Diaboliques. Sept femmes sous l’Occupation, Cédric Meletta (Robert Laffont)

10.08.19

Permalink 07:56:44, Catégories: LITS ET RATURES  

Diaboliques. Sept femmes sous l’Occupation, Cédric Meletta (Robert Laffont)

Docteur ès sujets que personne ne traite, Cédric Meletta, après des livres sur Jean Luchaire et Rubirosa, nous donne encore un ouvrage que lui seul pouvait écrire. Son esprit débusqueur aime s’attaquer à des sujets inédits : cette fois, il nous radiographie sept curriculum vitae de fieffées garces dont on ne soupçonnait même pas l’existence, même pour un lecteur de Patrick Modiano qui s’y connaît pour mettre dans la lumière les zones d’ombre de spécimen hors normes. Par charité pour leur descendance, je ne donne pas les patronymes de ces dames. Leur nom propre est trop sale pour être donné en pâture sur le net. Pour cibler le gros de cette brochette de femmes peu recommandables, je les définis par le fond de leur abjecte personnalité : une mafieuse du plus bel acabit, une collabo plus sadique qu’un nazi patenté, la vicieuse grenouille de bénitiers, la sainte-nitouche qui alimente la machine antisémite, la voleuse-receleuse picturale, la milicienne qui dit être mandatée par le Seigneur (Saigneur ?) pour «balancer» les Résistants, et une débauchée qui trouve un débouché dans l’Occupation car vendre son âme ce n’est rien pour quelqu’une qui avait l’habitude de vendre son intimité en tapinant dans les rues de Toulouse pendant les années 30. Ces malfaisantes ont pour la plupart eu la fin qu’elles méritaient. Certaines ont été condamnées et d’autres ont été liquidées par la manière forte. A l’épuration de rue, les juges expéditifs ont tondu celles qui avait «fauté» avec un «Schleu» alors imaginez le traitement réservé à la gente féminine qui avait réservé ses faveurs à l’Allemagne nazie. Toutes ces diablesses n’ont rien à voir avec Lacombe Lucien car le personnage modianesque, porté à l’écran par Louis Malle, est devenu crapule à cause des circonstances. Ces dernières, elles, ont basculé sciemment dans la délinquance patriotique, morale. N’est pas Arletty qui veut ! Pour une Arletty combien de décérébrées. Inutile de vous dire qu’aucune association féminine ne va attaquer Cédric Meletta. Il n’y aura pas de #femmes collabos à sauver. L’Historien à la plume de romancier n’est pas un misogyne qui a masqué les circonstances atténuantes. Il faut être Sherlock Holmes pour en trouver. Parmi les mauvaises françaises, l’une d’elles- qui inspira jadis Modiano dans La Ronde de nuit- s’en est mieux tirée que les autres : condamnée aux travaux forcés à perpétuité, elle a été libéré par des militaires avant Noël 1953, sous condition de déguerpir du sol français qu’elle avait arpenté en long en large dans les rues chaudes. Elle a trouvé d’autres trottoirs ailleurs.

-Diaboliques. Sept femmes sous l’Occupation, Cédric Meletta. Robert Laffont, 225 p., 20 €.

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