Correspondance, Joseph de Maistre (Les Belles Lettres) et Le refus d'obéissance, Léon Tolstoï (L'Echappée)

07.01.18

Permalien 09:50:24, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Correspondance, Joseph de Maistre (Les Belles Lettres) et Le refus d'obéissance, Léon Tolstoï (L'Echappée)

-Correspondance, Joseph de Maistre. Les Belles Lettres, 1534 p., 75 €. Et aussi Considérations sur la France, Joseph de Maistre. préface de Pierre Manent. Omnibus, 184 p., 12 €

Quand on lui parlait politique, il répondait par la morale. Aujourd’hui, ce polémiste de la dimension de Léon Bloy, serait traité de réac ! Cependant sa plume est largement au-dessus des bâtons merdeux agités par les penseurs médiatiques bicornus et à la petite semaine qui sévissent sur tous les écrans plats, et même très plats. Le contre-révolutionnaire du XIXe siècle radiographiait la France comme personne. Pour lui les leaders de 1789 étaient tous des «bébés». Qu’aurait-il dit des soixante-huitards ! Les lanceurs de pavés de 1968 n’ont même pas laissé une chanson, à part quelques slogans publicitaires. Avec un grand sens de la formule, il dégainait des sentences toujours excessives afin de faire encore plus mal là où il avait décidé d’attaquer. Il était persuadé que ceux qui font l’Histoire la défont en fait. Personne ne sait vraiment qu’il fait l’Histoire. C’est après que l’on sait. Quoiqu’il écrive ça tient la route et les ravages du temps car sa prose est splendide. Pas étonnant que Cioran fut un de ses lecteurs. Dans Essai sur la pensée réactionnaire (Fata Morgana, 1977), il écrit à propos de Joseph de Maistre : «Pourquoi les conservateurs manient-ils si bien l’invective, et écrivent-ils en général plus soigneusement que les fervents de l’avenir ?» Parce qu’on peut faire des révolutions pour conserver des traditions, comme celles du bien vivre ensemble dans la dignité absolue. Pour Cioran, on tire du verbe une consolation. Le Roumain qui écrivait en français estime que les conservateurs, certains d’être du côté de l’Histoire, méprisent le style qu’ils traitent comme le luxe de l’échec.

-Le refus d’obéissance. Ecrits sur la révolution, Léon Tolstoï. Traduit du russe par Ely Halpérine-Kaminski. L’Echappée, 220 p., 20 €

Tolstoï n’y va pas par quatre chemins : il accuse les révolutionnaires de 1905 de vouloir occidentaliser la Russie par le biais de la violence et de l’oppression. Qu’importe le régime : monarchie ou république sociale-démocrate, si c’est pour faire la même chose, sous le régime de la terreur. Tolstoï appelle à ne plus obéir à la tyrannie des dirigeants. Il veut que les travailleurs prennent eux-mêmes le pouvoir, sans chefs mal intentionnés. Il rêve d’une entre-aide générale, soit le communisme idéal, totalement utopiste hélas ! Tolstoï prône l’autodétermination. Ah ! si tout le monde était anarchiste avec une éthique de la non violence, la vie resterait respirable. Hélas ! pour un Tolstoï combien de dictateurs, d’estrade ou de caniveau, c’est la même punition.

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