Manifeste incertain (tome 7). Emily Dickinson, Marina Tsvetaieva. L’immense poésie, par Pajak, (Noir sur Blanc)

11.12.18

Permalink 14:43:09, Catégories: LITS ET RATURES, VAN GOGH FOR EVER  

Manifeste incertain (tome 7). Emily Dickinson, Marina Tsvetaieva. L’immense poésie, par Pajak, (Noir sur Blanc)

L’unique Pajak poursuit son chemin solitaire d’écrivain-dessinateur ou le contraire. La noirceur embaume son travail mais c’est un univers artistique où il fait bon se promener. Le noir, donc. Le noir avec plein de nuances. Le noir est une couleur. Qui dit noir, dit blanc aussi. Ce n’est pas de la BD. Il s’agit de récit avec des images. Les images ici sont comme la musique des bons films. Musique intelligente, pas celle des ascenseurs. Imaginez Miles Davis qui illustre les images de Louis Malle. Ou Mahler qui accompagne Schiele.
Les images de Pajak sont les fenêtres d’un train qui n’existe pas, hélas ! Celui que conduirait Blaise Cendrars et surtout pas Paul Morand. Après Apollinaire, Nietzsche et tant d’autres, le virtuose Pajak nous met en présence de deux grandes dames de la littérature.
La poète- c’est mieux que poétesse- Marina Tsvétaïeva, a cru se sauver dans les mots, en vain. Les maux l’ont emporté, massacrée par les drames : mort d’un enfant, et elle a longtemps cru que son mari Serge Effron avait été supprimé. En fond sonore de sa vie, le fruit et la fureur de la révolution d’Octobre. Pajak qui aime les caractères bien trempés et souvent maudits, ne pouvait pas ne pas faire figurer dans son œuvre Marina Tsvétaïeva, mère courage qui finit par abdiquer devant l’existence trop dure avec elle. La poésie lui a servi de bouée de sauvetage mais pas au point de la sauver totalement. Souvent obligée de changer de pays, lors de son exil, la poète a été très appréciée par ses éminents confrères.
Le livre fait revivre également l’américaine Emily Dickinson qui au contraire de Marina Tsvétaïeva, n’a pas quitté sa maison. Elle vit claquemurée, va dans son jardin comme si c’était le bout du monde, puis elle retourne à la page blanche. La sédentaire voyage dans sa tête plus qu’une nomade.
Les deux artistes sont des totems pour les amoureux de la littérature. Pajak les comprend comme s’il les voyait tous les jours. Son imaginaire se marie bien avec ses deux devancières, artistes majeurs. Pajak c’est un long sanglot sur l’enfance. La sienne. La nôtre. Il semble vouloir revenir fœtus. Pas pour être dans le ventre de sa mère. Simplement pour tout recommencer car il aime la vie. Il voudrait tout simplement qu’elle soit moins polluée par l’imbécilité ambiante.

-Manifeste incertain, tome 7. Emily Dickinson, Marina Tsvetaieva. L’immense poésie. Pajak, les éditions Noir sur Blanc, 320 p., 23 €

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