Un romancier de l'immédiat: "Guerilla. Le jour où tout s’embrasa". Laurent Obertone.(Ring)

18.10.16

Permalien 15:22:22, Catégories: LITS ET RATURES  

Un romancier de l'immédiat: "Guerilla. Le jour où tout s’embrasa". Laurent Obertone.(Ring)

Il n’y a qu’en France que l’on voit ça: un écrivain carrément interdit de presse car il dérange le Landerneau littéraire. Et quand on l’invite, on lui fait passer un interrogatoire gestapiste pour savoir s’il ne serait pas un sous-marin du FN !
RAS en fait. Depuis Chamfort- pas le chanteur…- les pyromanes sont protégés alors qu’on dézingue ceux qui sonnent le tocsin. Obertone sonne celui de la guerre civile.
Les actes terroristes contre les forces de l’ordre s’empilent les uns aux autres.
Naguère, un couple de policiers a été assassiné. Double meurtre plus que barbare. On a vu aussi un panier à salades en flammes sans rien dedans puis un autre avec des forces de l’ordre à l’intérieur.
Tout ça dans le beau pays français. En marge de tout ce terrorisme national, les policiers ont fait une manifestation nocturne le 17 octobre 2016. Les forces de l’ordre sont mécontents car ils ne sont pas protégés. On est obligé de se pincer pour voir si tout cela est bien réel. Au fait, gardiens de la paix ou gardien de la guerre ?
Laurent Obertone n’a pas attendu l’actualité pour s’en inspirer. L’actualité est à la traîne pour être à hauteur de ce qu’il annonce dans son roman: une guerilla.
Je préfère l’essayiste de La France Orange mécanique (2013) et de La France Big Brother (Éditions Ring, 2015)au romancier même si je l’encourage car lui au moins s’attaque à ce qui nous entoure et n’expose pas son nombril comme 95% des auteurs qui hélas ! ne s’appellent pas Henri Calet mais plutôt J’endors Messon… Obertone est plus violent quand il dresse des constats que lorsqu’il passe dans le romanesque parce que la réalité dans la France actuelle dépasse vraiment la fiction. Dans son nouveau roman, il s’inspire de documents secrets pour tisser sa trame romanesque. Les deux livres que je cite ci-dessus lui ont valu un torrent de boue de la part des bobos. Ils sont où ceux qui disaient qu’ils en avaient marre qu’on désigne toujours les mêmes comme coupables ? Ce discours des rebelles de Monoprix fait bien rire chez les délinquants.
Dans la France de l’An 2000, si vous dites que Paul Pogba n’est pas un footballeur du niveau de Platini on vous taxe de raciste, et si vous lisez Obertone, on vous assimile à un FN. Laurent Obertone n’a pas la bonne carte médiatique, comme disait Philippe Noiret. Il vaut mieux défendre les dictateurs comme certaines stars du PAF, sur lesquelles on ferme les yeux sur tout, qu’être indépendant. Laurent Obertone ne bénéficie d’aucun réseau, c’est une grande qualité pour créer. Seul le livre compte, je ne suis pas de la milice littéraire qui monte au sommet des livres illisibles.
Guerilla se lit non sans plaisir de lecture- car on entend une voix- mais il est impossible de frémir quand on lit un roman qui annonce la fin de la France- et ce n’est pas forcément une métaphore ! – si l’on pense au Bataclan, à la Promenades Anglais ou au curé égorgé.
N’empêche Obertone n’est pas une copie de Houellebecq. Et encore moins de l’autre pisseur de copies qui se prend pour Philippe Henriot ! Il a son propre style et c’est bien comme ça. Il ne l’envoie pas dire, il le dit: «Sur les réseaux sociaux, il se vantait de baiser des Blanches, pour se venger de l’esclavage » (page 58), écrit-il sur un personnage dont l’auteur dit qu’il est plus revanchard que raciste. Page 61 : «Ne jamais tirer sur l’homme de couleur» cite le narrateur pour nous expliquer la politique de ceux qui nous gouvernent. Ces mêmes personnes osent dire que la République n’est pas menacée par les communautés alors que le drapeau tricolore a sérieusement déteint.
On rit jaune chez Obertone quand il nous mentionne «l’amendement Fofana». (page 66) et la «cité Taubira » omniprésente dans le roman. Dans le métro, on y organise des ventes «de pistolets à eau, dont les bénéfices » iront aux victimes du terrorisme. On a vu ce genre d’armes quand les policiers les ont sorties pour tirer sur l’assassin au volant du camion à Nice, ville victime de l’incompétence et de la désinvolture, la double peine infligée aux citoyens. Page 402, Obertone nous aligne le programme à venir. Chaos assuré. Allez-y voir ! Vous n’en reviendrez pas.

-Guerilla. Le jour où tout s’embrasa. Laurent Obertone. Ring, 415 p., 19,95 €

Commentaires, Pingbacks:

Commentaire de: Cornellas [Visiteur] Email
Excellente (et courageuse) recension. Merci M. Morlino, je vais acheter ce livre.
PermalienPermalien 18.10.16 @ 16:36
Commentaire de: morlino [Membre]
Mieux vaut lire Obertone que perdre son temps avec Liverpool-Man United, version 2016.
PermalienPermalien 18.10.16 @ 16:43
Commentaire de: Manu [Visiteur] Email
Comment dire ?
Ne le lisez pas si vous pensez que tout va bien (vous n'en avez pas besoin) mais pas non plus si vous pensez que tout va mal (vous n'en avez plus besoin).
Ne le lisez que si vous êtes indécis sur le sort futur de notre société occidentale.
Ce livre vous fera basculer d'un côté ou de l'autre. Soit il deviendra pour vous une sorte d'évangile du futur (vachement anathème), soit vous balancerez le livre à la poubelle car il ne vous inspirera que répulsion...
Pour moi, c'est l'évangile anathème !
PermalienPermalien 18.10.16 @ 18:41

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