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02.08.19

La réunion des Entretiens oubliés d’Hitler (1923-1940)" (Eric Branca/ Perrin) nous apprend que les Américains étaient informés sur les délires du dictateur dès 1923

Né la même année que Chaplin - en 1889- Hitler possédait une copie du Dictateur (1940) qu’il regardait très souvent, riant sans cesse. Ce film confirmait sa notoriété mondiale. Difficile à admettre et pourtant cela se déroula ainsi.

Pour sa gouverne personnelle, Hitler n’a pas cessé d’utiliser la presse démocratique qu’il condamna ensuite car elle devait être toute à son service. Beaucoup de journalistes français lui ont léché les bottes ensanglantées. «Ses yeux sont d’un bleu tendre, d’un bleu innocent que seules possèdent les tout-petits» écrit Robert Chenevier (1896-1975) dans L’Illustration, le 10 décembre 1938. Un regard d’enfant un dictateur qui avait aboli le régime parlementaire ! Hitler dans une interview en 1932 : «Aucune entente n’est possible avec la France (…) quelqu’un qui vous frappe pendant que vous gisez à terre».
Hitler avait à travers la gorge le Traité de Versailles qui a mis l’Allemagne plus bas que terre. Sur les Juifs, en 1931 : «Si les Juifs restent tranquilles, ils seront en sécurité». (Sic) Tous les politiques mentent mais quand il s’agit d’Hitler c’est mille fois pire vu son degré de délire. En 1931, il se permet de dire : «Je n’aime pas donner des interviews, je suis moi-même journaliste». Hormis la presse de propagande, il haïssait la presse. Eric Branca, l’auteur de ce livre très instructif, précise que les Allemandes adoraient Hitler.
La peste hitlérienne était déjà présente en 1923, face au journaliste américain George Viereck : «Nous avons choisi de nous appeler nationaux-socialistes car nous ne sommes pas internationalistes (…) D’abord une base de solidarité raciale. La race et l’état sont pour nous synonymes (…) En finir avec le bolchevisme c’est rendre le pouvoir à 70 millions d’hommes». Dans le même entretien pour The American Monthly, il dit : «Le Juif est destructeur par nature. L’idée d’une existence nationale autonome lui est étrangère. Sa présence dans un Etat moderne est un fervent de décomposition. Ils devront donc être privés de leurs droits (…) Les Juifs ne sont pas Allemands. Ils sont comme un corps étranger dans notre peuple et se manifeste comme tel. Je regarde les Juifs comme je regarde les Japonais (…) Vous comprenez aisément que les Japonais n’aient pas accès à la citoyenneté allemande !» Hitler assimile les Juifs aux alcooliques et aux syphilitiques qu’il veut écarter de la société. Après ce délirant torrent de haine, on ne peut plus dire que les Américains ne pouvaient pas imaginer les ravages à venir orchestrés par Hitler. Cette haine antisémite date de 1923 ! Ce livre est une pièce à convictions de premier plan.

-Les entretiens oubliés d’Hitler (1923-1940), Eric Branca. Perrin, 300 p., 22 €.

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