Archives pour: Janvier 2019, 12

12.01.19

Permalien 11:03:36, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Solal et les Solal, Albert Cohen.(Quarto/ Gallimard)

Albert Cohen, fume, reçoit en peignoir. La grande classe. Impossible aujourd’hui.

Ce livre c’est tout un continent. Celui de l’univers d’Albert Cohen (1895-1981), amoureux de la vie, comme le furent Colette et Giono. La littérature compte beaucoup d’experts en pessimisme mais très peu de propagateurs du bonheur ou du moins d’artistes capables d’éprouver la joie de brefs instants de gaité passagère. La salutaire fantaisie de l’auteur de Belle du Seigneur remonte à l’enfance. Fin diplomate, Cohen se sortait de toutes les situations. Insulté par un antisémite, il trouva du réconfort auprès de son ami d’enfance, Marcel Pagnol, cet autre as de l’existence, qu’il aima comme un frère dès le lycée Thiers de Marseille, au début du XXe siècle.
Au cœur du Quarto, cette antichambre de la Pléiade, on trouve des merveilles au fil des pages qui contiennent de l’émotion conservé sans naphtaline. Dans une interview des années 1970, il déclara qu’il était heureux grâce à sa femme Bella rencontrée en 1943. Au seuil de la mort, en 1981, il répéta que le plus important à 85 ans était d’être aimé. Lors de sa Radioscopie avec Jacques Chancel, il dézingua Marguerite Yourcenar, pas assez belle à son goût, et aimant trop les femmes ce qui faisait d’elles l’une de ses concurrentes ! Pour éteindre la polémique, il fit un rectificatif les jours suivants pour s’excuser : il n’avait jamais lu une seule ligne de sa consœur. Depuis cette saillie, tous les féministes lui tombent sur le dos pour faire de lui le portrait d’un incurable misogyne. Sa femme pensait exactement le contraire. Pour vous en persuader lisez Le livre de ma mère qui n’est pas dans le Quarto. Le fils orphelin s’embrasse la main pour retrouver le parfum de sa maman. Des misogynes de son espèce j’aimerais en rencontrer d’autres. Cohen, l’écrivain en majesté. Sa vie durant, il mit un portait de Marcel Pagnol dans tous ses domiciles, pour toujours (a)voir son ami auprès de lui.

-Solal et les Solal, Albert Cohen. Sous la direction de Philippe Zard. Quarto/ Gallimard, 1664 p., 32 €.

Janvier 2019
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
 << <   > >>
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      

Le blog de Bernard Morlino

Rechercher

powered by b2evolution free blog software