talent- a déclaré: “Quand j’en ai besoin, je fais appel à quelque chose qui est en moi". Quelle réponse magnifique !

Dimanche 3 novembre 2019
Grand Prix de F1 des Etats-Unis
1 Bottas
2 Hamilton
3 Verstapen

Classement des pilotes de F1 2019:
1 Hamilton 381 pts
2 Bottas 314 pts
3 Leclerc 249 pts

Position du classement par constructeurs:
1 Mercedes 695 pts
2 Ferrari 479 pts
3 Red Bull Racing Honda 366 pts

A deux GP de la fin de saison, Lewis Hamilton a été sacré champion du monde !
Sa classe n’est plus à démontrer.
Nous sommes en présence de l’un des monuments de la F1 depuis 1950.
Un des trois plus grands.
Son style ? Fluidité dans la conduite, courageux aux bons moments, résiste à la pression, grand lecteur de courbes, constance dans l’effort, sait attendre et placer les attaques. Immense capacité à communiquer avec les ingénieurs et mécaniciens.
Ce vrai grand champion est mal aimé en Angleterre car il faut payer pour voir la F1 qui n’est plus gratuite sur la BBC, donc les gens croient que c’est un frimeur sur les réseaux comme Neymar. Les Anglais ne le voient jamais dominer les courses.

Classement des F1 champions du monde depuis 1950:

7 titres Michael Schumacher (Allemagne) 1994, 1995, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004
6 titres Lewis Hamilton (Angleterre) 2008, 2014, 2015, 2017, 2018, 2019
5 titres Juan Manuel Fangio (Argentine) 1951, 1954, 1955, 1956, 1957

Parcours de Lewis Hamilton en F1:

2007 : McLaren-Mercedes, 2e
2008 : McLaren-Mercedes, Champion
2009 : McLaren-Mercedes, 5e
2010 : McLaren-Mercedes, 4e
2011 : McLaren-Mercedes, 5e
2012 : McLaren-Mercedes. 4e
2013 : Mercedes AMG. 4e
2014 : Mercedes AMG. Champion
2015 : Mercedes AMG. Champion
2016 : Mercedes AMG. 2e
2017 : Mercedes AMG. Champion
2018 : Mercedes AMG. Champion
2019 : Mercedes AMG. Champion

Résultats de Lewis Hamilton en Formule 1:

6 titres de champion du monde
246 départs en Grands Prix
3 200 points marqués
82 victoires
88 pole positions
42 meilleurs tours en course
148 podiums
14 hat tricks
4 326 tours en tête
21 883 k km en tête
13 700 tours parcourus
68 865 km parcourus
26 abandons
Débuts en F 1 : le 18 mars 2007
Première victoire : le 10 juin 2007 au Grand Prix du Canada
Première pole position : le 9 juin 2007 au Grand Prix du Canada
Premier hat trick : le 30 septembre 2007 au Grand Prix du Japon

01.11.19

Phlippe Caubère, le grand retour du Facteur Cheval du théâtre. Sur scène et en librairie: Le roman d’un acteur (Tome 2). La Belgique, Philippe Caubère. (Joëlle Losfeld Editions)

Philippe Caubère: des mots, un style, des sons, une voix, une gestuelle, de la présence, du charisme, de la violence, de la douceur comprimée, du rêve éveillé, de l’intelligence en mouvement, l’imaginaire à l’air libre, de l’émotion en vrac, une partition humaine, une musique corporelle. Du jamais vu en un seul homme-orchestre ! L’écrivain-comédien joue de lui comme d’un instrument. Et même, il se joue de lui-même. Un temps fort du théâtre. Il y a lui, et tous les autres. Ses spectacles sont de la haute voltige sans aucun filet. Exténuant. Bien sûr, pas de besogne. Que de la grâce.

Le 21 septembre 1950 est né Philippe Caubère. Une grande date pour sa famille et la France. Une grande date pour l’art et non pas la cul/tu/re. Le théâtre de Caubère est politique, éthique : le comédien a pris le pouvoir pour ne pas être esclave du téléphone. Le théâtre de Caubère est aussi et surtout physique car il teste le texte tout de suite sur les planches. Il écrit pour ainsi dire debout, en marchant, selon le vœu de Rimbaud. Debout comme New York vu par Céline, qu’il aime tant hors de toutes les polémiques. Debout comme un sexe en érection, mais il faut le dire vite sinon on risque la prison ou une convocation au poste.
La poésie a disparu de la circulation. Heureusement, Caubère la remet au coeur de la ville. C’est un mélange de Pagnol et de Suarès. Cela sent Marseille, la rascasse et l’OM, mais aussi Artaud, ce Marseillais dont plus personne ne se souvient. Caubère c’est aussi le théâtre de la cruauté qui s’échappe de la beauté d’une crèche provinciale. C’est Giono qui pique une colère parce qu’on a fait mal à Van Gogh du côté d’Arles. Voilà les images que fait naître Caubère sur ses propres images. Oui, Caubère est le fils de Pagnol et Raimu, au détail, près, que lui il ne veut pas voir revenir Pomponnette. Qu’elle rentre ou pas au bercail, il s’en tape la veilleuse, comme l’on dit à Nice et non pas à Marseille. Inutile de vous donner la définition de la veilleuse, de son va et vient. Hors la matrice, il n’y a que des Pomponnettes gigognes. On n’a pas fait 1969 (!) pour rentrer dans le rang.
Caubère a la force de Gérard Philipe et de Molière. Il est de leur famille. Celle de ceux qui font entendre les battements d’une langue vivante. C’est un Rodin des mots qui sculptent son temps à travers des personnages qu’il incarne tous, tout seul, tout le temps. Vous imaginez l’exploit que cela représente ? Il faut une générosité hors normes. Une capacité d’amour sans limite. Caubère donne temps sur scène que dans la vie, c’est un fauve sans caverne mais lui hurle à la vie, pas à la mort. Caubère seul en scène joue tous les rôles. Facteur Cheval du théâtre. Ce qu’il dit sonne juste comme chez Georges Navel, Gaston Chaissac et Louis Guilloux. Une maison du peuple.
Chaque fois qu’il écrit et joue, Caubère laisse des lambeaux de lui-même sur scène, comme le grand Brel et Johnny, ce drôle de Smet qui avait encore plus de magie dans la voix qu’on ne le dit. Son nouveau livre est pour nous le bonheur de retrouver l’écrivain Caubère qui est partout. Oui écrivain, Caubère est un écrivain, exactement dans la suite de Molière dont il est la réincarnation. Vous tenez entre les mains, une partition de mots. Une musique de l’âme.
Caubère est toujours en liaison avec la création, sa vraie femme et non pas sa maitresse. Pas besoin d’être ami avec Caubère car il donne tout dans son œuvre. Il nous fait des cadeaux à chaque ligne. Etre avec son livre c’est être avec lui. Ses phrases ont la particularité d’être à la fois des coups de poing et des caresses. Lui-même dégage cette force et cette fragilité, endeuillé perpétuel de son enfance. Il voudrait se retrouver avec des genoux plein de mercure au chrome, courant vers sa mère, dans la splendeur de sa beauté maternelle. En surimpression, quand il est sur une chaise avec son châle, on voit le squelette de la mère du fils joué par Anthony Perkins dans Psychose. Et dans ce moment, bien sûr Caubère joue les deux rôles ! Caubère est un gamin triste d’être adulte. Sur scène, il est redevient le gamin sous le soleil du Midi, de midi. Là, où il n’a enfin plus d’ombre qui le suit.

-Le roman d’un acteur (Tome 2). La Belgique, Philippe Caubère. Joëlle Losfeld Editions, 751 p., 25 €. Le bel ouvrage contient : Le Chemin de la Mort, le Vent du Gouffre, le Champ de Betteraves, le Voyage en Italie et le Bout de la Nuit

-Adieu Ferdinand ! Suite et Fin.
De et par Philippe Caubère Au Théâtre Du Rond Point
Du 5 novembre 2019 au 5 janvier 2020

2 Bis Avenue Franklin Delano Roosevelt, 75008 Paris, France
Téléphone: 01.44.95.98.00

Le casino de Namur I :
5, 9, 13, 22, 26 et 30 novembre
4, 13, 17, 21, 27 et 31 décembre
4 janvier, 20h30

17 novembre et le 8 décembre, 16h
Relâche : les lundis et jeudis.

Le casino de Namur II
6, 15, 19, 23 et 27 novembre
6, 10, 14, 18 et 28 décembre
3 janvier, 20h30

10 novembre, les 1er et 22 décembre, le 5 janvier, 16h
Relâche : les lundis et jeudis.

La baleine et le camp de naturiste
8, 12, 16, 20 et 29 novembre
3, 7, 11, 20 et 24 décembre, 20h30

24 novembre, les 15 et 29 décembre, 16h
Relâche : les lundis et jeudis

PS: INTREGRALE WEEK-END, 2 novembre 2019: Merci Bernard ! (Revue de Stress): à partir de 16 mn 50 s.
https://www.cnews.fr/emission/2019-11-02/integrale-week-end-2e-partie-du-02112019-895373

Permalink 17:26:09, Catégories: LITS ET RATURES  

Ma première mort, Jean-Claude Lamy (Serge Safran)

Bonne occasion pour saluer Léo Ferré qui chante son ami Jean-Roger Caussimon.

Mort par procuration ! Ou presque. Jean-Claude Lamy, auteur de plusieurs grandes biographies (les frères Prévert, Mac Orlan, Brassens, Sagan…) a eu la désagréable surprise d’assister à sa mort ou tout comme. Sa nécrologie était dans la presse. Des amis- pas toujours les mieux intentionnés- demandaient déjà l’heure de la messe des obsèques, l’heure qui rime avec leurre. Tout s’accordait pour que Jean-Claude Lamy était bel et bien mort, sauf qu’il s’agissait de son homonyme… écrivain lui aussi ! Ecrivain mais à plus faible notoriété.
Du vivant du disparu, le festival de quiproquos a eu lieu maintes fois. La désagréable impression finalement se transforme en douce farce : il est si rare d’assister à son inhumation. Tout le livre est une délicieuse réflexion sur la mort sans jamais tomber dans le pathos ou le détail sordide. Pas un essai non plus. Il s’agit d’un livre signé par un homme d’esprit qui avait déclaré à la mort d’Antoine Blondin : «Même l’église était bourrée !» Impossible de rendre plus bel et juste hommage.
Cet ouvrage, fait main comme la plus belle des dentelles vénitiennes, tient plus de Sacha Guitry que d’un représentant des Ets Roblot. Si vous allez dans un cimetière ou une église ne l’emportait pas avec vous, au risque de tressauter tel un bossu au détour d’un trait d’humour de Lamy. Partout ailleurs ne vous privez pas d’une prose qui fait rire. C’est si rare.

-Ma première mort, Jean-Claude Lamy. Serge Safran, 132 p., 15, 90 €.

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