Archives pour: Août 2018, 16

16.08.18

Permalien 22:14:07, Catégories: ANQUETILLEMENT, CERDANEMENT, LA REVUE DE STRESS  

Yoka exclu des rings jusqu'en juin 2019. Tour d'horizon sur le dopage (Anquetil, Coppi, Armstrong, Pantani, Ullrich...)

Quand reverra-t-on de vrais grands boxeurs ?

Le boxeur Tony Yoka a été suspendu un an, jusqu’en juin 2019. Le feuilleton vient de connaître son épilogue. Cela n’a que trop duré. Les médias sont très cléments avec lui. L’athlète est devenu une icône à protéger, lui et sa femme après leurs deux succès aux derniers J.O. Ils sont beaux, jeunes et gagnants. Magnifique success-story. La presse ne pouvait rêver mieux. Si sa compagne fait le sans faute, du ring aux ors de l’Elysée, lui a brouillé son image, exclu temporairement par l’Agence française de lutte contre le dopage. Sanction confirmée par le conseil d‘état.
Que lui reproche-t-on ? D’avoir passé à l’as trois rendez-vous avec le contrôle antidopage. Explication ? Des oublis, du laisser-aller, de la négligence, un emploi du temps surchargé, une vie trépidante, de la désorganisation et tutti-quanti. Si une très faible proportion de gens peut avaler des justificatifs vaseux, une plus grande partie tombe dans la suspicion du dopage. Un sportif de haut niveau ne peut pas oublier trois contrôles. Alors on se dit : se dope-t-il ? Se dopait-il ? Etait-il dopé ? Pour mémoire, en football, un champion du monde 1998- de très faible importance dans le jeu- a été blanchi d’un contrôle antidopage positif parce que le préposé aux éprouvettes n’avait pas les diplômes requis. A mourir de rire. Vice de forme, ont-ils dit. Plutôt forme de vice ! L’affaire Festina a débuté juste avant la fin de la fin de la Coupe du Monde de football 1998 disputée en France qui remportera le trophée. D’aucuns y voient un paravent. Le Tour de France a plus été abîmé par la volonté de chasser le dopage que par le dopage lui-même. Pourquoi le football, le rugby, la F1, le tennis, le basket et la natation ne sont pas des sports traqués par les procureurs de la seringue ?
En cyclisme, les contrôles inopinés imposent aux cyclistes de toujours dire où ils se trouvent dans le monde entier. Ce qui provoque un grand empiétement sur la vie privée. On a vu où la chasse à l’Armstrong a mené l’Américain. On a vu ce qu’a enduré C. Froome sur le Tour de France 2018. En France, les autorités ne pipent mot sur Coppi et Anquetil- qui ont dit prendre des stimulants- et dans le même temps on salit des champions, surtout étrangers. Et l’on passe l’éponge sur R. Virenque, en disant «chut !» sur d’autres français qui ont chargé la mule. D’autres Français font la Une un jour puis sont passés sous silence.
Il y a gros décalage entre ce que l’on fait endurer aux cyclistes et ce que l’on fait subir aux autres sportifs. En football, tout ce qui se passait à la Juventus est tombé dans l’oubli. Circulez ! Il n’y a rien à voir. Au mieux, on parle de médicalisation. Zidane et Deschamps n’ont été entendus qu’à titre de témoins. En vélo, on laisse Armstrong s’exprimer tout en le suspectant puis en fin de carrière on l’achève. Et ceux que l’on n’achève pas s’achèvent tout seul. Pantani retrouvé mort dans une chambre d’hôtel. Quant à Jan Ullrich, il a été envoyé en psychiatrie après une nuit où il malmena une fille de tristesse.
Désormais suspendu par l’Agence Française de lutte contre le dopage, pour trois «now-shows» entre juillet 2016 et juillet 2017, Tony Yoka ne peut plus combattre officiellement jusqu’en juin 2019. Le champion olympique des poids lourds 2016 a dix mois difficiles devant lui. Il peut s’estimer heureux d’avoir été épargné par la presse : pas de gros titre en une du genre : «La chute d’un champion : de la gloire au dopage ?». Bien sûr le dopage n’est pas avéré mais comment empêcher de penser que le boxeur a évité les contrôles pour ne pas être pris en flagrant délit ? Le mal est fait. Le célèbre «pas de fumée dans feu» arrive vite sur le tapis de la vox populi.
Si le boxeur entretient une image lisse dans les journaux, cela ne cache pas les tensions avec sa Fédération depuis qu’il a été écarté de l’Insep en 2013 car on ne croyait pas en lui. Des aspects de sa communication irritent : on a l’impression que l’on vend toujours le couple des boxeurs à la manière de BHL-Dombasle. Le côté biscoteaux bling-bling du pugiliste est irritant car il n’a pas le rendement sportif de C. Ronaldo. Et que dire de tous les derniers matchs en bois contre de piètres adversaires. Le grand champion Jean-Marc Mormeck ne se laisse pas prendre au jeu de l’esbroufe : «Pour l’instant, Yoka, c’est juste du marketing. J’espère qu’il réussira, mais il n’est encore personne». Pan sur le bec ! Son image média est si forte que Tony Yoka n’a pas été lâché par les décideurs (TV et équipementier). Il est protégé par ce cordon sanitaire. Histoire de recueillir du positif sur investissement. Le hic c’est qu’en boxe, on n’est pas en littérature ou en chanson. A un moment donné, il faut mettre les gants face à de vrais combattants.
La suspension doit permettre à Yoka de bien digérer sa notoriété car il a été pris dans une tourmente. D’ici juin 2019, il lui faut s’entraîner durement. Ensuite, soit il prouve que c’est un champion, soit on dira qu’il a connu son apogée aux J.O. Il a beaucoup de pression sur ses épaules. En boxe, l’image ne suffit pas. En littérature, en chanson on peut faire illusion. Sur un ring, impossible.

Permalien 16:37:20, Catégories: GRANDE DAME, HENDRIXEMENT  

Madame Aretha Franklin (1942-2018)

L’immense chanteuse est partie.
Voix, présence, tout.
Comme Billie Holiday. Comme Ella Fitzgerald. Comme Nina Simone.
Comme Louis Armstrong. Comme Otis Redding. Comme Ray Charles. Comme Barry White. Comme James Brown.
Tous de vrais chanteurs, pas des marionnettes du marketing.

[Post dédié aux victimes d’un morceau de viaduc, à Gênes, qui s’est écroulé.]

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