Oscar Wilde en Amériques. Les Interviews. (Bartillat)

27.10.16

Permalien 17:27:02, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, CANTONALAND  

Oscar Wilde en Amériques. Les Interviews. (Bartillat)

“Je resiste à tout sauf aux tentations” disait ce qui voulait mettre son génie dans sa vie, réservant son talent à l’oeuvre. Il n’a donc pas pu résister aux interviews. Pionnier en la matière, il en a accordés 98 aux Etats-Unis en 1882, oui 98 en un an ! Faut le faire, surtout à l’époque. Il avait compris l’importance de la presse. Aujourd’hui, Il fera toutes les émissions possibles et imaginables. Il n’irait pas que sur France Culture. Ce livre en publie plusieurs.
Le 3 mai 1882, dans Dayton Daily Democrat:
“J’ai trouvé l’Ouest magnifique, beaucoup plus que l’Est qui ressemble trop à l’Europe. La Californie m’a enchanté. Tout y est neuf, si étonnant, si passionnant.”
Plus loin, le même jour:
“Apprendre aux gens qu’ils peuvent trouver de la beauté partout, c’est leur ouvrir les yeux pour qu’ils contemplent la nature”. Beau programme.
Le journaliste insiste: “Que pensez-vous de la folie esthète ?”
Wilde: “ Mais ce n’est pas de la folie !”
Chaque entretien est inséré dans un portrait de l’écrivain, dandy par excellence. Foulard rouge qui se marie au teint mat.
Pendant son séjour en Amérique, il a donné des conférences. A l’époque, il n’a pas encore publié ses chefs d’œuvre. C’est alors un poète qui prône pour géopolique un programme qui met l’art au premier plan. A New York comme à San Francisco, il fait sensation. Les Américains l’acclament et lui trouve triste le pays qu’il visite.
Les journalistes le décrivent comme un quelqu’un à “la voix efféminée”. Il est vu comme un androgyne. L’homophobie règne.
Sur les photos, Wilde pose pour l’éternité. Il sait que le look ça compte. C’est au fond un Rockstar, et mieux vaut lire les anciennes interviews de Wilde que les nouvelles de Jean d’Ormesson qui s’est fait allumer sur France 2 parce qu’il n’a pas fait la Seconde Guerre mondiale. Nobody is perfect ! L’académicien a part ailleurs expliqué qu’il ne pouvait pas faire de politique car il pensait que son interlocuteur voire contradicteur avait peut-être plus raison que lui. C’est du Berl 100 %. Malraux a dit de Berl qu’il ne pouvait pas être un politicien de métier car il n’avait pas le sens de l’ennemi.

-Oscar Wilde en Amériques. Les Interviews. Edition présentée, annotée et traduite de l’anglais par François Dupuigrnet Desroussilles. (Bartillat, 243 p., 20 €

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Commentaire de: Gebe [Visiteur] Email
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