Le décryptage de l'affaire Aurier: du refus de sortir de Luiz à la venue de Chelsea

15.02.16

Permalink 13:31:28, Catégories: FOOT FRANCHOUILLARD, ANTI-FOOTBALL  

Le décryptage de l'affaire Aurier: du refus de sortir de Luiz à la venue de Chelsea

Ecoutez le monumental Trapattoni. L’Italien parle parfaitement l’allemand. C’est un homme fantastique. Un entraîneur fantastique. Jamais aucun joueur n’aurait osé lui faire ce que Luiz et Aurier ont fait à Blanc. L’autorité est indispensable dans le bagage d’un manager. Autorité=respect.

-Dimanche 7 février 2016, L1
Marseille 1-2 PSG
Vers la fin du match, le PSG mène 2-1 sur la pelouse de l’OM, quand Blanc veut faire sortir David Luiz pour lui éviter la blessure. Le joueur brésilien refuse de quitter le terrain. A la fin du match le coach dit: « Il est resté sur le terrain, dit Blanc. Il a bien fait car il a été excellent dans les 10 dernières minutes.” Double erreur de management: ne pas se faire respecter et en plus féliciter le joueur.

-Mercredi 10 février, Coupe de France 8e
Paris 3-0 Lyon
Le lendemain de ce match, le club prolonge le contrat de Blanc:
« Il s’agit d’une marque de confiance forte, ainsi que pour mon staff d’ailleurs. Un entraîneur n’est rien sans son staff. Pour nous, continuer l’aventure est une marque de confiance mais aussi une grande responsabilité. Il ne fallait pas refaire signer Blanc avant le 8e de C1 PSG-Chelsea du 16 février. Surtout après que Luiz ait refusé d’obéir. Le club l’a fait resigner pour montrer qu’il est le patron mais personne n’est dupe, et cela fait tomber la pression contre Chelsea.

-Samedi 13 févier, L1
Paris 0-0 Lille
Conséquence immédiate de deux erreurs précédentes.

-Dimanche 14 février
L’affaire de la vidéo Aurier éclate. On y voit le défenseur latéral traiter de “fiotte” Blanc entre autres propos discourtois en direction d’autres partenaires. “Fiotte” sans doute parce que Luiz a fait sa loi devant celle de Laurent Blanc.

-Lundi 15 février, 14 h
Conférence de presse de L. Blanc d’avant C1. Le service de com. du PSG a déclaré qu’il n’y aurait qu’une question sur l’affaire Aurier. Nous sommes en démocratie, nom de Zeus ! Très touché, atteint dans son honneur, L. Blanc a déclaré qu’il dirait sa façon de penser à Aurier mais qu’on n’en saura jamais rien. Pour l’instant, il s’est contenté de dire que le défenseur n’avait pas la reconnaissance du ventre puisque le coach l’avait extirpé de l’anonymat du Toulouse pour le starifier à Paris. Un journaliste a tenté de faire parler Blanc sur son déficit d’autorité. Le champion du monde 1998 a esquivé la question et donc la réponse ! Il a avoué aussi qu’il n’avait pas pu préparer le match contre Chelsea dans les meilleures conditions. Quel aveu ! Chelsea peut avoir le moral. Il va falloir que les Parisiens soient très forts mentalement pour l’emporter.

-Mardi 16 février
PSG 2-1 Chelsea, 8e aller de C1
Après toute cette zizanie parisienne, Chelsea vient à Paris en conquérant.
Ibrahimovic a ouvert le score sur un coup franc dévié. Les Londoniens ont égalisé avant que Cavani ne donne la victoire au PSG. A Londres, cela sera très compliqué. Paris a bien sûr aussi les moyens de marquer à l’extérieur, mais Chelsea reste mon favori car les Blues reçoivent au retour.

PS: je rappelle qu’il y a peu Zlatan Ibrahimovic a traité la France de “pays de merde". Et l’icône a été confirmée dans son rôle emblématique. Il faut préciser que le Suédois est un joueur de très grand talent, lui.

Commentaires, Pingbacks:

Commentaire de: Pierre [Visiteur] Email
En France, la bêtise et la vulgarité la plus impudente, la plus mediatisée aussi, gagnent 350.000 euros par mois dans une institution de prestige, le Quatar saint Germain... Merde in France, dit l'ami Dutronc. Impossible de ne pas pressentir que notre société se délite et qu'une période sauvage signale son arrivée imminente. Heureusement, pour un euro cinquante, un bouquiniste m'a vendu Silvia : j'ai decouvert dans les quelques pages ou l'auteur décrit sa rencontre avec Silvia, parmi les plus belles pages de la littérature française. Certainement le plus beau récit de rencontre amoureuse de notre littérature. L'époque est injuste avec Berl. Il est incompréhensible pour moi que ces pages inoubliables restent méconnues. Aurier et les autres Néanderthaliens peuvent continuer avec leur brouhaha, leur pognon. Je m'en fous : je lis Sylvia. Tout cela m'indiffère finalement.
PermalinkPermalien 15.02.16 @ 22:38
Commentaire de: morlino [Membre]
Oui, pour Sylvia. La littérature est confidentielle. Tant pis pour eux. Un jour, Berl pense sans cesse à Sylvia et ne se rend pas compte qu'elle dans le même restaurant que lui. Berl a travaillé pendant des années ce récit. A 20 ans, j'allais chez Berl le plus souvent possible. Je l'obligeais à regarder sur sa vieille télé les matchs de l'équipe de France du début des années 1970.
PermalinkPermalien 15.02.16 @ 22:59
Commentaire de: Stéphane PERAGNOLI [Visiteur] Email
Le Laurier ne luit plus, il se meure.

Rentrer de nos jours dans la tête d’un joueur de football est quelque chose de bien risqué. Ce n’est pas tant le coup de vent dû à un appel d’air magistral que l’on redoute mais plutôt le sac de nœud à l’intérieur de la cavité où est censé siéger l’intelligence de l’homme.

Aujourd’hui Serge Aurier, hier Benzema, Valbuena, Ribéry, Nasri, Anelka. Quand ils ne veulent pas se sentir seuls les gominés ronflants la jouent collectif et se cachent pour mourir, comme à Knysna. Le football français, depuis l’appel aux noces de Raymond Domenech à l’Euro 2008, à peine l’élimination en poche de son équipe et en direct face caméra, le football en France est une farce de plus en plus grande, de plus en plus de mauvais goût, de plus en plus insupportable.

A l’heure où on s’éclate dans les stades aux quatre coins de la planète, du Mexique à l’Angleterre en passant par l’Espagne, les artistes régalent et le public déguste à coups de grandes lampées des mets à la saveur passion. En France, les banquets fadasses sont dressés par des marmitons prétentieux emplis d’une vulgarité nauséeuse foutant la gerbe aux amoureux du ballon rond.

Quand le coach perd le contrôle de son troupeau d’enfants gâtés, où peu ont gagné sur le pré vert leur statut de champion et où tous les autres n’ont gagné que des millions, l’entraîneur pense alors qu’il n’est pas juste d’être le seul couillon dans cette tragédie de vestiaire.

Si David Luiz décide tout seul de ce qui est le mieux pour son équipe en invoquant son indispensabilité sur le terrain jusqu’au trois coups de sifflets de l’arbitre, c’est un affront que ne subirait pas les hommes qui ont comme essentiels l’ordre et le respect. Trapattoni, Ferguson, Capello, Lippi, Guardiola, Wenger et bien d’autres encore, ont conquis leur vestiaire par l’exemplarité et par l’exemple. L’exemplarité de sa personne qui ne laisse aucun doute sur les valeurs que l’on porte en soi évitant ainsi de perdre l’autorité sur des petits malins qui vous pensent illégitime. L’exemple par lequel on mâte, on redresse, on flagelle les insoumis qui font défaut au collectif pour mieux assoir leur égo, ébranlant de la sorte le pouvoir du chef, parce qu’au sein d’un groupe d’hommes un chef il doit-y avoir. En football en tout cas. Il n’y aurait pas eu Knysna si Domenech en avait eu entre les jambes au lieu de se les mâcher.

Blanc a faibli, Luiz l’a bafoué, Aurier l’a humilié et toute la France en parle. Jamais telles choses auraient pu se produire il y a encore quinze ans. Les champions du monde 98 n’auraient jamais pu penser faire du tort à Aimé Jacquet, victoire ou pas. Ferguson n’a pas hésité à balancer une paire de crampons dans l’arcade sourcilière de David Beckham. Le petit Mancunien d’alors n’a pas bronché et il est devenu, avec Ferguson, un grand Champion. Le Maître éduque l’élève, pas l’inverse. Le même Fergusson n’a pas eu le moindre problème avec Eric cantona. Une loi, quand deux montagnes se rencontrent naît une chaine de montagnes indestructible. Des coups de sang dans un vestiaire il y en a tous les week-ends. Tous les entraîneurs ne baissent pas les yeux et tous les joueurs ne sont pas assez cons pour tout foutre en l’air en une seule seconde, suffisante à perforer le sac de confiance. En d’autres temps, les grands joueurs ne se reconnaissaient pas seulement au palmarès ni même au talent. Le savoir-vivre et le savoir être était la marque de très forts. Max Bossis portait classe et élégance tel un majestueux flamant rose. Il n’a jamais reçu un carton de sa carrière, ni jaune ni rouge. Un exploit pour un défenseur de stature internationale. Même les plus réfractaires à l’autorité et à la discipline ont encaissé un jour la leçon pour comprendre. Si David Luiz a souhaité rester sur la pelouse alors que son entraineur voulait faire un changement « intelligent » à dix minutes de la fin, il ne faut pas oublier que des gars ont de leur propre chef fait le chemin inverse. Patrick Battiston a feint une blessure aux adducteurs à dix-sept minutes de la fin de la FINALE de l’Euro 84 contre l’Espagne. Les Bleus menaient seulement 1 à 0 quand Battiston fit signe à son banc pour opérer le changement avec… Manuel Amoros. Amoros le fougueux, suspendu depuis le premier match pour avoir frotté son front contre celui d’un danois. Battiston voulait que son pote goûte à la joie d’un grand titre sans doute parce que tous les deux faisaient partie de ceux qui avaient trop pleuré à Séville, deux ans plus tôt. De la classe, le sens du partage et de la camaraderie à l’état pur qui a failli couter cher au bordelais quand Yvon Le Roux écopait d’un rouge alors qu’il ne restait que six minutes à jouer. Bruno Bellone viendra dérider les fesses du généreux Patrick Battiston dans les arrêts de jeu. Et oui, généreux David Luiz, généreux on te dit.

En quinze ans bien des choses changent, certes, mais le football à l’instar d’une chanson ne change pas. Seules les paroles sont travesties et la musique saccagée par des pitres blasés, croyant tout savoir du monde qui les entoure au motif que celui-ci leur appartient parce qu’ils ont pour eux la monnaie la plus enviable : la jeunesse. Mais comme disait Casanova de Seingalt « Savoir mal est pire qu’ignorer ». Les médias sont complices de cette bêtise, la connerie fait vendre de nos jours, de la même façon que tout ce qui gravite autour du sport professionnel, sponsors, partenaires, agents, etc. L’argent seul ne peut pas rendre aussi con. Du fric il y en a toujours eu dans le football, peut-être pas à ce niveau d’indécence mais un billet n’a pas le pouvoir de vous rendre aussi con sauf si, à la base, vous l’êtes déjà.

Un footballeur de nos jours ? Un gars avec une centaine de mots à son vocabulaire d’où certains sont promus au rang chevaleresque d’allocution grinçante comme « cousin », « frère », « gros », « fra », ou bien le très poli mais non moins agaçant « voilà ». Le tout monté sur un ton arrogant. On y ajoute un casque sur les oreilles pour écouter sa musique sur l’un de ses Iphone, des fringues de fashion victime, casquette et diamants aux oreilles, un look qui ferait pleurer le Kaiser Lagerfeld. Au cliché chichement vendu il ne manque que les voitures de sport ou le gros SUV pour célibataire séducteur et le compte n’est pas loin d’être bon. Des garçons peu instruis et mal éduqués. L'éducation est ce qu'il manque à l'ignorant pour reconnaître qu'il ne sait rien. Une génération à l’image de notre société, malade. Meurtrie par le manque d’exigence, de rigueur. Des valeurs que l’on doit pouvoir cultiver avant tout soi-même pour soi mais aussi pour les autres. Chamboulée par la perte des principes comme le respect, la civilité, la considération, le partage, on trouve une société recroquevillée sur elle-même. Ainsi atteinte, sans armes utiles à la paix, elle explose à tout instant. Le footballeur dépourvu de ces mêmes valeurs aura tôt ou tard un agissement mal venu, certes sans gravité comparable avec un crime mais suffisant pour être visible et donc choquant.

Le casque sur les oreilles devrait être interdit en dehors de la chambre d’hôtel. Le match commence dans le bus qui vous mène au stade. Les joueurs ne se parlent pas, ils ne se croisent plus du regard. Ils descendent du bus avec leur accoutrement d’adolescent attardé, cloitré dans un silence musical. Les images sont terribles à voir pour ceux qui avaient l’habitude de parler à leurs idoles, de les toucher, de leur voler un autographe. De nos jours, les footballeurs ne sourient qu’aux caméras, quand ils sont d’humeur à partager un peu. Dans le vestiaire c’est la même litanie. Sur le terrain la comédie continuent. On prie tous les dieux et à la moindre occasion on pointe les deux index vers les étoiles. On communie avec les divins mais on oublie ses semblables à qui on doit tout mais à qui on ne donne rien. Un partage émotionnel mais égoïste vécu dans un endroit public et devant des millions de téléspectateurs. Aucune pudeur.

Alors voilà, on va faire de la place dans le rayon « grosse affaire », sur l’étagère « têtes de con ». Aurier prend place à côté de ses prédécesseurs dans des histoires débiles aux conséquences fâcheuses pour le joueur et risibles pour le public. Ces gars sont des privilégiés, pas des gangsters ni des bad boys. Ils jouent les caïds sur des vidéos faites maison. Bientôt le ballon d’or sera classé aux récompenses ringardes. Les footeux vont vouloir viser plus haut. Cannes et les César tremblaient, elle arrive la nouvelle vague.

Et que l’on ne vienne pas montrer du doigt un homme comme Michel Platini pour dire que les gros voyous c’est les cols blancs. S’agissant de Platoche il ne s’agit pas de la même chose. Tout est différent. Le contexte, les hommes, le statut. Platini joueur était irréprochable. Un capitaine hors pair. Il aurait pu lui aussi craqué à un moment de sa carrière. Il ne l’a pas fait, trop intelligent. On dit qu’Aurier avait un chaperon. Un gars qui devait le surveillait comme le lait sur le feu depuis son écart de conduite envers l’arbitre de la rencontre de l’année dernière contre Chelsea. Incroyable, le gars avait une nounou. S’il était incapable de se gérer tout seul au quotidien, il fallait lui enlever son permis, sa carte d’électeur, sa CB et son chéquier. Il fallait le placer directement sous tutelle. Georges Best et Socrates doivent faire des tonneaux dans leur tombeau devant une telle bouffonnerie. Si Paul Gascoigne apprend ça il se pend illico.

Aurier c’est fini. L’affaire va bientôt s’éteindre. Après le match de Chelsea on ne parlera seulement que de sa rupture de contrat et puis plus rien. Mais il y en aura un autre. Ça ne va pas s’arrêter là. Comme disait Albert Camus : « La bêtise insiste toujours » ce à quoi Gustave Flaubert ajouta « La bêtise consiste à vouloir conclure ». Qui vivra verra.

;)
PermalinkPermalien 16.02.16 @ 02:34
Commentaire de: morlino [Membre]
Merci, je me suis régalé à vous lire. Battiston-Amoros, un autre temps. Blanc avait invité des anciens grands joueurs à Clairefontaine mais cela a tourné au gadget. Les nouveaux se croient supérieurs parce qu'ils gagnent plus.
PermalinkPermalien 16.02.16 @ 08:30
Commentaire de: Pierre [Visiteur] Email
L’histoire de votre rencontre jeune homme avec le rabbin Voltaire, de votre formation intellectuelle rue Montpensier feraient un roman fantastique, ou le recit passionnant d’un passage de témoin. Tout y est : la ville, le palais royal, l’époque, les deux personnages, Mireille... Heureux homme que vous êtes, Bernard !
PermalinkPermalien 16.02.16 @ 11:24
Commentaire de: Stéphane PERAGNOLI [Visiteur] Email
Merci à vous Bernard.

Je n'ai aucun mérite puisque j'ai, en partie, imité le style Morlinorien et notamment les références aux Red Devils qui vous plaîsent bien. C'est pourquoi je poste ici mon écrit.

Courbette faite, si vous voulez bien fermer les yeux sur les coquilles orthographiques parsemées dans ce pamphlet, surtout dans le titre, je ne dirais rien.

;)
PermalinkPermalien 16.02.16 @ 15:13
Commentaire de: morlino [Membre]
Dans "Berl, Morand et moi", tout y est.
PermalinkPermalien 17.02.16 @ 10:43

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