Antoine Blondin, le champion du jeu de mots (Edition Pierre Guillaume de Roux)

19.04.16

Antoine Blondin, le champion du jeu de mots (Edition Pierre Guillaume de Roux)

Blondin, Audiard, Verneuil, Gabin, Belmondo, l’amitié… C’est plus un programme qu’une distribution.

Il a écrit aussi peu de livres que Jacques Tati a tourné de films.
La qualité prime la quantité. Il ne faut pas confondre écrivain et auteur.
Blondin c’est l’enfance dont on se remet pas- pour reprendre un lot de Pascal Jardin- mais c’est surtout le culte de l’amitié, la passion du sport, l’amour du français et de la littérature. L’écrivain n’écrivait pas n’importe comment. Il jouait des mots comme on joue de la musique et c’est ce qui compte. Ecrire ce que l’on pense ne suffit pas. On a du style ou pas. Blondin en avait. C’est pour cela qu’il aimait tant les champions sportifs. Il aimait aussi boire, trop. «On boit ensemble mais on est saoul tout seul » a-t-il dit avec lucidité.
A la mort de Roger Nimier, il est devenu triste comme les pierres. La perte de son meilleur ami, mort en voiture, l’a mis K.O. La mort de l’un des frères rugbymen Boniface a encore souligné sa solitude. A l’origine, il a bu parce qu’il bégayait. Boire le décomplexait. On ne va pas réduire l’écrivain au rang d’alcoolique. Tous ses livres sont excellents. Un style, une voix, un son, un certain ordre des mots, du rythme.
Alain Cresciucci passe au peigne fin l’œuvre de Blondin, citant des extraits ici et là pour démontrer ce qu’il analyse et analyser ce qu’il démontre. «Les personnages blondiniens et Blondin comme personnage vivent dans un monde chimérique que, finalement, le réel rattrape ». Si vous n’avez jamais lu Blondin, ce livre est une bonne acclimatation à son univers. Ensuite, lisez Blondin, n’importe quel livre. Tout est bon chez lui. Romans comme articles. C’est l’un de nos meilleurs écrivains d’après guerre. Provocateur, insolent mais jamais désinvolte, il aimait dire: “Je n’ai jamais osé être de gauche quand j’étais jeune, de peur de devenir de droite en vieillissant". Un jour invité lors d’un meeting de Mitterrand à parler au micro de la tribune politique, il a dit à Vichy: “Cher Vichyssois… Chers Vichystes !". On lui a coupé aussitôt le sifflet! C’est ainsi que se termina sa très brève carrière politique.

-Le Monde (imaginaire) d’Antoine Blondin, d’Alain Cresciucci, Pierre Guillaume de Roux, 207 p., 21 €
-Blondin, 25 ans après. Jean Cormier et Symbad de Lassus. Editions du Rocher, 240 p., 18,90 €
-Sur le Tour de France, Antoine Blondin. La petite vermillon, 153 p., 7,10 €
-Louison Bobet, Jean Bobet. Preface Antoine Blondin. La petite vermillon, 228 p., 8,70 €

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