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27.03.16

En route avec Warhol qui va à Hollywood (Rivages Rouge)

Ici, Andy Warhol illustre toute la solitude moderne. Tout est dit. Sans rien dire. A la fin, il signe. Oui, c’est une œuvre d’art. La preuve, il est mort, et le mini film reste.

VoiciL le voyage initiatique de l’icône du Pop Art au temps où il cherchait l’inspiration auprès de Dennis Hopper et de Marcel Duchamp. Nous le refaisons avec lui, avec eux. A consommer sans modération. «Road trip à travers l’Amérique pop des sixties» dit le sous-titre à juste titre. «Parfois, on s’aperçoit que les petits moments qui nous semblaient insignifiants sur le coup ont en fait marqué toutes une période de notre vie» s’est aperçu Andy Warhol, nous le rappelant dans son livre The Philosophy (1975). On retrouve avec plaisir la construction intellectuelle qui a amené le peintre à comprendre qu’il devait se servir des boîtes de soupe Campbell pour décrire le mieux possible son époque. Cela découlait de l’urinoir de Duchamp. Le dadaïste avait décidé qu’il suffisait de prendre un objet manufacturé et de le signer pour le transformer en œuvre d’art. Warhol lui rend historiques nos produits de consommation courante. Il les détourne pour nous en faire prendre conscience. Il rend iconique une soupe ! C’est ça le génie. Il fallait le faire, et c’est lui qui l’a fait.
A sa suite, je ne vois que César et Armand. César a compressé des motos. Il me disait : «Les Japonais sont fous. J’achète des Honda et je les compresse. Ils en redemandent !» Armand, lui, alignait le même objet à l’infini. La réunion Hopper et Warhol était écrite. Ils avaient la rage d’expression. Hopper homonyme d’Edward Hopper, amusant. Encore un signe. Warhol a compris que les autres préféraient connaître ce que vous présentez plutôt que ce vous êtes vraiment. Il est vrai que les gens s’adressent à vous selon votre fonction. Vous êtes président de la République, les gens se vautrent devant nous. Vous êtes livreur de pizzas, il ne vous regarde même pas. Toute cette comédie est grotesque c’est pour cela que Warhol l’a mise en boîte !
Le voyage de Warhol dans les années 1960 est complétement initiatique. Plus il roule plus il trouve son identité, ce qu’il veut faire et ne plus faire. Il riait quand il voyait que personne ne considérait sérieusement le Pop Art. Andy Warhol est le phare d’après-guerre. Il n’a pas fini de nous éclairer.

-Andy Warhol va à Hollywood, Deborah Davis. Traduit par Nicolas Guichard. Rivages Rouge, 240 p., 21 €

[Post dédié à Jim Harrison]

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