1918-2018. Derrière l'abattoir (Albert-Jean, L'Arbre Vengeur) & Colette pendant la Grande Guerre (L'Herne)

11.11.18

Permalien 08:31:03, Categories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

1918-2018. Derrière l'abattoir (Albert-Jean, L'Arbre Vengeur) & Colette pendant la Grande Guerre (L'Herne)

Disparu des radars, Albert-Jean revient en librairie grâce à l’excellentissime Arbre Vengeur qui ne publie que des bons livres. Cette maison que l’on dit petite est en fait une très grande maison au niveau éditorial. L’honneur des Lettres actuelles. Albert-Jean (1892-1975) a écrit un livre coup de poing sur 1914-1918. Une partie de l’Histoire que tout le monde occulte sauf lui. L’Etat-Major a envoyé au casse-pipe des malades, des réformés handicapés physique. Oui des épileptiques, des phtisiques, des rachitiques, et beaucoup d’autres hommes plein de souffrance ont été envoyés au front. Tout le livre raconte cette folie administrative de l’armée française qui avait besoin de gonfler les chiffres. Quel déshonneur militaire pour les chefs ! Dans la préface, l’auteur qui trempé sa plume dans le sang et la sueur, et bien sûr les larmes, écrit au vitriol : «Les socialistes, une fois de plus, firent leur devoir de pitié». C’est-à-dire qu’ils se lamentèrent sans lever le petit doigt pour que cesse la boucherie des estropiés. Les dirigeants militaires français ont agi de manière scandaleuse. Cela ne leur suffisait pas d’estropier des gens valides, il fallait qu’il en massacre aussi d’autres. Le mot pour désigner les malades envoyés au combat : les récupérés. Atroce sur toute la ligne. Ecœurement total.

Colette n’a pas passé la guerre à faire du tricot. Cette grande dame, à tous les niveaux, a écrit dans la presse des articles pendant la Première Guerre Mondiale. Le conflit, la dureté de l’époque ne l’ont pas empêchée de vivre. Elle donnait du baume au cœur à ses lecteurs. Bien sûr pas question d’être une mondaine irresponsable dans les salons de la capitale. Non, elle vivait sur un volcan mais ne voulait pas se laisser atteindre par la lave en fusion. Sa très grande personnalité a fait barrage une fois de plus à la bêtise humaine. Des femmes de sa trempe ne courent les rédactions, pas plus en 2018 qu’en 1918. Fierté, courage, immense talent d’écrire sans jamais ennuyer, sans jamais être prétentieuse, pédante, barbante, elle donna le meilleur d’elle-même comme un pommier donnait des pommes sous les bombardements. Grâce d’écriture. Grande classe. Vraie vivante.

-Derrière l’abattoir, Albert-Jean. Préface d’Eric Dussert. L’Arbre Vengeur, 176 p., 13 €

-Une Parisienne pendant la Grande Guerre, Colette. Edition de Frédéric Maget. L’Herne, 250 p., 15 €

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