Archives pour: Mai 2019, 17

17.05.19

Mémoires d’un enfant du cinéma, Marc Esposito (Robert Laffont)

Voilà un livre qui tranche avec les autres sur le même sujet qui sont souvent de la brosse à reluire, mielleux, bref illisibles, et en plus écrit par un autre que le signataire. Marc Esposito dresse le bilan sur sa vie de journaliste, du pigiste à Onze au fondateur de Première puis son passage à Studio, deux fleurons de la presse cinéma. Ensuite, il est passé derrière la caméra, avec sa suite Le cœur des hommes, sa série des Gendarmes. Son livre est si agréable à lire qu’on a bien fait de ne pas y mettre un cahier photos avec Marc et Dewaere, Marc et Romy, Marc et Delon, soit la galerie autant people qu’insipide. Marc Esposito remonte le fleuve de sa vie, surtout les années 1970-1980 avec son cortège de junkeries. Il n’y va pas de main morte : quand des gens lui font mauvaise impression, il leur met leur paquet : «prétentieux, menteur, méchant, misogyne». Un vrai jeu de massacre, ça donne du peps à son style, du nerf à la prose. Le portrait de Jean-Pierre Mocky vaut le détour. Quand il aime, il le dit aussi : voir sa passion pour Catherine Deneuve. Il en parle parfaitement. Il y a du Truffaut dans l’air, question amour du cinéma. Quand il met le pied à l’étrier du journalisme, il commence dans un journal sur les bateaux. Bonne occasion d’y créer une page cinéma. Cela s’appelle être intelligent.
C’est Bertrand Blier qui lui fait aimer Gérard Depardieu alors que c’est Deneuve qui lui fait aimer Luis Bunuel. Belle explication. Esposito est un cinéphile de haut parage : il voit derrière les images, derrière les apparences. Il a pesé dans le cinéma puisque Première vendait 450 000 exemplaires par mois. Son livre n’a rien de people, pas de détail croustillant. Nous sommes dans le livre d’un passionné qui raconte sa vision du cinéma qu’il a vu de prés, les gens de cinéma s’entend. Esposito est un travailleur sans relâche, pas du genre pique-assiette aux…premières ! Engouffrez-vous dans le livre de Marc Esposito vous passerez du bon temps. Il sait tenir en haleine le lecteur qu’il évite d’ennuyer dans de longs tunnels sans intérêt. Il y a de la lumière, comme le soleil d’Alger, sa ville natale. Il illumine les salles obscures avec son regard perçant. La couverture présente un feu d’artifices mais à l’intérieur, il n’y a rien d’artificiel.

Mémoires d’un enfant du cinéma, Marc Esposito. Robert Laffont, 530 p., 22

Mai 2019
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
 << < Courant> >>
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    

Le blog de Bernard Morlino

Rechercher

powered by b2evolution free blog software