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07.08.19

Permalink 06:22:35, Catégories: LITS ET RATURES, GRANDE DAME, HENDRIXEMENT  

Révolution in the head. Les enregistrements des Beatles et les sixties, Ian Macdonald (Le mot et le reste)

Chaque chanson des Beatles semble écrite demain. Ils sont toujours en avance et le restent. Leur sonorité est indémodable. Leurs voix éternellement jeunes. Il y a les Beatles, et puis tous les autres.

Indispensable livre sur les Beatles, une nouvelle fois chez Le mot et le reste, cet éditeur désormais parmi les leaders des livres sur la musique. A se procurer sans hésitation. Il contient la genèse de toutes les chansons des Quatre garçons dans le vent. La date de leur composition et qui a fait quoi. La plupart sont signées Lennon-McCartney même quand elle n’est que de l’un ou l’autre. Ils ont toujours associé leur nom respectif alors que George Harrison en a signé quelques-unes (toutes magnifiques, aussi) de son seul patronyme.
Quand j’écoute n’importe quelle chanson des Beatles, je me projette dans les années 1960. J’ai été en osmose totale avec eux sans connaître un seul mot d’anglais, ou si peu. Ils me parlaient quand même. Un mélange de musique, d’attitude, de joie, d’intelligence. Ils me touchaient autant par la musique que par les textes. Je saisissais la rythmique de leur langage. L’auteur Ian MacDonald (1948-2003) révèle que Lennon ne partageait pas toujours le point de vue de McCartney. John ne voulait écrire que sur sa propre expérience, à partir du «je» alors que Paul aimait plus raconter une histoire. John disait qu’on atteignait l’universel par le biais de sa sincérité. Paul objectait qu’un sens général touchait plus de public. C’est ainsi qu’ils étaient complémentaires. Ils n’avaient pas peur des mots : le terme génie leur convient. Ils ont la grâce d’écriture. Harrison aussi. Ringo Starr, le batteur, lui a mis son génie dans sa vie mais il a aussi beaucoup de talent. Il faut aussi parler de leur producteur (George Martin) et de leur manager (Brian Epstein), deux pièces essentielles dans l’histoire du groupe mythique, celui du Scarabée.
Les Beatles se sont séparés deux ans après la mort de leur manager c’est dire son importance dans la cohésion. Les Beatles ne sont restés ensemble qu’une décennie, celle des années 1960. Ils ont influencé la jeunesse du monde entier. Ce n’était pas des produits même s’ils en sont devenus un, et le plus important, performant comme personne avant eux. Dès que leurs nouvelles chansons étaient chez les disquaires, elles se vendaient comme des petits pains. Ils avaient une imagination débordante, une inventivité musicale jamais entendue auparavant. Leurs albums font office de Pléiade. Leurs chansons phares correspondent à L’Etranger de Camus ou à Guerre et Paix de Tolstoï. Les Beatles avaient de l’humour. Ils communiquaient de la gaieté. Les Rolling Stones faisaient plus voyous. En définitif, les Beatles fut un groupe météore alors que les Stones donnent encore des concerts. Ian MacDonald les compare à «Stravinsky, Picasso et Miles Davis». A juste titre : nouveauté, remise en question permanente. A la fin du livre, on trouve un cahiers avec la reproduction des pochettes qui avaient une autre tenue que celles des CD qui brillent par leur banalité. On apprend aussi que l’auteur de cette Bible- Lennon serait content que j’utilise ce terme…- oui l’auteur s’est suicidé en août 2003 suite à des dépressions récurrentes. La dernière et donc la fatale serait survenue après les attentats du 11 septembre 2001. Comme quoi l’onde choc du terrorisme va au-delà de la cible visée et atteinte. Philippe Soupault avait sur l’abat-jour de son bureau un post-it où sa femme Ré nota : «Relativiser toutes les angoisses». Tout le monde n’y parvient pas.

-Révolution in the head. Les enregistrements des Beatles et les sixties, Ian Macdonald. Traduction d’Aymeric Leroy. Le mot et le reste, 608 p., 24 ,90 €

A lire aussi: Et les Beatles montèrent au ciel, Valentine del Moral (Le mot et le reste)Pour l’instant l’un des meilleurs livres de l’année. Je l’ai déjà chroniqué. Voir dans “rechercher", si vous voulez.

[Post dédié à Bjorg Lambrecht (1997-2019), jeune champion cycliste belge qui s’apprêtait à réaliser une immense carrière chez les professionnels. Il est mort après sa chute dans le Tour de Pologne, lundi 5 août 2019. Très solide sur les Classiques, il avait aussi été 2e du Tour de l’Avenir 2017, derrière Egan Bernal. Le vélo est plus dangereux que la F1.]

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