Archives pour: Octobre 2018, 29

29.10.18

Permalien 23:37:31, Catégories: GRAND MONSIEUR, BEHRA, FANGIO, SENNA & NORTON  

Manita ! Lewis Hamilton, champion du monde de F1 2018

Je suis le premier éditorialiste français à l’avoir célébré avant qu’il ne gagne dans un article pour Le Figaro que j’avais titré: Les roues artistiques d’Hamilton Depuis la mort de Senna, aucun pilote ne m’avait plus touché. Les deux as ont en commun l’aspect spectaculaire, l’audace et l’aisance du pilotage sous la pluie, par très mauvais temps. Comme le regretté brésilien, Hamilton est un vrai grand champion. Hyper concentré, ultra professionnel, il ne laisse rien au hasard, mental d’acier, courageux, infatigable, et plein de panache. Je coche toutes les cases. Il est en plus très beau. Looké de manière savante, mais pas trop comme feu Prince. On sent que le cador aime les années 1960-1970. Et bien sûr, cette enfance éclatante qu’il illustre quand il arrive sur la grille en trottinette. Outre l’aspect spectaculaire, je pense à J. Owens qui disait: “L’idéal serait que l’on me conduise en voiture jusqu’au départ de mes sprints à venir pour que je me fatigue le moins possible". C’est ce que fait Hamilton !

Lewis Hamilton est un Neymar qui gagne.
L’Anglais vient de remporter son 5e titre mondial.
C’est le Fangio des temps modernes.

Lewis Hamilton, 33 ans. Anglais
McLaren 2007-2012
Mercedes depuis 2013

227 GP disputés
81 pole-positions sur la grille
131 podiums
71 victoires
5 titres mondiales: 2008, 2014, 2016, 2017 et 2018

Les pilotes les plus titrés en couronnes mondiales:
Schumacher 7
Fangio et Hamilton 5
Prost et Vettel 4
Brabham, Stewart, Lauda, Piquet et Senna 3

Permalien 17:14:29, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

A lire et relire: Les Dupes, Jean Dutourd (Le dilettante)

La postérité à tort de laisser au purgatoire Jean Dutourd. Il suffit de lire la réédition des Dupes pour se rendre compte qu’un livre de 1959 est beaucoup plus passionnant que la tonne de pages de bouquins actuels qui n’a qu’une ambition : faire tourner la machine à cash des éditeurs. Les Dupes, c’est intelligent, amusant et instructif. Les trois nouvelles de Jean Dutourd méritaient d’être de nouveau en librairie. Pour beaucoup de monde, l’écrivain n’est plus que ce correspondant appelé par Philippe Bouvard pendant les “Grosses têtes", à la radio. Dutourd était le wikipédia d’autrefois. Vous pouviez lui demander aussi bien le premier rôle de Pauline Carton que le PNB du Mexique en 1937. Il savait tout sur tout. Un grand esprit.
Les plumitifs de gauche ne pouvaient pas l’encaisser car il était de droite. Comme si la littérature avait un bord politique fréquentable ou pas. Je préfère un salaud de talent à un brave type insignifiant. Dutourd n’était ni l’un ni l’autre. Il a publié un livre de souvenirs où il raconte un voyage en URSS avec le couple Aragon-Triolet qui se comporta comme le pire duo de grands bourgeois. Les “gens de gauche” -comme moi je suis évêque- s’offusquèrent des queues devant les magasins, de la grisaille des rues, tout ça dans une limousine avec chauffeur du parti, pardi !
Dutourd n’était dupe de rien. Dans ses nouvelles, on fait la connaissance de trois dupes de haut parage: Baba, Schnorr et Tronche. Le premier, philosophe de bas étage comme ceux qui occupent les écrans TV, s’est mis en tête qu’un individu se résume à la somme de ce qu’il fait. Le hic c’est qu’il lui arrive l’inverse de ce qu’il souhaite ! Le deuxième, prénommé Ludwig, croit qu’il est déterminé par le monde qui l’entoure et donc il épouse les modes de pensée de son temps jusqu’à accumuler les pires inepties et autres prédictions risibles. Quant au troisième, Émile Tronche, le bien-nommé, s’emberlificote dans la religion. Etre athée, c’est déjà croire. « Les Dupes, a dit Jean Dutourd, est plutôt comique, mais le fond en est triste. Car rien n’est plus triste que de voir le monde tel qu’il n’est pas
Quand il a publié les trois nouvelles, Jean Dutourd, proche des 40 ans, était déjà apprécié pour Au bon beurre (1952) et Les Taxis de la Marne (1956). Les Dupes a surpris ses lecteurs qui ignoraient qu’il pouvait avoir la dent dure envers ses contemporains les plus caricaturaux. Il est évident que le nouvelliste s’est amusé à plaisanter sur Sartre et cie, tous ces auteurs qui passaient leur temps à activer leur marionnette médiatique. Les Dupes nous réserve une surprise : il se referme sur un article inspiré à André Breton par la seconde nouvelle où il s’est sans doute senti visé de manière détournée. Breton devenu pape du surréalisme avait perdu toute sa fraîcheur à l’inverse de Philippe Soupault. Friand des Dupes, Jean Giono s’est écrié: «C’est une jubilation ! Pourquoi faut-il que ce soit si court !» Terminer par du Giono, voilà qui dispense d’une chute.

-Les Dupes, Jean Dutourd. Préface : Max Bergez. Le dilettante, 160P, 17,00 €

Les élections du Brésil 2018 crachent sur le cercueil de Socrates

Le pays de la samba repasse à l’extrême-droite.
Socrates doit se retourner dans sa tombe, lui qui lutta toute sa vie pour la démocratie.
Socrates a gagné bien plus qu’une ou plusieurs Coupes du Monde.

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