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21.04.19

Permalink 08:46:16, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

De rock et de metal. 30 mai 1980 : Trust dynamité le hard français. Pascal Paillardet. (Le Castor Astral)

Passionnant de bout en bout, qu’on aime ou pas le hard rock, le heavy metal. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il vaut mieux de perdre dans sa passion que perdre sa passion comme les trois-quarts de l’humanité qui sont des morts-vivants égarés dans leurs souvenirs avant de perdre la mémoire. Pascal Paillardet, brillant journaliste à La Vie- qui porte si bien son nom (La vie c’est mieux que la mort, contrairement à ce que prétendent des décérébrés)- oui Pascal Paillardet vibre pour sa passion de jeunesse qui reste intacte, pas qu’au fond de lui, à fleur de peau aussi, qui n’est pas de chagrin. Plus on avance dans le livre, plus l’intensité de sa flamme demeure, se ranime et même se renouvelle.
Paillardet est aussi discret, plein de tact, dans la vie (décidément !) que sabre au clair, plume à la main, ou clavier sous les doigts qui courent comme sur un piano. Enfant, adolescent, Serge Lama, Rika Zaraï, Michel Sardou et Rose Laurens lui «limaient les oreilles», lui «faisaient saigner les tympans jusqu’à l’hémorragie». Il faut dire qu’entendre toute la journée pendant des mois «Je suis Maaalaaadeeeee» sur une musique d’Alice Dona cela ne casse pas que les oreilles ! Tout ce tintamarre c’était de la musique subie.«Smoke on the water» de Deep Purple c’était beaucoup mieux, et c’est toujours beaucoup mieux. Quand Pascal Paillardet s’attaque à la musique, comme pratiquant d’un instrument, il renonce et se rend compte qu’il n’est bon qu’à «l’écoute». Belle lucidité. Dommage que beaucoup de musiciens professionnels ne l’imitent pas. On en voit deux dits classiques qui occupent l’écran simplement parce que l’un deux a été pipolisé par son mariage avec une jacteuse du PAF. Si être arrivé c’est ça mieux vaut ne jamais partir :!
Pendant 160 pages, Pascal Paillardet nous raconte sa passion et bien sûr du coup toute l’aventure du hard rock avec pour ligne rouge dans le récit le temps fort du groupe Trust et ses leaders Bernie Bonvoisin et Norbert Krief. En 1980, la France apprend à les connaître avec l’album Répression. Qui n’a pas entendu Antisocial est sourd ou amnésique. Ce n’est pas un chant c’est un cri, de la rage à l’état brut. En français et non pas en anglais. Voilà la nouveauté. Rien à voir avec le rock commercial de Jean-Philippe Smet, copie d’Elvis Presley. Depuis 1980, le groupe s’est défait puis recomposé. Cela n’a rien enlevé à sa force verbale et musicale. A côté de Trust, les deux groupes Téléphone et Indochine semblent représenter le minitel face à internet. Trust chante pour dire quelque chose. La poésie- le contraire de la guerre physique- peut être violente. Ce n’est pas qu’une coulée de miel pour oisifs. Trust fait travailler les neurones. Il réveille les consciences. N’endort pas. Le livre de Paillardet aussi.

-De rock et de metal. 30 mai 1980 : Trust dynamité le hard français. Pascal Paillardet. Le Castor Astral, 161 p., 15, 90 €

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