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10.02.16

Permalink 09:50:26, Catégories: LE GYM E BASTA, GRAND MONSIEUR  

Un entretien fleuve de Ben Arfa, "out" plusieurs semaines, relance le magazine Onze

Il faut l’écrire comment, en chinois ? Hatem Ben Arfa est à Nice que C. Ronaldo, Messi et Ibrahilovic sont au Real Madrid, à Barcelone et à Paris. Un Ben Arfa nous manque et tout est dépeuplé. A Nice, on n’avait plus l’habitude d’avoir un Yeso Amalfi dans l’effectif. Nice va être privé de son étoile. Un terrible avant-goût de 2016-2017 ? C’est comme si on retirait le soleil au-dessus de la Baie des Anges. Lucide sur son football, le gaucher magique de l’OGCNice est totalement conscient de ses forces et de ses faiblesses. Il reconnaît ne pas posséder le jeu de tête de Cristiano Ronaldo. Qu’il se rassure, son pied droit ne lui sert pas qu’à monter dans l’autobus.

Bonne nouvelle pour les médias français: Ben Arfa fait vendre !
Depuis le départ à la retraite de Zidane, aucun Bleu ne fait bien tourner les rotatives.
Henry et Ribéry n’ont jamais été populaires. Ne parlons pas de Benzema: il faudrait que le Madrilène marque trois penaltys de la tête (!) en finale de la Coupe du Monde au SDF pour qu’il soit une icône française.
Les sponsors vont devoir regarder de près Ben Arfa qui a tout pour séduire: le talent et le physique. Et la sympathie et aussi l’humilité. Vous me direz que j’en fais des tonnes sur lui. Ca contrebalance les critiques injustifiées dont on le recouvre. Imaginez un peu s’il avait refusé de sortir d’un match, à l’invitation de Claude Puel, comme l’a fait David Luiz, refusant de quitter la pelouse marseillaise (1-2) comme l’invitait Laurent Blanc. Le coach du PSG est allé jusqu’à reconnaître que le Brésilien avait bien fait de lui désobéir parce qu’il joua fort bien les 10 dernières minutes… Oui, si Ben Arfa avait ça, on aurait vu se genre de titres: “Ben Arfa humilie en public son entraîneur", “Le geste violent d’un insupportable indiscipliné” ou encore “Deschamps peut-il prendre le fauteur de trouble ?” Là c’est silence radio, rien de rien. C’est dire que Ben Arfa n’est pas traité comme les autres joueurs. Il est ostracisé comme autrefois Eric Cantona. La presse française est toujours prête à salir un Français mais surtout pas un étranger, de peur d’être accusée de xénophobie.
Revenons à l’entretien dans Onze. Le joueur démontre qu’il est très concentré sur le football et c’est une grande nouvelle.
Il est bon d’entendre:
-"Depuis que je suis tout petit, la France m’a tout apporté. C’est le pays qui a accueilli mes parents, ma famille. C’est une fierté d’être international français. Porter le maillot bleu, c’est une émotion forte".
Cela nous change de celui qui disait: “Je suis Kanak avant d’être Français".
Et aussi:
-"Ce que j’aime chez Fekir, c’est qu’il a une grande intelligence de jeu. Il arrive à percuter, à dribbler, il a cette faculté à éliminer facilement une adversaire…”
J’y vois un aussi un autoportrait. Ben Arfa est trop humble pour parler de lui de cette façon.
Souvent il s’en remet à la force divine: “C’est Dieu qui veut ça".
Oui, aide-toi et le ciel t’aidera.
Dans l’entretien, Ben Arfa rend un vibrant hommage au manager niçois Claude Puel dont on ne célèbre pas assez le talent. L’entraîneur fait un grand travail à Nice. Que ferait Mourinho avec l’effectif niçois ? Et Blanc ? Claude Puel est un entraîneur performant et discret, exactement comme le joueur qu’il fut. A son poste de récupérateur/relayeur, il avait la dimension internationale mais la FFF ne l’a jamais convoqué chez les Bleus. Grande injustice vu son rendement sur le terrain.
Ben Arfa a réussi l’exploit de remettre Nice en course pour la C1.
Ben Arf a réussi l’exploit de refaire vendre Onze qui l’a mis en une pour son 300e numéro. Je croyais le journal aux oubliettes mais l’ancien mensuel n’édite plus que 4 numéros annuels plus deux hors série.
Ben Arfa a tendu la main à Onze. Cela apprendra à la concurrence à le respecter davantage.
Blessé à Monaco, Ben Arfa va se requinquer pour les prochaines joutes.
On va voir si Nice peut se passer de Ben Arfa dépendance.
C’est à souhaiter: les Aiglons vont devoir assurer pour suppléer leur leader technique qui n’a jamais rechigné, dans les moments-clefs, à porter l’équipe sur ses épaules depuis le début de saison.
Ce n’est pas parce qu’il n’est pas là que Nice doit rentrer dans le rang.
Des partenaires doivent jouer comme lui avec concentration et sens de la feinte pour déstabiliser les lignes adversaires.
Le plus beau des cadeaux à lui faire c’est de voir Nice battre Marseille et d’ensuite de bien faire pour ne pas qu’il réintègre une équipe dans le ventre mou alors qu’il l’a laissée sur les hauteurs de la L1.
Ben Arfa sert aussi de bouclier à la jeunesse, prenant les critiques toutes à son compte.
Les Aiglons vont devoir supporter la pression sans leur patron à la manœuvre.
L’ombre de Ben Arfa va planer sur Nice-Marseille. Son club d’hier contre celui d’aujourd’hui.

-Onze Mondial, numéro 300. Ben Arfa, la meilleure interview de sa carrière. 147 p., 4,90 €. Numéro collector.

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