Journal secret (1941-1944), Curzio Malaparte (Quai Voltaire)

17.03.19

Permalien 11:12:28, Catégories: FORZA ITALIA !, LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Journal secret (1941-1944), Curzio Malaparte (Quai Voltaire)

J’étais enthousiaste à l’idée de découvrir ce journal inédit de Curzio Malaparte (1898-1957) d’autant plus qu’il concerne les années de guerre. «Secret», en plus. Une fois lu, il n’a pas la dimension poignante du Récit secret de Drieu La Rochelle. A l’opposé du collaborateur de la NRF, à tous les sens du terme, Malaparte est un écrivain beaucoup plus fréquentable. Le capitaine incorporé à l’armée italienne fut un reporter et photographe de guerre qui a enrichi considérablement les pages du «Corriere della Sera». La lecture de son Journal secret m’a déçu parce que je lui préfère de beaucoup Journal d’un étranger à Paris (La petite vermillon, n°396) publié en 1967, dix ans après la mort de Malaparte. Autant son journal d’après-guerre dans la capitale française est captivant, autant celui en pleine guerre est décevant, bien que l’on ne perde jamais son temps en compagnie de Malaparte.
Il n’est pas urgent da savoir que l’écrivain se soit lever à 10 h le 15 août 1942 ou qu’il soit allé à midi à la banque, la veille. Finalement le plus émouvant sont les passages consacrées à la mort de ses deux chiens : Febo, le 16 janvier 194 - à peine évoquée- et Vieni, le 8 octobre 1944.
Tout le reste du livre est consacré à ses allées et venues, surtout en Scandinavie, disons des cartes postales pour afficionados. Je dois dire qu’à mes yeux, un journal doit avoir une rage d’expression de la dimension de Jules Renard ou de Paul Léautaud, sinon à quoi bon tenir le registre de ses commissions.
Cependant tout ce qui concerne Curzio Malaparte m’intéresse. L’auteur de Kaputt, au physique d’acteur genre Tyrone Power, a construit l’une des plus belles résidences du monde. A Capri, sa villa «Come Mi», sur la roche au-dessus de la Méditerranée, est d’une beauté à couper le souffle. Pas étonnant que Jean-Luc Godard l’ait choisie pour y tourner Le mépris, d’après le livre d’Alberto Moravia. Come Mi = Comme Moi. Le solarium, les marches qui donnent sur la mer, tout est fascinant. Une authentique œuvre d’art. Raymond Guérin l’a parfaitement racontée dans Du côté de chez Malaparte (Finitude, 2009), magnifique comme toute l’œuvre du grand supporter des Girondins qui a demandé le résultat de son équipe fétiche, avant de mourir.

-Journal secret (1941-1944), Curzio Malaparte. Edition et traduction de l’italien par Stéphanie Laporte. Quai Voltaire, 325 p., 23, 70 €

Commentaires, Pingbacks:

Cet article n'a pas de Commentaires/Pingbacks pour le moment...

Laisser un commentaire:

Votre adresse email ne sera pas affichée sur ce site.
Votre URL sera affichée.

Balises XHTML autorisées: <p, ul, ol, li, dl, dt, dd, address, blockquote, ins, del, span, bdo, br, em, strong, dfn, code, samp, kdb, var, cite, abbr, acronym, q, sub, sup, tt, i, b, big, small>
(Les retours à la ligne deviennent des <br />)
(Sauver le nom, l'email et l'url dans des cookies.)
(Autoriser les utilisateurs à vous contacter par un formulaire de message (votre adresse email ne sera PAS révellée.))

Mars 2019
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
 << <   > >>
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31

Le blog de Bernard Morlino

Rechercher

powered by b2evolution free blog software