Archives pour: Octobre 2019, 08

08.10.19

Permalink 17:22:07, Catégories: HENDRIXEMENT  

Mélancolie Rodéo, Jean-Michel Jarre (Robert Laffont)

Il y différentes sortes de livres et parmi ceux sur les souvenirs de gens du spectacle, celui de Jean-Michel Jarre est à mettre en haut de l’affiche. Il ne se moque pas des lecteurs : ouvrage très bien présenté, avec un sommaire très original, illustré par des images de grande sobriété, comme son texte bien mené. Ce n’est pas la prose d’un écrivain mais celle d’un artiste à coup sûr. Il sait regarder ce qui l’entoure, depuis l’enfance, et il sait le restituer avec la macération du temps. Tout est dit avec une certaine nostalgie tempérée par la présence des enfants qui sont l’avenir en marche. Jean-Michel Jarre a du goût et très bon goût. La preuve, Charlotte Rampling, l’un des piliers de sa vie. La comédienne- l’une des plus grandes de sa génération- apparait dans le livre, et personne ne s’en plaindra. L’autre pilier majeur est tout naturellement la mère du musicien, une autre femme d’exception. La grande résistance France Pejot qui manifestait du courage tout le temps. Prise au hasard dans un hold-up en pleine pharmacie, elle règle le problème en faisant la moral au voyou ! Une autre fois, elle voit qu’on lui vole son téléviseur mais ne bronche car on ne risque pas sa vie pour une télévision. Chapeau ! Quand on a une maman de cette trempe, il faut être à la hauteur. Le fils de Maurice Jarre y parvient. Il a réussi niveau musique à faire aussi bien que son père, ce qui n’est pas facile. Aussi bien dans un genre différent. D’aucuns pensent que c’est de la soupe. Pas moi. Jean-Michel Jarre semble ne pas vieillir. Encore plus figé dans l’adolescence que BHL. Bien sûr, il voit des gens de la haute société : les présidents de la République défilent. Ce n’est pas ma cup of tea. Lorsque François Mitterrand est élu à l’Elysée, la maman de Jean-Michel dit : «Encore un président de droite ». Bien vu ! Le livre est bourré de souvenirs que l’on s’approprie quand il évoque un Teppaz ou Chet Baker, le Miles Davis blanc.

-Mélancolie Rodéo, Jean-Michel Jarre. Robert Laffont, 384 p, 21 €.

Permalink 10:58:14, Catégories: LITS ET RATURES  

Eugène Saccomano (1936-2019), de Borsalino à Giono

Il était né au temps du Front populaire.
Outre sa passion pour le football - qui remontait à son enfance- il aimait la littérature.
Une passion contrariée par une mauvaise aventure. Il avait écrit à la fin des années 1968, Bandits à Marseille… qui porté à l’écran est devenu un film mythique (Borsalino) avec Delon et Belmondo. Entretemps, il céda les droit pour une bouchée de pain. Ce ne fut pas bingo !
On lui doit trois grands livres:
-Goncourt 1932 (1999)
-Céline coupé en deux (2013)
-Jean Giono, le vrai du faux (2014)

Goncourt 1932, raconte comment Céline a raté le Goncourt.
Céline coupé en deux, radioscopie les deux Céline, l’homme de gauche devenu facho libertaire antisémite. Eugène Saccomano donne sa vision de l’écrivain.
Jean Giono, le vrai du faux. Explique bien que Giono fut le contraire du collaborateur. La mafia littéraire de l’après-guerre l’a mis à l’index car il avait tellement de talent qu’il fallait le tenir à distance. Giono ne s’est jamais parisianisé pour s’imposer.
Pour les deux derniers, Eugène Saccomano a écouté mes conseils et s’est dirigé vers Le Castor Astral pour les éditer.
Quand j’ai consacré mon feuilleton littéraire dans L’Evénement, à Goncourt 1932, Eugène Saccomano était plus que très heureux. Enfin, on le sortait du ghetto du football. Il avait dû attendre 40 ans ! D’habitude je consacrais mon feuilleton à Raymond Guérin, parmi d’autres merveilles. Je n’ai pas choisi son livre pour lui faire plaisir mais parce que son livre est très bien ficelé. Le fond et la forme. L’écrivain Saccomano prend grand soin à ne pas lasser le lecteur qu’il tient toujours en éveil.
Eugène Saccomano était un très grand lecteur, de matchs et de livres. On ne la lui faisait pas !
Il était aussi un cinéphile très pointu.
On a beaucoup ri.
Lui, le Nîmois. Moi, le Niçois.
Nous étions unis par une géographie sentimentale.
Il était de l’ancien temps: celui de la formation continue, rien à voir avec la starification instantanée.
Quand Jean-Luc Lagardère lui a remis la Légion d’honneur, il m’a convoqué fissa à Europe 1.
Pendant son discours de remerciements il a dit:
-"Sans la presse que serions-nous ? Rien".
Le travailleur acharné était d’une lucidité sans faille.

[Post dédié à sa femme Françoise, à leurs enfants, à leur petits-enfants]

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