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19.11.18

Permalink 16:18:34, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Mes amis, Emmanuel Bove. (L’arbuste véhément)

A lire d’urgence, ce texte de 1924 édité par Colette.
Rien n’a vieilli, tout est intact.
Tout c’est une émotion qui vrille l’âme parce que Bove était un écrivain majeur.
Pas de cirque, aucun cinéma. Le livre avant tout.
Un homme hors du commun qui refusa de publier pendant l’Occupation, ce qui en dit long sur le caractère de l’artiste.
Il disait que la solitude c’était magnifique si on choisit d’être seul, mais qu’elle est une tragédie si tout le monde ne s’attarde pas sur nous.
A la fin du volume, l’actuel très bon éditeur a choisi de présenter la nouvelle «Un autre ami» qui va parfaitement avec le roman. En quelques pages, quelques phrases, tout l’univers de Bove est présent: cet esprit lumineux décrypte les non-dits qui embrouillent les liens entre deux personnages. Le romancier ne fait que raconter ce qu’il voit mais cela a valeur d’un Champollion de l’âme.
Un jour, Jean Gaulmier- autre grand oublié des Lettres- alla vers lui dans un restaurant et lui demanda s’il pouvait rester auprès de lui parce qu’il l’avait reconnu (un exploit car les photos de Bove n’ont jamais inondé la presse) et qu’il était son lecteur. Bove répondit: “Pourquoi pas ?” Puis Gaulmier se proposa d’inviter Bove à la radio. La réponse: “Est-ce bien nécessaire ?” Bove n’y alla pas. Ecrire, oui. Paraître ne l’intéressait pas.
Lire Bove c’est renouer avec ce qu’il y a de plus sérieux en nous.
Du temps de Bove seuls les écrivains écrivaient.
Lire Bove nettoie le cerveau.

-Mes amis, Emmanuel Bove. L’arbuste véhément, 200 p., 7,50 €

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