Archives pour: Octobre 2019

29.10.19

Evénement: Jacques Rigaut, le suicidé magnifique, Jean-Luc Bitton (Gallimard)

Maurice Ronet dans “Le Feu follet” (Louis Malle) de Drieu la Rochelle, inspiré par Jacques Rigaut. Quatre morts d’un même puzzle: le grand talent. Ces artistes en étaient vraiment. Personne ne jouait à l’être. Tous des créateurs de grande envergure.

Si vous aimez l’esprit, il faut lire la biographie de Jacques Rigaut (1898-1929) signée par Jean-Luc Bitton qui a consacré pleinement 15 ans de sa vie à celui qui a supprimé la sienne le 6 novembre 1929, à 30 ans. Le soir de sa mort, il prend un taxi et arrivé chez lui, il demande au chauffeur de l’attendre. Le client ne reviendra plus. Le compteur tournait dans le vide. La course ne sera jamais payée. Impair et passe. Rideau! Le poète en avait assez vu. Une courte existence pleine d’émotions accentuées par la drogue car Jacques Rigaut a vécu le parcours d’un toxicomane, un côté no future très précurseur des musiciens des années 1960-1970 ou de la Beat Generation, juste avant. Jacques Rigaut haissait le quotidien qui revient sans magie : il voulait vivre toujours des instants exceptionnels. Cela l’a conduit à se droguer pour vivre un voyage solitaire à tutoyer des idées féériques à un rythme infernal. Il s’est drogué pour nous. Evitons de l’imiter dans ce domaine. J’ai maintes fois parler de Rigaut avec l’un de ses meilleurs amis – Philippe Soupault qui avait le don de l’amitié- que j’ai rassuré par mon dégoût de l’autodestruction par respect pour nos parents.
Soupault a souffert de voir Rigaut programmer son suicide, jouant toujours avec le feu. Ce fut aussi générationnelle, une vraie épidémie : Vaché, Rigaut, Crevel, Drieu… Jean-Luc Bitton nous fait revivre toute la fantastique vie culturelle et spirituelle du début du XXe siècle, notre vraie préhistoire. Il ne tombe jamais dans l’hagiographie même s’il est très attaché à Jacques Rigaut. Page 413 : «Rigaut continue de se faire entretenir par ses maitresses, même si certaines se lassaient, l’héroïne ayant amenuisé la libido du gigolo». Jugement impitoyable, partagé par Pierre de Massot.
Jacques Rigaut est un anti-héros, personnage qu’il a entretenu pendant la Première Guerre mondiale où il ne trouva rien de mieux que de se comporter en «embusqué». Au plan artistique, pour l’essentiel, il fut dadaïste. Il a été un acteur du mouvement à Paris sans jamais varier du projet : nier l’art, ne pas en produire, dénigrer la littérature qui est un lieu pour ambitieux qui riment avec prétentieux. Lui n’a jamais voulu devenir une vedette de l’édition ou un créateur de premier rang. Il vomissait la réussite sociale et artistique. Ecoeuré par les intellectuels qui ne pensent qu’à leur carrière, il s’est enfoncé dans le nihilisme jusqu’à en être le porte-drapeau. Ne rien faire, ne rien produire, telle était sa devise définitive. Pour se moquer de ses amis collectionneurs (Breton et Eluard), il collectionnait des boîtes d’allumettes. Cependant, il écrivait quasiment en cachette, ne publiant que des textes dans des revues, ne cédant jamais aux sirènes des éditions. Le fait de n’écrire que du bout des doigts, des lèvres et du cœur, a contribué à donner dans l’excellence. Ses aphorismes ont la beauté des roses noires qui n’existent pas : «Mon livre de chevet, c’est un revolver» ou «Je serai un grand mort». Rigaut avait la science de la formule choc. Il vaut mieux laisser des sentences historiques que des romans que plus personne ne lit.
Sur la couverture du livre, Rigaut, lunettes de soleil, clope au bec, est flou. Comme noyé au fond de l’eau. Dans les pages, il est net, tout entier. Si vous avez vu Le Feu follet de Louis Malle vous vous déjà confronté à Rigaut sans le savoir, puisque le film est tiré du livre de Drieu la Rochelle qui s’est inspiré de Rigaut pour l’écrire. Sans jamais avoir la lourdeur d’un universitaire barbant comme la barbe d’un taliban, évitant les tics prétentieux des spécialistes qui savent tout sans avoir le talent du partage, Jean-Luc Bitton remonte le temps, avec intelligence, sensibilité, sens du tempo. Je ne voulais pas finir le livre pour maintenir l’illusion que Rigaut et Soupault étaient toujours vivants, des poètes qui ont été nous avant notre naissance.
Avant de se supprimer d’une balle en plein cœur, Jacques Rigaut a bien rangé sa chambre, prenant soin d’éviter de salir les draps en cas de projection de son sang. Un suicidé c’est souvent quelqu’un qui voudrait vivre autrement. Rigaut n’y est pas arrivé. Seulement parti. Les quinze ans de voyages en Rigaut-City n’ont pas été une perte de temps pour le biographe passionné et passionnant. Le vrai tombeau de Rigaut est entre nos mains. Il y est plus vivant que jamais. On peut dire qu’il a été en sommeil de 1929 et 2019. Le revoilà parmi nous grâce à Jean-Luc Bitton qui a réveillé le Beau au Bois Dormant.

-Jacques Rigaut, le suicidé magnifique, Jean-Luc Bitton. Préface Annie Lebrun. Gallimard, 708 p., 35 €.

28.10.19

Permalink 16:34:20, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

A lire par les temps qui courent: Œuvres poétiques, Jean Sénac (Actes-Sud)

Le poète faisait suivre d’un soleil sa signature. Un soleil qui ne se couchera jamais.

Ras le bol du voile ! En France, le voile est devenu le rédacteur en chef des bistrots du commerce. André Malraux avait vu juste : c’est la première fois qu’une civilisation n’a pas de valeur suprême. Il faudrait choisir entre le capitalisme, l’obscurantisme, les lâches, les peureux, les je-ne-sais-quoi. Dans une telle foire d’empoigne, il est bon de sortir des autoroutes pour choisir des sentiers. Certains, les malveillants, ont mis des ronces devant pour ne pas qu’on les emprunte. Heureusement, d’autres dégagent l’espace pour qu’on s’engage sur des voies qui ne cherchent pas à nous conduire dans des impasses.
Jean Sénac (1926-1973), par exemple, est une destination merveilleuse. Il ouvre l’esprit au lieu de nous rendre quelconque. Né à Beni Saf, le poète pied-noir dérangeait tellement les cerveaux imbibés de fanatismes en tous genres, qu’il n’a pas eu la vie facile, dès sa naissance, né de père inconnu- qui a pris la poudre d’escampette- il finit par porter le nom du mari de sa mère qui a refait sa vie, comme on dit. Très tôt attiré par la littérature, il devient un lecteur compulsif de poètes pour en devenir lui-même un. Doté d’une culture exceptionnelle, l’autodidacte tape dans l’œil d’Albert Camus qui l’édite et de René Char qui le préface. Camus donne confiance à ce jeune homme qui est malade comme lui, au point de séjourner dans des sanatoriums. Créateur de revues, il fait de la radio pour diffuser de l’intelligence dans des cerveaux conditionnés par le Coran. Féru de peinture, il ouvre une galerie, puis Gallimard édite Avant-Corps, précédé de Poèmes iliaques et suivi du Diwan du Noûn, Paris, Gallimard (1968).
Trop libre, il attise la haine des gens qui ne supportent pas son homosexualité. Traqué par les imbéciles, il est révoqué de la radio algérienne. Célèbre pour avoir rencontré Che Guevara, Jean Sénac revendiquait être un pied-noir, sa partie française, excluant toute récupération par les religieux qui voulaient le dompter pour massacrer sa personnalité d’homme ouvert, sur ses semblables d’où qu’ils viennent, cultivé et pacifiste. L’artiste à la double nationalité, qui ne reniait absolument pas sa fibre algérienne, bien au contraire, a été assassiné, au couteau, le 30 août 1973, dans une cave où il était obligé de vivre pour se cacher, en vain.
Grâce aux éditions Actes-Sud, tout le continent Sénac refait surface dans les librairies. Grand lecteur d’Artaud, Genet, Whitman et Cavafy, Jean Sénac a fait écrire à René Char : «Ses poèmes chantent à longue voix nourrie et pure le paysage de l’atelier immense du soleil, atelier qui a la nuit pour toiture et l’homme comme exploit décevant et merveilleux». Quand on connait l’exigence de Char, on imagine le bonheur qu’il a donné à Jean Sénac victime de l’intolérance, de la cruauté de ceux qui voudraient que l’on soit tous pareils : à savoir un régiment d’idiots, de frustrés, d’incultes, de sans joie, de sans cœur, en attente d’un au-delà qui serait paradisiaque (!). Comme disait Pierre Dac, le vin d’ici est bien meilleur, même si on n’en boit pas souvent, non par croyance mais simplement pour ne pas abîmer sa santé. Il faut parfois décrypter Jean Sénac lorsqu’il encense Cuba en 1961, via Castro, comme l’indique René de Ceccaty. Comment évoquer sa poésie ? Quelques mots pour la définir : intimité, polémique, amour(s), vérité, introspection transcendée, désir, plaisir. Il casse les codes, les barrières, les mauvaises habitudes. «Les mots [sont] les jumeaux du silence», pensait-il. En pays totalitaire, oui. En démocratie, non. Il faut lire Jean Sénac, tout comme il faut aussi lire Haddad Tahar et Kated Yacine, eux aussi jetés au purgatoire. Des auteurs qu’il ne faut pas recouvrir du voile de l’indifférence. Sénac, son nom claque, tel le coup de tonnerre qui éclaire un champ de ruines.

-Œuvres poétiques, Jean Sénac. Préface René de Ceccaty. Postface de Hamid Nacer-Khodja. Actes-Sud, 840 p., 29 €

26.10.19

Permalink 06:57:04, Catégories: BLONDINEMENT A XV  

Angleterre-Afrique du Sud en finale de la Coupe du Monde de rugby à XV

*Samedi 26 octobre
1/2 finale Coupe du Monde rugby
Nouvelle Zélande 7-19 Angleterre
*Dimanche 27 octobre 2019
1/2 finale Coupe du Monde rugby
Pays de Galles 16–19 Afrique du Sud

Il n’y a pas eu de match tant les Anglais ont dominé les All Blacks dans tous les compartiments du jeu.
J’espère que les internationaux français ont regardé le match pour voir que ce que cela veut dire “préparer un match depuis des années".
L’équipe de la Rose n’a même pas laissé des miettes aux All Blacks.
Et en plus, ils en ont gardé sous les crampons.
Les Anglais deviennent favoris de la finale.
Dans la seconde 1/2, les Gallois méritaient plus mais ils n’ont pas su franchir la dernière marche avant la finale. L’Afrique du Sud devra enfin sortir le grand jeu pour empêcher les Anglais de soulever le trophée.

A venir:
Vendredi 1er novembre 2019
•10h. Match de la 3e place (à Tokyo) sur TF1

Samedi 2 novembre 2019
•10h. Finale (à Yokohama) sur TF1
_______________________________________________
PS: Intégrale Week-end 26 10 2019
Revue de Stress/ Merci Bernard. Au bout de dix minutes mais il n’y a pas de curseur…
https://www.cnews.fr/emission/2019-10-27/integrale-week-end-2e-partie-du-26102019-893174

22.10.19

Permalink 15:33:29, Catégories: FORZA ITALIA !, GRAND MONSIEUR  

Ballon d'or 2019. Qui pour succéder à Modric, Baudruche d'or 2018 ?

Mon classement:

1/ Cristiano Ronaldo./ Juventus Turin
Il dynamite toutes les statistiques. Très fort partout: Portugal, Angleterre, Espagne et Italie. Un des dix plus grands footballeurs de tous les temps.

2/ Virgil van Dijk/ Liverpool
Le plus grand défenseur central en activité

3/ Lionel Messi/Barcelone
Même diminué par une blessure il est plus fort qu’un joueur banal en pleine forme

OUTSIDER: Mohamed Salah/ Liverpool. Premier buteur en finale de la C1 2019 qu’il a gagné, l’attaquant mérite le podium pour le récompenser de son grand talent qu’il exprime désormais avec constance au plus haut niveau.

Modric- accident industriel dans le palmarès- et Neymar - intermittent du talent- ne sont pas dans la sélection.
Déception: Hazard. Pas assez professionnel dans sa préparation. Signe au Real, puis il disparait.

La liste des 30 nommés:

Sergio Agüero (ARG/Manchester City)
Trent Alexander-Arnold (ANG/Liverpool)
Alisson (BRE/Liverpool)
Pierre-Emerick Aubameyang (GAB/Arsenal)
Karim Benzema (Real Madrid)
Bernardo Silva (POR/Manchester City)
Cristiano Ronaldo (POR/Juventus Turin)
Kevin De Bruyne (BEL/Manchester City)
Frenkie de Jong (HOL/Ajax/FC Barcelone)
Matthijs de Ligt (HOL/Ajax/Juventus Turin)
Roberto Firmino (BRE/Liverpool)
Antoine Griezmann (Atlético/FC Barcelone)
Eden Hazard (BEL/Chelsea/Real Madrid)
Kalidou Koulibaly (SEN/Naples)
Joao Félix (POR/Benfica/Atlético)
Robert Lewandowski (POL/Bayern Munich)
Hugo Lloris (Tottenham)
Riyad Mahrez (ALG/Manchester City)
Sadio Mané (SEN/Liverpool)
Marquinhos (BRE/PSG)
Kylian Mbappé (PSG)
Lionel Messi (ARG/FC Barcelone)
Mohamed Salah (EGY/Liverpool)
Son Heung-min (CDS/Tottenham)
Raheem Sterling (ANG/Manchester City)
Dusan Tadic (SER/Ajax Amsterdam)
Marc-André ter Stegen (ALL/FC Barcelone)
Donny van de Beek (HOL/Ajax Amsterdam)
Virgil van Dijk (HOL/Liverpool)
Georginio Wijnaldum (HOL/Liverpool)

21.10.19

Permalink 17:16:07, Catégories: THE RED DEVILS  

La passation de pouvoir après 30 ans d'attente. Liverpool a 15 points d'avance sur Man United indigne de son rang

Avec Paul Scholes, l’intelligence était de sortie. Avec l’équipe actuel de MU, le manque d’initiatives est au rendez-vous. Matchs sans intérêt qu’il vaut mieux ne pas regarder.

Dimanche 20 octobre 2019
9e journée de Premier League
Manchester United 1-1 Liverpool
But pour MU: Rashford (36e)
Buts pour les Reds: Lallana (85e)

Manchester United: De Gea; Wan-Bissaka, Lindelof, Maguire, Rojo, Young ©; Fred, McTominay, James, Andreas (Williams 90e+4); Rashford (Martial 84e).

CLASSEMENT
1er Liverpool 25 points + 14
13e Man United 10 points + 1

L’équipe de MU ci-dessus est la pire de l’Histoire récente de MU. Vous pouvez y rajouter Martial et Pogba. Cela ne change rien aux performances de ce groupe.
MU a faux sur toute la ligne. Il fallait laisser Solskjaer à la formation et nommer Guardiola au poste de manager de l’équipe fanion.
Au lieu de cette évidence, MU a dépensé 1 milliard d’euros pour une belle collection de joueurs qui n’ont pas l’ADN du club: ni courage, ni fierté et ni haine de la défaite.
Aucun Red Devil actuel n’a la grinta de Cantona, Scholes ou Rooney.
Les joueurs de Solskjaer gagnent beaucoup d’argent grâce à l’époque Sir Ferguson mais ils n’apportent rien au club. Ils ne font qu’abîmer le prestige de MU.
Ce match contre Liverpool est une honte au niveau de la créativité.
MU n’a rien à proposer. Les joueurs ont un football idiot.
Liverpool a joué en mode vacances.
Liverpool est en position de gagner le championnat après trente ans d’attente.
MU n’a même pas eu la possibilité de régner sur sa pelouse.
Lamentable sur toute la ligne.
MU est en pleine traversée du désert depuis 2013.
Peut-être durera-t-elle aussi 30 ans !

20.10.19

Permalink 11:30:39, Catégories: LA REVUE DE STRESS  

La revue de Stress/ CNews 19 10 2019

A partir de la 15e mn. Balkany Circus. Vols des portraits de Pt de la République. PMA…

19.10.19

Permalink 10:28:49, Catégories: LITS ET RATURES  

Les bons d'entrée (Bang, Perez, de Cessole, Messager, Dumay, Stern, Robert-Nicoud, Buyng-Chul, Slocombe, Desbordes-Valmore...) et les bons de sortie !

A la manière de René Magritte.

Les bons d’entrée :

-Ida Brandt, Herman Bang (1857-1912). Traduit du danois par Elena Balzamo. Préface de Jeans Christian Grøndahl. Libretto/ hebus, 360 p., 10 €. Ce roman sur une jeune fille mélange les dialogues et le récit avec une modernité indémodable.

- Le corps de la Reine, Stanis Perez. Perrin, 471 p., 25 €. Cette indispensable étude nous apprend qu’à l’époque des Reines l’accouchement se pratiquait parfois avec des tenailles !

-L’île du dernier homme, Bruno de Cessole. Albin Michel, 425 p., 21,90 €. Un roman inspiré par la folie contemporaine. Du bruit et la fureur de mourir.

-Roland Barthes, Mathieu Messager. Que sais-je ? Puf, 130 p., 9 €. Un livre hors-d’œuvre pour attaquer ensuite l’œuvre.

-La mort du vin, Raymond Dumay. Préface de Jean-Claude Pirotte. La petite vermillon, 280 p., 8,10 €. Le conseil de Baudelaire : enivrez-vous de vin ou/et de poésie. Pas d’âneries, svp.

-Et je ne suis jamais allé à l’école. Histoire d’une enfance heureuse, André Stern. Babel, 218 p., 7, 80 €. Témoignage d’un vrai vivant.

-Scènes de boxe, Elie Robert-Nicoud. Rivages, 240 p., 7, 50 €. La passion dévorante du Noble Art si bien chanté par Nougaro.

-Amusez-vous bien !, Byung-Chul Han. Traduit de l’allemand par Olivier Mannoni. PUF, 192 p., 13 €. Malraux nous l’avait dit: la culture n’a rien à voir avec le divertissement.

-La débâcle, Romain Slocombe. Robert Laffont, 520 p, 22 €. Un savant mélange entre le réel et la fiction.

-Les Pleurs, Desbordes-Valmore. Edition établie par Esther Pinon. GF, 300 p., 9 €. Verlaine l’accueillit dans le cercle des poètes maudits. C’est dire !

Les bons de sortie :

-Fille à papa, Géraldine Danon. Cherche- midi, 140 p., 17 €. Sur le divan rouge de France 2 toute la partie tragique a été passée sous silence. Pas de ça le dimanche !

-On se donne des nouvelles, Valérie Trierweiler. Les Arènes, 329 p., 20 €. La preuve avec cette “autrice” que l’on est passé d’A nous deux Paris ! à A nous deux Paris Match !

-Une histoire de famille, Jean-Louis Debré. Flammarion. Le pouvoir du piston de l’arbre généalogique.

-Sa majesté des chats, Bernard Werber. Albin Michel. Miaou, miaou, voici le Ronron pour les lecteurs qui pensent que Goya est plus une chanteuse qu’un peintre.

18.10.19

Permalink 22:50:51, Catégories: LITS ET RATURES  

Technopoly. Comment la technologie détruit la culture, de NeIl Postman. (L’Echappée)

L’auteur, théoricien des médias, Neil Postman (1931-2003) a eu le temps de voir la percée du numérique dans le quotidien du XXIe siècle. Il a alors prévenu que les populations devaient apporter encore plus d’importance à l’enseignement des jeunes trop livrés à eux-mêmes, faire attention aux médias qui font l’opinion, et prendre garde à internet qui a remplacé la télévision. L’Américain, bien après André Malraux, nous signale que la culture est tout sauf un divertissement. On nous amuse pour mieux nous gouverner. On = les régents de la communication. Le monde est devenu un monde de spectateurs plus que de lecteurs. Les machines ne peuvent pas tout nous dicter. Il suffit d’une panne d’électricité mondiale pour créer la panique. Le progrès n’a rien à voir avec l’abêtissement général. Il faut savoir utiliser le net comme on conduit une voiture et sa vie en général. Halte à l’excès de technologie. La technologie a du bon si elle nous soigne dans le bloc opératoire. Tout le reste est à user parcimonieusement. Le média est souvent plus important que la nouvelle qu’il colporte.

-Technopoly. Comment la technologie détruit la culture, Neil Postman. Préface de François Jarrige. Traduction de l’anglais d’un collectif de sept personnes. L’Echappée, 225 p., 18 €.

17.10.19

Eagles. Live in the fast lane, d'Alexis Hache (Le mot et le reste)

Qui connaît le chanteur-guitariste as du synthétiseur Glenn Frey (1948-2016), les chanteurs-guitaristes Don Felder et Joe Walsh, le bassiste Randy Meisner, le batteur Don Henley, le guitariste Bernie Leadon et Timothy B. Schmit (chant, guitare basse et harmonica) ? On est peu nombreux à identifier tous ces musiciens comme étant des artistes du groupe Eagles, auteurs du mémorable “Hôtel California", écrit en 1976. Eagles a eu trois périodes : 1970–1980, 1994–2016, puis depuis 2017 avec Henley, Walsh et Schmit. Alexis Hache nous dit tout ce qu’il sait et ce que l’on doit savoir sur ces musiciens qui ont accompagné notre jeunesse. Les années 1970 ont été des très grandes années musicales avec des groupes étincelants, tels Eagles, Pink Floyd et Genesis. Certains boivent du vin des années 1960 ou 1980 pour replonger dans le passé, et pas à bas prix. Un bon vinyle voire une K7 suffit à faire office de machine à remonter le temps. Ces groupes sont magiques. Ils restent en fait très présents. Le country rock version Eagles n’est pas un vieux truc de jadis. C’est un art de vivre. Alexis Hache - un nom prédestiné aux années joints- nous permet de retrouver ses amis à la musique associée à la Californie des années peace and love.

-Eagles. Live in the fast lane, Alexis Hache. Le mot et le reste, 240 p., 20 €.

15.10.19

Permalink 06:33:31, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Miroir du Temps,d'André Suarès (Bartillat)

Parmi les écrivains de sa génération, il est le seul à ne pas avoir écrit d’âneries politiques. Niveau éthique, il est inégalable. Son style est à la hauteur de ses exigences.

Le mot qui revient le plus souvent pour définir André Suarès (1868-1948) ? Prophète. Il lui va à merveille. On s’en aperçoit quand on lit ce qu’il a écrit sur Louis-Ferdinand Céline, époque «Voyage au bout de la nuit» (1932) : «La famine égare les pauvres furieux : ils ne rêvent que la fortune et la possession des biens». Nous sommes obligés de penser aux gilets jaunes qui se réjouissaient d’avoir ramassé un cendrier du Fouquet’s dans les vitrines fracassées de la célèbre brasserie. Dérisoire trophée qui trahit l’envie, la jalousie. Pitoyable société de consommation. Comme si manger une sole meunière-grillée à 85 € était la garantie du bonheur. A l’écart de la bassesse humaine d’où qu’elle vienne et notamment de l’élite «cette chienne de cour», André Suarès a passé sa vie à lire et à écrire, les deux activités essentielles du solitaire au regard perçant. Il nous a légué un torrent d’émotions qui débordent de tous ses écrits pour nous rendre moins ignorant. Ce qu’il dit sert de pont pour mieux comprendre tout ce qui nous entoure. 2020 n’est pas 1920, sauf que la terre est toujours habitée par des bipèdes dits humains . Loin de vouloir jouer un rôle de grand gourou des lettres, le Marseillais n’a jamais cédé à la compromission, ce fléau qui rend esclave auprès de gens qu’on finit par haïr parce qu’ils nous méprisent à force de les servir. Adversaire déclaré de tous les totalitarismes, le visionnaire a cultivé sans cesse son jardin dans l’œuvre des artistes qu’il estimait. Si vous ne connaissez pas Suarès -un des très rares écrivains qui n’a jamais déliré politiquement- n’escamotez pas l’éclairante préface de Stéphane Barsacq. Dans ce nouveau bouquet de textes on retrouve Chateaubriand, Dostoïevski, Péguy, Malraux mais aussi Véronèse et Debussy, auprès desquels Suarès fait office de décodeur. Quand il rédigea son testament, le polémiste de grande envergure précisa qu’il voulait pour épitaphe : «Il n’a vécu que pour l’amour et la beauté». Sa tombe est au Baux qu’il a tant aimés. Précision: Suarès voulait que pour les visiteurs le défunt soit signaler sous le nom de: Caërdal. Son double. Lui, il avait mieux à faire. Disparaitre on ne sait où. Un courant d’air.

-Miroir du Temps, André Suarès. Edition établie et préfacée par Stéphane Barsacq. Bartillat, 355 p., 25 €.

14.10.19

Permalink 16:31:46, Catégories: LA REVUE DE STRESS  

La revue de stress 12/10/2019

A partir de la 13e minute:

12.10.19

A voir et revoir: André Malraux, l'épreuve du pouvoir.

André Malraux, l’épreuve du pouvoir. Diffusé sur Arte
de Xavier Villetard
Produit par Georges-Marc Benamou et Jérôme Clément

Ce qui frappe dans ce document ? Les témoins ont disparu comme lui, en premier Roger Stéphane.
Il y a VGE présent lors de l’oraison à Jean Moulin mais l’ex président de la République devenu académicien est autant écrivain que je suis spécialiste des statues aztèques.
Ce documentaire est excellent. Le vrai Malraux y est présent. Ni hagiographie ni descente en flammes. L’homme dans toutes ses contradictions mais on peut tout lui pardonner parce que Malraux était un authentique écrivain. Pour s’en rendre compte, il suffit de penser à ce mot d’esprit prononcé à sa descente d’avion:
-"Ne pouvant pas embrasser tout le monde, j’embrasse le Bengladesh sur un seul visage". Et il s’exécuta.
A la vérité, Malraux est devenu ministre grâce au général de Gaulle qui voulait que son ami soit enfin rémunéré régulièrement.
La mort a marqué sa vie: père suicidé, décès par accident de la mère de ses deux fils qui périrent ensuite, ensemble, en voiture.
Emmanuel Berl m’a dit: “La différence entre Malraux et moi ? J’ai fait la Première Guerre mondiale. Pas lui…”
Dans le documentaire, d’aucuns apprendront que Malraux n’a jamais dit:
-"Le XXIe sera religieux ou il ne sera pas".
En revanche, il a dit que nous sommes “la première civilisation sans valeur suprême", ce qui revient un peu au même.
Regardez, svp, le documentaire. Tout y est. Moins d’une heure pour retracer le parcours d’un des plus beaux esprits du XXe siècle.
Même quand il nous agace, il reste passionnant.
Quand il parle, il est toujours magique. Sa culture n’est jamais barbante.
Sans diplôme, l’autodidacte en savait plus que n’importe quel universitaire illisible, inaudible.
Aujourd’hui, on ne connaît même plus le nom du ministre de la culture.

A lire:
-Entre ici Jean Moulin, Aude Terray. Grasset, 196 p., 17 €.
-André Malraux-Charles de Gaulle: une histoire, deux légendes, Alexandre Duval-Stalla. Folio, 423 p., 8,20 €
-Malraux face aux jeunes. Mai 1968, avant, après. Entretiens inédits. Folio, 200 p., 2 €
-Lettes choisies 1920-1976, André Malraux. Folio, 430 p., 8,20 €
-Malraux. Dictionnaire de l’imaginaire, Jean-Pierre Zarader, Klincksieck, 332 p., 35 €
-L’homme des ruptures, Alain Malraux. Ecriture, 222 p., 18 €

Permalink 09:54:39, Catégories: LITS ET RATURES, VAN GOGH FOR EVER  

Lautrec, Matthieu Mégevand (Flammarion)

Frappé par une maladie qui l’empêcha de grandir, Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901) semble avoir été précisément touché par cette maladie comme pour manifester un refus de devenir adulte. L’enfance fut si belle qu’il voulait ne jamais la quitter. Enfant, on dessine, et après stop au travail ! Lui, non, il a dessiné encore et encore. C’est l’une des plus grandes figures de Montmartre. Dans la prose du biographe, il est appelé : «nain, gnome, nabot »… Cela fait mal. On imagine la vie qu’il a eue. A Paris, il fréquente le monde du spectacle, de la nuit, les bordels. Il finit avec la syphilis à 36 ans. Quelle fin sinistre ! Lautrec aimait peindre des gens. La nature morte lui était indifférente. Il avait l’art de restituer l’essentiel avec peu de traits quand il faisait ses célèbres affiches du Moulin Rouge. Le maestro buvait comme quinze ! Il a cramé sa vie. Une existence consacrée à la peinture, sa raison de vivre. Lire la vie de Toulouse c’est passer du temps avec un ami. Un ami de talent, de grand talent. Beaucoup de peintres de premier plan ont puisé dans ses tableaux leurs œuvres à venir.

-Lautrec, Matthieu Mégevand. Flammarion, 190 p ;, 17 €.

10.10.19

Peter Handke, prix Nobel de littérature 2019

Peter Handke est polyglotte. Capable de parler en ce que vous voulez.

Le prix Nobel avait plus besoin de Peter Handke que le contraire !
Cela fait des années qu’il méritait d’être couronné.
Si Le Clézio et Modiano l’ont eu, il n’y avait pas de raison de laisser sur la touche Peter Handke.
Handke est l’écrivain de l’errance, de l’incommunicabilité entre les êtres, de l’enfance sacrée, du quotidien transcendé et des infimes détails que l’on ne sait plus voir.
Il a une œuvre à multiples facettes où domine le théâtre et les récits.
Sa prose a le rythme d’une promenade à pied. On avance, on regarde, on s’arrête, on repart. Un flux et reflux.
Win Wenders a su transposer au cinéma l’univers de l’écrivain autrichien qui pourrait se résumer par de la neige sur l’écran de télévision d’une chambre d’un Novotel près d’une bretelle d’autoroute, à 4 h 25 du matin. Les portes d’une chambre sont ouvertes. Le couple est visiblement parti. Où ? Ensemble ou séparé ? On ne le saura jamais. Comme Miles Davis, l’écrivain déteste les aboutissements. Il laisse libre sa littérature.
Handke marche sans cesse, arpente le globe. Il cherche des champignons comme on cherche Dieu, mais lui il trouve !
C’est l’Homme de Giacometti.
Il a un humour ravageur.
Il vit chaque jour comme si c’était le dernier.
Tout est vécu intensément. Le bonjour à une marchande de légumes est plus importante que les gros titres de la presse.
C’est un aventurier du quotidien. Pas besoin de saut en élastique pour avoir la sensation de vivre.
L’écrivain est aussi un lecteur insatiable.
Sa littérature améliore celui qui le lit.
Un jour, je sors de chez moi: il était assis au bar du Théâtre.
C’était écrit. Nous devions être amis.
_______________________
Les livres de P.H. : http://www.gallimard.fr/Selections/Peter-Handke
Choix de lectures. Pour commencer: Histoire d’enfant; La femme gauchère; Le Malheur indifférent et Essais sur la journée réussie

Permalink 08:47:43, Catégories: LITS ET RATURES  

100 % zéro faute, Daniel Lacotte (First éditions)

Le fameux lexicographe frappe encore dans le mille. Cette fois, il nous propose de nous expliquer d’infimes nuances qu’on ne saisit pas toujours. Quand faut-il utiliser amener et apporter ? On amène quelqu’un et on apporte un livre. Amener s’utilise avec des êtres animés tandis qu’apporter concerne des objets. Daniel Lacotte est le professeur rêvé : toujours simple, efficace, abordable et plein d’humour. Il tend des ponts pour que l’on parle le mieux possible. Tout son nouveau livre est une mine de renseignements sur le langage qui si souvent nous perturbe. Doit-on dire en vélo comme l’on dit en voiture ? Non, dès qu’on enfourche (vélo, moto ou cheval), il faut dire à vélo, à moto, à cheval. Et si nous sommes dans un habitacle, on doit dire en voiture, en autobus. Décade et décennie est-ce la même chose ? Pas du tout : décade signifie 10 jours alors que décennie = 10 ans. Il y a aussi la distinction entre se rappeler et se souvenir. Passionnante explication : je me rappelle ce jour pluvieux ; je me souviens de mon père ; je me rappelle avoir entendu ma mère ; je m’en souviens. On doit dire Le Lacotte, comme le Littré, le Larousse, le Robert ou le Grevisse. Et même le Grand Lacotte.

-100 % zéro faute, Daniel Lacotte. First éditions, 240 p., 14, 95 €.

09.10.19

Le monde selon De Gaulle. Le général à livre ouvert…, François Kersaudy (Taillandier)

Pour le 50e anniversaire de la mort du général de Gaulle, voici ce livre référence avec les paroles visionnaires du général sur la Chine, l’impérialisme américain, et bien sûr la France. Il n’était pas tendre avec les médias. Il accusait la presse d’être sous le contrôle de la gauche, surtout à la télévision qu’il a tenu en laisse par le biais d’Alain Peyrefitte, le plus longtemps possible. «Des gens accrochés à leur poste, disait-il, comme les moules au rocher». Il savait que s’il lâchait prise sur les informations diffusées, son temps serait compté : là encore prémonition. Certes ce n’était pas très démocratique de faire taire l’opposition mais l’évolution devait passer par là : c’est la jeunesse qui l’a poussé hors du pouvoir. Le général gouvernait à l’ancienne, avec une main de fer. Heureusement qu’il voulait le bien de la France et de ses habitants, sinon il aurait pu en profiter sur le plan personnel. De Gaulle a marqué la France au fer rouge. Il faudra attendre François Mitterrand pour libérer la presse. Le président de la gauche ne pouvait pas faire autrement. Chacun son époque. Si nous avons tant de chaînes de télés et de radios, c’est grâce à François Mitterrand, ne l’oublions. La légende veut qu’il empêche de Gaulle de tomber du balcon quand le général fêta la Libération de Paris, à l’Hôtel de Ville. Personne n’a pris de photo. Dommage ! VGE a dit que depuis De Gaulle (et lui-même), seul Mitterrand avait été à la hauteur de fonction présidentielle.

-Le monde selon De Gaulle. Le général à livre ouvert…, François Kersaudy. Taillandier, 472 p., 22,90 e

08.10.19

Permalink 17:22:07, Catégories: HENDRIXEMENT  

Mélancolie Rodéo, Jean-Michel Jarre (Robert Laffont)

Il y différentes sortes de livres et parmi ceux sur les souvenirs de gens du spectacle, celui de Jean-Michel Jarre est à mettre en haut de l’affiche. Il ne se moque pas des lecteurs : ouvrage très bien présenté, avec un sommaire très original, illustré par des images de grande sobriété, comme son texte bien mené. Ce n’est pas la prose d’un écrivain mais celle d’un artiste à coup sûr. Il sait regarder ce qui l’entoure, depuis l’enfance, et il sait le restituer avec la macération du temps. Tout est dit avec une certaine nostalgie tempérée par la présence des enfants qui sont l’avenir en marche. Jean-Michel Jarre a du goût et très bon goût. La preuve, Charlotte Rampling, l’un des piliers de sa vie. La comédienne- l’une des plus grandes de sa génération- apparait dans le livre, et personne ne s’en plaindra. L’autre pilier majeur est tout naturellement la mère du musicien, une autre femme d’exception. La grande résistance France Pejot qui manifestait du courage tout le temps. Prise au hasard dans un hold-up en pleine pharmacie, elle règle le problème en faisant la moral au voyou ! Une autre fois, elle voit qu’on lui vole son téléviseur mais ne bronche car on ne risque pas sa vie pour une télévision. Chapeau ! Quand on a une maman de cette trempe, il faut être à la hauteur. Le fils de Maurice Jarre y parvient. Il a réussi niveau musique à faire aussi bien que son père, ce qui n’est pas facile. Aussi bien dans un genre différent. D’aucuns pensent que c’est de la soupe. Pas moi. Jean-Michel Jarre semble ne pas vieillir. Encore plus figé dans l’adolescence que BHL. Bien sûr, il voit des gens de la haute société : les présidents de la République défilent. Ce n’est pas ma cup of tea. Lorsque François Mitterrand est élu à l’Elysée, la maman de Jean-Michel dit : «Encore un président de droite ». Bien vu ! Le livre est bourré de souvenirs que l’on s’approprie quand il évoque un Teppaz ou Chet Baker, le Miles Davis blanc.

-Mélancolie Rodéo, Jean-Michel Jarre. Robert Laffont, 384 p, 21 €.

Permalink 10:58:14, Catégories: LITS ET RATURES  

Eugène Saccomano (1936-2019), de Borsalino à Giono

Il était né au temps du Front populaire.
Outre sa passion pour le football - qui remontait à son enfance- il aimait la littérature.
Une passion contrariée par une mauvaise aventure. Il avait écrit à la fin des années 1968, Bandits à Marseille… qui porté à l’écran est devenu un film mythique (Borsalino) avec Delon et Belmondo. Entretemps, il céda les droit pour une bouchée de pain. Ce ne fut pas bingo !
On lui doit trois grands livres:
-Goncourt 1932 (1999)
-Céline coupé en deux (2013)
-Jean Giono, le vrai du faux (2014)

Goncourt 1932, raconte comment Céline a raté le Goncourt.
Céline coupé en deux, radioscopie les deux Céline, l’homme de gauche devenu facho libertaire antisémite. Eugène Saccomano donne sa vision de l’écrivain.
Jean Giono, le vrai du faux. Explique bien que Giono fut le contraire du collaborateur. La mafia littéraire de l’après-guerre l’a mis à l’index car il avait tellement de talent qu’il fallait le tenir à distance. Giono ne s’est jamais parisianisé pour s’imposer.
Pour les deux derniers, Eugène Saccomano a écouté mes conseils et s’est dirigé vers Le Castor Astral pour les éditer.
Quand j’ai consacré mon feuilleton littéraire dans L’Evénement, à Goncourt 1932, Eugène Saccomano était plus que très heureux. Enfin, on le sortait du ghetto du football. Il avait dû attendre 40 ans ! D’habitude je consacrais mon feuilleton à Raymond Guérin, parmi d’autres merveilles. Je n’ai pas choisi son livre pour lui faire plaisir mais parce que son livre est très bien ficelé. Le fond et la forme. L’écrivain Saccomano prend grand soin à ne pas lasser le lecteur qu’il tient toujours en éveil.
Eugène Saccomano était un très grand lecteur, de matchs et de livres. On ne la lui faisait pas !
Il était aussi un cinéphile très pointu.
On a beaucoup ri.
Lui, le Nîmois. Moi, le Niçois.
Nous étions unis par une géographie sentimentale.
Il était de l’ancien temps: celui de la formation continue, rien à voir avec la starification instantanée.
Quand Jean-Luc Lagardère lui a remis la Légion d’honneur, il m’a convoqué fissa à Europe 1.
Pendant son discours de remerciements il a dit:
-"Sans la presse que serions-nous ? Rien".
Le travailleur acharné était d’une lucidité sans faille.

[Post dédié à sa femme Françoise, à leurs enfants, à leur petits-enfants]

07.10.19

Permalink 00:14:45, Catégories: THE RED DEVILS, ANTI-FOOTBALL  

Le mythique Manchester United est à la dérive: 12e avec 9 pts

MU n’a plus d’âme. Son football est idiot et encore c’est un compliment. Le 20 octobre à 17 h 30, Liverpool le leader vient défier MU à Old Trafford. En cas de défaite (programmée de MU) Solsjkaer fera sans doute ses valises. Le costume de coach est impossible à porter à MU depuis le départ de sir Ferguson. On est passé du paradis à l’enfer. Du Théâtre des rêves à celui des cauchemars. Les joueurs ont peur, sont battus d’avance. On dirait des enfants égarés en trottinette sur une piste de F1. Ils ne dégagent que de l’angoisse.

Dimanche 6 octobre 2019
8e journée de Premier League
Newcastle 1-0 Manchester United
But pour l’équipe de l’ami Steve Bruce: Longstaff (72e)

Entre MU et le dernier, il n’y à que 6 points de différence !
Entre MU et le premier (Liverpool), il y a 15 points de différence.
La Maison Rouge touche le fond.
Après une saison à peu correcte, O.G. Solskjaer est dans la tourmente. MU joue de plus en plus mal au point de ne plus jouer du tout.
Scholes, Giggs, Rooney ont été remplacés par des mollusques.
Man United est en crise permanente.
C’est l’apologie du vide. Du jeu imbécile. De la peur au ventre.
Autant aller voir un match de minimes.
Ole Gunnar Solskjaer n’a pas su réveiller la Belle au Bois dormant.
On y a cru mais il est resté en rade.
MU a commis l’erreur de ne pas prendre Guardiola ou Klopp.
Résultat: MU n’est plus rien.
Klopp est en passe de gagner le championnat après 30 ans d’échecs.
MU est sur le chemin de ses 30 ans de traversée du désert.

Newcastle: Dubravka; Willems, Clark, Lascelles ©, Schar, Yedlin; Almiron (Krafth 90e), S Longstaff, M Longstaff, Saint-Maximin (Atsu 83e); Joelinton (Carroll 56e).
Manager: Steve Bruce, ex capitaine de Man United de la grande époque

Manchester United:
De Gea 1. Joue dans défense
Dalot (Rojo 60e) Double 0. On ne tire pas sur deux ambulances
Tuanzebe 0. Encore en apprentissage
Maguire 0. Il a coûté une fortune mais ne vaut pas un clou
Young © (Chong 86e). 1 Young ne l’est plus
Fred 0 Une illusion d’optique
McTominay 0 Un éternel espoir
Andreas 0. N’a rien à voir avec Lou Salomé
Mata (Greenwood 66e) 0 Ne mate rien depuis longtemps. Greenwood ? Trop tendre
James 0 Allo James quoi de nouveau ? Tout va très mal, Mme la Marquise
Rashford 0 Court, court, et court

Manager: Solskjaer 0 Est à la dérive
Sur le banc: Romero, Williams, Matic, Gomes.

Classement
1 Liverpool 24 pts 8 matchs 8 0 0/ 20 6 + 14
2 City 16 pts 8/ 5 1 2/ 27 9 + 18
3 Arsenal Arsenal 15 8/ 4 3 1/ 13 11 + 2
4 Leicester City 14 8/ 4 2 2/ 14 7 + 7
5 Chelsea 14 8/ 4 2 2/ 18 + 4
6 Crystal Palace 14 8/ 4 2 2/ 8 8 0
7 Burnley 12 8/ 3 3 2/ 11 9 + 2
8 West Ham United 12 3/ 3 2 11 11 0
9 Tottenham 11 8/ 3 2 3/ 14 12 + 2
10 Bournemouth 11 8/ 3 2 3/ 13 13 0
11 Wolverhampton 10 8/ 2 4 2/ 11 11 0
12 Manchester United 9 8/ 2 3 3/ 9 8 + 1
…………………………………………………….
20 Watford 3 8/ 0 3 5/ 4 20 -16 3

06.10.19

Permalink 11:09:45, Catégories: LITS ET RATURES  

Eloge du métèque, Abnousse Shalmani (Grasset)

Voilà un livre qui tombe bien quand on voit qu’on insulte en 2019, lors de la CON(vention) de droite- les étrangers qui veulent vivre en France. De droite ? La droite bête et méchante pas celle des Hussards. Il ne faut pas confondre étranger et délinquant. N’y a-t-il pas de bons-français-bien-de-chez-nous qui collectionnent les condamnations ? Il ne faut pas réduire l’immigré au rang de celui qui habite un endroit où il n’est pas né. Son apport à la communauté nationale est une pièce de plus à l’édifice. La France est un pays de 68 millions d’habitants. Elle a les reins solides. Les reins de la République. La majorité silencieuse ne descend jamais dans la rue.
Le livre d’Abnousse Shalmani est un hymne aux gens venus d’ailleurs. «Je suis une métèque» dit-elle s’appuyant sur le vagabondage, les larmes, le vol, la peur, l’ostracisme, le pas de côté. Et aussi l’intégration, l’insertion, l’amour de la France, à l’image de Georges Moustaki. Abnousse Shalmani a raison de souligner que nous sommes aussi autre chose que notre biographie. Aujourd’hui, des petits esprits pratiquent encore la pensée de Charles Maurras qui ne voyait pas plus loin que le bout de son hermétisme.
Les racistes font le métèque. Que ferait un Auvergnat de sept générations si on le propulsait en Somalie ? L’essayiste rappelle que jadis les comédiens étaient traités comme des prostitués parce qu’ils vivaient différemment que le commun des mortels. Elle passe en revue ceux qui ont enrichi la France par leurs œuvres : Soutine, Modigliani, Chagall… Il s’agit de peintres mais on pourrait citer des épiciers, des éboueurs ou des médecins. Abnousse Shalmani célèbre aussi des personnages fictifs, comme Hercule Poirot, des héroïnes incarnées par Ava Gardner, une compagne de Baudelaire, un héros de roman (Martin Eden de Jack London)… L’éloge du métèque est la meilleure réponse à la débilité du grand changement.

-Eloge du métèque, Abnousse Shalmani. Grasset, 192 p., 18 €.

04.10.19

Permalink 23:49:36, Catégories: GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Hommage à l'intelligence d'Alain Souchon

L’une des plus grandes chansons françaises, du niveau de Boris Vian.
Aussi forte que Le Déserteur.
On devrait la diffuser dans tous les lieux de culte de toutes les religions du monde
entier.

A voir: Integral Week-end 2019 avec La revue de stress à 18′ 40′’

https://www.cnews.fr/emission/2019-10-06/integrale-week-end-2e-partie-du-05102019-885926

Baudelaire (M-C Natta), Alexandra David Néel (J. Chalon) et les Renoir (F. Renoir) )

Cette biographie contient la vie de l’un des plus grands vivants que la terre ait porté. Une journée de Baudelaire vaut un an de la vie d’un quidam, tant il voyait tout, ressentait tout. Une sensibilité hors du commun. Une rage d’expression de toute beauté. Un caractère atrabilaire. Fallait pas l’énerver, le bougre ! Il ne vous ratait pas. Les Fleurs du Mal ? Chef d’œuvre absolu. Baudelaire est un phare qui met des mots sur nos sentiments les plus enfouis. Son rapport à sa mère a forgé l’une des plus grandes liaisons de la littérature française. Il a aussi écrit sur les paradis artificiels qu’il a beaucoup fréquentés, sans aucun prosélytisme. Loin de faire l’apologie du H, il a prévenu «que le meilleur moyen de paralyser la jeunesse française était de lui faire fumer du haschisch». Parole prémonitoire. Lire cette biographie nous projette au XIXe siècle, notre préhistoire. Baudelaire est mort mais sa présence est dans tous ses livres, belles éditions ou poche tout abîmé. A son propos, on peut parler de génie. On prend des risques quand on lit Baudelaire car il est possible de se surprendre à dire : suis-je vivant ou déjà mort, tant je n’ai pas ressenti ce qu’il écrit ? Baudelaire, clairvoyant des clairvoyants.

-Baudelaire, Marie-Christine Natta. Perrin, 1040 p. , 16 €

La réédition de la biographie signée par Jean Chalon est l’occasion de retrouver l’aventurière d’exception. A son époque, on faisait vraiment les trajets car on ne traversait pas les mers… en avion. Le trajet comptait autant que la destination. De nos jours, il n’y a plus de trajets. On va d’un point à un autre. Alexandra David-Néel(1868-1969) a vécu plusieurs vies : anarchiste, bourgeoise, bouddhiste, chanteuse orientale, exploratrice, journaliste et écrivain. Infatigable, l’aventurière ne tenait pas en place quand elle a pu voyager. Une trépidante qui en fait l’une des plus grandes de son temps. Elle eu un vie EXTRAORDINAIRE jusqu’à 101 ans. On ne devrait parler que d’elle et on n’en entend jamais parler. Chacun ses modèles. Chapeau Madame !

-Le lumineux destin d’Alexandre David-Néel, Jean Chalon. Plon, 457 p., 24 €

Toute la saga des Renoir est dans ce volume sorte de livret de famille qui a donné une flopée d’artistes : Pierre-Auguste (peintre) et ses fils Jean (Cinéaste) & Pierre (acteur). La vie se déroule aux Collettes dans la villa de Cagnes-sur-Mer. On apprend que le patriarche, Pierre-Auguste n’aimait pas peindre avec des modèles professionnels. Il n’était pas facile de trouver des femmes qui voulaient poser nue. Ensuite, elles se faisaient maltraiter. L’arrière-petit-fils du peintre nous raconte le quotidien de la maison Renoir avec la visite de Rodin qui déjeuna à Cagnes avec Vuillard, le marchand de tableaux. Sacré tour de table ? Cela donna :
Rodin - «Maître !»
Renoir - «Maître !»

-Le Tableau amoureux, Jacques Renoir. Phébus/ Libretto, 200 p. , 8, 90 €

03.10.19

Permalink 15:06:01, Catégories: LITS ET RATURES, HENDRIXEMENT  

Jazz Rock. Esprits libres et fusion des genres, de Marc Alvarado (Le mot et le reste)

Superbe livre ! Toute la musique que j’aime… loin des débilités qu’on entend depuis le RAP bassement commercial. Le RAP à 90 % c’est nullissime. Textes pauvres, bruit au lieu de musique. On n’a jamais vu Hendrix entouré de thons siliconés. Le RAP à 90 % c’est nullissime. Textes pauvres, bruit au lieu de musique. De l’après-guerre à la fin des années soixante-dix, on a eu droit à de vrais artistes. Ce n’était pas toujours mieux avant mais dans ce cas oui.
Marc Alvarado, né en 1961, dresse le panorama des meilleurs musiciens des décennies 1960 et 1970. Il montre bien les influences dans leurs mouvements de flux et reflux. A la fin des années 1960, le jazz et la soul musique s’essoufflaient alors que le rock régnait. Miles Davis a très bien pris le virage de la musique électrique tandis que Hendrix tendait vers le jazz, à sa manière, son unique manière avec un son inimitable et qui vrille le cœur. La mort du guitariste nous a privés de disques d’anthologie. On assista à la naissance artistique de Chick Corea et John McLaughlin. Le funk pointa le but de son talent avec H. Hancock et Earth, wind and fire. Vers 1966, le mouvement hippie déferla sur le monde comme une tornade de liberté. Les jeunes s’illusionnaient avec ou sans H dans l’espoir de fuir le système établi par les parents.
A partir des années 1965, les Beatles ont lancé la mode de la marijuana sans trop sans rendre compte. Eux-mêmes imitaient Bob Dylan. Les patrons de presse sortaient des journaux (Rock and Folk, Rolling Stone…) car les jeunes n’avaient rien à se mettre sous la dent à part Salut les Copains. 1967 devint historique avec la sortie de Sergent Pepper’s lonely hearts club band.
Une fois lancée, la révolte déstabilisait les radios. A la fin des années 1960, le jazz fut détrôné par le rock, chez les Blancs, et par le rhythm’n’blues chez les Noirs. La basse électrique se fit entendre. Malcolm X glorifia le Noir et refusa la domination blanche. La tamla Motown faisait la pluie et le beau temps. On entendait aussi des influences brésiliennes avec Stan Getz et Joa & Astrud Gilberto. Il y avait aussi Chico Buarque, Jorge Ben et Gilberto Gil. Le jazz rock se fit une place au soleil. Woodstock devint le concert du siècle avec 500 000 personnes présentes. Sly and the familly stone donnait le rythme. On était heureux. Surtout jeunes. Certains le sont restés. D’autres sont morts. Le plus grand nombre survit et transmet.

-Jazz Rock. Esprits libres et fusion des genres, Marc Alvarado. Le mot et le reste, 325 p. , 23 €.

02.10.19

Permalink 23:41:56, Catégories: FORZA ITALIA !, LA MAISON BLANCHE, GRAND MONSIEUR  

Cristiano Ronaldo porte à 128 buts son record en C1

Les trois buts de la Juve.

Mardi 1er octobre 2019
2e journée de phases de groupe de C1 2020
Juventus Turin 3-0 Bayer Leverkusen
Buts pour la Juve: Higuain (17e), Bernardeschi (62e), C. Ronaldo (89e)

Le nouveau but en C1 aigné par Cristiano Ronaldo permet au Portugais de réaliser de nouvelles prouesses, notamment:
-128 buts en C1
-plus grand nombre de victoires dans la compétition (102)
-14 saisons consécutives en C1 avec au moins un but marqué (14)

Pendant ce temps le Real Madrid est en crise, à l’image du gardien Courtois, incapable de s’adapter au Real, tout comme Eden Hazard qui n’est plus qu’une ombre. Les deux joueurs ne sont pas compatibles avec la Liga. La pression est trop forte. Jouer au Real cela revient à disputer une finale de Coupe du Monde chaque journée.
Sans CR7, le Real n’avance plus en C1.
Un Ronaldo leur manque et tout est dépeuplé.
Modric, Ballon d’or 2018, n’avance plus. Le trophée lui coupe les jambes. La preuve n’est plus à démontrer qu’il ne le méritait pas. Il a été récompensé pour avoir perdu (!) la finale de la Coupe du Monde 2018 contre la France. Le football se venge. Le football se venge toujours. C’est pour cela que ce sport reste le plus suivi.

01.10.19

Permalink 18:38:24, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Les dernières batailles (J. Copeau/ Gallimard). Antoine Vitez & la poésie (M. Etienne/ Le Castor Astral)

Totalement maltraité par la critique qui le considérait comme un manipulateur d’acteurs, Antoine Vitez était le meilleur metteur en scène de son temps, avec Patrice Chéreau. Depuis qu’ils sont morts, je ne mets plus un pied au théâtre. Me souvenir de leurs spectacles est plus fort que toutes les âneries visuelles.

Il faut vraiment avoir le courage pour publier des deux livres. Courage financier. A l’ère du numérique qui peut se passionner pour Jacques Copeau et Antoine Vitez ? Les deux as du théâtre sont des maîtres de la langue française. Dans le livre de Copeau, on plonge dans la période fondatrice du théâtre qui a transformé l’art dramatique. Peu ou pas de décor. Tout pour le texte et la simplicité du jeu. Le cofondateur de la NRF a été déterminant dans l’utilisation de l’espace et la direction d’acteurs, ouvrant la porte du Vieux Colombier à une génération excellentissime. Louis Jouvet et Charles Dullin prendront le relais. Après des hommes de ce calibre on se demande comment ose-t-on encore monter des pièces débiles sur les grands boulevards et ailleurs ? Copeau n’était pas hermétique, tout le contraire. Le théâtre est un art éphémère. Il ne reste rien de Copeau, sauf ses écrits.
Pareil pour Antoine Vitez dont certaines mises en scène ont néanmoins été captées. Vitez… je lui dois beaucoup. Je l’ai approché de très près pendant cinq ans. Je le voyais parfois tous les jours, présent dans toutes les répétitions de ses spectacles que je photographiais. Je lui avais dit : «Je sais que je vis avec toi le prolongement historique : Antoine, Gémier, Pitoëff, Baty, Copeau, Jouvet, Dullin, Vilar, Dasté… Je veux être ton «Agnès Varda» au masculin». Et il m’accepta. Parfois, il venait me dire : «J’ai vu ce que tu as pris, je suis d’accord… » On était complice. J’ai sans doute vu 30 fois certaines de ces mises en scène. Sans jamais me lasser une seconde. Je retrouve sa présence dans le livre de son ancienne collaboratrice qui le fait bien revivre intellectuellement. Avoir été longtemps au chômage avait marqué profondément Antoine Vitez. Ensuite, il a travaillé sans cesse pour faire le plus possible de mises en scène. Il montait plusieurs spectacles en même temps. Exténuant ! Il est mort trop jeune sans pouvoir accomplir tant d’autres projets. Il nous a donné des spectacles, des poèmes, des photos, des traductions, deux filles et son amitié. On le disait rigide mais il était élégant, toujours en blanc ou en noir. Il était acteur et pédagogue comme ses grands devanciers. Sa mort est une perte considérable pour la France. Depuis qu’il est mort, je ne vais plus au théâtre. Je préfère me souvenir de ses créations disparues que d’aller voir de simples entreprises de spectacles. Le théâtre est le lieu où l’on entend le langage, telle était son credo.

-Les dernières batailles (1929-1949). Registre VIII. Edition de Maria Inès Alverti et Marco Consolini. Gallimard, 630 p., 36 €.

-Antoine Vitez & la poésie, Marie Etienne. Le Castor Astral, 224 p., 12 € ;

Disparition de Mme Eglal Farhi, fondatrice du New Morning. Disparition du dessinateur Pierre Le-Tan

Eglal Farhi (1922-2019), fondatrice du mythique lieu parisien le New Morning, est morte à son domicile de Neuilly à l’âge de 97 ans.
Journaliste d’origine égyptienne, la grande dame, discrète et distinguée et enthousiaste fut proche des plus grands jazzmen et d’autres musiciens tout aussi talentueux.
Sa petite salle est devenue un lieu. J’y ai vu et écouté Chet Baker, l’un de ses derniers concerts. Dans mon souvenir nous n’étions pas plus d’une quarantaine. J’avais lu l’annonce de la venue du Miles Davis blanc dans Pariscope. Je m’attendais à trouver les guichets fermés. En fait non. Quasi personne. La fille de la fondatrice du New Morning a succèdé à sa maman.

Pierre Le-Tan (1950-2019) peintre, dessinateur, décorateur et illustrateur, vient aussi de disparaître. Touche à tout dès qu’il avait un crayon à la main, il pouvait s’exprimer dans la presse, au cinéma, dans la mode et sur la couverture de livres. Il a illustré magistralement certains livres de Modiano. Son trait fait de hachures est reconnaissable d’emblée. Il y règne un apaisement. Il révèle la beauté des lieux. Dommage que son Paris n’existe que mentalement. Dans sa ville on circule sans la pollution, non pas atmosphérique mais administrative de l’actuelle direction de la capitale. Fils de peintre, il dessiner comme on respire. Ses Trois filles ont hérité de son talent, héréditaire dans leur famille.

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