Laurel et Hardy, la véritable histoire, Roland Lacourbe (L'Archipel)

28.06.19

Laurel et Hardy, la véritable histoire, Roland Lacourbe (L'Archipel)

Ce qui est merveilleux avec eux, c’est que l’on voit deux amis sur l’écran. Chaplin, Keaton et Tati n’ont jamais réussi cette amitié qui crève l’écran.

Grand amateur du duo comique, Philippe Soupault pensait que Laurel et Hardy n’avaient absolument pas les faveurs de la critique cinématographique parce qu’ils se sont contentés de faire rire sans connotation intellectuelle. A première vue, bien sûr car l’on peut décoder leurs gags, leur comique de situations, de gestes. Leurs textes. D’aucuns vont jusqu’à dire qu’ils étaient misogynes avec tendance homosexuelle. Ceux qui profèrent ça dise la même chose de Tintin et Haddock voire Tintin et Milou !
Les critiques du haut de leurs tribunes préfèrent blablater sur le génie de Chaplin ou de Keaton.
Laurel et Hardy, eux aussi, avaient du génie.
Dans leurs films, Hardy semble mener la manœuvre.
En coulisses, c’était le contraire. Laurel était la tête pensante.
Laurel expliqua le mécanique de leur comique:
1/ Annoncer le gag à venir
2/ Le réaliser
3/ L’expliquer
Dans un de leur nombreux films, on les voit dans un restaurant en train de boire, de boire encore du whisky. Ils sont totalement ivres. Puis tout à coup, ils réalisent que dans les bouteilles il y avait en fait du thé. Il a fallu qu’ils voient le trafic pour désaouler. Génial. Le génie comique est là.
Leur couple était parfait: Stan Laurel, l’Anglais. Oliver Hardy, l’Américain.
Le rictus de pleurnichard de Laurel. Sa tête d’ahuri permanent. Sa façon de se gratter le haut du crane.
La bonhommie de Hardy. Sa manière de bouger sa tête en faisant: “Hum!". Le coucou avec sa cravate.
Les films de Laurel et Hardy sont un enchantement permanent. Emouvant de savoir que ces deux comédiens ont passé leur temps à faire les zouaves.
Ils ont ouvert la voix à Jerry Lewis et tant d’autres.
Leurs voix sont aussi magnifiques. En VF aussi, très bonnes doublures vocales françaises.
Le livre de Roland Lacourbe fait autorité pour restituer leur univers, leur complicité, leur travail.
Ils sont allés jusqu’à tourner un film où du début à la fin, les protagonistes - ils forment une foule- passent leur temps à se balancer à la figure des tartes à la crème.
N’est-ce pas la métaphore du genre humain et sa critique.
Remplacez les tartes par le fusil et vous avez l’Histoire de l’humanité.

-Laurel et Hardy, la véritable histoire. Préface de Jean Tulard. Roland Lacourbe. L’Archipel, 280 p., 20 €

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