La rentrée en force des consultants à la place des journalistes

18.08.16

Permalien 17:51:47, Catégories: BLONDINEMENT A XV, LA REVUE DE STRESS  

La rentrée en force des consultants à la place des journalistes

“Les joueurs passent mais les journalistes restent", a dit Michel Platini quand il a raccroché les crampons.
Jadis, les anciens sportifs, même les très grands, tenaient un bar-tabacs ou un kiosque à journaux, à l’heure de la retraite, quand ils étaient dans la force de l’âge. D’autres ouvraient un magasin de sports.
Ensuite, il y a eu la période où quelques-uns sont devenus représentants d’équipementiers pour imposer des marques dans la paysage économique.
A présent, nous sommes dans la vague importantes des consultants.
Robert Chapatte, lui, avait la particularité d’avoir été un cycliste professionnel recyclé journaliste avec tellement de brio qu’on oubliait qu’il fit le Tour de France comme coureur. Chapatte était à la fois consultant et journaliste.
Il y a eu aussi Pierre Abaladejo mais le rugbyman restait dans la peau du consultant auprès de Roger Couderc. On n’a pas fait mieux.
Au tennis, feu Patrice Dominguez excellait au point qu’il était plus journaliste que consultant.
Au football, on a apprécié Roger Piantoni quand Robert Herbin ne réussit pas à s’imposer, beaucoup trop introverti au micro. Dans le même registre, Dominique Rocheteau a renoncé à œuvrer sur Radio France quand il a intégré le staff de l’ASSE. Tous n’ont pas cette délicatesse. On en voit qui cumulent des fonctions, à la radio, à la télé et comme coach.
En ce qui concerne le football, Thierry Roland resta longtemps la voix la plus importante avec Jean-Michel Larqué, qui lui aussi restait, et reste encore, dans la peau du consultant à l’écart de celle du journaliste.
Aujourd’hui, les footballeurs à la langue bien pendue sont partout.
SFR fait sa campagne de com. rien qu’avec des anciens joueurs: certains se font leur pub en cassant Domenech; d’autres, se sont relancés en critiquant Zidane. Pas besoin de donner leur nom si vous suivez les aventures du PAF vous savez de qui je parle.
SFR a désormais les droits de la Premiere League. SFR vient de s’associer à BeinSports. On attend la réaction de C + dont beaucoup d’abonnés ont l’impression d’avoir été trompés car ils se sont abonnés à C + pour le football anglais qui n’y est plus.
On a vu des joueurs de 1998, génération dorée, choisir les médias plutôt que le terrain, sauf Blanc et Deschamps. Zidane, lui, est hors concours, à la fois, consultant de luxe, icône et entraîneur. Des Zidane, cela ne court pas les rues même si ses enfants semblent bien partis pour honorer encore leur nom de famille.
Avoir été un grand joueur ne signifie pas devenir un grand coach: il est où Maradona ?
Zidane a dores et déjà réussi comme coach tout comme Beckenbauer, Cruyff, Guardiola et Ancelotti.
Un grand joueur ne fait pas forcément un grand consultant et encore moins un grand journaliste, voire éditorialiste.
Je ne lis jamais un article signé par un joueur - c’est souvent des trucs dits au téléphone et récrits ensuite par un rédacteur-, excepté ceux de Mats Wilander, toujours très pertinent.
Beaucoup d’anciens joueurs signalent souvent: “Moi, je ne suis pas journaliste…". On le sait très bien.
Une forte présence de consultants est une nuisance. Comment peut-on critiquer Didier Deschamps quand on est son ancien partenaire ? On a vu que ceux qui critiquaient Zidane étaient en fait jaloux de sa notoriété.
Récemment j’ai apprécié Rudi Garcia, très bon pendant l’Euro.
Eric Carrière est un très consultant.
Beaucoup m’endorment car ils ont trop peu de personnalité. Sur le terrain déjà ce n’était pas terrible.
Omar Da Fonseca est fantastique pour sa poésie, son enthousiasme et sa mauvaise foi affichée.
David Ginola se révèle être, lui, un très bon présentateur- ce qui est encore autre chose-, grâce à son physique et sa compétence.
Pour être un bon journaliste, un bon consultant, il faut être compétent, rester naturel et respecter l’auditeur, le téléspectateur, le lecteur.
La passion n’est pas le maître mot, comme on le croit.
Un imbécile peut être passionné.
Un journaliste à côté d’un consultant doit faire attention à ne pas devenir une simple speakerine.
Désormais, les consultants sont dans la peau des éditorialistes pendant que le journaliste n’est plus qu’un passeur de plats.
Dans la presse écrite, Antoine Blondin, était à la fois journaliste, consultant et surtout poète.
La tendance n’est plus à ce que l’on dit mais à qui le dit.

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