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06.08.19

Permalink 08:15:11, Catégories: LITS ET RATURES  

Simone de Beauvoir, France-Bloch-Sérazin et Violette Morris.

L’égérie du féminisme, Simone de Beauvoir, bénéficie d’une mansuétude à couper le souffle. Ses thuriféraires la regardent avec des œillères. Ils ne prennent pas en considération toute sa personnalité. Comme si l’on jugeait Céline selon son versant socialo-pacifiste ou son versant antisémite vociférant. On fait passer Beauvoir et Sartre comme des héros de la Résistance alors que le Castor a travaillé à Radio-Vichy et que Jean-Sol Partre a pris la place d’un professeur licencié parce qu’il était Juif. Sartre a aussi toléré qu’on présente Les Mouches- sa pièce- en pleine Occupation quand il était obligé de n’avoir aucun Juif dans le spectacle, avec en plus les premiers rangs réservés aux occupants. La véritable résistante s’appelle France Bloch-Sérazin (1913-1943),chimiste renommée engagée communiste, comme nous le prouve Alain Quella-Villéger. A moins de 30 ans, elle a été arrêtée par la milice vichyste et guillotinée par les nazis à Hambourg. Mariée à Frédo Sérazin, lui aussi «mort pour la France», elle était la fille de l’écrivain Jean-Richard Bloch. Alors qui sont les vrais résistants ?
Le duo Beauvoir-Sartre prônait la liberté sexuelle, pourquoi pas. Hélas ! ils ne disaient pas que le Castor était bi-sexuelle. A partir des années 1930, elle couchait avec des étudiantes qu’elle lançait ensuite dans le lit de son maître à penser. Pas joli joli tout ça. Des ex jeunes filles ont témoigné. Il y a la correspondance des deux jouisseurs sans entraves, et pourtant toutes ces parties de jambes en l’air passent à l’as dans nombre de biographies. Le Castor a même été condamné par l’éducation nationale pour usage déplacé de son autorité auprès d’étudiantes. Les disciples de l’association d’“intellectuels” rétorquent : en 1943, c’était la justice de Vichy… Pour une fois qu’elle faisait bien son travail ! Le bouquet – presque le Bousquet- c’est quand le Castor a eu sa liaison avec Nelson Algren. Dans cette relation, la féministe déclarée était au niveau de la chanson : «Mon homme à moi». L’amoureuse vibrait avec l’Américain, corporellement. Avec Sartre, c’était au niveau du cerveau bien que cerveau-corps soient liés. Vous me permettrez de lui préférer Madame Evelyne Sullerot qui a plus fait pour le féminisme qu’un régiment de Beauvoir. Il est incroyable de voir toujours des livres servir la soupe des icônes préfabriquées sans jamais dire qu’il s’agit de grands bourgeois qui ont construit leur statue afin que leurs fans les époussettent après la mort des vedettes des bistrots chics. Sartre nous a quand même donné Les Mots, son chef d’œuvre. Sinon, son côté tous ceux qui ne sont pas des communistes sont des «chiens» ce n’est pas fameux. Il y a communiste et communiste. Waouf ! Waouf ! Au lieu de donner des leçons à la terre entière, Mme Sullerot a cofondé le Planning familiale, œuvré pour la libre contraception, agi en faveur de la légalisation de l’IVG, créé Retravailler pour les mères de famille quand les enfants s’en vont, épauler SOS Papa. Une vie au service des autres.
Connaissez-vous Violette Morris (1893-1944) ? Sportive de haut niveau, noctambule parisienne et figure du music-hall, elle a aussi été amoureuse de Joséphine Baker, entre autres conquêtes, en marge de ses grandes rencontres comme celle avec Jean Cocteau. Inclassable, elle incarne la rébellion contre une époque pleine de préjugés. Violée quand elle est jeune-fille, elle pense tuer son agresseur. Elle vit sa bisexualité dans une liberté absolue et ne peut pas être une «femme poupée» gibier. Elle se moque que dans son dos on l’a dit «bloc de muscles inesthétiques». On l’a décrit «hommasse». Femme libre, elle dérange au point qu’on n’accepte pas qu’elle porte des pantalons. La pionnière fait de l’athlétisme, de la moto, de la voiture et de la boxe. Elle fume beaucoup pour revendiquer sa propension à égaler les hommes, voire à les dépasser. La vie de Violette Morris bascule quand elle choisit l’Allemagne nazie contre la France parce qu’elle estime que son pays la maltraite, ne la considère pas comme une grande championne éclectique, lui refuse sa façon de vivre. Devenue collaboratrice active, elle aurait torturé des Résistants avec un vice inégalable. De féministe à la pointe de la société, elle devient un personnage abjecte. Une vraie décadence. Elle fut tuée par la Résistance mais tout ne se déroula pas comme prévu puisque deux enfants furent aussi tués. Le problème c’est que les archives la concernant sont vides comme le souligne l’historienne Marie-Josèphe Bonnet qui recommande toutes les précautions quand on associe Morris à la Gestapo. A-t-elle vraiment été aussi immonde pendant la Seconde Guerre mondiale, elle qui fut exemplaire pendant la Première dans un rôle d’estafette ?

-France Bloch-Sérazin, une femme en résistance (1913—1943), Alain Quelle-Villéger. Des Femmes/ Antoinette Fouque, 296 p., 18 €

-Simone de Beauvoir, Eric Touya de Marenne. Que sais-je ? 128 p. , 9 €

-Femme qui court, Gérard de Cortanze. Albin Michel, 410 p., 22, 90 €

-Sartre (1905-1980), Annie Cohen-Solal. Folio/ Essais, 960 p., 14, 20 €

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