Le coeur pur René Marsiglia (1959-2016)

27.09.16

Permalien 11:03:07, Catégories: LE GYM E BASTA, GRAND MONSIEUR  

Le coeur pur René Marsiglia (1959-2016)

Nice a perdu l’un des ses meilleurs fils né à Aubagne.

Le message de la famille de René Marsiglia:

“Nous voulions vous faire savoir que Papa, René, Néné, Frérot, Coach, sera visible à L’athénée de Cannes, 223 avenue de Grasse, à partir de mardi 27 septembre 2016, 14h et jusque jeudi 29 septembre, 18h30.
Une messe en son honneur aura lieu à l’Eglise Notre Dame de Bon Voyage, 2 rue Notre Dame, 06400 Cannes, à 11h, vendredi 30 septembre 2016.”

Quand j’ai appris sa mort, j’ai voulu lui téléphoner !
Non pas pour vérifier mais pour lui parler.
Je ne l’ai pas fait.
Ensuite, j’ai consulté ses SMS. Tous là. Rien d’effacer.
En le relisant, j’entends sa voix.
Notre société médiatique est imbécile.
C’est lui qu’il fallait entendre et non pas tous ces guignols de 1998. S’il suffit d’avoir porté la valise de Zidane pour clamer qu’on a été champion du monde… Champion de la suffisance, c’est certain.
René Marsiglia, lui était champion de l’humilité, cette école de la perfection.
C’est inconcevable de se dire que René Marsiglia est mort.
Un homme comme lui ne devrait jamais mourir.
La vie est mal faite.
La pudeur m’empêche de m’étendre sur lui. Je pense à la promesse de René Fallet- tiens ! un autre René…- et de Georges Brassens qui s’étaient jurés de ne pas parler de l’autre dans le cas de la mort de l’un d’eux.
Sachez que René avait une voix si douce qu’elle était envoutante avec son accent ensoleillé.
Il avait le culte de la l’amitié et une éthique inoxydable.
Quand il donnait un jugement définitif, il terminait:
“Attention, mon Bernard, je peux me tromper…”
Je le revois au stade Michel Hidalgo lors d’un Saint-Gratien-Cannes capital… Son équipe avait perdu: il était d’une tristesse insondable.
J’allais voir Nice à l’extérieur. Je le saluais au début et à la fin, quand il remontait dans le bus.
On est devenu ami au moment de sa blessure au talon d’Achille.
Il est revenu sur la pelouse ensuite, le chef du tacle glissé.
Un défenseur solide à la fine silhouette, un peu comme Gary Neville.
Une volonté d’acier, une vista exceptionnelle.
Il aimait lire.
Une âme proustienne, à jamais redevable aux années de son enfance.
Il fallait l’entendre parler de son père. Quel admiration !
René était le fils rêvé. Il rendait au centuple l’amour donné.
Il restait inconsolable des années passées avec ses parents. Si je lui disais que je faisais une pissaladière, il me disait: “Cela me ramène aux casseroles de ma mère. S’il n’y a pas l’odeur, il n’y a pas le goût".
Il a très bien fait de continuer à travailler pendant sa maladie, cela l’a maintenu en vie.
Je l’entends encore me dire:
-"Oh ! Bernard…. tu te rends compte, X… fait des séances d’entraînement, sans sifflet: il siffle avec la bouche… C’est pas vrai ça!” Et il riait, riait.
Il analysait les matchs de manière magistrale. Il aurait fait un consultant de haut parage.
René ne se plaignait jamais.
Dernièrement, il souhaitait avoir un bout de jardin pour faire un potager. Le Voltairien voulait encore et toujours cultiver son jardin.
Le football a perdu un très grand serviteur. Et nous un être sur qui on pouvait compter.
L’important ce n’est pas d’être triste.
L’atroce c’est qu’il ne soit plus en vie.

Le témoignage de l’ex Aiglon Anthony Mounier:
-"René nous a sortis d’une drôle de galère. Je me rappelle de l’un de ses discours. Pour l’imager, il avait sorti onze crayons et les avaient cassés un par un. Ensuite, ils les avaient collés en nous disant : « Essayez de les casser, tous rassemblés ! » C’était ça René. Un homme merveilleux. On est toujours resté en contact. C’était un exemple. Il savait relativiser, trouver les mots pour te réconforter, te redonner confiance. Il a beaucoup compté pour moi. Lors de mon mariage, il était là. J’ai plein d’images en tête. Il ne s’est jamais plaint. Je pense à sa compagne Marie, à ses enfants, à ses proches. C’est une terrible nouvelle. Ça fait mal de savoir qu’il n’est plus là. »

PS: dans Nice-Matin du mardi 27 septembre 2017, il y a un très grand article sur l’amitié entre René Marsiglia et Roger Ricort, par Philippe Camps. C’est la grandeur du football, et du journalisme. Cela purifie tout le système. Les deux Aiglons forment un duo éternel dans les annales de l’OGCNice comme auparavant Francis Isnard et Maurice Serrus.

Commentaires, Pingbacks:

Commentaire de: stan06 [Visiteur] Email
merci pour ce beau billet mr morlino
PermalienPermalien 28.09.16 @ 08:16
Commentaire de: dick van [Visiteur] Email
Hommage ému et touchant de Fred Gioria à René Marsiglia sur ogcn.com dans les réactions d'après-match de Nancy-Nice.
PermalienPermalien 28.09.16 @ 12:03
Commentaire de: dadou [Visiteur] Email
loool encore supprime alors on fais la leçon a la terre entière et on applique pas ses propres principes
PermalienPermalien 28.09.16 @ 17:14

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