Archives pour: Août 2017, 10

10.08.17

Permalien 08:19:34, Catégories: GRAND MONSIEUR, PAAVO NURMI & ALAIN MIMOUN  

La fraîcheur Pierre-Ambroise Bosse, champion du monde 2017 du 800 m

Humeur, intelligence, simplicité. Bosse tranche avec les starlettes des pages sportives. Il a dans l’œil quelque chose de Jacques Anquetil.

A l’heure où l’on nous bassine avec un produit marketing (Neymar) qui est fêté sans avoir rien gagné à Paris, il est salutaire de voir que Pierre-Amboise Bosse représente le sport tel qu’on l’aime.
J’ai connu Séra Martin ancien grand athlète sur 800 m.
Plusieurs fois j’ai parlé avec lui du 800 m, terrible épreuve, avec deux tours du stade et sprint final.
Bosse a le même physique longiligne qu’avait aussi Séra Martin, l’un de nos plus grands athlète totalement oublié.
La fraîcheur de Bosse fait plaisir à voir et elle contraste avec le bling bling de Neymar qui incarne tout ce que je déteste. Les médias qui ont craché sur Sarkozy et le Fouquet’s, sur Macron et Le Select sont à genoux devant celui qui incarne l’argent du Qatar et absolument rien d’autres.
Preuve une nouvelle fois que notre pays n’est pas sportif. Le Parisien a enchaîné les Unes sur Neymar le fêtard de Saint-Trop’ et il a octroyé un petit coin de Une à Bosse avec ce titre le 9 août: “Bosse, inattendu champion du monde français". Bosse qualifié en finale, avec le mot FRANCE sur le poitrail est considéré comme un invité surprise ! Il avait toutes ses chances comme les autres. Sa remontée fut sublime. Voilà un grand moment de sport qui n’a rien à voir avec Neymar, Gasquet, Griezmann, Pogba, Payet, Tsonga, Monfils… Ils ont tellement peur ne pas vendre leur salade qu’ils ne prennent pas le risque de mettre en Une un inconnu, fût-il champion du monde. Imaginez un instant Ben Arfa à Saint-Tropez: on dirait que c’est un profiteur, un noceur, un fainéant, un qui-donne-le-mauvais-exemple-aux-d’jeunes… Pour Neymar, quelle complaisance ! Cela ne présage rien de bon. Le football se vengera.

Michel Bouquet et Richard Widmark, même vision de l'acteur

Bouquet et Widmark semblent différents pourtant ils pensent la même chose sur leur métier.

A l’heure où vient de disparaître Claude Rich et Jeanne Moreau, il est bon de lire un livre d’entretiens avec Michel Bouquet, l’un de nos derniers géants de la scène. Que sont nos grands acteurs devenus ? Il nous reste Marielle, Rochefort, Claude Brasseur, Michel Piccoli, Robert Hirsch et Jean-Louis Trintignant; je parle des grands, en dehors de Delon et Belmondo. Depardieu est trop jeune par rapport à la génération de Bouquet qui n’est pas le père de Caroline du même nom. Bouquet au théâtre, on ne voit que lui dès qu’il est sur scène. Il capte toute l’attention. Une démarche quasi mécanique. Une voix qui est toujours à la limite de la démence. Il fait peur. On le croit sans personnalité mais il a une vraie “folie". Il fait partie des acteurs que l’on imagine lisse comme Pierre Dux mais ils ne le sont pas du tout. Dans les films de Claude Chabrol, Bouquet nous glace le sang.
«L’acteur doit être plus fort que la mise en scène» confie Michel Bouquet à Gabriel Dufay. On aurait pu penser le contraire, tant le comédien s’inscrit bien dans toutes les mises en scène. Cependant sa présence, son charisme endiablé est plus fort que le décor et les directives de mise en scène. On le sent seul contre tout et tous. Bouquet a toujours joué de manière terrifiante, au théâtre comme au cinéma où il joué pour Grémillon et Chabrol. Il a commencé à être acteur à une époque où la France en comptait 300. Aujourd’hui combien sont-ils ? Allez-y vous retrouver là-dedans. Jadis seuls les comédiens étaient comédiens. Bouquet fait entrer les personnages en lui et non pas le contraire. Il excelle dans Thomas Bernhard, Beckett et Ionesco. Sa remarque «l’acteur doit être plus fort que la mise en scène» renvoie au fabuleux Richard Widmark qui a déclaré : «On m’interroge sur le travail des metteurs en scène, ce que je peux vous dire c’est qu’il faudrait que je cosigne tous les films de ceux qui m’ont fait travaillé car c’est moi qui est construit tous mes personnages !» Sacré Widmark ! Grand Monsieur. Son regard, inoubliable.

Servir, la vocation de l’acteur, Entretiens Michel Bouquet et Gabriel Dufay. Les Belles Lettres, 230 p., 17,50 €

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