Salinger intime, Denis Demonpion (Robert Laffont)

21.03.18

Permalien 06:44:56, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Salinger intime, Denis Demonpion (Robert Laffont)

L’exergue en dit long :
«J’ai toujours essayé de vivre dans une tour d’ivoire mais un océan de merde clapotait contre les murs». Signé Flaubert.
C’est encore valable pour feu Salinger comme pour nous.
L’irremplaçable Flaubert ! Il confia cette fulgurance à Tourgueniev en 1871. Tourgueniev qui vivait à Bougival, là où le PSG a loué une maison de milliardaire pour Neymar… qui vit à Rio de Janeiro ! Ronaldo (Le Brésilien, lui s’était fait opérer à Paris) Fermons la parenthèse.
L’Américain J.D. Salinger (1919-2010) a peu publié et détestait se montrer et accorder des interviews. Il fut l’anti Jean d’Ormesson.
Pour Salinger commenter son livre tenait de la folie.
Il n’était pas un ours invisible. Il ne voyait que ses amis et parfois de nouveaux amis car il ne fermait pas la porte aux rencontres fortuites.
J.D. Salinger (1919-2010) a mis dix ans pour écrire L’attrape-cœurs (1951). Il vaut mieux donner un bon livre qu’en écrire trente médiocres.
La biographie tient du sacrilège puisqu’on se confronte à l’intimité d’un homme si pudique.
Une fois passé ce cap, on est bien sûr content d’en apprendre sur un écrivain si attachant.
Sa vie n’est pas avare d’aventures. Il eut une liaison avec Oona O’Neill, la fille du grand Eugène et la future Madame Chaplin.
Salinger fut soldat pendant la Seconde Guerre mondiale. L’Europe ne lui était donc pas inconnue. Son livre majeur (L’Attrape-cœurs) l’a immortalisé dans le rôle de l’adolescent qui a du mal à traverser le miroir pour devenir adulte ou jouer ce rôle-là.
Salinger aimait la littérature mais autant il ne craignait personne stylo à la main autant faire le tapin pour vendre sa salade le dégoûtait. Non pas par hostilité envers les lecteurs - bien au contraire. N’empêche, il trouvait malsain d’être le centre du monde alors qu’un écrivain doit s’en extirper pour mieux le décrire.
Denis Demonpion met au grand jour toutes les zones d’ombre d’une légende que Salinger a entretenu au point que d’aucuns prétendent que c’est peut-être une invention totale. On dit bien que Corneille a écrit les pièces de Molière !

-Salinger intime, Denis Demonpion. Robert Laffont, 395 p., 21 €
-L’attrape-cœurs, J.D. Salinger. Traduit de l’américain par Annie Saumont. Pavillons-Poche, Robert Laffont, 246 p., 60 €

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