La vie de Bud Powell par un écrivain jazzy

27.01.17

Permalien 16:51:39, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

La vie de Bud Powell par un écrivain jazzy

Si vous aimez la littérature, la musique, la poésie, l’émotion et le talent, je vous conseille de lire immédiatement ce beau et bon livre sur l’un des meilleurs jazzmen de l’Histoire. “Les grands musiciens de jazz sont à ce point eux-mêmes qu’au bout du compte, ils ne sont plus personne: cela est manifeste, jusqu’à la douleur chez Bud Powell (1924-1966).” Voilà une sacrée phrase d’un bel écrivain qui place très haut dans la musique le pianiste que beaucoup trop de gens oublient de citer quand ils évoquent Miles Davis, Monk, Coltrane, Mingus ou Parker. “L’œil et l’oreille sont dans l’esprit, et l’esprit, dans le cœur” écrit aussi Jean-Baptiste Fichet qui sait très bien mettre noir sur blanc l’essentiel avec la grâce littéraire qui fait la différence par rapport aux analyses trop techniques. Son livre est un somptueux hommage au virtuose dont on ne parle pas assez. Sur la vidéo on le voit vivre à 100 % chaque note. Il vibre comme Hendrix avec sa guitare.
Né dans une famille de musiciens, le petit Bud Powell hérite de la fibre musicale.
En plus, il est doué. Sa vie est tracée par ce destin tout trouvé. Hélas ! il va aussi devoir vivre celui d’un maudit. Tabassé par un policier en 1945, le musicien ne va plus cesser d’avoir des problèmes avec son cerveau qui lui fait des misères. Il séjourne en hôpital psychiatrie tel un Artaud du jazz. Même à mes pires ennemis- je n’en ai pas- je ne souhaite pas le calvaire qu’a vécu Bud Powell. On en éprouve des hauts le cœur quand on se met à sa place. Lui, un homme si sensible, si fin, si spirituel, être obligé d’avoir l’existence d’un malade mental, broyé par la médecine. Celle du temps de Molière, celle qui tue au lieu de soigner. Ne parlons pas de guérir ! Les électrochocs… que de dégâts dans le cerveau d’un génie de la musique.
Jean-Baptiste Fichet a raison de préciser que l’on peut se permettre d’écrire : le “génial Powell"… dans un monde où l’on n’hésite pas à traiter en déesse du PAF la nouvelle greluche siliconée. S’il existe un prix Goncourt du livre musical, il faut le donner à cet ouvrage de Jean-Baptiste Fichet qui j’en suis déjà presque certain est l’un des meilleurs livres que je lirai en 2017. Il contient assez de vrais élans littéraires pour me plaire.

-La beauté Bud Powell, Jean-Baptiste Fichet (Bartillat, 204 p., 17 €)

Commentaires, Pingbacks:

Cet article n'a pas de Commentaires/Pingbacks pour le moment...

Laisser un commentaire:

Votre adresse email ne sera pas affichée sur ce site.
Votre URL sera affichée.

Balises XHTML autorisées: <p, ul, ol, li, dl, dt, dd, address, blockquote, ins, del, span, bdo, br, em, strong, dfn, code, samp, kdb, var, cite, abbr, acronym, q, sub, sup, tt, i, b, big, small>
(Les retours à la ligne deviennent des <br />)
(Sauver le nom, l'email et l'url dans des cookies.)
(Autoriser les utilisateurs à vous contacter par un formulaire de message (votre adresse email ne sera PAS révellée.))

Juin 2017
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
 << <   > >>
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30    

Le blog de Bernard Morlino

Rechercher

powered by b2evolution free blog software