Mon Poulidor, Jean-Claude Lamy. (Albin Michel)

06.07.19

Permalink 10:45:56, Catégories: LITS ET RATURES, ANQUETILLEMENT  

Mon Poulidor, Jean-Claude Lamy. (Albin Michel)

Poulidor appartient à la grande imagerie populaire de la France.

Dans un récent Festival de livres fait pour que les lecteurs rencontrent les écrivains, Jean-Claude Lamy a vite remarqué la présence de Raymond Poulidor. Ces kermesses littéraires convoquent autant les présentateurs sangsues de la télé que la dernière bimbo à la mode. La littérature y est secondaire. On vend des produits commerciaux, pas des écrivains. C’est la chasse à l’autographe, au selfie qui prouve la fausse amitié. L’apologie de l’idiot-visuel. Si on voit le bon côté des choses, on peut dire que cela permet de vendre des livres, donc c’est bien car cela permet de pouvoir encore lire, sous le manteau, Bove, Calet et Perros. Comme il n’y a pas de Beckett à l’horizon, Jean-Claude Lamy est ému par la présence de Poulidor, une icône des années 1960-1970, cela lui a permis d’entamer sa recherche du temps perdu.
Poulidor lui sert de Boule de cristal. A l’intérieur, il revoit ses parents, sa famille, et surtout son enfance. Il plaque ses souvenirs d’adolescent sur toutes les étapes de la carrière de «Poupou» qui est tout sauf un perdant. Le livre de Jean-Claude Lamy appartient à la lignée des livres qui mélangent le voyage et l’érudition littéraire, dans la lignée de Valery Larbaud, Louis Nucéra et Michel Bernard. Ici la culture n’est pas un gadget comme les interventions de Jean-Paul Ollivier jadis à la télévision qui faisait office de guide touristique comme on place des écouteurs aux oreilles ignorantes qui visitent le Louvre. Jamais pédant, toujours ludique, Jean-Claude Lamy restitue son savoir, ses connaissances. L’édition est si parfaite qu’elle n’a pas besoin de photos inutiles, à part la couverture. En revanche, on trouve en fin de volume un précieux index des noms cités. Jean-Claude n’est pas peu fier d’avoir un lien avec Antoine Blondin qui a évité le jeu de mots sur Lamy… Au obsèques de Blondin, L’ami… avait précisé : «Même l’église était bourrée». Le livre de JCL est un très bel exercice d’admiration cioranesque.

-Mon Poulidor, Jean-Claude Lamy. Albin Michel, 204 p., 18 €

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