Archives pour: Août 2019

31.08.19

Permalink 08:18:04, Catégories: LA REVUE DE STRESS  

20 h Foot CNews: le sitcom Neymar, PSG, Real, tirage de la C1...

29.08.19

Permalink 23:35:25, Catégories: THE RED DEVILS, CANTONALAND  

King Cantona cite Shakespeare devant C. Ronaldo sous le charme

Jeudi 29 août 2019
Remise du Prix du Pt de l’UEFA à Eric Cantona
Lors du tirage au sort des poules de la C1 2019-2020, Eric Cantona a reçu le prestigieux prix du Pt de l’UEFA, une distinction jadis décerné à Kopa et à Cruyff.
King Cantona est venu tout simplement. En tenue de campagne, là où il était quand on est venu le chercher.
Il a tranché dans la soirée.
D’autant plus qu’il a cité un extrait du Roi Lear de Shakespeare, en anglais.
Voici la traduction:
-«Ce que les mouches sont pour des enfants espiègles, nous le sommes pour les dieux : ils nous tuent pour leur plaisir. Bientôt, la science ne sera pas seulement capable de ralentir le vieillissement des cellules, elle va aussi les réparer et ainsi nous rendre éternel. Seuls les accidents, les crimes, les guerres vont nous tuer, mais malheureusement, les crimes et les guerres vont se multiplier. J’aime le football. Je vous remercie».
Plutôt que de dire trois banalités, il souligne la bêtise humaine. Il lui oppose la beauté du jeu.
C. Ronaldo et Messi qui avaient une dizaine d’années quand il était à MU l’ont regardé comme le Messi !
L’UEFA souligne que le trophée remis à Cantona célèbre les valeurs qu’il a défendues.
Sur le terrain, Cantona arrive à Leeds où il gagne le championnat 1992.
Il part à Man United est devient champion 1993.
Ainsi a-t-il écrit sa légende, lançant mondialement la mode du football anglais et des joueurs français.
A l’époque aucun de ses matchs de championnat n’est diffusé en France.
C’est lui qui peu à peu a fait mettre le focus sur la Premier League.
A ceux qui disent qu’il a échoué en équipe de France, il faut rappeler que Cantona fut nommé capitaine des Bleus par Aimé Jacquet dans une équipe où évoluait D. Deschamps. Après son geste défensif de kung-fu face à un excité des tribunes, il n’a plus été appelé par la 3 F.

Groupes de la Ligue des champions pour la saison 2019/2020:

Groupe A
Paris SG, Real Madrid, Club Bruges, Galatasaray

Groupe B
Bayern Munich, Tottenham Hotspur, Olympiakos, Etoile rouge de Belgrade

Groupe C
Manchester City, Shakhtar Donetsk, Dinamo Zagreb, Atalanta Bergame

Groupe D
Juventus, Atletico Madrid, Bayer Leverkusen, Lokomotiv Moscou

Groupe E
Liverpool, Naples, Salzbourg, Genk

Groupe F
FC Barcelone, Borussia Dortmund, Inter Milan, Slavia Prague

Groupe G
Zenith Saint-Pétersbourg, Benfica Lisbonne, Lyon, RB Leipzig

Groupe H
Chelsea, Ajax Amsterdam, Valence, Lille

Les favoris sont City et Liverpool, car le jeu est en ce moment chez eux. Hors catégories: le Real et le Barça qui sont chaque année dans le coup. Mention spéciale à la Juventus en raison de CR7. Les autres clubs importants sont des outsiders. Parmi le restant, il n’y a que des figurants.

Permalink 15:36:10, Catégories: LE GYM E BASTA, GRAND MONSIEUR  

Officiel: le retour du duo J-P. Rivère et J. Fournier à la tête de l'OGCNice où viennent de signer Dolberg et Claude-Maurice

Dolberg a tout pour devenir un héros de la L1. Le très bel athlète est un attaquant hyper opportuniste sachant faire le bon geste. Nice n’a pas de joueur de ce niveau. Sa venue contre plus de 20 M€ est exactement ce qu’il fallait faire. Les talents on doit les faire signer avant qu’ils ne réalisent pleinement.

J-P. Rivère et J. Fournier nommés à la direction du club.
On prend les mêmes et l’on recommence.
C’est une très bonne chose.
Les deux décideurs ont fait venir à Nice, Puel, Ben Favre, Favre, Balotelli, Atal…
Ils ont souvent la main heureuse dans leur pioche.
Les propriétaires anglais ont délégué sur les bonnes personnes qui n’ont pas fini leur travail à Nice.
Les deux nouvelles recrues sont très attendues. Claude-Maurice pour distribuer le jeu au milieu de terrain et Dolberg pour claquer des buts.
Le Danois Kasper Dolberg (21 ans) fait rêver: il vient de l’Ajax de Cruyff qui nous a déjà donné Dick van Dijk.
Souhaitons-lui le même succès que ses aînés.
Pareil pour Alexis Claude-Maurice, 21 ans.
L’avenir leur appartient.

PS: arrive aussi sous forme de prêt, le milieu offensif Adam Ounas (22 ans).

28.08.19

Permalink 16:57:49, Catégories: LE GYM E BASTA, ANTI-FOOTBALL  

Le derby Nice- OM 1-2 ou la mort du football

C’est quoi ce geste de Payet ? Ce masque symbolise quoi ?

Mercredi 28 août 2019, 21 h
3e journée de L1
OGCNice-OM
But pour Nice: Cyprien (66e s.p.)
Buts pour les visiteurs: Benedetto (31e), Payet (73e s.p.)

OGC Nice : Benitez - Burner, Herelle (Cissé 55e), Dante ©, Pelmard (Le Bihan 80e) - Tameze (Atal 62e), Cyprien, Lees-Melou - Ganago, Lusamba, Sacko.

Olympique de Marseille : Mandanda - Sakai, Kamara, Gonzalez, Amavi - Lopez (Germain 70e), Strootman, Sanson - Sarr (Caleta-Car 88e), Benedetto (Gustavo 80e), Payet.

Ce que j’ai vu est une honte pour le football. J’ai même eu honte d’être Niçois quand j’ai vu le comportement des “fans” de Nice qui au lieu de fêter les nouveaux propriétaires anglais se sont perdus dans un bras de fer avec les autorités qui a viré au cauchemar pour l’équipe de Patrick Vieira que l’on a empêché de travailler normalement.
J’attendais ce match depuis des semaines.
Qu’ai-je vu ?
Nice très faible arrive quand même à dominer le match avec des joueurs qui n’ont pas tous le niveau de la L1, loin de là.
Suite à un comportement provocateur d’une partie du public niçois, le match est arrêté, en raison du nouveau règlement de la lutte anti homophobe. En France, on se sert toujours du football pour lutter contre le racisme, la violence, etc…
L’arrêt du match pénalise les Aiglons et avantage Marseille qui redémarre un nouveau match. Les Marseillais marquent un but casquette: Dante masque Benitez qui est incapable de bloquer le ballon assez inoffensif.
A 0-1, Nice court après le résultat avec une ligne d’attaque même qui semble celle d’une Division d’Honneur et encore je suis généreux.
Nice parvient à revenir au score, sur un penalty assez généreux.
Marseille reprend l’avantage sur un penalty stupidement provoqué par un Niçois, vrai perdreau de l’année.
L’entrée d’Atal a fait du bien à Nice mais les Aiglons sont très maladroits dans les derniers gestes.
En fin de match, Payet qui a mis le penalty décisif, en faisant un signe bizarre, reçoit une pluie d’objets quand il doit tirer un corner. Bien sûr, il en fait des tonnes.
Marseille gagne un match que Nice lui a offert sur un plateau, à cause de l’attitude d’une partie de son public et par manque de talent offensif. Si ce match avait eu lieu à Manchester City, les Citizens auraient gagné 6-0.
En résumé, les “fans” Niçois ont fait leur numéro, comme une réponse au fait qu’ils aient été interdits de voyage à Nîmes. Dans ce derby, ce fut Marseille qui n’a pas eu à ses supporters. C’est se tromper de combat car c’est la préfecture qui a interdit aux Niçois de se déplacer dans le Gard et non pas la Ligue du football.
Les propriétaires anglais ont dû se demander où ils avaient mis les pieds tant le match a semblé un duel d’amateurs par rapport à la Premier League.
Comment se fait-il que le public niçois rentre dans le stade avec des banderoles ?
Pourquoi une partie du public niçois pénalise-t-il l’OGCNice ?
Il est temps que les nouveaux renforts de Nice arrivent pour améliorer l’équipe fanion qui en a bien besoin.
Pour le reste, au niveau du jeu, le match fut médiocre. On n’a qu’une hâte: voir un grand match de Premier League, ou Barcelone, ou Ronaldo à la Juventus Turin.
Le football a été absent du derby, à de rares exceptions.
Triste spectacle. Pauvres enfants qui découvrent le football en 2019.
Le football est un exutoire, on le sait mais les “fans” ne sont que des spectateurs. Les acteurs sont sur le terrain. Les “fans” veulent s’exprimer dans les tribunes comme sur twitter ! Ils n’ont qu’à s’illustrer dans leur profession au lieu de massacrer le football qui est le moyen d’expression des footballeurs. Un spectateur est là pour regarder, pas plus. Les “fans” de Nice sont mieux inspirés quand ils chantent leur hymne comme au SFD lors d’une finale perdue contre Nancy.
On donne trop d’importance aux “fans", aux arbitres, à l’argent, à la vidéo…
Le football est attaqué sur tous les fronts.
Richard Kurt, remarquable observateur du football en général, et du football anglais en particulier, m’a dit: “Ils nous ont déjà pris la politique, réduisant à néant les grands courants de pensée. Maintenant, ils nous volent le football. Il ne vous reste bientôt plus rien”. A méditer.
Nice a besoin de sang frais. Souhaitons que les nouveaux arrivés vont vite s’intégrer.
Deux d’entre eux étaient dans les tribunes lors du derby. Ils ont dû se demander dans quelle galère ils étaient tombés. Pour le jeune attaquant danois venir de l’Ajax pour voir un match arrêté pour de l’extra-sportif ce n’est pas très encourageant.
Nice n’a jusqu’à présent aucun attaquant. Cela fait deux ans que ça dure. Si le club a fait bonne pioche, Nice va faire parler de lui. En bien, cette fois.

26.08.19

Permalink 22:25:11, Catégories: LE GYM E BASTA  

Le premier jour de l'OGCNice, version Grande-Bretagne

Nice va devoir mieux gérer son changement de propriétaire que Marseille qui piétine sur place, offrant des 600 000 € par mois à des joueurs médiocres vendus comme s’ils étaient des cadors. Le Nice-Marseille qui arrive, le 28 août 2019, va opposer la jeunesse niçoise à l’armada marseillaise qui veut gagner à Nice.

Mardi 27 août 2019
Conférence des nouveaux propriétaires de l’OGCNice

La conférence n’a pas eu l’arrogance de celle de l’OM lors de sa revente.
Le flegme de la nouvelle direction cache une redoutable lucidité.
Maintenant, il faut voir ce qui va se passer.
Si Ineos a investi cela veut dire que Nice a du potentiel. On le savait.
Le club va-t-il réussir sa mutation ?
On va être fixé assez vite.
Pour l’instant, on perçoit l’humilité. C’est un bon début.
Pas de déclaration, genre on va gagner la C1 !
Nice, la ville de la Promenade des Anglais, passe sous pavillon anglais.
Le groupe Ineos, vainqueur du Tour de France 2019, entre autres, arrive avec les frères Ratcliffe.
L’organigramme n’est pas révélé mais le retour du duo Rivère-Fournier semble acté: ce duo a été le déclencheur de le vente et acteur de la venue de Vieira qui depuis a fait venir des collaborateurs. La mayonnaise va-t-elle prendre sans casser des œufs ?
Nice a été vendu 100 M€. Deux fois plus que l’OM !
Nice a été le club phare des années 1950 avant que la C1 ne soit créée. Les Aiglons été invités dans le monde entier pour régaler le public avec un solide football ultra offensif.
En 1970, il y a eu un regain, hélas! sans titre.
Depuis les années 2000, la renaissance s’est faite pas à pas.
L’avenir devrait être beau: nouveau stade, nouveau centre de formation, nouvelle direction.
Nouveaux joueurs surtout. Les Niçois attendent que leur club joue les premiers rôles.
Le rêve est réenclenché. Very NICE !

Palmarès de l’OGCNICE créée en 1903.

4 titres de Champion de France
1951 - 1952 - 1956 - 1959
3 fois vice-Champion de France
1968 / 1973 / 1976

3 Coupes de France
1952 - 1954 - 1997
1 fois finaliste 1978

2 fois 1/4 de finaliste Coupe des Clubs Champions
1957 - 1960

4 titres de champion de Division 2
1948 - 1965 - 1970 - 1994

Coupe Gambardella 2012

[Post dédié à Louis Nucéra, grand supporter du Gym]

Pendant que Neymar s'étiole au PSG, Griezmann devient grand au Barça sous les yeux de Messi qui partage le bonheur du Français

Dimanche 25 août 2019
2e journée de Liga
Barcelone 5-2 Séville
Buts pour le Barça: Griezmann (41e, 50e), Perez (56e), Jordi Alba (60e), Vidal (77e)
Buts pour les visiteurs: Fekir (15e), Moron (79e)

Lors de son 1er match en Liga avec le Barça, Antoine Griezmann a déjoué car il avait été cantonné sur le flanc gauche de l’attaque.
Au cours de son deuxième match sous le maillot catalan, il a joué dans son registre, coulissant sur la ligne d’attaque avec des incursions plus soutenues dans le camp adverse. Il a donné un récital pour égaliser et ensuite prendre l’avantage. Fekir a pu mesurer qu’il est encore loin du niveau de “Grizou".
Griezmann a corrigé le tir depuis longtemps. Il s’est calmé sur les réseaux sociaux pour se concentrer sur le terrain, et c’est payant !
Il a énormément progressé. Il est très difficile qu’un bon joueur devienne un très grand joueur. Il en prend le chemin.
Il faut rappeler qu’il est issu de la Liga et non de la L1.
Son ascension est réelle, et il faut la saluer.
Il a su se remettre en question. On dit bravo !
Ses deux buts contre le Bétis Séville sont splendides. Des buts d’un crack et pas des buts quelconques.
En tribune, il a été salué par Messi et Suarez.
Le trio Messi-Suarez-Griezmann promet.
Pendant ce temps, le Brésilien ronge son frein. En signant à Paris, il gagné beaucoup d’argent - en fait surtout son père- mais il a perdu son football.
Griezmann est passé de l’Atletico Madrid au Barça: c’est une réelle progression.
Neymar a quitté le Barça pour Paris: quelle régression !
Griezmann est déjà intégré au Barça.
Neymar ne sait même pas dire “Merci pour les 100 000 euros” en français.
La mode Neymar est sur le déclin. Griezmann est à présent candidat au Ballon d’or, juste derrière Messi et CR7. Il a pris la place de Neymar, à tous les niveaux. Dans l’équipe du Barça et dans le cœur des Socios.
Griezmann est un joueur qui transmet vite la balle, comme Bernardo Silva.
Neymar la conserve comme une otarie au cirque.
Griezmann est plus intelligent que doué.
Neymar est plus doué qu’intelligent.

24.08.19

Le Général a disparu, de Georges-Marc Benamou (Grasset)

Après avoir disparu des radars, Charles de Gaulle a remis les pendules à l’heure. Le très grand orateur savait tenir une plume. Lui, n’a jamais eu besoin d’avoir des gens qui écrivent à sa place, et pourtant il avait le choix entre Malraux, Gary et Mauriac. En ce temps-là, les écrivains étaient des phares de la littérature et non pas des lucioles. Le général de Gaulle était lui-même un superbe prosateur. Excepté Georges Pompidou et François Mitterrand, tous ses successeurs croient qu’il suffit de signer en librairie des livres qu’ils n’ont pas écrits pour se considérer écrivain. Pour avoir une idée de la sensibilité du général et de sa finesse spirituelle, il suffit de se remémorer ce qu’il a dit à sa femme, le jour de la mort de leur fille handicapée: “A présent, elle est comme les autres".

Cela fait bizarre en 2019 de tomber sur les noms des gaullistes Mesmer, Joxe père, Fouchet, Peyrefitte, plus celui de Waldeck Rochet (PCF). Si on a vécu sous leur temps, on se dit qu’on est désormais vraiment vieux. Dans le cas où ne les connaîtrait que de noms, ces politiciens-là sentent la naphtaline. A moins d’avoir fait Sciences-po, la nouvelle génération doit consulter Wikipédia pour savoir qui et qui. Ces hommes ont fait l’actualité mais rien n’est plus éphémère que l’actualité, sauf quand elle devient de l’Histoire. Ce qui est le cas. Georges-Marc Benamou est passionné par la politique comme d’autres par le sport ou la philatélie. Il la vit avec intensité, sachant tout décrypter puisque la politique reste l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde, selon la remarque fulgurante de Paul Valéry. On l’a vu très proche de François Mitterrand, et plus épisodiquement de Nicolas Sarkozy, au cœur de l’élection présidentielle de Mr Carla Bruni jusqu’à occuper le bureau de Jacques Foccart, l’homme avec une «tête d’espion sur un corps d’épicier», en charge de l’Afrique et du sale boulot des polices parallèles. Avec Mitterrand, il avait un rapport père-fils; avec Sarkozy plutôt de frangins. Emmanuel Macron ? Dans ce cas, il verrait l’actuel président comme un fils. On n’obéit jamais à son fils, en tout cas jamais en le lui montrant. En fait, Georges-Marc Benamou n’est pas du genre à courber l’échine. Il partage des idées, une vision commune ou alors il plie bagage et va voir ailleurs. Dans son enfance, il a fantasmé sur sa venue à Paris. Une fois montée- à-la-capitale, de Nice, il a bien voulu jouer à Rastignac mais jouer simplement, dupe de rien. A l’école Mitterrandienne, il est plutôt tendance Machiavel, la seule attitude intéressante dans un panier de crabes qui le plus souvent se comportent en requins. La stratégie essentielle de Mitterrand ? Ne jamais se précipiter et manifester de l’indifférence. Il avait son carquois plein de ces flèches-là.
Georges-Marc Benamou est un éditorialiste qui dit ce qu’il pense et pense ce qu’il dit. Il n’a rien à voir avec Alain Duhamel qui parle de politique comme d’autres font la météo. Jamais il n’aurait accepté, lui, que l’on censure Maurice Clavel. Imbibé de politique, il a écrit plusieurs livres sur le domaine qu’il connait le mieux. Jusqu’à présent, il est plus essayiste, mémorialiste que romancier. N’empêche, le Niçois est davantage lecteur d’Albert Cohen et de Romain Gary que des politologues illisibles. Jusqu’à présent, il n’avait pas écrit de roman, sans doute parce qu’il est trop intelligent, comme l’a dit Colette à Emmanuel Berl. Son nouveau livre affiche «roman» sur la couverture. C’est avertir le lecteur que l’ouvrage n’est pas un pensum sur la célèbre fugue à Baden-Baden du général au temps fort des événements de 1968. GMB- comme on dit BHL ou PPDA- s’est donné une grande liberté pour rendre vivant ce qui est un fantastique reportage romancé. Georges Duby a dit qu’un grand historien a le droit d’inventer s’il est dans le bon ton. C’est exactement ce que fait GMB : ce qu’il donne à voir et à entendre sonne juste. Il n’était pas sous les ors de l’Elysée au temps du règne de Charles de Gaulle mais il aime tant ce dont il parle que sa narration est plus vraie que nature.
Le Général a disparu est un tournant dans sa bibliographie si loin des ex- ministres qui «s’amusent à écrire» parce qu’ils ne savent pas quoi faire de leurs dix doigts. Parmi eux, il y a des représentants de dynasties qui vivent depuis des générations au frais de la République. Tel n’est pas le cas de GMB qui n’est que le fils de ses chers parents, c’est beaucoup et même essentiel. Cependant, il n’est pas bien né comme on dit dans la Haute Société. On a vu qu’il s’est fait lyncher publiquement quand il fut pressenti pour occuper la présidence de la Villa Médicis. On l’a accusé de bénéficier du pistonnage de Nicolas Sarkozy. Incroyable ! Toute la politique n’est faite que de ça : les chaises musicales vous connaissez ? «Ils» ne font qu’échanger des postes. L’alternance ? Un banal changement de personnel. L’ex Rastignac a été traité en nouveau Gastby le Magnifique. «Ils» voulaient bien admettre son talent mais jusqu’à certaines limites et surtout pas dans leur cercle intime.
GMB a une haute idée de la littérature, loin de ceux qui s’inventent une biographie d’enfant battu pour vendre leur salade. Son livre sur le soudain désamour entre la France et l’auteur de l’Appel du 18 juin 1940 met le focus sur un homme qui semble encore du XIXe siècle alors qu’il a connu deux guerres. Plus la France gronde, plus il se demande si son cadavre ne va pas finir pendu par les pieds, exposé à la foule. On sent très bien l’effroi de celui qui incarna la lutte française contre les nazis et les vichystes. L’homme adulé à la Libération, puis apprécié comme chef d’Etat en 1958, est tout à coup détesté par le peuple que les médias résument à l’image iconique de «Dany le Rouge» immortalisé, face à un CRS (compagnie créée par Mitterrand, sous l’un de ses multiples visages), par le regretté photographe Gilles Caron que l’on oublie trop souvent de citer alors qu’il a largement participé à la gloire de Daniel Cohn-Bendit qui confia à Jean-Paul Sartre : «Non, non, il ne s’agit pas d’une révolution. Juste d’une révolte de jeunes gens». C’est moi qui résume ainsi l’entrevue avec l’auteur des Mots qui se réjouissait de pouvoir manger du bourgeois, comme on se mord la queue, puisqu’il venait lui-même de ce milieu. Le décalage entre Sartre et de Gaulle est grand: le fils du général n’a jamais vu le lit parental tandis que le philosophe s’envoie en l’air avec des étudiantes que lui fournit le Castor.
GMB fait ressentir l’angoisse partagée du général et de sa femme que l’on appelait « Tante Yvonne ». Avec le recul, on sait qu’elle fut la plus grande dame de France, ne dépensant pas un centime du trésor public quand il s’agissait d’agir au plan privé. Le couple de Gaulle se démarque des associations show-biz qui ont suivi, genre le fan de Johnny avec une Castafiore tendance rive-gauche, ou le sans charisme avec une comédienne en quête de personnage. Au cours de la zizanie de 1968, les communistes ont tenu le rôle du grand méchant loup. La famille de Gaulle prend peur quand les conducteurs de DS se liguent contre eux. GMB sait donner tout le tempo d’une époque par un fait de rue passé aux oubliettes. Le romancier agit dans ces séquences-là. Le général ne voyait pas d’un bon œil la Porsche des Pompidou qui était un signe extérieur de richesse. Au terme des Trois Glorieuses, Pompidou a amorcé la politique spectacle, jouant du flipper, clope au bec.
Lire Le Général a disparu revient à lire feu Pierre Péan- enseveli dans un silence étourdissant- qui tout à coup devient Hemingway ou Norman Mailer. Lisez GMB et ne cédez pas aux sirènes du PAF qui vous obligent à lire des histrions. Un lecteur n’est pas un chien qui va là où les autres sont déjà passés. Lire Benamou c’est lire un genre nouveau : l’Histoire contemporaine romancée pour mieux la comprendre. Albert Camus a parlé d’“historien de l’immédiat", à propos des authentiques journalistes. Une formule qui convient à GMB. Aujourd’hui, les plumitifs croient qu’ils sont écrivains. Jadis, les écrivains devenaient journalistes. Benamou se reconnecte avec les anciens grands d’autrefois. Plus besoin d’aller au bout du monde, comme Kessel. Traverser la rue suffit. Les Macron ont été menacés par les manifestants, fin 2018. Par moment, on ressent encore des répliques de la secousse sismique d’il y a un demi-siècle. Sur les pavés, des gilets jaunes.

-Le Général a disparu, Georges-Marc Benamou. Grasset, 240 p., 18 €.

23.08.19

Permalink 18:05:07, Catégories: LITS ET RATURES, LE JARDIN D'ENFANT  

Un bouquet de BD: Lomig, Boucq, Jolivot,Linhart & Thouron, Hamâté & Quod, de Radiguès, C. Meurisse et Santini & Gatignol.

Jacques Tati, profession génie.

*Deux sœurs sont projetées dans un monde en perdition ravagé par les dégâts de la soi-disant modernité. Au-délà des tabous, une BD pour adultes.
-Dans la forêt, Lomig, d’après le roman de Jean Hegland. Sarbacane, 156 p., 24,50 €

*Un matin dans la salle de bains, Jérôme Moucherot découvre qu’il n’a plus de bouche ni de nez. Le héros de François Boucq traverse le miroir pour voir le fameux autre côté, comme le fit jadis Max Linder. La morale est très Pierre Dac : je viens de chez moi et j’y retourne. Une BD mystérieuse, amusante et introspective. On tourne les pages et on revient aussitôt en arrière pour revoir ce que l’on vient de voi.. Une sorte de William Blake du XXIe siècle. Plus un zeste de Magritte.
-Les aventures de Jérôme Moucherot. Une quête intérieure tout en extérieur. Histoire de ne pas salir chez soi, par François Boucq, scénario et dessin. Le Lombard, 176 p., 20, 50 €

*Grande balade dans l’Europe du Nord pour montrer la diversité des paysages que la pollution ne doit pas menacer. Pour atteindre celle grandeur multiculturelle, il a fallu des siècles.
-Baltique à pied d’île en île, Nicolas Jolivot. HongFei, 80 p., 23 €

*David Merveille qui porte bien son nom poursuit son hommage à Jacques Tati avec une nouvelle livraison de toute beauté comme les précédentes. Son nouvel album est une œuvre à voir plus qu’à lire. Un as du découpage et de l’ombre chinoise.
-Hulot domino, David Merveille. Rouergue, 40 p., 17 €

*L’album saute aux yeux comme si chaque dessin était monté sur piles. Cette réflexion sur le travail qui tue au lieu de libérer est mieux qu’un essai indigeste.
-Le burn out, Danièle Linhart et Zoé Thouron. Le Lombard, 72 p. , 10 €

*La moralité du livre pourrait être du Brassens avec sa fameuse phrase sur les gens qui n’aiment pas ceux qui choisissent un autre chemin que le leur. Amadou Hampâté Bâ ((1900-1991) a passé sa vie à noter la culture orale pour ne pas qu’elle s’évanouisse définitivement.
-Soly ou la leçon d’humilité, texte d’Amadou Hampâté Bâ et illustrations de Sara Quod. Les éditions des éléphants, 40 p., 15 €

*La fameuse ligne claire belge initiée par maître Hergé est bien présente dans le trait de Max de Radiguès. Ses deux héros évoluent dans une nouvelle aventure qui nous maintient dans l’enfance sacrée. Bâtiments précaires mais solides fondations spirituelles.
-Stig & Tilde, le club des losers, Max de Radiguès. Sarbacane, 64 p., 13,50 €

*Une occasion de partager les rêveries d’une solide caricaturiste qui sait taper dans le mille dès qu’elle met en scène un grand nom de la culture qui grâce à elle devient perceptible.
-Le Pont des Arts, Catherine Meurisse. Sarbacane, 112 p., 19, 90 €

*Etre diplômé ? Cela veut qu’on est devenu stupide. Marié ? Que l’on ment. Misérable ? Qu’on a fait fortune. Le mieux pour rater sa vie ? Devenir un grand patron multimilliardaire.
-Comment j’ai raté ma vie, Bertrand Santini, Bertrand Gatignol. Grasset/Jeunesse, 43 p., 12, 50 €.

Permalink 15:58:07, Catégories: ANTI-FOOTBALL, LA REVUE DE STRESS  

Les Cahiers du cinéma, n°3: vieilles images Panini, Guivarc'h, Maradona et un porteur de valise...

Actuellement, il n’y a que deux grands joueurs en activité: Messi et C. Ronaldo. Et dans l’Histoire du football, il y a deux as incontestables: Pelé et Maradona, la rockstar du football.

Bonne livraison de ce qui s’apparente aux Cahiers du Cinéma quoique So Foot soit leader dans le secteur traitement décalé du football loin des marronniers habituels. En fin de volume, on trouve des pages d’album Panini en fac-similé du plus bel effet rétro : le Brésil 1970, la France de Platini, le PSG entraîné par Fontaine, l’O.L. avec Di Nallo et Chiesa, plus l’O.M. de Skoblar et Magnusson. La nostalgie est toujours ce qu’elle est : une machine à remonter le temps. Voilà pour le visuel.
Pour la forme, il y a encore des photos de football féminin du début du XXe siècle, comme quoi RAS dans le monde du ballon rond, hormis la sur médiatisation. On a droit à l’interview d’un grand délaissé : Stéphane Guivarc’h. Sa vie a basculé en finale de la Coupe du Monde 1998. S’il avait marqué contre le Brésil, et surtout ouvert le score, il serait héros à la place de Zidane. Hélas ! pour lui cela ne se passa pas comme ça, et il est devenu une sorte de paria. Il n’est pas starifié consultant, on le traite de vendeur de piscine. Rudesse du Paf. A l’inverse d’un porteur de valises qui vit sans cesse sur le prestige du titre mondial 1998 alors que les maîtres d’œuvre furent Barthez, Desailly, Blanc, Thuram, Petit, Deschamps, Djorkaeff et Zidane. Avec mention spéciale à Henry, Trezeguet et Pires. Tous les autres joueurs n’ont pas été extraordinaires. Eux ou d’autres c’était la même chose. La présence d’un historique porteur de valises dans l’album ne s’imposait pas. Cela ne fait pas du bien à la publication qui devient tout à coup Télé 7 jours. Malgré tous ses efforts pour se construire l’image d’un as du ballon rond, la postérité a donné son verdict : porteur de valises et cireur de banc à l’étranger.

-Les cahiers du football, numéro 3, 170 p., 18 €.

22.08.19

Permalink 10:44:08, Catégories: LE GYM E BASTA, GRAND MONSIEUR  

Officiel: l'OGCNice vendu 100 M€ à INEOS

Finale de la Coupe de France 1954: Nice 2-1 Marseille. Toute ma mythologie est là: Nice, ma ville natale. Le maillot rouge & noir sans nom du joueur. Ujlaki contre Ben Barek. Si le football est devenu si populaire c’est grâce aux joueurs d’autrefois. Sans eux, le football serait aux oubliettes.

Mercredi 28 août 2019 (21 h)
Allianz Riviera
3e journée de L1
OGCNice - O. Marseille

Classement au terme de la 2e journée:
1 Olympique Lyonnais 6 pts + 9
2 OGC Nice 6 pts + 2
………………
17 OM 1 pt - 2

L’information est enfin tombée: l’Autorité de la concurrence a validé mercredi 21 août 2019, dans l’après-midi, le rachat de l’OGC Nice par Ineos, le groupe de Mr Jim Ratcliffe.
Le virement des 100 millions par Ineos, le groupe britannique, à destination du désormais ex ensemble sino-américain est l’ultime étape qui doit se dérouler au plus tard vendredi 23 août.
Le nouvel organigramme niçois serait officialisé dans les plus brefs délais.
Des recrues sont prévues et certains nouveaux joueurs pourraient même disputer le derby contre l’OM le 28 août.
Nice a été vendu 100 M€. Marseille 45 M€ et l’ASSE, 50.
C’est dire le potentiel niçois.
Claude Puel a dit qu’il voulait réveiller la Belle endormie. Il a réussi.
Ensuite, Lucien Favre a pris le relais.
A présent, Patrick Vieira est obligé de passer la vitesse supérieure.
Le derby s’annonce show avec Nice en pleine confiance, renaissance, et Marseille moribond qui n’a pas inscrit le moindre but.
Longue vie au Gym !

21.08.19

Permalink 23:47:22, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Le temps des orphelins, Laurent Sagalovitsch (Buchet/ Chastel)

Je ne sais pas si ce livre arrivera jusqu’à vous : lors des rentrées littéraires le PAF est sous le contrôle des éditeurs qui savent très bien comment agir : outre qu’ils ont recruté des journalistes pour qu’ils pratiquent le renvoi d’ascenseur, ils créent un scandale pour toucher les lecteurs qui pensent que Chamfort est un chanteur. On a déjà eu : mon père m’a dépucelée; puis un autre a enchaîné: j’ai été frappé par mon paternel. Cette fois, on a droit à : mes vieux me donnaient de la merde à manger. Encore l’amertume d’un échappé de bidet. On est très loin de Poil de Carotte (Jules Renard) ou de Vipère au poing (Hervé Bazin). Depuis Alexandre Vialatte, on sait, que pour la caisse enregistreuse, il vaut mieux être connu avant de publier. A l’opposé du tintamarre, de la putasserie, Laurent Sagalovitsch a écrit un roman, à l’ancienne, comme le faisait les vrais écrivains de jadis ou comme le fait encore une poignée d’auteurs authentiques. De nos jours, Marcel Proust serait obligé de «faire Ruquier», comme ils disent. A la fin de sa vie, Julien Gracq a dit qu’il n’était plus écrivain, pour bien se démarquer encore plus d’un milieu qui l’écœurait à force de manigancer des scandales orchestrés en coulisses. Les éditeurs veulent bien éditer Perros et Bove à condition de faire recette avec d’autres qui se mettent un gros nez rouge ou une plume là où vous pensez. Ces propos liminaires ne sont pas superflus : je partage l’avis de Tzara : en dehors des élans poétiques et du pamphlet, la littérature ne vaut rien. La «racaille moderne» - selon le mot de Baudelaire- occupe le terrain avec des livres gorgés de «je» purulent, des créations de l’idiot-visuel comme Neymar est une créature des réseaux sociaux. Le véritable écrivain c’est Laurent Sagalovitsch qui fait office de Bernardo Silva ou de Kevin De Bruyne (les sublimes chefs d’orchestre de Man City) égarés dans un monde de vedettes formatées.
Il est tout particulièrement salutaire que le livre de Laurent Sagalovitsch, sur et contre les ravages du nazisme, soit édité par un éditeur qui en 1993 édita Souvenirs de Maurice Bardèche- le beau-frère de Robert Brasillach- notoire négationniste. Une précision s’impose : l’actuelle direction n’est plus la même que celle qui édita le fasciste déclaré. Laurent Sagalovitsch nous donne un livre poignant de bout en bout, sans jamais élever la voix. Il a mis le curseur de son abomination sur le tempo humanisme. Il tient la distance avec beaucoup de délicatesse qui du coup devient l’arme fatale pour évoluer parmi l’abjection totale. Le temps des orphelins de Sagalovitsch rime avec Le temps des assassins de Rimbaud-Soupault-H. Miller. Dans ce roman, un rabbin venu des Etats-Unis, à la fin de la guerre, pour soulager ce qui peut l’être, tombe sur un «garçonnet» de «quatre ou cinq ans» quand il se confronte directement à l’horreur du camp d’Ohrdruf, en fait le hors-d’œuvre de l’abomination si l’on se réfère à Buchenwald. Une femme demande au rabbin de prendre l’enfant sous sa protection. L’abandonné n’a pas dit un mot et ne parlera jamais. L’enfer sur terre lui a coupé la parole. Peut-être n’a-t-il jamais parlé vu qu’il est né dans une période apocalyptique ? Toutes les scènes avec l’enfant sans prénom ni nom sont exceptionnelles d’intensité et de simplicité. Au cours de leur première rencontre, le rabbin réchauffe la petite main. En fait, on ne sait plus qui réconforte qui. Admirable séquence d’une beauté naturelle. Cet instant-là, on est face à la lumière du livre, exactement comme devant le lait dans le tableau de Vermeer, (La Laitière) ou le soleil sur la lame du couteau au cœur de L’Etranger de Camus. Le moment-clef d’une oeuvre. L’aiguille dans la botte de foin qui doit sauter aux yeux des lecteurs.
Quand il est obligé de quitter momentanément l’enfant, le rabbin lui confie la photo du sien qu’il n’a pas encore vu. A Buchenwald, le rabbin cherche sans succès les parents de celui dont on pressent qu’il est déjà orphelin. L’homme de foi, qui a choisi pour métier de ne pas haïr les hommes, se demande pourquoi a-t-on permis le massacre des hommes par des hommes ? La main tendue par l’enfant sauve bel et bien le rabbin. Cet enfant mutique est comme un oiseau sur un barbelé. Un oiseau qui ne chanterait plus à force d’avoir respiré l’odeur des fours crématoires qui circule dans toutes les pages du livre. A Buchenwald, dont les cheminées fument encore, le rabbin est fier d’être Juif mais il a plus l’impression d’être un «serviteur de Dieu» qu’un «soldat de Dieu». Sa foi ne plus être aveugle et tout accepter comme un apôtre téléguidé. Les parents de l’enfant ne seront pas retrouvés.
L’enfant court vers le rabbin quand son sauveur revient vers lui. Au risque d’attraper le typhus, le rabbin a tout tenté. Nous lecteurs sommes sous le charme du style de Laurent Sagalovitsch, totalement obsédé par la Shoah. Hitler hante ses jours et ses nuits. Dans Le temps des orphelins, Hitler et chimpanzé sont associés mais une telle comparaison est dégradante pour le singe. L’écrivain a fui la France pour le Canada en 2009 comme il aurait fui la France de Pétain pour sauver sa peau. Sa façon de résister. Vancouver, où il vit dans le souvenir de Malcom Lowry, apaise Sagalovistch qui est plus le petit garçon de son livre que le rabbin. A conserver à côté de Primo Levi, son nouveau livre semble écrit par Woody Allen qui serait plus influencé par Nuit et Brouillard d’Alain Resnais que par La vie est belle de Roberto Benigni. On ne rit jamais. La tendresse domine l’ensemble.

-Le temps des orphelins, Laurent Sagalovitsch. Buchet/ Chastel, 219 p., 16 €

19.08.19

Sans jouer, Neymar traumatise le PSG à l'image du fantomatique Mbappé

Dimanche 18 août 2019
2e journée de L1
Rennes 2-1 Paris
Buts pour Rennes: Niang (44e), Del Castillo (48e)
But pour les touristes: Cavani (36e)

Paris a ouvert le score à cause d’une toile signée Da Silva.
Un but casquette, immérité.
Heureusement pour eux, les Rennais ont bien répondu par deux buts somptueux.
Paris n’a proposé que du vide.
Explication: l’ombre de Neymar.
A force de dire qu’il veut partir, tout en ne le disant jamais et bien sûr sans dire qu’il veut rester- vous me suivez (!)- il plombe le club.
Comme il veut partir, il dit sans le dire: le club n’est assez bien pour moi, donc il a contaminé les joueurs qui au lieu de se rebiffer pensent la même chose que lui. Tous les joueurs ne sont à Paris que pour l’argent: le PSG ce n’est pas Barcelone ou le Real. Ni Liverpool, ni le Bayern.
Neymar qui veut partir, lance aussi le message: je ne veux pas jour avec ces joueurs qui ne sont pas de mon niveau.
Neymar, sans jouer, sème la zizanie.
Tout comme sans jouer, il a réussi l’exploit de se faire suspendre deux fois: insultes en direction de l’UEFA, et mauvais geste sur un fan de Rennes.
Quelle gestion de bas étage !
Un grand joueur s’achète quand il n’est pas encore très connu donc pas cher.
Paris, lui, n’est bon qu’à faire de gros chèques.
A l’heure qu’il est: Neymar est très loin de pouvoir revenir à son niveau d’avant 2017.
Il se blesse sans cesse. A le moral dans les chaussettes.
Plus Paris amasse des euros sur son non, moins il joue.

17.08.19

Peter Fonda (1940-2019) & Dennis Hopper (1936-2010) nos héros d'Easy Rider (1969)

La scène finale d’Easy Rider (1969)

Toute une époque, celle des années 1960-1970.
Dans Easy Rider, on voit des copains prendre la vie du bon côté, se marrer, avoir besoin de se libérer des idées préconçues.
Nous sommes chez les héritiers des Dadaïstes, Surréalistes et de la Beat Generation.
Une époque carrefour, pleine d’espoir avec les hippies, les beatniks, le peace and love.
Le film avec son cortège de joints - et le reste- prône une liberté qui n’est pas du goût des conservateurs qui sont sous le jour le plus atroce, à savoir des tarés.
Quand j’ai vu le film qui finit de manière atroce, j’ai vite compris que pour vivre heureux, vivons cachés. La leçon du film remonte à très loin. Brassens chantait déjà en 1952 que “les brav’s gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux“.
Le film contient toute l’époque qui marque la fin des Beatles. Une date d’une tristesse infinie.
Easy Rider est sorti en France, le 8 mai 1969, au Festival de Cannes.
Ensuite aux Etats-Unis, le 14 juillet 1969.
Les dates sont très importantes:

-Le 9 août 1969, la bande de Manson, un ramassis de ratés - anagramme de tarés- a accompli l’innommable dans la maison de Sharon Tate et Roman Polanski.
-Du 15 au 18 août 1969 a eu lieu le Festival de Woodstock mais après le 9 août, la fête était déjà finie.

Donc la belle époque fut très courte: trois mois ! Bien sûr, je ne parle pas des autres événements de l’actualité politique.
Easy Rider fut notre pamphlet pour dire: “Laissez-nous vivre comme l’on veut". La réponse criminelle a été orchestrée en plus par un abruti qui se prenait pour un Dylan inconnu.
Peter Fonda, Dennis Hopper et Jack Nicholson sont des héros qui renvoient aussi à l’amitié prônée dans les films de John Cassavetes.
Peter Fonda et Dennis Hopper ont coécrit le scénario avec un autre ami (Terry Southern).
Dennis Hopper fut le metteur en scène (Prix de la 1ere meilleur œuvre, au Festival de Cannes 1969). Peter Fonda, le producteur.
Je me revois dans un avion, au milieu des années 1970. Un vol Paris-Nice.
Dès mon arrivée à Orly, j’ai vu Dennis Hopper avec Henri Langlois, le créateur de la Cinémathèque. Je ne les quittais pas des yeux.
Au cours du voyage, j’étais à quelques rangées d’eux.
Moi, à gauche de l’allée. Eux, à droite.
Henri Langlois, en raison de sa forte corpulence, occupé deux fauteuils, avec les accoudoirs centraux baissés.
Dennis Hopper était sur le fauteuil juste derrière l’homme en veste noir.
Pendant tout le voyage, sauf au décollage et à l’atterrissage, Dennis Hopper resta collé au fauteuil de Langlois pour lui parler au-dessus de l’épaule.
Ils riaient souvent.
Dennis Hopper, tout en Lewis, chapeau de cuir avec une plume, était en totale admiration devant celui qui a sauvé tant de chefs d’œuvre de l’oubli.
Inoubliable. Je ne leur ai bien sûr pas dit un mot. Cela n’aurait servi à rien.

[Post dédié au cycliste italien Felice Gimondi (1942-2019]

Permalink 06:06:11, Catégories: LE GYM E BASTA, ANTI-FOOTBALL  

Les Niçois sont interdits à Nîmes !

Avant, pendant et après le match Nîmes-Nice aucun Niçois ne doit se trouver dans l’ancien fief du mythique Kader Firoud. Une écharpe du Gym autour du cou suffira à faire arrêter le porteur de ce bout de tissu marquant son attachement à Nice. A Nîmes, une écharpe aux couleurs du Gym troublerait le désordre public.

Samedi 17 août 2019
2e journée de L1 2019/2020
Nîmes-OGCNice

Le 9 août 2019, l’OGC Nice a fait part de son mécontentement d’un arrêté préfectoral interdisant aux Niçois le déplacement à Nîmes. Depuis, le Ministère de l’Intérieur en a remis une couche dans une décision officielle:

-"Le samedi 17 août 2019, de zéro heure à minuit, le déplacement individuel ou collectif, par tout moyen, de toute personne se prévalant de la qualité de supporter du club de l’OGC Nice, ou se comportant comme tel, est interdit entre les communes du département des Alpes-Maritimes, d’une part, et la commune de Nîmes (Gard), d’autre part".

Dommage qu’ils n’aient pas mieux surveillé ma chère Promenade des Anglais, cet atroce soir où vous et moi aurions pu mourir sur le sol de ma ville natale. C’est plus facile d’agiter la matraque devant des passionnés de football, cela donne l’impression que l’on s’occupe bien de la sécurité du peuple. Vivement que le club soit dirigé par notre puissant propriétaire anglais. En démocratie totalitaire, plus vous avez de l’argent, plus on vous respecte.

Les Aiglons n’ont donc pas le droit de jouer devant des Niçois, à l’extérieur. C’est un gros désavantage au coup d’envoi. Patrick Vieira a déclaré qu’il faut que Nice se comporte bien dans ce match pour ramener quelque chose aux fans, et même plus :“Nous avons envie d’aller chercher cette victoire pour eux". Un fait certain, on agit avec Nice comme si Nice n’était pas une ville française. On traite les Niçois en pestiférés.

Résultat:
Nîmes 1-2 OGCNice
Buts pour les Crocodiles: Ripart (45e, s.p.)
Buts pour les Aiglons: Cyprien (10e, s.p.), Ganago (16e)

Nîmes Olympique : Bernardoni - Alakouch, Briançon ©, Martinez, Miguel - Valdivia (Sarr 58e), Valls (Philippoteaux 79e), Bobichon - Ferhat, Ripart, Duljevic (Stojanovski 68e)

OGC Nice : Clémentia - Burner, Herelle, Dante ©, Coly - Tameze, Cyprien, Lees-Melou - Ganago (Thuram 83e), Lusamba (Cissé 76e), Sacko (Pelmard 52e)

Après la clôture de la 2e journée de L1, Nice est coleader.

16.08.19

La recluse. Le mystère Brigitte Bardot, Michel Goujon (Plon)

Brigitte Bardot parle de Marilyn Monroe. Un jour, elles ont été présentes dans une même pièce. Instant mythique. Brigitte Bardot a eu la force et l’intelligence de s’extirper des griffes de la gloire. Son équivalente américaine, elle, a été victime du vedettariat. Dans la condition féminine, B.B. est au-dessus de Simone de Beauvoir, car la comédienne ne portait pas de masques. En 2019, Brigitte Bardot est un monument vivant de la France. Il y a elle, puis tout de suite après, Delon et Belmondo. Brigitte Bardot est le plus beau synonyme de Liberté.

Ceux qui ne connaissent pas B.B. vont apprendre à la connaître dans le livre de Michel Goujon qui dresse le portrait qu’il convient : celui d’une icône mondiale. B.B est aussi célèbre que le général de Gaulle. Elle a un caractère bien trempé très apprécié par l’ancien président de la République- je parle de l’auteur de l’Appel du 18 juin 1940 bien sûr, pas d’un autre - qui l’avait invité à l’Elysée où il avait remarqué qu’elle était venue habillée en militaire ou tout comme. Les médias ont souvent présenté B.B. comme une ravissante idiote. Ils confondaient ce qu’elle avait joué à ses débuts avec la femme qu’elle était. Ensuite, la presse a opposé Brigitte Bardot à Jeanne Moreau. Grosso modo : l’intello contre la shampouineuse. Ils se sont mis le doigt dans l’œil. B.B. n’est pas moins intelligente que la comédienne qui joua avec Welles ou Buñuel. B.B. était la cible numéro 1. Les femmes voulaient lui ressembler, et celles qui ne pouvaient être dans la même catégorie la haïssaient de toutes leurs forces animées par une jalousie féroce. Les hommes ? Ils la voulaient pour maîtresse.
B.B. était le réceptacle de tous les fantasmes. On comprend que cela l’épuisait. Les producteurs misaient sur elle car elle remplissait les salles. La presse faisait des unes sur elle car elle faisait vendre. Après avoir atteint le sommet de la notoriété, elle s’est retirée du cinéma pour ne plus jamais y revenir. Une femme de parole. Elle entame ensuite son combat pour les animaux. Sur le tournage de son dernier film, elle sympathise avec quelqu’un qui a un mouton (ou une chèvre, je ne sais plus) et celui-ci : «A la fin du tournage, venez. On le (ou la) fait à la broche ! » Trop, c’est trop.
Brigitte Bardot a plus fait pour la condition féminine que Simone de Beauvoir. L’actrice ne portait pas de masques. Elle prouvait qu’elle n’était du tout un objet sexuel. On voyait bien qu’elle portait la culotte et envoyait balader son partenaire à la moindre entourloupe alors que l’écrivaine - comme ils disent- consommait de la chair fraiche féminine puis servait de rabatteuse auprès de son Jean-Sol Partre avant d’aller roucouler dans les bras de Nelson Algren. B.B dit qu’elle apprécie la …Marine Nationale ? On n’est pas obligé de partager tous ses avis qu’elle assume dans un pays où la langue de bois est la langue nationale. Des Sainte-Beuve discount la dézinguent dans des postures de bouffons. Il faut aussi rappeler que Beauvoir a travaillé à Radio-Vichy sous l’Occupation nazie. Pas de quoi se vanter, il est vrai.
Le parcours de B.B devrait faire réfléchir les candidats à la gloire qu’elle a refusée. Une manière de se sauver quand on voit la fin tragique de Marilyn Monroe et de tant d’autres. Grâce Kelly a dit bye-bye au cinéma mais elle est restée dans la lumière à Monaco sur le rocher princier. Garbo s’est sauvée aussi. Dietrich également. Avec B.B cela fait quatre recluses. Sauf que Bardot reste proche des gens : elle a mis dans la lumière le couturier Jean Bouquin et le guitariste Manitas de Plata. On dit qu’elle a rendu populaire Saint-Tropez. Erreur, l’Histoire désigne Colette. Dans les années 1920, l’écrivain - et non pas écrivaine- venait à Saint-Tropez en voiture avec Emmanuel Berl pour y faire sensation sur le port. C’est donc Colette qui a mis Saint-Tropez sur la carte de France. Colette et B.B se sont rencontrées. Le livre de Michel Goujon raconte et décrypte la scène. Et beaucoup d’autres. A lire pour apprendre, ou à lire pour le plaisir de revivre les Trente Glorieuses dont B.B est une figure de proue et sans doute LA figure de proue. C’est toute une époque : le soir de leur nuit de noces, B.B et Roger Vadim ont fait lit à part. Le papa de B.B a dit au jeune marié : le mariage a été prononcé mais il ne prend effet que le lendemain. Mazette !

-La recluse. Le mystère Brigitte Bardot, Michel Goujon. Plon, 430 p. , 21 €

15.08.19

Permalink 07:21:15, Catégories: FORZA ITALIA !, LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Correspondance (1945-1959), Albert Camus & Nicola Chiaromonte (Gallimard)

Non, les enfants d’Albert Camus ne raclent pas les fonds de tiroir pour faire tourner la caisse enregistreuse. Tout ce qui parait de leur père post-mortem sert sa mémoire, même son courrier du cœur qui n’a rien à voir avec les lettres au style gnangnan de François Mitterrand avec la mère de sa fille. Moi qui pensait l’inspiratrice de la Pyramide du Louvre au-dessus de la mêlée médiatique, quelle déception de subir son côté Paul Géraldy dont le seul talent était d’être lecteur de Georges Navel. (Le pire est à venir : celles de celui-qui-nomma-un-escroc- ministre-de-l’intérieur destinées à la version féminine d’Assurancetourix, le barde inaudible). Camus est un écrivain, lui. Mitterand, non, même s’il reste un fin lettré à côté de ses successeurs élyséens qui courent les librairies comme les laides de nuit de la Madeleine cherchent des clients. Il ne faut pas confondre la serviette de jadis avec les torchons d’aujourd’hui. Mitterrand rêvait d’être un écrivain mais il a choisi le pouvoir. Un constat flagrant : cela en dit long sur notre époque quand on voit des politicards avec une chanteuse ou une actrice- même si on est très loin des authentiques personnalités de la dimension de Véronique Samson et de Gena Rowlands. Tout est dit. Revenons à Camus qui a consacré sa vie à la littérature : roman, essais, théâtre. Un talent considérable. Lui n’a pas écrit : Camus à Eurodisney, Camus en scooter, Camus sous la pluie pour faire franchouillard, Camus prend le TGV pour faire croire qu’il ne prend pas l’avion, Camus sort avec une actrice de sixième zone, Camus met des talonnettes… Lui s’est pressé le citron. A écrit comme on joue à la roulette russe.
Pour continuer sur la différence entre lui et les imposteurs, écoutez ça : en février 1947, Camus n’avait pas de table chez lui ! Oui, aucune table pour manger ou écrire. Rien de rien. Incroyable ! Il n’était vraiment pas bricoleur car il lui suffisait de trouver une vieille porte (ou des planches de chantier), puis de la poser sur des caisses en bois de bouteilles de vin, par exemple. Camus n’avait pas l’esprit débrouillard à la Boris Vian qui était aussi un manuel, comme Marcel Pagnol. Donc Camus n’avait pas de table : c’est dire son niveau de vie matérielle quand on songe à ceux qui vivent toute leur vie aux crochets de la République, retraite comprise, avec gardes du corps en plus.
Dans le nouveau livre de correspondance, des lettres de Camus disent son désarroi devant la «débâcle nerveuse spectaculaire» de sa femme Francine. Souffrait-elle des autres liens que Camus entretenait avec d’autres femmes ? Il n’a jamais abandonné sa femme, délaissé oui. Je pense à Philippe Soupault qui m’a dit : «Ré a pardonné, mais pas oublié»… Ré, sa troisième épouse, de son côté m’a dit : «Quand on est avec un poète, il faut le laisser totalement libre». Francine avait-elle autant de capacité à fermer les yeux que Ré ? Camus culpabilisait : il ne pouvait pas écrire quand sa femme souffrait. Dans une fiction à la télé, le scénariste fait dire à Francine : «Quoi tu vas écrire sur l’amour mais qu’est-ce que tu y connais en amour !» Après l’absurde, le suicide, la révolte, Camus voulait s’attaquer à l’amour. Catherine Camus, la fille du couple, a fini par laisser publier la correspondance Camus-Casarès car elle sait que cela ne détruit pas l’union Camus-Francine. D’autres lettres avec d’autres femmes dames dorment au fond de certains tiroirs. On n’est pas sûr de toutes les lire.
Celles envoyées à Nicola Chiromonte sont sur l’amitié, l’amourtié pourrait-on dire ? Les deux amis qui se connaissent depuis le début des années 1941 sont très attentifs l’un vis-à-vis de l’autre et Camus ne joue jamais au grand homme face au fan. On le sait depuis qu’on a connu ses liens avec Michel Vinaver, un autre de ses correspondants préférés avec Louis Guilloux. Dans sa correspondance avec l’Italien, Camus parle beaucoup de la situation politique, lui l’ancien communiste éphémère déçu par les tortures des soviétiques sanguinaires.
Camus était un solitaire solidaire pas que dans ses livres. Dans la vie, il a donné l’hospitalité à Chiromonte qui n’a jamais oublié la fraternité de l’auteur de L’Etranger. Il lui demandait des livres que Camus lui envoyait toujours dès qu’il le pouvait. Une très belle amitié avec la littérature en toile de fond. Apprendre qu’il n’avait pas de table reste l’information la plus importante du livre. A méditer, encore et encore.

-Correspondance (1945-1959), Albert Camus & Nicola Chiaromonte. Edition établie, présentée et annotée par Samantha Novello. Gallimard, 233 p., 22 €.

14.08.19

Telenovela Neymar «Kadarshian» : parti pour rester (?), il fallait l’opérer pour le guérir et non pas le soigner

Lors de sa seconde grave blessure, au début de 2019, Neymar se blesse tout seul. C’est dire la fragilité de sa cheville. Comme en plus, elles sont enflées par son manque d’humilité, imaginez les dégâts. Le souvenir que j’ai de Puskas est plus grand que tous les matchs à venir de Neymar dont le football est à celui de Di Stefano ce que les chansons de Grand Corps Malade sont à celles de Jacques Brel. D’un côté l’éphémère, l’air du temps, de l’autre l’universalité, l’authenticité. Le talent contre la mode. Neymar est un joueur Copacabana comme il y en a tant au Brésil. Il sait jongler mais rien à voir avec la grâce technique de Gerson, Tostao et Rivelino. Ne parlons pas de Pelé, on ne compare pas une mobylette avec une Bonneville ! D’aucuns voudraient le voir capitaine du PSG. Un capitaine c’est Dante: un joueur capable de s’élever dans les airs, au cours des arrêts de jeu, afin de donner un grand coup de casque pour faire gagner l’OGCNice. Le jour où Neymar fait ça, les poules auront des dents au sein des favelas. Neymar n’a fait qu’un grand match: Barça-PSG (6-1) en 8e retour de C1, le 3 mars 2017. A part ça, rien. Ou trois dribbles pour des gens qui confondent ballon et football.

Neymar ce n’est pas le pied ! Ce n’est pas le pied, et il ne sait plus sur quel pied danser. Il risque à présent de jouer comme un pied. On n’en finirait plus et cela lui fait une belle jambe, tatouée bien sûr. Tout l’été, son nom a occupé le PAF. C’est bon signe : cela voulait dire qu’il n’y avait rien dans l’actualité. D’aucuns disent que c’est très bien que le public l’a insulté lors de la première journée de championnat au Parc des Princes, ainsi on a parlé de la L1 et du PSG dans le monde entier. L’éthique n’existe plus. Seul domine le “dieu argent", selon le mot de Leconte de lisle.
Allons à l’essentiel : Neymar n’a jamais voulu venir au PSG. Comme il est plus doué qu’intelligent, il a avalé la pilule : «Tu verras le niveau est si faible en France que tu vas pouvoir gagner la C1 et le Ballon d’or». Il y a cru alors que la C1 n’a rien à voir avec la L1… C’était sans compter sur les défenseurs. Il a été blessé, genre Payet qui charge C. Ronaldo en finale de l’Euro.
Accumulant blessure sur blessure : il ne joue plus et ne peut plus jouer. Il a été même été blessé lors de Brésil-Qatar par un joueur du Qatar, son employeur ! Et en Chine, il a été blessé à l’entraînement ! Neymar n’est plus qu’un joueur en porcelaine.
En hiver 2018, fissure du 5e métatarsien. Les médecins brésiliens des Auriverde décident du protocole pour l’opération.
Le 23 janvier 2019, il se blesse- tout seul en se tordant le pied- à nouveau dans la même région du pied. Le professeur Gérard Saillant, de renommée mondiale, et le docteur Eric Rolland(PSG) estiment que Neymar a mal été opéré par les médecins brésiliens qui lui ont mis une vis trop courte lors de l’ostéosynthèse, c’est-à-dire le raccordement de deux petits os.
Les médecins français étaient favorables à une seconde opération pour retirer la vis et regreffer. Indisponibilité du joueur ? Six mois. Sans cette deuxième opération pour rectifier la bévue, la rechute est inévitable.
Si Neymar avait été réopéré selon le vœu du protocole français, il serait actuellement en état de rejouer. Comme ce ne fut pas le cas, l’épée de Damoclès est sur lui. Au moindre contact rugueux, il va quitter de nouveau le terrain, claudiquant.
L’autre facteur très important est son désert affectif : il vit loin de son fils, et c’est un célibataire qui a du mal à se projeter dans une nouvelle rencontre car ce n’est plus qu’une marionnette médiatique. L’homme n’est plus perceptible.
Il est obligé de changer d’air, pour se reconstruire loin de Bougival, sa cage avec des barreaux dorés. S’il reste à Paris, il va devoir marquer 3 buts par match pour faire oublier qu’il préfère le Barça au PSG. Et s’il ne dit pas qu’il voudrait aussi jouer au Real Madrid - si Barcelone renonce à lui- ce n’est que pour ne pas heurter les Socios catalans.
S’il part au Real Madrid, Zidane va devoir avaler une couleuvre.
S’il retourne au Barça, il y a embouteillage en attaque.
S’il reste au PSG, il sera souvent à l’infirmerie.

13.08.19

Permalink 05:44:40, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

La Muraille de Chine, Christian Bobin (Les éditions Lettres Vives)

Christian Bobin au temps où il avait une moustache. Aujourd’hui, il l’a rasée alors qu’elle est redevenue à la mode. Ce n’est pas un écrivain rasoir, rassurez-vous. Bobin ne fuit pas le PAF, il fait simplement les émissions où l’on peut entendre la voix qu’il y a dans ses livres. C’est la catharsis du monde de l’édition qui fait tapis rouge à des imposteurs de la République qui après avoir berné les lecteurs dans les isoloirs, les bernent dans les librairies, et sans vaseline en plus. Pour riposter, j’aurai pu titrer: Bobin des Bois.

Au début des années 1990, j’ai demandé à Christian Bobin s’il comptait encore publier aux Lettres Vives alors qu’il publiait aussi chez Gallimard. Il m’avait assuré qu’il ne voyait pas pourquoi abandonner un éditeur qui avait édité son sixième livre en 1986 (Le Huitième Jour de la semaine). Trente-trois ans plus tard, il honore sa fidélité envers les Lettres Vives avec La Muraille de Chine, dans la collection dirigée par Claire Tiévant, cofondatrice des Lettres Vives en 1981 avec Michel Camus (1929-2003) qui serait enchanté par cette constance. Je me revois chez Michel Camus, dans son agréable appartement au parquet grinçant, face à face avec Pierre Bettencourt que j’interviewais. Michel Camus demanda au peintre-écrivain si tout se passait bien. Bettencourt tout heureux se mit à crier à mon sujet : «Fabuleux ! Ce n’est pas un journaliste !» Un sacré bon compliment : cela voulait dire que j’avais lu tous ses livres, et que je ne posais pas des questions débiles. Je me revois aussi avec Christian Bobin, chez Gallimard, pour une interview dans une pièce sans fenêtre qui donnait un aspect interrogatoire de police. On en était loin, mais ces conditions favorisaient le tête-tête, la concentration. Peut-être ne faudrait-il voir quelqu’un qu’une seule fois, pour se souvenir de tout ?
Si vous voulez partager un moment avec un véritable écrivain, procurez-vous La Muraille de Chine. Cette muraille n’est autre que le langage. Bobin est un écrivain qui se bat avec le langage pour trouver le bon mot au bon moment.
Ce livre s’inscrit à la suite de ceux de son œuvre qui tournent autour de la littérature au sens strict du terme. C’est quoi ? Elle sert à quoi ? Comment dire ce qu’on ne sait pas encore ce que l’on va dire ? Ainsi de suite. La magie littéraire est partout, dans le dit et le non-dit. Il ne faut pas avoir peur de ce genre de livre qui est un vrai cadeau pour le lecteur qui s’y retrouve car bien sûr quand un écrivain parle de lui, il parle de nous. Ce livre devrait être en tête car les trois C de Bobin (cerveau, cœur, corps) cherchent à atteindre une sérénité partagée avec autrui, son semblable, donc le lecteur.
Il ne publie que l’eau de roche de sa poésie. Tout coule de source. Nulle trace de besogne. Il est même au-delà de l’aphorisme qui cherche trop à synthétiser. Bobin accumule les instants de grâce comme le chercheur de cèpes déposent sa récolte sur une table. Pas de forfanterie. Simplement un partage. Des esprits intoxiqués par le parisianisme se moquent de lui parce qu’il n’a pas besoin d’arpenter les couloirs de France Télévisions ou ceux de Radio France pour exister. Bobin n’a jamais fait le trottoir du PAF. Un soir, Daniel Pennac a profité de sa notoriété pour la mettre au profit de Christian Bobin: l’effet de sympathie a fait boule de neige. Parfait ! En définitive, mieux vaut avoir une audience que le grand public comme on dit. On ne juge personne sur la quantité.
Page 10 : «Ecrire à la main devient tellement rare que cela prend le poids d’une prière».
Page 11 : «Je n’ai aucun âge».
Page 12 : «Regarde les fleurs».
Page 20 : «J’aurais voulu vivre et écrire comme un nuage».
Vous prenez une pincée de Thoreau, un zeste de Lucrèce, avec un trait de Pessoa mélangé a un peu de sirop de Giono et vous avez du Bobin bien frappé.
Le 18 septembre 2019 sera disponible un cahier de l’Herne consacré à Christian Bobin, sous la direction de Claire Tiévant et Lydie Dattas, dans lequel je figure par le biais d’un article (Saint Bobin, priez pour nous) publié dans Globe-Hebdo, il y a un quart de siècle. Il reparait tel quel. Sans changer une virgule. Je reste lecteur de Bobin. Pas besoin de le voir. Il met le meilleur de lui dans ses textes, la plus belle des politesses. Il pourrait être romancier mais il préfère le récit pour y déposer sa confrontation permanente avec les mots. Il compose des Notre Frère.
Les lecteurs de Bobin sont sans doute les meilleurs de France. Je dis cela en hommage à Marguerite Duras et à Zouc. Un soir, mon ami Zouc me place à côté de l’écrivain pour me faire plaisir. Zouc rodait son spectacle à Levallois-Perret, rien qu’un soir. Pas une seule affiche placardée dans la ville. C’était complet ! Nous étions dans les années 1980. Duras m’a dit : «Zouc a le meilleur public de France». C’était vrai. Elle a écrit ensuite un article en une du Monde. Le public de Brassens, Brel, Devos. Ce public orphelin est désormais sous la fenêtre de Bobin comme jadis les lecteurs de Victor Hugo venaient fêter l’anniversaire de leur écrivain préféré. On attend qu’il ouvre les persiennes. Pour apercevoir sa lumière. La nôtre, qu’on n’arrive plus à voir. Trop occupé par le superflu.

-La Muraille de Chine, Christian Bobin. Les éditions Lettres Vives/ Collection entre 4 yeux, 60 p., 13 €.

12.08.19

Permalink 06:26:07, Catégories: ANTI-FOOTBALL, GOOOOL DO BRASIL !  

Ouvrard rend hommage à Neymar

Neymar, 1ere vedette, et non champion, créée de toutes pièces par les réseaux sociaux. C’est Martine à la plage: Neymar à son anniversaire, Neymar et son sponsor, Neymar et son père, Neymar et sa blessure… En réalité, il ne joue jamais. C’est Guy Debord illustré à la lettre: le football marketing. Le football est devenu comme le monde de l’édition: plein feux sur Alexandre Jardin et rien sur Christian Bobin. Tout sur Neymar et rien sur Bernado Silva.

Neymar se sert du football plus qu’il ne le sert.
Après 10 ans de carrière, il s’essouffle.
Il a quitté Barcelone pour Paris alors que tous les joueurs rêvent du contraire !
Il croyait venir gagner la C1 et le Ballon d’or en France.
Le football n’aime pas que l’on se moque de lui.
Le football est plus fort que les joueurs.
Neymar n’est qu’un produit marketing des réseaux sociaux. Une mode.
Rien à voir avec la classe d’un Pelé, Di Stefano, Puskas, Cruyff ou Maradona, des serviteur du jeu.
Neymar n’est peut-être fait que pour jouer dans un très grand club: Barcelone ou le Real Madrid.
Des joueurs n’arrivent pas à passer de Lorient à Arsenal.
Neymar, lui, n’arrive peut-être pas à passer du Barça à Paris. C’est possible car il doit se dire qu’il joue en France dans un Barça Canada Dry. C’est la seule circonstance atténuante que je lui trouve.
A l’heure qu’il est sa cheville est endolorie car mal soignée. Un coup dessus et il est au tapis. Les défenseurs ne vont pas le manquer.
Lors de PSG-Nimes, le 11 août 2019, il ne s’est pas déplacé pour voir le match au Parc des Princes où l’on a vu de la part des Ultras cette banderole: “NEYMAR CASSE TOI”
Leonardo, l’excellent directeur sportif du PSG - qui a lancé le projet parisien du QATAR- ne veut pas que Neymar joue alors que le joueur n’est pas fixé sur son sort.
La force de Neymar c’est de créer de la fantaisie inattendue. Le problème c’est qu’il ne joue plus. Son physique est plus que jamais lié à son mental. C’est en plus, un célibataire qui affiche un visage complétement fermé. Il ne vit que dans sa bulle. Encore enveloppé par le cordon ombilical, au risque de l’étouffement.
Il est complexé par rapport à Ronaldo et Messi qui eux jouent dans des institutions du football.
Neymar touche 100 000 € tous les jours depuis l’été 2017. Un poids si énorme qu’il ne peut plus courir.
Si le Real Madrid est prêt à l’accueillir contre une somme + trois joueurs dont Gareth Bale il faut vite accompagner Neymar à Roissy ou Orly.
Etant Brésilien, il peut passer du Barça au Real sans problème. Un transfert dans ce sens ou dans l’autre impensable pour Messi et Ronaldo.
Le pire est peut-être à venir: Neymar, instransférable parce que trop cher, reste au PSG. Au niveau marketing c’est très bien pour les Chinois qui hurlent devant lui comme jadis on hurlait devant Patrick Bruel. Il faut bien que jeunesse ignorante se passe. Neymar, donc, revient, et paf! il se blesse à nouveau dans un contact anodin.

Permalink 06:02:10, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Dictionnaire amoureux de Joseph Kessel, Olivier Weber (Plon)

La voix de Kessel, son style dans sa veine journalistique.

Un bon gros pavé.
L’un des plus épais volumes de la collection.
Disons 300 entrées à première vue.
C’est trop.
Disons, un livre pour un étudiant qui voudrait en savoir plus, ignorant tout de Jef. Un livre grand public, sauf que le grand public préfère les émissions débiles de la télé et donc n’ouvrira jamais ce livre.
Loin de l’élitisme, Kessel impose la simplicité, la ligne directe.
Pour ceux qui le connaissent déjà, ils retrouveront l’essentiel et le superflu.
Kessel (1898-1979) était un homme sur lequel on pouvait compter, pas un lâche comme les Lettres françaises en regorge surtout sous l’Occupation nazie. Ce n’est pas lui qui aurait vendu son âme pour avoir un poste sous Vichy quand régnaient les pires patriotes.
Aviateur pendant la Première Guerre mondiale, Résistant pendant la Seconde, il rejoint le général de Gaulle qui lui demande d’écrire un hymne et cela donnera Le chant des Partisans écrit avec son neveu Maurice Druon.
Grand reporter, parcourant le monde pour dire ce qu’il a vu, il est une icône du journalisme d’avant la télévision. Il a trempé sa plume dans la plaie, selon le souhait d’Albert Londres. Il regarde et ne montre jamais.
L’écrivain ? Une suite de grands livres:
L’Equipage (1923), Belle de Jour (1928), les Cœurs purs (1934), L’Armée des ombres (1943), Le Lion (1958), Les Cavaliers (1967), entre autres. Qui peut aligner autant de grands livres ?
Il a aussi œuvré pour le cinéma, toujours avec talent.
Kessel reste un phare aux milieux des minables de sa génération.
Il est devenu académicien, en 1962, par esprit de vengeance: sous Pétain, ce n’était qu’un mauvais français parce qu’il était Juif; sous de Gaulle, la France lui ouvre grand les bras.
Le Russe né en Argentine avait le culte de l’amitié que l’on peut retrouver dans son livre sur Mermoz (1939).
Trop porté sur la boisson - sa femme aussi- il a donné son témoignage dans Les alcooliques anonymes 1960.
Louis Nucéra le considérait comme son père spirituel.
La mort de Kessel fut l’un des clous du cercueil de Louis Nucéra, “un cœur pur” comme l’appelait Jef.

-Dictionnaire amoureux de Joseph Kessel, Olivier Weber. Plon, 1075 p., 28 €

11.08.19

Permalink 20:03:54, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR, LONDON CITY  

Les Red Devils écrasent 4-0 Chelsea. La renaissance des enfants de Sir Ferguson ou illusion d'optique?

Dimanche 11 août 2019
1ere journée de Premier League
Manchester United 4-0 Chelsea
Les buts de MU: Rashford (18e pen), 67e) Martial (65e), James (81e).

Manchester United: De Gea ©; Wan-Bissaka, Lindelof, Maguire, Shaw; McTominay, Pogba; Lingard (Mata 86e), Andreas (James 73e), Rashford (Greenwood 86e); Martial.
Sur le banc: Romero, Young, Tuanzebe, Matic.
Manager: Solskjaer

Chelsea: Kepa; Azpilicueta ©, Christiansen, Zouma, Emerson; Kovacic, Jorginho (Kante 73e); Mount, Barkley (Pulisic 58e), Pedro; Abraham (Giroud 66e).
Manager: Lampard

Le début du match a été poussif mais MU a joué comme à l’extérieur. Solide en défense et vif en attaque, comme au bon vieux temps des années 1993-2013. Vingt ans de paradis terrestre.
Le premier match du coach Lampard dans sa maison mère a été malchanceux: 2 frappes sur les montants.
MU a fait de gros progrès en défense: exit Smalling, exit Jones. Deux boulets laissés par Sir Ferguson qui n’avait pas toujours le choix sûr. Ces deux joueurs sont surcotés depuis des années. En un seul match Maguire s’est installé dans la défense avec l’ADN d’un Red Devil. Fier, courageux et jamais peureux. Pogba a été maladroit dans les premières mi-temps puis s’est très bien repris, rayonnant dans la récupération et les relais décisifs. Devant trois bolides.
La victoire 4-0 redonne le moral aux fans des Red Devils.
L’encadrement de MU avec des hommes de Sir Ferguson a remis le temple au centre d’Old Trafford dans l’esprit du club si cher à Matt Busby, le guide spirituel: des tauliers plus des jeunes.

Permalink 06:44:19, Catégories: BARCA ES MES QUE UN CLUB, GRAND MONSIEUR  

Le récital de Dembélé-Suarez-Griezmann contre Naples, 4-0

Samedi 10 août 2019
Ann Arbor, Michigan (USA): 60 043 spectateurs
Coupe Liga-Serie A
Barcelone 4-0 Naples
Buts pour le Barça: Suarez (48e, 58e), Griezmann (56e), Dembélé (63e)

Antoine Griezmann a attendu son 5e match avec le Barça pour marquer son 1er but avec le FC Barcelone. Avant qu’il y parvienne, on a vu que Suarez s’est appliqué à toujours bien le servir pour qu’il ouvre son compteur. Ces deux-là s’entendent bien. Suarez n’est aussi qu’un Diego Costa (son ex partenaire de l’Atletico Madrid) dix fois plus fort: même grinta, mais plus technique. Griezmann irradiait de joie: c’est l’anti Neymar par excellence. Griezmann s’est considérablement amélioré tandis que Neymar s’est dégradé.
Barcelone a joué sans Messi.
On a vu un trio de feu: Dembélé, Suarez et Griezmann. Deux Français. Cela fait plaisir.
On imagine les ravages de ce trident avec Messi en soutien.
Les deux favoris pour la C1 sont: Barcelone et Man City.
Les outsiders: Liverpool et la Juventus Turin.
Le mal-barré: le Real Madrid.
PSG: le club parisien qui avait misé toute sa communication sur Neymar fait machine à arrière à tel point que même France Football n’a pas mis Neymar sur sa une du numéro spécial pour 2019-2020. Cela sent la poudre d’escampette. Zidane va-t-il enrôler Neymar car il n’a plus de star ? Hazard a-t-il déjà implosé sous la pression ? Il est arrivé enrobé comme un loukoum ou un soufflé au fromage. Quelle déception ! Le Belge a besoin de vite se ressaisir sinon sa réputation de joueur pour petits clubs va s’installer. Alors Zidane a-t-il besoin d’un gros coup médiatique avec la venue de Neymar ? La vérité est ailleurs: non opéré, Neymar a un pied très fragile. Il suffit de le charger sévèrement pour l’envoyer à l’infirmerie. Tous les joueurs le savent. Au lieu d’aller se faire soigner au Brésil, il aurait dû rester en France comme l’avait fait Ronaldo 1er, son aîné. Neymar est très mal conseillé. Il n’est plus qu’un homme-sandwich pour réseaux sociaux. En quittant le Barça il a tout perdu. Comme si un titre de L1 pouvait le rendre heureux. Les 100 000 € qu’il amasse chaque jour depuis deux saisons pèsent tant qu’il n’avance plus. Ce n’est plus qu’une tire-lire pour ceux qui profitent de lui.

10.08.19

Permalink 08:31:55, Catégories: ANTI-FOOTBALL  

La nouvelle saison football est lancée. La VAR met le ballon en vedette, avant les joueurs

A quoi cela sert-il que les Bavarois humilie 23-0 le FC Rottach-Egern, sélection régionale de joueurs amateurs. Corentin Tolisso a marqué un quadruplé en moins de cinq minutes. Il aurait dû en garder pour la C1. On a vu aussi les Français Lucas Hernandez et Benjamin Pavard, en défense. Tous ces joueurs peuvent dire merci à Deschamps qui les rendus internationaux. Dans un genre opposé au Bayern, Nice a encaissé 14 buts en deux matchs amicaux. Dure préparation. En plus, le meilleur niçois, le gardien Benitez, s’est blessé à l’entraînement à cause d’un exercice qu’on lui a imposé alors qu’il ne le pratique jamais.

Vendredi 9 août 2019
Match amical: Bayern Munich 23-0 FC Rottach-Egern
1er match de L1: Monaco 0-3 Lyon
Reprise en Premier League: West Ham 0-5 Manchester City

La nouvelle saison de football démarre non sans avoir de nouveau enregistré une surenchère astronomique dans le transfert des joueurs. On a vu des défenseurs se vendre à 80 M€, tel Lucas Hernandez (de l’Atletico Madrid au Bayern Munich), incroyable de voir ça. Et que dire d’Harry Maguire, un défenseur à plus de 90 M€ acheté à Leicester par Manchester United : quelle folie ! Si Cruyff était en activité, il faudrait l’évaluer à 100 milliards d’euros. L’argent règne plus que jamais : si Dijon avait 530 M€ de budget, il serait à la place du PSG leader financier de la L1.
On a vu Nicolas Pépé quitter Lille pour Arsenal, contre 80 M€ ! Là encore rien ne dit que l’attaquant va bien s’exprimer à Londres dans un club qui ne gagne plus jamais le championnat. Les Gunners sont les spécialistes pour casser les carrières : feu Reyes, Chamakh, Arshavin, Ozil, la liste est longue.
Cette intersaison, on a vu s’intensifier la mode des joueurs qui méprisent leur employeur : Neymar (PSG), Koscielny (Arsenal), Pogba (Manchester United), tous ont voulu partir ailleurs. Neymar et le PSG c’est je t’aime moi non plus. La saison n’est pas commencé que Neymar s’est déjà blessé à l’entraînement en Chine. Quel boulet ! Pour lui la L1 c’est juste un bac à sable. Koscielny, lui, a réussi à atterrir à Bordeaux, acceptable maison de retraite pour l’international qui souhaitait que la France perde la Coupe du Monde 2018 parce que blessé il n’a pas pu y participer. Belle mentalité ! Celui qui était dans les petits papiers de François Pas-Bas est un grand spécialiste des cartons rouges et des buts contre son camp. Bordeaux est ravi de sa venue. Les propriétaires américains sont vraiment ignares en football. Koscielny s’est fait étriller par de vieilles gloires anglo-saxonnes qui accusent l’ex capitaine des Gunners de n’avoir pas la reconnaissance du ventre.
Autre incongruité: Zidane ne veut plus de Gareth Bale au Real Madrid. Sans doute une façon de le remercier de lui avoir permis de gagner la C1 2018, grâce un doublé d’anthologie. Tant de clubs rêverait d’avoir Bale. Ne pas le placer au rang de Ronaldo et Messi, d’accord. De là à nier ses qualités explosives ! Pourtant le Real brille par son manque d’explosivité.
La L1 a tout juste repris que la VAR a encore fait des siennes lors de Monaco 0-3 Lyon. Fabregas a été renvoyé aux vestiaires car la VAR a montré et remontré un geste pas orthodoxe de l’Espagnol sur un Monégasque. Cela a changé la physionomie du match. On a vu aussi l’arbitre donner un carton jaune à un remplaçant de l’ASM qui n’était pas d’accord avec ce qu’il voyait. On va vers une saison démente : la VAR et les arbitres ont pris le pouvoir. Les joueurs passent en second. L’arbitre c’est désormais le ballon ! En Angleterre, lors de West Ham 0-2 Man City, le 0-3 a été refusé par la VAR, après la mi-temps, alors que le but de G. Jesus était intervenu après une superbe combinaison collective. Tout ça pour un hors-jeu d’un millimètre. L’esprit du but était évident. Platini avait raison: la VAR est un ennemi du jeu. Le football a perdu de sa fraîcheur car la VAR c’est à la tête du client. J’étais partisan de la vidéo mais pas dans à condition d’être juste. Il y a des situations que ne sont pas analysées ! Cela ne change rien: City et Guardiola sont des as même si la VAR a cassé temporairement son euphorie. Les Citizens ont été dégoûté par la VAR avant d’en bénéficier pour un penalty à retirer. Résultat West Hem 0-5 City ! West Ham ? Une équipe de touristes. Pauvre Chicharito, il n’a rien trouvé d’autres que cette équipe de has been. A propos des coachs, notons que Wenger et Mourinho sont toujours sans club… Des chômeurs de luxe. Mourinho vient de se faire engager par Sky Sports pour balancer quelques punchlines car c’est un as pour manipuler les médias à sa guise. Platini a dit jadis: “Les joueurs passent mais les journalistes restent". Aujourd’hui c’est le contraire: les journalistes sont en voie de disparition dévorés par les consultants (ex joueurs, parfois très médiocres, et coachs dont personne ne veut).
La L1 est la moins intéressante Ligue des grands championnats dominés par l’Angleterre qui chaque dimanche a de grandes affiches grâce à plusieurs grosses écuries : Man City, Chelsea, Liverpool, Tottenham, et désormais à des degrés moindres Man United et Arsenal. La série A se maintient par le biais de la Juventus Turin (Ronaldo), l’Inter Milan, Naples et aussi AC Milan, Torino, l’AS Rome… L’Allemagne vit en autarcie avec deux gros clubs : le Bayern Munich et le Borussia Dortmund entraîné par le grand Lucien Favre qui fit des miracle à l’OGCNice. L’Espagne a trois phrases : Barcelone (Messi, Griezmann), le Real Madrid (Zidane coach) et l’Atletico Madrid. Face à tous ces clubs mythiques, le PSG est bien seul en France. Lyon cherche la 2e place rien de plus. Les autres (Marseille et Lille) ne peuvent pas gagner ni faire deuxième, à moins d’un miracle. Nice doit attendre le carnet de chèques du nouveau Boss. La gestion de Marseille est catastrophique : on enlève le brassard de capitaine à Mandada pour le donner à Payet puis on fait la reculade pour revenir à la case départ. On donne un salaire royal à Payet qui n’est qu’un centreur. Payet- tant mieux pour lui- gagne 500 ou 600 000 euros par mois selon les sources. Quelle aubaine ! On devrait payer les joueurs comme les pigistes. Au match joué ! Et au rendement atteint. On verrait des attitudes bien plus positives que ces visages fermés, butés, bornés, suffisants, hautains, prétentieux, méprisants.

Dernière minute:
Nice 2-1 Amiens. Dante a donné la victoire à Nice dans les arrêts de jeu grâce à un coup de boule rageur. Un coup de casque !
Marseille 0-2 Reims. Peuchère ! Déjà une défaite à domicile. Ce qui s’appelle de la continuité dans le changement.

Permalink 07:56:44, Catégories: LITS ET RATURES  

Diaboliques. Sept femmes sous l’Occupation, Cédric Meletta (Robert Laffont)

Docteur ès sujets que personne ne traite, Cédric Meletta, après des livres sur Jean Luchaire et Rubirosa, nous donne encore un ouvrage que lui seul pouvait écrire. Son esprit débusqueur aime s’attaquer à des sujets inédits : cette fois, il nous radiographie sept curriculum vitae de fieffées garces dont on ne soupçonnait même pas l’existence, même pour un lecteur de Patrick Modiano qui s’y connaît pour mettre dans la lumière les zones d’ombre de spécimen hors normes. Par charité pour leur descendance, je ne donne pas les patronymes de ces dames. Leur nom propre est trop sale pour être donné en pâture sur le net. Pour cibler le gros de cette brochette de femmes peu recommandables, je les définis par le fond de leur abjecte personnalité : une mafieuse du plus bel acabit, une collabo plus sadique qu’un nazi patenté, la vicieuse grenouille de bénitiers, la sainte-nitouche qui alimente la machine antisémite, la voleuse-receleuse picturale, la milicienne qui dit être mandatée par le Seigneur (Saigneur ?) pour «balancer» les Résistants, et une débauchée qui trouve un débouché dans l’Occupation car vendre son âme ce n’est rien pour quelqu’une qui avait l’habitude de vendre son intimité en tapinant dans les rues de Toulouse pendant les années 30. Ces malfaisantes ont pour la plupart eu la fin qu’elles méritaient. Certaines ont été condamnées et d’autres ont été liquidées par la manière forte. A l’épuration de rue, les juges expéditifs ont tondu celles qui avait «fauté» avec un «Schleu» alors imaginez le traitement réservé à la gente féminine qui avait réservé ses faveurs à l’Allemagne nazie. Toutes ces diablesses n’ont rien à voir avec Lacombe Lucien car le personnage modianesque, porté à l’écran par Louis Malle, est devenu crapule à cause des circonstances. Ces dernières, elles, ont basculé sciemment dans la délinquance patriotique, morale. N’est pas Arletty qui veut ! Pour une Arletty combien de décérébrées. Inutile de vous dire qu’aucune association féminine ne va attaquer Cédric Meletta. Il n’y aura pas de #femmes collabos à sauver. L’Historien à la plume de romancier n’est pas un misogyne qui a masqué les circonstances atténuantes. Il faut être Sherlock Holmes pour en trouver. Parmi les mauvaises françaises, l’une d’elles- qui inspira jadis Modiano dans La Ronde de nuit- s’en est mieux tirée que les autres : condamnée aux travaux forcés à perpétuité, elle a été libéré par des militaires avant Noël 1953, sous condition de déguerpir du sol français qu’elle avait arpenté en long en large dans les rues chaudes. Elle a trouvé d’autres trottoirs ailleurs.

-Diaboliques. Sept femmes sous l’Occupation, Cédric Meletta. Robert Laffont, 225 p., 20 €.

09.08.19

Permalink 07:59:53, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Douze grands petits livres : Perros (NRF), Plath (la nonpareille), Thoreau (le mot et le reste), Lucère (Folio), Kaminski-Céline (Allia), Diderot (Folio), Nietzsche (Rivages), Hugo-Louise Michel (Mercure de France), Montaigne-Woolf (Le Festin)...

L’insoumis authentique écrivain Georges Perros trouvait absurde que des gens viennent en vacances en Bretagne pour dire: “Ce doit être merveilleux de vivre ici…” avant de retourner à Paris.

-Poèmes bleus, Georges Perros. Poésie/ Gallimard, 117 p., 7, 40 €. Il écrivait parce que personne ne l’écoutait. Un ami de chevet.

-Mary Ventura & le neuvième royaume, Sylvia Plath. Traduit de l’anglais (USA) par Anouk Neuhoff. La nonpareille/ Table Ronde, 45 p. , 5 €. Un voyage en train d’une banalité infernale.

-La succession des arbres en forêt, Henry D. Thoreau. Traduction de Nicole Mallet. Edition de Michel Granger. Le mot et le reste, 77 p., 3 €. Celui qui voulait délibérément être pauvre était un pionnier de l’écologie concrète, loin de la la politique politi…chienne.

-Le paradis a reconquérir, Henry D. Thoreau. Traduction de Nicole Mallet. Edition de Michel Granger. Le mot et le reste, 92 p., 3 €. L’utopiste voulait voir des jardins construits sur des radeaux. Et il insiste pour que l’on utilise la force des marées. Original sur toute la ligne.

-L’esprit et l’âme se tiennent étroitement unis, Lucrèce. Traduit du latin par Alfred Ernout. Folio/ Sagesses, 87 p., 3, 50 €. Notre âme. Avant nous, elle n’existe pas. Après nous, elle n’existe plus. Sauf dans l’esprit de ceux qui nous ont connus ou dans les œuvres d’art des plus doués.

-Céline en chemise brune, Hans-Erich Kaminski. Allia, 90 p., 7 €. Livre culte sur le führer de Meudon.

-Regrets sur ma vieille robe de chambre, et autres textes, Denis Diderot. Folio/ Sagesses, 104 p., 3, 50 €. Pour tester sa dextérité, il écrivait la nuit dans le noir absolu, pour se surprendre le matin.

-Hymne à l’amitié, Friedrich Nietzsche. Préface de Guillaume Métayer. Traduit par Nicolas Waques. Rivages/ Petite Bibliothèque, 123 p., 8, 50 €. Il était contre tout contre l’amitié.

-Lettres à Victor Hugo (1850-1879), Louise Michel. Edition Xavière Gauthier. Mercure de France, 90 p., 5, 80 €. Lettre, pas le néant, d’une admiratrice absolue. Comme on la comprend.

-Montaigne, âme libre, Virginia Woolf. Traduit de l’anglais par Catherine Delavallade. Le Festin, 50 p., 6, 20 €. Dialogues à travers la littérature de deux esprits lumineux.

-Van Gogh, le suicidé de la société, Antonin Artaud. Allia, 80 p., 6, 50 €. Chef d’œuvre sur un génie de la peinture par un génie des mots.

-Nouvelles en trois lignes, Félix Fénéon. Libretto/ Phébus, 152 p., 8 ,10 €. La rubrique des chiens écrasés rédigée par Cioran.

08.08.19

Chroniques d’Arts et Spectacles (1954-1958), par François Truffaut (Gallimard)

Les chroniques de Truffaut s’arrêtent en 1958. L’année suivante, il est récompensé à Cannes, lauréat du Prix de la mise en scène pour Les 400 coups. Membre du jury, Jean Cocteau a œuvré et manœuvré pour Truffaut en qualité de président d’honneur, auprès de Marcel Achard, président. Les écrivains ont mis le Festival Cannes à la mode, de Cocteau à Pagnol. En ce temps-là, les écrivains étaient respectés. Pas comme aujourd’hui: il suffit de voir les ventes des deux anciens locataires de l’Elysée qui courent les librairies pour faire tant de mal à la littérature avec des bouquins bas de gamme: ni construction, ni âme, rien de rien. Si eux sont des écrivains, je n’en suis pas !

La publication des critiques de films signées François Truffaut permet de saluer un journaliste totalement oublié. Entre 1953 et 1959, André Parinaud (1924-2006) a codirigée une revue mythique La Parisienne, avec Jacques Laurent. C’était l’espace de liberté des Hussards (Blondin, Nimier, Déon…) et de leurs devanciers (Morand, Chardonne, Aymé, Berl…) Les Hussards n’avaient pas peur de faire appel à d’anciens collabos pour se différencier de Sartre et d’Aragon qui eux se positionnaient dans le camp des bons, mais c’est vite dit car sous les apparences… André Parinaud a été aussi, de 1959 à 1967, le rédacteur de l’hebdomadaire non moins mythique Arts, lui aussi un temple des Hussards et des cinéastes de la «Nouvelle vague», expression inventée par Françoise Giroud. Arts fut fondé par le galeriste Georges Wildenstein, en 1952 qui vendit le journal à Jacques Laurent, en 1954, qui gagnait bien sa vie avec Caroline Chérie écrit sous le pseudonyme Cecil Saint-Laurent. J’ai rencontré André Parinaud, en 1994, quand il a publié une biographie d’Apollinaire. Il m’a reçu chez lui qui était un vrai musée d’Art moderne. Il m’a dit qu’il faisait appel à des personnalités- selon les vœux de Jacques Laurent- qui avaient toutes un regard différent et qu’il les laissait s’exprimer exactement comme ils le souhaitaient, évitant surtout de donner une autre ligne de conduite précise, pour se démarquer des concurrents bornés dans leurs certitudes. François Truffaut a travaillé un peu pour La Parisienne et beaucoup pour Arts dont on retrouve les chroniques dans le livre qui vient de paraître chez Gallimard. Cet ensemble renvoie au Films de ma vie (Flammarion, 1975) On retrouve la dent très dure du futur cinéaste, qu’il était déjà puisqu’il avait réalisé deux films au format court-métrage, Une visite (1954) et Les Mistons (1957) au sein duquel la jeunesse éclatante de Bernadette Lafont crève l’écran. Truffaut excelle dans ses exercices de détestation. Sur Claude Autant-Lara, il atténuera ensuite ses propos de dégoût quand il tomba sous le charme de La Traversée de Paris (1956). Il est évident qu’il dézinguait les cinéastes en place pour mieux leur prendre la place ensuite avec la bande des Cahiers du Cinéma. Parfois, il accuse des metteurs en scène d’emprunter à d’autres sans les citer alors que lui-même a utilisé le début d’un roman de Raymond Guérin pour le lire en voix off en ouverture de La Femme d’à-côté. Il s’agit de La peau dure (1952), titre piqué par la suite par une journaliste. Nous vivons une époque où le plagiat prend le dessus sur l’original car un mort ne peut pas se défendre. Concernant Truffaut, l’influence de Guérin est évidente si l’on se réfère à son titre de film La peau douce… qui est le contraire de La Peau dure (1948), livre de Guérin. Truffaut avait le même rabatteur de chefs-d’œuvre oubliés que moi: André Bugnard, librairie à Montmartre. Cet homme considérable, ancien élève de Charles Dullin, était l’âme du versant montmartrois de la rue des Norvins là où habita Mac Jacob. Je m’y suis promené avec Edmond Jabès qui me disait avoir été plus influencé par Jacob que par Apollinaire, autre habitant prestigieux du petit arpent du bon Dieu comme disait Pierre Mac Orlan.
Pour revenir au livre des chroniques de Truffaut on se rend vite compte que trois phares éclairaient ses nuits de cinéphile : Jean Renoir, Sacha Guitry- dont il découvrit le cinéma à 13 ans par le biais du Roman d’un tricheur- et Max Ophuls. Bernard Bastide expose la nappe phréatique de l’univers de Truffaut, avec maestria. Sa démonstration vire au tapis rouge de la montée de marches, à Cannes, sauf qu’ici, en haut il y a la sensibilité de Truffaut et non pas trois actrices issues du mannequinat ou de la météo de C+. Bonjour la formation ! Plus canapé-lit que Louis Jouvet au Conservatoire, n’en déplaise à #monculsurlacommode. Dans son carquois, Truffaut a des flèches empoisonnées à la haine du cinéma qui cherche à faire pleurer dans les chaumières comme celui de Jean Delannoy qu’il démonte avec un malin plaisir.
Ses goûts sont éclectiques dès lors qu’il sent de la sincérité : il salue l’audace de Roger Vadim qui libère l’image de la femme en faisait la part belle aux éléments dans Et Dieu créa la femme ; il est sensible à l’univers trappiste de Robert Bresson dans Un condamné à mort s’est échappé. Au niveau étranger, il écarte Vittorio de Sica jugé trop mielleux, à l’inverse de Fellini dont il apprécié la fougue et l’exubérance, et d’Hitchcock, Lang, Hawks, Preminger, Walsh, N. Ray, Fuller, Welles et Aldrich.
Son éreintement des films de divertissement dits grand public fait sourire. Par des effets de manche, il s’attaque à des films sans prétention hormis celle de faire rire. Flinguer Le Triporteur avec Darry Cowl, de Jack (sic) Pinoteau cela revient à anéantir un numéro de clowns de cirque à dimension familiale. Il y a d’autres films à critiquer sévèrement, surtout les prétentieux – comme ceux qu’il a eu la chance de ne pas voir et qui de nos jours défendent la France à Cannes, toujours les mêmes signés par des Cassavetes discount. Et que dire du traitement de Michel Audiard traité comme un moins que rien. D’après le dictateur du goût : «Les dialogues d’Audiard dépassent en vulgarité ce que l’on peut écrire de plus bas dans le genre (…) Triple mépris du cinéma, des personnages du film et du public en général ». Tout ça est grotesque. Il y a plusieurs cinémas comme plusieurs littératures. Si je compare les films de Truffaut à ceux d’Hitchcock, il ne pèse pas lourd le cinéma du Français. L’important c’est le talent : dans des genres différents Truffaut et Audiard en avait beaucoup. Les coups de griffes de Truffaut ne font plus mal du tout. Il reste à sa place- celle d’un grand cinéaste- mais Audiard n’est pas un ringard avec ses dialogues dans la veine rabelaisienne nouvelle tendance. Truffaut n’avait pas toujours des paroles d’Evangile. Il prêchait pour sa paroisse.
Truffaut ne laisse pas leur chance à ceux dont le cinéma l’exaspère : «Je n’aimerai jamais un film de Delannoy, j’aimerai toujours un film de Renoir». Pourquoi pas ? Cependant, il faut laisser la possibilité à quelqu’un de faire mieux que ce qu’il a déjà fait. Et puis, on ne tire pas sur une ambulance dès lors qu’on l’a désignée ainsi. Chez Truffaut, il s’agit plutôt d’une visée sur corbillard. D’une manière générale, on sent que le critique n’en peut plus de ne pas dire ce qu’il a à dire caméra à la pogne. Ce qui est amusant c’est que le beau-père de Truffaut s’est porté caution financière aux débuts cinématographiques de son gendre. A la fois producteur et distributeur Ignace Morgenstern distribua des films de Delannoy… Le cinéaste détesté par Truffaut a dit : «J’ai donc contribué à favoriser les débuts de mon adversaire le plus acharné». Pas faux. Il m’arrive de regarder des films de Delannoy, je ne suis pas né pour être intelligent. Certes, je suis plus proche du cinéaste de La chambre verte, l’un de mes films de chevet. Ce film-là Truffaut l’a tourné pour moi, du sur mesure ! Quand un proche meurt, mieux vaut voir ce film qu’aller perdre son temps au cimetière, lieu où repose des cadavres mais aucun mort ! Au concours de la vie, Jean Delannoy a gagné: 1908-2008; François Truffaut (1932-1984). 100 ans contre 52 !

-Chroniques d’Arts et Spectacles (1954-1958) ,François Truffaut. Textes réunis et présentés par Bernard Bastide. Gallimard, 525 p., 24 €

Mort du cinéaste niçois Jean-Pierre Mocky (1933-2019)

Un drôle de Paroissien (1963), de Jean-Pierre Mocky. Le cinéaste faisait tourner Bourvil, Francis Blanche, Jean Tissier… Tous lui faisaient un prix d’amis.

Jean-Pierre Mocky était une tornade humaine.
Bouillonnant sur les tournages.
D’aucuns le trouvaient vulgaire, ou pire grossier.
C’était un provocateur de première, un rebelle, un marginal du système.
Il devait se battre contre des montagnes pour ses montages financiers.
Il a fait des nanars et de superbes films: Solo (1970), L’Albatros (1971), A mort l’arbitre (1983)… Après je l’ai un peu perdu de vue mais je ne ratais jamais une occasion de le voir à la télévision. Ce grand showman savait créer le scandale.
Il mérite le respect pour son parcours atypique.
Il aimait les acteurs, les grands, les vrais.
Serrault l’adorait. C’est un titre de gloire.
Son cinéma underground restera.
Mocky me faisait rire avec ses coups de gueule que je ne prenais pas au sérieux.
Ce n’était pas un cinéaste comme Fellini.
Lui avait besoin de tourner de manière boulimique. Il filmait à brouillon ouvert. Il faut y débusquer les moments de grâce.
J’ai un attachement spécial qui me lie à lui: nous sommes Niçois et en plus il a passé son enfance là où j’ai passé la mienne: au Mont-Boron. Une affinité géographique.
Il marchait droit et ne courbait pas l’échine.

07.08.19

Permalink 06:22:35, Catégories: LITS ET RATURES, GRANDE DAME, HENDRIXEMENT  

Révolution in the head. Les enregistrements des Beatles et les sixties, Ian Macdonald (Le mot et le reste)

Chaque chanson des Beatles semble écrite demain. Ils sont toujours en avance et le restent. Leur sonorité est indémodable. Leurs voix éternellement jeunes. Il y a les Beatles, et puis tous les autres.

Indispensable livre sur les Beatles, une nouvelle fois chez Le mot et le reste, cet éditeur désormais parmi les leaders des livres sur la musique. A se procurer sans hésitation. Il contient la genèse de toutes les chansons des Quatre garçons dans le vent. La date de leur composition et qui a fait quoi. La plupart sont signées Lennon-McCartney même quand elle n’est que de l’un ou l’autre. Ils ont toujours associé leur nom respectif alors que George Harrison en a signé quelques-unes (toutes magnifiques, aussi) de son seul patronyme.
Quand j’écoute n’importe quelle chanson des Beatles, je me projette dans les années 1960. J’ai été en osmose totale avec eux sans connaître un seul mot d’anglais, ou si peu. Ils me parlaient quand même. Un mélange de musique, d’attitude, de joie, d’intelligence. Ils me touchaient autant par la musique que par les textes. Je saisissais la rythmique de leur langage. L’auteur Ian MacDonald (1948-2003) révèle que Lennon ne partageait pas toujours le point de vue de McCartney. John ne voulait écrire que sur sa propre expérience, à partir du «je» alors que Paul aimait plus raconter une histoire. John disait qu’on atteignait l’universel par le biais de sa sincérité. Paul objectait qu’un sens général touchait plus de public. C’est ainsi qu’ils étaient complémentaires. Ils n’avaient pas peur des mots : le terme génie leur convient. Ils ont la grâce d’écriture. Harrison aussi. Ringo Starr, le batteur, lui a mis son génie dans sa vie mais il a aussi beaucoup de talent. Il faut aussi parler de leur producteur (George Martin) et de leur manager (Brian Epstein), deux pièces essentielles dans l’histoire du groupe mythique, celui du Scarabée.
Les Beatles se sont séparés deux ans après la mort de leur manager c’est dire son importance dans la cohésion. Les Beatles ne sont restés ensemble qu’une décennie, celle des années 1960. Ils ont influencé la jeunesse du monde entier. Ce n’était pas des produits même s’ils en sont devenus un, et le plus important, performant comme personne avant eux. Dès que leurs nouvelles chansons étaient chez les disquaires, elles se vendaient comme des petits pains. Ils avaient une imagination débordante, une inventivité musicale jamais entendue auparavant. Leurs albums font office de Pléiade. Leurs chansons phares correspondent à L’Etranger de Camus ou à Guerre et Paix de Tolstoï. Les Beatles avaient de l’humour. Ils communiquaient de la gaieté. Les Rolling Stones faisaient plus voyous. En définitif, les Beatles fut un groupe météore alors que les Stones donnent encore des concerts. Ian MacDonald les compare à «Stravinsky, Picasso et Miles Davis». A juste titre : nouveauté, remise en question permanente. A la fin du livre, on trouve un cahiers avec la reproduction des pochettes qui avaient une autre tenue que celles des CD qui brillent par leur banalité. On apprend aussi que l’auteur de cette Bible- Lennon serait content que j’utilise ce terme…- oui l’auteur s’est suicidé en août 2003 suite à des dépressions récurrentes. La dernière et donc la fatale serait survenue après les attentats du 11 septembre 2001. Comme quoi l’onde choc du terrorisme va au-delà de la cible visée et atteinte. Philippe Soupault avait sur l’abat-jour de son bureau un post-it où sa femme Ré nota : «Relativiser toutes les angoisses». Tout le monde n’y parvient pas.

-Révolution in the head. Les enregistrements des Beatles et les sixties, Ian Macdonald. Traduction d’Aymeric Leroy. Le mot et le reste, 608 p., 24 ,90 €

A lire aussi: Et les Beatles montèrent au ciel, Valentine del Moral (Le mot et le reste)Pour l’instant l’un des meilleurs livres de l’année. Je l’ai déjà chroniqué. Voir dans “rechercher", si vous voulez.

[Post dédié à Bjorg Lambrecht (1997-2019), jeune champion cycliste belge qui s’apprêtait à réaliser une immense carrière chez les professionnels. Il est mort après sa chute dans le Tour de Pologne, lundi 5 août 2019. Très solide sur les Classiques, il avait aussi été 2e du Tour de l’Avenir 2017, derrière Egan Bernal. Le vélo est plus dangereux que la F1.]

06.08.19

Permalink 08:15:11, Catégories: LITS ET RATURES  

Simone de Beauvoir, France-Bloch-Sérazin et Violette Morris.

L’égérie du féminisme, Simone de Beauvoir, bénéficie d’une mansuétude à couper le souffle. Ses thuriféraires la regardent avec des œillères. Ils ne prennent pas en considération toute sa personnalité. Comme si l’on jugeait Céline selon son versant socialo-pacifiste ou son versant antisémite vociférant. On fait passer Beauvoir et Sartre comme des héros de la Résistance alors que le Castor a travaillé à Radio-Vichy et que Jean-Sol Partre a pris la place d’un professeur licencié parce qu’il était Juif. Sartre a aussi toléré qu’on présente Les Mouches- sa pièce- en pleine Occupation quand il était obligé de n’avoir aucun Juif dans le spectacle, avec en plus les premiers rangs réservés aux occupants. La véritable résistante s’appelle France Bloch-Sérazin (1913-1943),chimiste renommée engagée communiste, comme nous le prouve Alain Quella-Villéger. A moins de 30 ans, elle a été arrêtée par la milice vichyste et guillotinée par les nazis à Hambourg. Mariée à Frédo Sérazin, lui aussi «mort pour la France», elle était la fille de l’écrivain Jean-Richard Bloch. Alors qui sont les vrais résistants ?
Le duo Beauvoir-Sartre prônait la liberté sexuelle, pourquoi pas. Hélas ! ils ne disaient pas que le Castor était bi-sexuelle. A partir des années 1930, elle couchait avec des étudiantes qu’elle lançait ensuite dans le lit de son maître à penser. Pas joli joli tout ça. Des ex jeunes filles ont témoigné. Il y a la correspondance des deux jouisseurs sans entraves, et pourtant toutes ces parties de jambes en l’air passent à l’as dans nombre de biographies. Le Castor a même été condamné par l’éducation nationale pour usage déplacé de son autorité auprès d’étudiantes. Les disciples de l’association d’“intellectuels” rétorquent : en 1943, c’était la justice de Vichy… Pour une fois qu’elle faisait bien son travail ! Le bouquet – presque le Bousquet- c’est quand le Castor a eu sa liaison avec Nelson Algren. Dans cette relation, la féministe déclarée était au niveau de la chanson : «Mon homme à moi». L’amoureuse vibrait avec l’Américain, corporellement. Avec Sartre, c’était au niveau du cerveau bien que cerveau-corps soient liés. Vous me permettrez de lui préférer Madame Evelyne Sullerot qui a plus fait pour le féminisme qu’un régiment de Beauvoir. Il est incroyable de voir toujours des livres servir la soupe des icônes préfabriquées sans jamais dire qu’il s’agit de grands bourgeois qui ont construit leur statue afin que leurs fans les époussettent après la mort des vedettes des bistrots chics. Sartre nous a quand même donné Les Mots, son chef d’œuvre. Sinon, son côté tous ceux qui ne sont pas des communistes sont des «chiens» ce n’est pas fameux. Il y a communiste et communiste. Waouf ! Waouf ! Au lieu de donner des leçons à la terre entière, Mme Sullerot a cofondé le Planning familiale, œuvré pour la libre contraception, agi en faveur de la légalisation de l’IVG, créé Retravailler pour les mères de famille quand les enfants s’en vont, épauler SOS Papa. Une vie au service des autres.
Connaissez-vous Violette Morris (1893-1944) ? Sportive de haut niveau, noctambule parisienne et figure du music-hall, elle a aussi été amoureuse de Joséphine Baker, entre autres conquêtes, en marge de ses grandes rencontres comme celle avec Jean Cocteau. Inclassable, elle incarne la rébellion contre une époque pleine de préjugés. Violée quand elle est jeune-fille, elle pense tuer son agresseur. Elle vit sa bisexualité dans une liberté absolue et ne peut pas être une «femme poupée» gibier. Elle se moque que dans son dos on l’a dit «bloc de muscles inesthétiques». On l’a décrit «hommasse». Femme libre, elle dérange au point qu’on n’accepte pas qu’elle porte des pantalons. La pionnière fait de l’athlétisme, de la moto, de la voiture et de la boxe. Elle fume beaucoup pour revendiquer sa propension à égaler les hommes, voire à les dépasser. La vie de Violette Morris bascule quand elle choisit l’Allemagne nazie contre la France parce qu’elle estime que son pays la maltraite, ne la considère pas comme une grande championne éclectique, lui refuse sa façon de vivre. Devenue collaboratrice active, elle aurait torturé des Résistants avec un vice inégalable. De féministe à la pointe de la société, elle devient un personnage abjecte. Une vraie décadence. Elle fut tuée par la Résistance mais tout ne se déroula pas comme prévu puisque deux enfants furent aussi tués. Le problème c’est que les archives la concernant sont vides comme le souligne l’historienne Marie-Josèphe Bonnet qui recommande toutes les précautions quand on associe Morris à la Gestapo. A-t-elle vraiment été aussi immonde pendant la Seconde Guerre mondiale, elle qui fut exemplaire pendant la Première dans un rôle d’estafette ?

-France Bloch-Sérazin, une femme en résistance (1913—1943), Alain Quelle-Villéger. Des Femmes/ Antoinette Fouque, 296 p., 18 €

-Simone de Beauvoir, Eric Touya de Marenne. Que sais-je ? 128 p. , 9 €

-Femme qui court, Gérard de Cortanze. Albin Michel, 410 p., 22, 90 €

-Sartre (1905-1980), Annie Cohen-Solal. Folio/ Essais, 960 p., 14, 20 €

05.08.19

Permalink 07:48:19, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Roger Marche, une légende ardennaise, un mythe du sport français (Marc Barreaud/ L'Harmattan).

Roger Marche, le défenseur longtemps recordman des sélections (63)a marqué son unique but en équipe de France lors de son dernier match international, à Colombes, le 17 décembre 1959, France 4-3 Espagne.

Un tel livre en Angleterre ferait l’événement, parce que les Anglais ne font pas de hiérarchie entre un grand médecin, un grand chanteur, un grand pâtissier et un grand sportif. J’étais à Manchester, le jour de la mort de Bobby Moore. Pendant la semaine qui a suivi la disparition du capitaine de l’équipe aux Trois Lions championne du Monde 1966, tout le pays ne parlait plus que du disparu. Un deuil national. Impensable en France, sauf pour raison commerciale. L’Angleterre sait rendre hommage aux anciens qui ont bien servi le pays et surtout donné du plaisir au peuple. Ce fut le cas de Roger Marche (1924-1997), l’équivalent français de Moore, le titre mondial en moins. Antoine Bonifaci m’a confié que lorsqu’il fut appelé en équipe de France quand il avait 20 ans, il se plaça dans le vestiaire à côté de Roger Marche qui fut ému de voir une photo de lui collée dans le couvercle de la valise du néo international de l’OGCNice. Roger Marche est une icône du football français, recordman des sélections (63 avec 1 but marqué lors de ses adieux), entre 1955 et 1983, battu par Marius Trésor qui fit ce qu’avait fait Marche quand il dépassa Etienne Mattler. Ces trois grands cracks furent des défenseurs mythiques. (Aucun des trois n’étaient présents dans le récent classement de France Football des joueurs les plus significatifs de la L1. Par contre, il y avait Rool et Baeza, des sécateurs humains rien de plus. J’ai compris leur choix provocateur mais peut-on parler de Gallimard sans citer Camus ?).
En France, on a l’impression qu’il faudrait que BHL écrive un livre sur René Vignal pour que la presse s’intéresse à la biographie d’un joueur hors le terrain. C’est ignorer l’intérêt porté aux sports par Camus, Malaparte, Buzzati, Pasolini, Blondin et Nucéra. Présentement on a vu qu’Echenoz et Toussaint ont offert une séquence sportive à leur œuvre ce qu’ont fait avant eux Mailer et Hureaux, que l’on soit Américain ou Ardennais, l’important est d’écrire avec son cœur et une solide grammaire remixée à sa façon. L’inculture générale- je parle de l’attrait pour l’esprit et non pas le bachotage- fait qu’on oublie que sous l’Antiquité les grands philosophes ne perdaient pas une miette des Jeux Olympiques. Et quand il les relança, fin XIXe siècle, Pierre de Coubertin fit aussi des concours culturels au même titre que les courses d’athlétisme.
L’érudit et jamais pédant Marc Barreaud traite du sport comme s’il écrivait sur Flaubert ou l’art aztèque. Son livre sur Roger Marche est magistralement mené. Voilà un esprit qui condamne tous les sectarismes. Nombre d’intellectuels se désintéressent aux sports car ce qui est populaire les dégoûtent. Ils se promènent avec Libération (surtout celui d’aujourd’hui qui est d’une fadeur extrême) sous le bras sans jamais ouvrir Le Parisien, qu’ils appellent encore Le Parisien Libéré. Marc Barreaud n’est pas de ce bois-là. Lui s’immerge complétement dans le milieu qu’il décrit pour en tirer sa substantifique moelle. Roger Marche fut l’un des plus grands footballeurs de son temps. Il se consacra au football comme un artisan ébéniste ne quitte pas son atelier. Il mit toute son âme dans ce qu’il faisait, voulant être un professionnel irréprochable. Jouer pour l’amour de son métier et non pas pour l’appât du gain. Il était né footballeur comme l’on naît grand ou petit, blond ou brun. Marc Barreaud nous restitue toute une époque, celles des pionniers du football moderne. André Dehaye, l’ancien président du RCP m’a expliqué que pour les prolongations de contrat, il disait à ses joueurs : «Alors, Roger, on prolonge ?», et Marche de répondre : «Oui, président». Autre temps, autres mœurs. Le problème survenait quand l’une des épouses de joueur se pointait au match avec un manteau de fourrure. Les autres dames se mettaient alors à jaser entre elles, ce qui créait la zizanie dans le groupe.
La carrière de Roger Marche a commencé au FC Mohonnais (1935-1940). Il était tellement attaché à sa terre ardennaise qu’il ne la quittait pour ainsi dire pas, par le corps autant que par l’esprit. Etonnant pour un footballeur qui est allé disputer des matchs aussi bien à Rotterdam qu’à Florence ou Zagreb. Tenez-vous bien : afin de rester dans sa famille et de tenir son bar, le joueur s’entraînait chez lui et ne venait au club que les jours de match. Il est l’unique joueur à avoir agi de la sorte. Il faut dire que sa condition physique était la clef de son football. Il s’entraînait plus dans la forêt ardennaise que ses coéquipiers au stade de Colombes. Son irréprochable hygiène de vie contribuait à en faire l’un des plus solides athlètes de Division 1.
L’autre particularité de Roger Marche saute aux yeux : il ne joua jamais à Sedan, le flambeau des clubs de footballeurs-ouvriers, ce qu’il était 5 jours sur 7 avant de devenir un As du jeu. Il était sifflé dans sa région parce qu’il jouait à Reims (1944-1954), l’ennemi héréditaire de Sedan, avant d’être hué à Reims car il avait signé au Racing Club de Paris (1954-1961). En fin de carrière, il devint prophète en son pays, à Charleville (1961-1964) avant de boucler la boucle, à la case de départ, à Mohon (1964-1967). Vainqueur de la Coupe de France 1950 et de deux championnats (1949 et 1953) avec Reims, il a joué en tout 562 matchs en Division 1 (1944-1951). Le livre de Marc Barreaud n’est pas avare en références et statistiques. En fin de volume tous les chiffres sur la carrière du “Sanglier des Ardennes” sont en place pour être décortiqués. Roger Marche a exercé son talent dans un contexte où le football n’était pas gangréné par le «pipole», genre Beckham, Neymar et Rami. En 2019, des joueurs font la une et gagnent des fortunes sans jamais jouer. S’il jouait aujourd’hui, Marche serait à Arsenal ou Liverpool. Peut-être même au Real et au Barça. Il en avait les qualités physiques. Un roc.

-Roger Marche, une légende ardennaise, un mythe du sport français, Marc Barreaud. Préface de Yanny Hureaux. L’Harmattan, 145 p., 16, 50 €

04.08.19

Permalink 18:22:48, Catégories: GRAND MONSIEUR, BEHRA, FANGIO, SENNA & NORTON  

King Hamilton vainqueur en Hongrie file vers un 6e titre mondial

Lewis Hamilton pilote avec le supplément d’âme qu’avaient les grands pilotes des années 1960-1990. Un champion cela ne s’invente pas dans les médias. Il se construit dans la plus farouche des volontés, nuit et jour. On le reconnait à sa façon de bien vivre le présent pendant l’épreuve à gagner: de l’instinct, de l’intelligence, de la grâce.

Dimanche 4 août 2019
Grand Prix de F1 Hongrie

Classement de la course:
1er Hamilton
2e Verstappen
3e Vettel

Classement du meilleur pilote de F1:
1 Lewis Hamilton Mercedes AMG Petronas Motorsport 250 pts
2 Valtteri Bottas Mercedes AMG Petronas Motorsport 188 pts
3 Max Verstappen Aston Martin Red Bull Racing 181 pts
4 Sebastian Vettel Scuderia Ferrari 156 pts
5 Charles Leclerc Scuderia Ferrari 132 pts

A la fin de sa 81e victoire en GP de F1, Hamilton a déclaré:
-"Demain, je boirai un verre au bord d’une plage…”
Voilà la grande classe d’un champion qui n’est pas un usurpateur de la gloire.
Lewis Hamilton a encore conduit comme un champion: il a été 2e toute la course et à attendu la fin pour dépasser Verstappen.
Le crack anglais, quintuple champion du monde, a remporté son 8e Grand Prix de la saison !
Il s’envole vers un 6e titre mondial.
A présent arrive la trêve estivale. Un break nécessaire.
A signaler: Verstappen qui réalise une superbe saison. Un surdoué. On lui donne trois fusains et il devient Leonard de Vinci.
Charles Leclerc, lui, n’a que des miettes, survendu par les médias français qui pensaient que le Monégasque gagnerait le 1er GP de la saison. On en est au 8e est toujours rien. Et il court sur Ferrari qui n’est pas exactement un tacot.
Un grand pilote améliore le rendement de sa voiture, comme le fait Hamilton chez Mercedes depuis des années.
Leclerc est en plein apprentissage. Voilà la vérité.
Les médias français mettent le pilote avant la F1 ! Ils sont aveuglés par leur incompétence.
Ils attendent le nouveau Prost, le nouvel Hinault, le successeur de Noah, le descendant de Jo Maso mais ils récoltent Gasly, Pinot, Tsonga et Chabal.
L’ère des réseaux sociaux donnent surtout des Neymar.
Mbappé doit faire attention de ne pas en devenir un.
Il ne faut pas confondre la fierté de Ronaldo avec la mascarade de Neymar qui “a souri à l’entraînement” (sic) On en est là !

03.08.19

Permalink 16:53:49, Catégories: BEHRA, FANGIO, SENNA & NORTON, CRUYFFEMENT  

Max Verstappen a tout pour devenir le 1er pilote de F1 néerlandais champion du monde

Dimanche 4 août 2019
Grand Prix de F1, Hongrie

Le talent de Max Verstappen est évident.
Il n’y a pas photo entre le jeune néerlandais et son adversaire monégasque Charles Leclerc.
Ferrari s’est mis le doigt dans l’œil. L’écurie au cheval qui se cabre aurait dû recruter Verstappen qui a une conduite offensive digne des plus grands de la Maison Rouge.
La jeunesse, le culot, la façon de forcer le destin de Verstappen, toutes ses qualités crèvent l’écran.
Il est appelé à dominer la F1 dès que Lewis Hamilton aura abdiqué.
En Hongrie, Verstappen a réussi sa première pôle position en F1 de sa carrière.
Sur les 4 derniers GP, il est le meilleur pilote au monde.
Jamais un Néerlandais n’est devenu champion du monde.
Verstappen a tout pour le devenir. Son coéquipier Pierre Gasly sur la même voiture que lui est 6e sur la grille. Et la presse française nous bassine encore et toujours avec le Français et d’une manière générale les Français alors que la beauté sport c’est l’abolition des nationalités. Quand on voit jouer Robert de Niro dit-on qu’il est Américain et qu’on lui préfère alors François Cluzet ?
Je n’ai toujours pas lu une seule interview de Bernal, vainqueur du Tour de France 2019. Incroyable ! Le PAF ne cesse pas d’interviewer Pinot, Gasly et Leclerc. C’est de la com. et pas de l’information. Pas un seul entretien avec Verstappen ! Le culte encore et toujours de la défaite selon le syndrome Poulidor. Au lieu de vanter les qualités de Verstappen, ils écrivent qu’il est “arrogant, plein de morgue, hautain". A la place, je vois: du caractère, de la volonté, de la fierté.
Non, le sport reste une compétition. Que le meilleur gagne. Le plus malin aussi.
Les champions sont Bernal, Federer, Hamilton et en aucun cas Leclerc, Pinot (vélo) et Gasly.
Mbappé ? Il est devenu champion du Monde grâce à la VAR. Il a tout à prouver.
Verstappen ? Il est sur la bonne voie pour être un crack historique au pays de KING CRUYFF.

La grille de départ du GP Hongrie 2019:
1. Max Verstappen - Red Bull-Honda - 1′14′’572
2. Valtteri Bottas - Mercedes - 1′14′’590 - 0′’018
3. Lewis Hamilton - Mercedes - 1′14′’769 - 0′’197
4. Charles Leclerc - Ferrari - 1′15′’043 - 0′’471
5. Sebastian Vettel - Ferrari - 1′15′’071 - 0′’499
6. Pierre Gasly - Red Bull-Honda - 1′15′’450 - 0′’878
7. Lando Norris - McLaren-Renault - 1′15′’800 - 1′’228
8. Carlos Sainz - McLaren-Renault - 1′15′’852 - 1′’280
9. Romain Grosjean - Haas-Ferrari - 1′16′’013 - 1′’441
10. Kimi Räikkönen - Alfa Romeo-Ferrari - 1′16′’041 - 1′’469

Tous les pilotes de F1 champion du monde depuis 1950:
7 titres : Michael Schumacher
5 titres : Juan Manuel Fangio, Lewis Hamilton
4 titres : Alain Prost, Sebastian Vettel
3 titres : Jack Brabham, Niki Lauda, Nelson Piquet, Ayrton Senna, Jackie Stewart
2 titres : Fernando Alonso, Alberto Ascari, Jim Clark, Emerson Fittipaldi, Mika Häkkinen, Graham Hill .
1 titre : Mario Andretti, Jenson Button, Giuseppe Farina, Mike Hawthorn, Damon Hill, Phil Hill, Denny Hulme, James Hunt, Alan Jones, Nigel Mansell, Kimi Räikkönen, Jochen Rindt, Keke Rosberg, Jody Scheckter, John Surtees, Jacques Villeneuve, Nico Rosberg

PS: contrairement à ce que peut le laisser croire certains articles, Hervé Leclerc, ancien pilote de F3 n’est pas mort en course. Il est décédé à 54 ans. Ses fils perpétuent sa passion du pilotage.

Hazard, Rabiot, Griezmann et Pépé doivent recommencer à zéro

Pour son premier match avec la Juve, Adrien Rabiot a fait la bourde qui vous colle à la peau pendant des mois, des années sans doute, s’il ne se reprend pas. Quand on arrive dans un club, et là dans un très grand club, il faut tout remettre à zéro.

Tournoi estival
Juventus Turin 2-3 Tottenham

La planète football s’affole. Le prix des transferts vire à la démence : Lucas Hernandez de l’Atletico Madrid au Bayern Munich contre 80 M€ ! Pour moins de la moitié prix, Pavard a signé aussi en Bavière. Les internationaux français peuvent dire merci à Didier Deschamps. C’est lui qui les a tant bonifiés, question valeur marchande. Merci Dédé ! Il devrait toucher des royalties vu qu’il les a sortis de l’anonymat. La liste est longue dans la démence des transferts. Pépé passe de Lille à Arsenal non sans que les Gunners ne donnent 80 M€ aux Lillois. Le LOSC et Pépé peuvent dire merci quant à eux à Marcello Bielsa qui est allé chercher l’attaquant à Orléans. Souhaitons que le Franco-Ivoirien réussisse aussi bien à Arsenal que Drogba à Chelsea quoique les Gunners ne gagnent jamais rien d’important, avec Emery comme avec Wenger. C’est un club du foot business où le gain des trophées n’est plus important. A Arsenal, on a vu échouer Arshavin, Chamakh et Ozil, avec Wenger. Chamakh, arrivé à grand bruit à Londres, végète à présent à Cardiff. Quel gâchis !
Tous les joueurs qui ont changé de club doivent repartir à zéro sous peine d’échouer. Quand il est arrivé de Monaco à Man United, Evra a libéralement explosé lors de son premier match avec les Red Devils, une vraie toupie ne sachant plus où donner de la tête. Ensuite, il s’est bien repris pour devenir le deuxième français le plus aimé de MU après King Cantona, le dieu vivant des mancuniens rouges et non pas bleus qui le haïssent parce qu’avec lui MU gagnait tout et ne laissait rien aux autres clubs, pas même des miettes. Antoine Griezmann qui passe de l’Atletico Madrid à Barcelone n’arrive pas en terrain conquis d’avance. Il est suffisamment intelligent pour se fondre dans le moule. Il va devoir se mettre au service de Messi comme l’a fait Benzema auprès de Ronaldo au Real Madrid sinon c’est l’échec assuré.
Au Real Madrid, Eden Hazard n’a encore rien prouvé. Il a même des kilos en trop ce qui met en évidence un stress comblé par un phénomène de boulimie estivale. Il va devoir vite se reprendre car les Socios n’ont pas de patience. Arriver dans un grand club c’est un départ, pas une finalité. Par ailleurs, Zidane ne veut plus de Gareth Bale et de James Rodriguez qui sont loin d’être des médiocres. Il souhaite recruter Pogba que MU ne veut pas vendre à moins de 150 M€. Pogba sauveur du Real ? J’en doute. Le Real a un problème de gardien : pourquoi Courtois à la place de Navas ? La vérité c’est que les Madrilènes n’ont plus Ronaldo. Le Portugais portait tout le poids de l’équipe. Avec lui le Real n’a jamais perdu 3-7 contre l’Atletico. Des CR7, il n’y en a qu’un par siècle. Lui s’est adapté tout de suite à la Juventus de Turin. Ce que n’a pas encore réussi à faire Rabiot.
En France, pendant la trêve, le cinéma autour de Neymar est à son comble. Lui se moque éperdument du PSG. Il fait ce qu’il veut. Tout le monde est à ses genoux. On nous fait croire que Leonardo a remis de l’ordre dans la maison. Douce illusion. Neymar a envie de rester au PSG comme moi de vivre dans un Goulag. Maintenant la presse fait un évènement de rien : Neymar s’entraîne, Neymar rit. A quand Neymar rote ? Plus il détruit l’image du PSG plus la presse française l’encense, comme si la mariée trop laide avait peur que son mari se casse avec un autre. Neymar sous-entend, Paris n’est pas assez bien pour moi. Le PAF au lieu de s’en défendre fait tout pour lui donner raison en acceptant ses caprices de Diva mais pas tendance La Callas, plutôt une Casserola. L’intermittent du spectacle, qui en veut pour 100 000 euros par jour ? Personne au monde. Il a fait le casse du siècle au niveau salaire. A quand la prochaine blessure ? Le nœud du problème est là. En refusant l’opération, il n’est plus qu’un candidat à la blessure récurrente. Au moindre contact sur la zone délicate, la rechute est prévue. En Chine, on l’a vu traîner la jambe à la fin d’une séance d’entraînement insignifiante. En Chine, aussi, on l’a vu éviter de saluer Leonardo. Bonjour l’ambiance !

02.08.19

La réunion des Entretiens oubliés d’Hitler (1923-1940)" (Eric Branca/ Perrin) nous apprend que les Américains étaient informés sur les délires du dictateur dès 1923

Né la même année que Chaplin - en 1889- Hitler possédait une copie du Dictateur (1940) qu’il regardait très souvent, riant sans cesse. Ce film confirmait sa notoriété mondiale. Difficile à admettre et pourtant cela se déroula ainsi.

Pour sa gouverne personnelle, Hitler n’a pas cessé d’utiliser la presse démocratique qu’il condamna ensuite car elle devait être toute à son service. Beaucoup de journalistes français lui ont léché les bottes ensanglantées. «Ses yeux sont d’un bleu tendre, d’un bleu innocent que seules possèdent les tout-petits» écrit Robert Chenevier (1896-1975) dans L’Illustration, le 10 décembre 1938. Un regard d’enfant un dictateur qui avait aboli le régime parlementaire ! Hitler dans une interview en 1932 : «Aucune entente n’est possible avec la France (…) quelqu’un qui vous frappe pendant que vous gisez à terre».
Hitler avait à travers la gorge le Traité de Versailles qui a mis l’Allemagne plus bas que terre. Sur les Juifs, en 1931 : «Si les Juifs restent tranquilles, ils seront en sécurité». (Sic) Tous les politiques mentent mais quand il s’agit d’Hitler c’est mille fois pire vu son degré de délire. En 1931, il se permet de dire : «Je n’aime pas donner des interviews, je suis moi-même journaliste». Hormis la presse de propagande, il haïssait la presse. Eric Branca, l’auteur de ce livre très instructif, précise que les Allemandes adoraient Hitler.
La peste hitlérienne était déjà présente en 1923, face au journaliste américain George Viereck : «Nous avons choisi de nous appeler nationaux-socialistes car nous ne sommes pas internationalistes (…) D’abord une base de solidarité raciale. La race et l’état sont pour nous synonymes (…) En finir avec le bolchevisme c’est rendre le pouvoir à 70 millions d’hommes». Dans le même entretien pour The American Monthly, il dit : «Le Juif est destructeur par nature. L’idée d’une existence nationale autonome lui est étrangère. Sa présence dans un Etat moderne est un fervent de décomposition. Ils devront donc être privés de leurs droits (…) Les Juifs ne sont pas Allemands. Ils sont comme un corps étranger dans notre peuple et se manifeste comme tel. Je regarde les Juifs comme je regarde les Japonais (…) Vous comprenez aisément que les Japonais n’aient pas accès à la citoyenneté allemande !» Hitler assimile les Juifs aux alcooliques et aux syphilitiques qu’il veut écarter de la société. Après ce délirant torrent de haine, on ne peut plus dire que les Américains ne pouvaient pas imaginer les ravages à venir orchestrés par Hitler. Cette haine antisémite date de 1923 ! Ce livre est une pièce à convictions de premier plan.

-Les entretiens oubliés d’Hitler (1923-1940), Eric Branca. Perrin, 300 p., 22 €.

01.08.19

Les bons d’entrée (Roth, Dézert, Anne Steiner, Berthet, Virilio, Aragon, Maltère, Teyssier, Pascuito, Caine… ). Et Les bons de sortie !

Jean Ferrat a mis en musique Louis Aragon. Comme quoi Victor Hugo n’avait pas toujours raison.

Les bons d’entrée :

-Pourquoi écrire ?, Philip Roth. Traduit de l’anglais( USA) par Michel et Philippe Jaworski, Josée Kamoun et Lazare Bitoun. Folio/ Gallimard, 640 p., 10, 80 €. Un volume de trois livres sur la cuisine littéraire de l’Américain que le prix Nobel a oublié.

-Les dimanches de Jean Dézert, suivi de L’horizon chimérique, plus des poèmes et contes, Jean de la Ville de Mirmont. Préface de François Mauriac. Petite Vermillon, 240 p., 7, 30 €. Mort au champ d’honneur, l’écrivain était un excellent badaud de lui-même.

-Les En-dehors, Anne Steiner. L’Echappée, 248 p., 19 €. Une galerie d’anarchistes individualistes et illégalistes de la «Belle Epoque ». Il y a du Bonnot dans l’air.

-Simple journée d’été, Frédéric Berthet. Petite Vermillon, 224 p., 8, 10 €. Des nouvelles qui font penser à Françoise Sagan qui passerait ses vacances avec Fitzgerald, en regardant au-dessus de son épaule.

-Vitesse, Paul Virilio. Insep, carnets-nord, 128 p ;, 8, 50 €. Un brillantissime essai sur la vitesse dans le sport. Finira-t-on par faire du surplace à force d’aller vite ?

-La Grande Gaîté, Louis Aragon. Préface de Marie-Thérèse Eychart. Poésie/ Gallimard, 144 p., 7, 40 €. De la marqueterie haut de gamme avec de l’émotion et de la grammaire maternelle.

-Scott et Zelda Fitzgerald, Stéphane Maltère. Folio/ Biographies, 350 p., 9, 50 €. Grandeur et décadence d’un couple mythique. Du pipole plus NRF que Voici ou Gala.

-De Gaulle, 1969, Arnaud Teyssier. Perrin, 304 p., 22 €. L’année où le général comprit que sa page dans l’Histoire de France était tournée. Il a lui-même humecté le doigt de la postérité.

-Les héritiers, Bernard Pascuito. Anne Carrière, 280 p., 19 €. Quand on referme ces radioscopies pointues sur les successions célèbres, on éprouve le besoin de laisser pour unique testament : « Je vous laisse… » Mieux vaut tout claquer avant de claquer.

-Et que les barrières sautent !, Michael Caine. Traduit de l’anglais par Jean-François Gauvry. Baker Street, 320 p., 21 €. Des instants de vie par le superbe acteur british plein de charme cup of tea.

Les bons de sortie :

-Une histoire impossible, Guy Lagache. Grasset 336 p., 19 €. Du Modiano discount.

-Il est grand temps de rallumer les étoiles, Virginie Grimaldi. Le Livre de Poche, 384 p. , 7, 90 €. Des citations d’Apollinaire, Cohen et Gary parrainent le vide créatif dans toute sa banalité.

-C’est tout moi ! Jessica Thivenin. Sous la direction de Queen Influence, svp. 206 p., 17, 90 €. Pour ceux qui cherchent des images à colorier.

-Changer l’eau des fleurs, Valérie Perrin. Le Livre de Poche, 672 p., 8, 90 €. Ça jacasse comme dans un salon de coiffure. Barbant. Rasoir.

-Deux sœurs, David Foenkinos. Gallimard, 176 p., 17 €. Nouvelle love story, nunuche comme il faut pour attirer les lectrices de Femmes Actuelles. Mérite le prix Nous Deux.

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