Bernard de Fallois (1926-2018), un champion de la discrétion

11.01.18

Permalien 09:44:32, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Bernard de Fallois (1926-2018), un champion de la discrétion

Bernard de Fallois adorait le Cirque et la chanson, grand ami de Mireille (Berl), elle-même grande amie de France Gall. Il suffisait de dire: “Cirque !” pour revoir le petit garçon qu’il fut et qu’il n’a jamais cessé d’être. Le grand éditeur ne se laissait pas encombrer par la médiocrité. Il fut l’éditeur de Proust, Simenon et Pagnol, trois phares. C’est mieux quand on a une longue route à faire. Il haïssait perdre son temps. A la fois proche et très réservé, il avait un beau sourire complice. Il valait mieux être son ami que son ennemi. Il savait lire et très bien lire. Découvreur de talents et fin gestionnaire pour assurer ses arrières sans aucune grandiloquence. Longtemps, il s’est caché derrière le rideau de fumée de ses cigarettes blondes américaines.

Bernard De Fallois a publié mon premier livre: Essais, Berl.
En 1985, chez Julliard. Dix ans plus tôt, j’avais promis à Emmanuel Berl que je retrouverai à la B.N. ses anciens articles éparpillés dans des revues qui n’existaient plus. Berl ne voulait pas, et m’incitait plutôt à rechercher la femme de ma vie.
Robert Gallimard voulait éditer le livre mais il m’a dit, dans son bureau, que c’était mieux d’aller voir Bernard de Fallois qui m’a tout de suite dit: “Oui !”
De Berl, il avait déjà publié son dernier livre: Regain au pays d’Auge, Livre de Poche 1975.
Sur la page de présentation, Bernard de Fallois a mis son nom avant le mien, sans tenir compte de l’ordre alphabétique. Il a voulu souligner que j’avais fait le plus “gros” en retrouvant les articles.
Quand il a reçu le livre, il m’a fait venir.
Il a mis un exemplaire debout sur la tranche et on l’a regardé comme deux parents.

Un très grand moment. Il savait ce que cela représentait.
On ne le voyait jamais à la télévision. Signe de sa grande classe.
Il a consacré toute sa vie à la littérature. Il aurait pu être écrivain: il a choisi d’être éditeur.
Jeune, il fut à l’origine de deux inédits de Proust: Jean Santeuil et Contre Sainte-Beuve.
Voilà pourquoi il a été si sensible à ma démarche. André Maurois le remercia comme lui me remercia.
Son autre grand Marcel, ce fut Pagnol.
Quand je passais la porte de chez lui, il me lançait : “Santé, prospérité !”
Il disait que je lui faisais penser à ça.
Magnifique, non ?

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Commentaire de: commeletemmpspasse [Visiteur] Email
Grand éditeur ....
PermalienPermalien 11.01.18 @ 10:57

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