Archives pour: Novembre 2014

29.11.14

Le quinquennat de la principauté de l'Elyséé

Décidément, on aura tout vu !
C’est à se demander si les services secrets n’enquêtent pas intramuros de l’Elysée pour savoir qui a pris en photo le locataire pris en flagrant délit de galante compagnie. Nous sommes chez Ubu rewrité par les scénaristes de Plus belle la vie.
Cette présidence a des relents de celle de Félix Faure, vous savez celui dont on a dit:
-« Le président a-t-il toujours sa connaissance ? »
-« Non, elle est sortie par l’escalier de service ! »
Les Guignols de l’info de l’époque ont dit: «Il voulait être César, il ne fut que Pompée».Cette phrase a été attribuée également à Georges Clemenceau qui a dit aussi : «En entrant dans le néant, il a dû se sentir chez lui».
Qui aurait pu penser que le quinquennat 2012-2017 serait celui de la pipolisation à outrance après l’ère Sarkozy où l’on pensait avoir touché fond. On croyait qu’on en avait assez vu, eh! bien on n’avait encore rien vu.
Cela nous pendait au nez avec un président célibataire.
Pas obligatoirement. Bertrand Delanoë, maire de Paris, ne nous a jamais médiatisé sa vie privée, ni de loin ni de près. Voilà ce qui s’appelle la dignité.
Depuis 2012, pas un jour sans pipolisation.
On a droit au déballage en permanence.
La France n’est plus une République mais une principauté.
Prenons l’année en cours.
En janvier 2014, Closer dévoile le président se rendant casqué dans un appartement de la rue du Cirque pour partager des croissants avec visiblement une nouvelle élue.
Episode suivant: hospitalisation de la légitime encore en place.
Suite du feuilleton:
-annonce par un télex présidentielle qu’il n’y a plus de “première dame” au palais.
-l’ex va se réfugier dans une maison d’état, la Lanterne, au grand étonnement des électeurs.
-double traque médiatique de l’ex et de la nouvelle.
-sortie du bouquin de l’ex.
-le président socialiste traiterait les pauvres de “sans dents".
-en France, pluie d’articles sur le bouquin de l’ex.
-la presse continue sa chasse à la femme car aucune n’est désignée officielle au palais.
-pluie s’articles à l’étranger sur l’ex qui accorde plein d’interviews.
Nouveaux rebondissements:
-le 9 novembre 2014, la voiture de fonction du président s’est arrêtée devant le domicile de l’ex, starifiée à outrance. La suite est contée dans une interview que cette dernière a donnée au quotidien italien La Repubblica: “Vous voulez un scoop ? Il y a quelques jours à peine, il est venu me voir. (…) Il voulait me dire qu’il ne m’en voulait pas pour le livre. Et il voulait m’assurer que [X] ne vient jamais à l’Élysée. À l’évidence, le mensonge nous aura accompagnés jusqu’à la fin…” Allusion à la une de Voici qui montrait le président et la nouvelle élue autour d’une table de jardin dans le parc de l’Elysée.
-Cinq membres du personnel de l’Elysée affectés au “service privé” du président sont “en cours de réaffectation” après la publication de photos volées de François Hollande et de la nouvelle élue.
Cela ne cessera donc jamais.
Le quinquennat 2012-2017 restera celui de la pipolisation non stop des mœurs du locataire de l’Elysée.
Closer et Voici ont remplacé Le Monde et Le Journal Officiel.

Permalien 07:09:53, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR  

Bon anniversaire Ryan Giggs! Voici ses 169 buts en 963 matchs sous le maillot de Manchester United entre 1991 et 2014

Aujourd’hui adjoint du coach de Man United, Ryan Giggs est le joueur le plus titré de l’Histoire avec 35 titres à son palmarès. Dans notre monde de fausses valeurs, il est bon de voir la vidéo ci-dessous. Tant de talent !

Samedi 29 novembre 2014
Manchester United 3-0 Hull City

Buts pour MU: Smalling, Rooney et van Persie

Man U vient de gagner trois matchs de suite. On s’en contente.
Contre les faiblards de Hull City, MU a développé un jeu plutôt attractif, renouant un peu avec ce qui fit sa grandeur il y a peu.
Du mouvement, de l’animation. Le premier but ne fut pas terrible mais l’important était d’ouvrir. Par instant, Smalling a fait songer à Rio Ferdinand. Il serait temps !
Rooney a été énorme. Van Persie a fait une passe décisive avant de marquer un beau but.
Fellaini se dépense toujours autant. Il revient de si loin.
Carrick met de l’ordre dans la maison.
Di Maria s’est encore blessé.
Rooney a fini dans les panneaux de publicité, se blessant sans doute pas gravement.
En jouant de la sorte MU finira dans les trois premiers.

Ryan Giggs dit le Feu follet
né le 29 novembre 1973, à Cardiff, Pays de Galles
A Manchester United depuis 1987
Gaucher
Ailier puis milieu de terrain
Joueur-entraîneur adjoint 21 avril-11 mai 2014
Entraîneur de l’équipe première depuis le 22 avril 2014, à 9 h 30, avec pour adjoint Nicky Butt, Paul Scholes et Phil Neville.
1er match professionnel le 2 mars 1991, MU-Everton
Dernier match joué à MU le 6 mai 2014
963 matchs, 169 buts
C’est le joueur qui a joué le plus avec Man United depuis la création du club.
64 matchs avec le Pays de Galles
20 mai 2014, nommé coach adjoint de van Gaal

Palmarès de Ryan Giggs: 35 titres majeurs, record mondial

2 Ligues des champions 1999, 2008
Coupe du monde des clubs de la FIFA 2008
Coupe intercontinentale 1999
Supercoupe de l’UEFA 1991
13 Championnats d’Angleterre 1993, 1994, 1996, 1997, 1999, 2000, 2001, 2003, 2007, 2008, 2009, 2011, 2013
4 Coupes d’Angleterre 1994, 1996, 1999, 2004
4 League Cup 1992, 2006, 2009, 2010
9 Community Shield 1993, 1994, 1996, 1997, 2003, 2007, 2008, 2010, 2013

28.11.14

Bon anniversaire Madame Evelyne Sullerot !

Ecoutez Madame Evelyne Sullerot, opposée à tous les sectarismes. Vous ne perdrez pas votre temps. Donnez une heure à celle qui a donné sa vie pour notre bien-être commun. (Et même deux heures avec le second entretien.) Résistante, cofondatrice du Planning familial en 1955, elle œuvre cinquante ans plus tard pour que les pères soient moins exclus de la garde des enfants après la séparation des parents. C’est l’une des plus grandes personnalités contemporaines. Elle vient d’avoir 90 ans. Bon anniversaire madame ! Toute sa vie a été axée sur l’aide des personnes. C’est autre chose que l’égoïsme frénétique des catins du PAF.

Pour riposter à la médiocrité qu’on nous vend de partout, je salue dix grandes dames de l’Histoire.

Vive Colette !
Vive Simone Veil !
Vive Joséphine Baker !
Vive Marie Curie !
Vive George Sand !
Vive Simone Weil !
Vive Hannah Arendt !
Vive Evelyne Sullerot !
Vive Germaine Tillion !
Vive Berty Albrecht !

PS: A écouter la suite du magnifique entretien avec Mme Sullerot, rare et indispensable. Elle dit que nous vivons dans une “culture narcissique". On ne peut pas mieux dire. En 2014, les journaux mettent leurs salariés en une !
http://www.youtube.com/watch?v=DNHxHUNF7Ps

27.11.14

Permalien 10:09:35, Catégories: LITS ET RATURES, GRANDE DAME  

Hommage à la francophile Patti Smith dont Gallimard republie Glaneurs de rêves

Dans son récit autobiographique, Patti Smith, replonge dans son enfance. Des souvenirs sur sa vie réelle ou imaginaire de sa jeunesse new-yorkaise. Glaneurs de rêves est l’oeuvre d’une quarantenaire. Vingt ans plus tard, le texte paraît en France augmenté de fragments inédits et accompagné de nouvelles photographies et illustrations.
“L’eau bouillait. Je me suis levée, j’ai rincé une poignée de menthe et j’ai versé le liquide dans ma tasse préférée.” Rien d’extraordinaire, donc. Uniquement des choses de la vie. “A force d’être naturel, on devient surnaturel” a dit Jean Cocteau. Elle écrit sur les objets comme Chardin les peignait.
Chanteuse culte au même titre de Joan Baez, Patti Smith aimait son père qui a lu le livre avant de mourir: “Tu écris bien” lui dit-il. Tout à l’éclat de l’authenticité. Grande observatrice, Patti Smith est une exploratrice du quotidien.
On l’aime aussi parce qu’elle est très attachée à la France, ce qui est rare dans chez les stars américaines de la musique punk-rock.
Le jour de la remise du grande de commandeur des Arts et des Lettres, elle a dit:
“Nous sommes le 10 juillet 2005 et Marcel Proust est né un 10 juillet…” Exact, en 1871.
Aucun chanteur français n’aurait pu faire cette remarque.
Patti Smith a découvert Paris, en 1969, quand elle avait 22 ans.
Adolescente, elle lisait Genet, Artaud et Rimbaud. Beau tiercé dans le désordre.
A Paris, elle ne va pas dans les lieux branchés. Elle aime surtout marcher sur les traces des gens qu’elle admire:
Piaf, Nerval, Morrison, Apollinaire, Eluard, Baudelaire, Brancusi… Elle arpente souvent les cimetières pour se recueillir sur la tombe d’un artiste qui lui apporte quelque chose, encore aujourd’hui.
En 2011, pour fêter les 12O ans de la mort de Rimbaud, elle est allée jusqu’à l’Eglise Saint-Rémi de Charleville-Mézières pour se rapprocher encore plus de Rimbaud. Il y était pour la première fois en 1973. Qui dit mieux ?
Sa playlist ? Hendrix, La Callas, Coltrane, Beethoven… Fabuleux, non ?
Pour honorer Rimbaud, elle a chanté au Théâtre de Charleville.
Ami des fondateurs de la Beat Generation, Patti Smith a été proche de Williams Burroughs :"Il m’a appris à me comporter en être humain".
Et c’est ainsi que Patti Smith est une femme considérable.

-Glaneurs de rêves, de Patti Smith. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Héloïse Esquié. Gallimard, 100 p., 10 €

25.11.14

Permalien 09:20:44, Catégories: LITS ET RATURES  

Poule D, de Yamina Benahmed Daho. (Gallimard) Une plongée dans le football féminin antipaillettes.

L’univers du livre de Yamina Benahmed Daho c’est plus la France profonde que l’univers du foot glamour qui d’ailleurs n’existe pas ! Sauf dans les médias qui mettent en lumière des femmes de joueurs au lieu de parler des vrais championnes. Une injustice de plus.

Un livre qui traite de football féminin, signé par une femme, cela ne court pas les rues. En plus, chez Gallimard. Mazette !
Faut pas oublier que Jean Prévost y a publié Plaisirs des sports, il y a une éternité, au début du XXe siècle.
Le football féminin s’impose peu à peu.
Le 23 novembre 2014, les Allemandes ont gagné les Anglaises à Wembley (0-3)devant … plus de 45 000 spectateurs !
Pour un match amical svp. Ce match me rappelle celui des Hongrois de Pukas qui étaient venus ridiculiser l’équipe aux Trois Lions dans son jardin.
45 000 personnes, oui. Il faut dire que nous sommes dans le pays du football, du sport en général.
Les Anglais considèrent le sport sans ostracisme. En France, c’est le contraire. Le sport, pour beaucoup, c’est pour les bas du plafond. Que de clichés !
Yamina Benahmed Daho a titré son livre Poule D. C’est très amusant. Est-ce un tacle glissé pour le misogyne ? Elle ne peut pas avoir choisi ce titre par hasard. Dès le titre, il y a donc de l’humour, de la distance et de la force.
A 32 ans, Mina, la narratrice veut jouer dans un club de football.
Jusqu’alors elle ne connait le jeu que les livres et les matchs à la télé. Le vendredi elle quitte le collège pour aller s’entraîner. Avec des filles de tous âges et de différents milieux sociaux. C’est ce qui m’a attiré aussi la première fois que j’ai atterri dans un vestiaire.
Petit à petit, Mina s’aperçoit que le football n’a rien à voir avec le mannequin Beckham, ex joueur devenu marchand de slips, non le football de base c’est un stade sans public à part un pelé et deux tondus. Le football de campagne, disons, c’est du vieux matos, des vestiaires pourris, des coachs improbables, des défaites, de la concurrence violente, de la souffrance physique en veux-tu en vois-là.
Bienvenue dans le Val de Marne !
L’enseignante n’est pas d’accord avec l’observation d’Albert Camus qui a dit: “Ce que finalement je sais de la morale c’est au football que je le dois". Joueuse au milieu de terrain, elle ne compte plus les coups bas et autres attaques par derrière. Des adversaires avec cette morale-là elle s’en passerait bien.
“Le foot se joue les pieds dans l’herbe, à ras de terre, pas dans le ciel des valeurs” pense Mina, forte de son nouvelle expérience du terrain.
La narratrice est très terre à terre. Elle a le mérite d’aborder le football par sa face nord, celle du labeur incessant des footballeurs inconnus dont personne ne parle jamais.
Le football est un jeu qui fait autant appel à l’improvisation qu’au calcul millimétré, un mélange de technique et de physique, de cerveau et de muscles.
Le football n’a rien à voir avec les tribunes, les femmes de joueurs, les supporters, les médias, les agents et les dirigeants.
Le football est un art à part entière qui réclament des scénaristes de l’indicible, des massacreurs de hasard.
Et non pas des joueurs grassement payés parce qu’ils bénéficient d’un système très avantageux pour eux alors que le football a été vulgarisé par Puskas, Di Stefano, Kopa, Pelé, Garrincha, Maradona et Platini qui ont gagné moins d’argent qu’un banal ailier des années 2010. Le football est une affaire de style qui s’impose dans l’adversité totale de l’équipe d’en face qui veut vous empêcher de créer. D’où son intérêt et sa grandeur.
Le livre de Yamina Benahmed Daho est un roman d’apprentissage plein d’énergie qui nous pousse à réaliser nos rêves même s’ils se transforment parfois en cauchemars.

-Poule D, de Yamina Benahmed Daho. Gallimard/ L’Arbalète, 127 p., 15, 90 €

24.11.14

Permalien 10:26:33, Catégories: De GAULLE ET MITTERRAND SONT MORTS  

Jean Moulin n'est pas mort pour que le Palais de l'Elysée devienne une sitcom

On a cru que la présidence Sarkozy était celle de la pipolisation.
On s’est trompé ou plutôt on a été trompé.
Il suffit de voir et d’entendre ce qui se passe depuis des mois et des mois.
Que doit faire un électorat qui a voté pour un candidat qui devait mettre fin à la pipolisation alors qu’une fois élu, il est le flambeau de la pipolisation ?
Un électorat trompé c’est des millions de gens trompés.
Jean Moulin n’est pas mort pour tout ce que l’on voit aujourd’hui.
En 1964, j’avais 12 ans. De Gaulle était à l’Elysée.
En 1964, André Malraux parlait de Jean Moulin.
Je m’aimerais pas avoir 12 ans en 2014.
Nous sommes le 23 novembre 2014.
Vous avez écouté la radio ?
On est passé de l’Appel du Général de Gaulle à la campagne de com. d’un bouquin depuis Londres.
André Malraux est mort le 23 novembre 1976.
Il vaut mieux qu’il ne voit pas ce qui se passe en 2014.
La politique, la littérature et le journalisme sont mis plus bas que terre.

23.11.14

Permalien 19:27:46, Catégories: BALLES NEUVES, GRAND MONSIEUR  

La Suisse de Federer sur le toit du monde

Finale Coupe Davis
Dimanche 23 novembre 2014
3e journée
Suisse 3-1 France
Federer - Gasquet (6-4, 6-2, 6-2)

Le Français n’a pas fait un pli contre le Suisse.
La messe a vite était dite.
Ce duo Suisse était magnifique, est magnifique.
Roger Federer est au Zenith du sport.
Il a du style comme les écrivains dignes d’intérêt. Ou les musiciens. Ou les grands hommes de la vie civile. On peut être inconnu est avoir beaucoup de classe. J’en connais plein.
Un jour, Federer a cassé sa raquette. Le soir même il décida de ne plus manifester sa joie ou sa colère avant la dernière balle du match, c’est ainsi qu’il est devenu un winner.
Quand la Suisse a soulevé la Coupe Davis, aucun Français n’a applaudi. Je parle des joueurs sur le podium.
Je vous laisse juge.
Comment les médias ont-ils pu faire croire que la France allait gagner ?
Pourquoi surtout ?
Pour que les ignorants regardent le match à la télévision, pour ne pas dévaloriser les spots publicitaires.
La Suisse a gagne. C’est tout, sauf une surprise.
Les Français ont été inexistant, à part Monfils.
La France est dans le ruisseau et pas qu’en Tennis.
Vous avez vu ce qui se passe dans les médias anglais ce week-end ?
Quand je vois cette hypermédiatisation, la France perd plus qu’une Coupe Davis.

Le collectif de MU, à base de joueurs de Sir Ferguson, bat Arsenal à Londres

A Londres, MU a marqué un but à trois (Fellaini, Di Maria, Rooney) comme au temps béni de Sir Ferguson-C.Ronaldo. On s’est cru revenu au temps de la C1 quand MU était venu se qualifier à l’Emirates Stadium

Samedi 22 novembre 2014
Arsenal 1-2 Manchester United

Buts pour les Red Devils: Kieran Gibbs (contre son camp 56e), Rooney (85e)
But pour Gunners: Giroud (90e +5)

L’homme du match élu a été David De Gea. C’est dire que le gardien de MU a été bombardé.
“Nous avons dominé 80 % du match a reconnu” Arsène Wenger, déplorant que ses joueurs n’ont pu su faire le dernier geste, à l’inverse de Rooney, si heureux après son but magique. Une occasion, un but. La signature des très grands.
Evènement ! MU a enfin gagné à l’extérieur.
Le but de Rooney peut être la naissance d’un groupe.
J’ai retrouvé un peu de magie. Le but de Rooney est sublime: récupération de Fellaini qui lance Di Maria qui poursuit son incursion avant de servir Rooney qui bat le très faible gardien d’Arsenal. Un but fantastique. Et Louis van Gaal qui note le nom du buteur sur sa feuille !
MU a joué à trois derrière. Etonnant. Cela ne me plaît pas.
Il y avait 8 joueurs de Sir Ferguson sur le terrain ce n’est pas un hasard.
Fellaini a livré un grand match de chiffonnier. Rooney a été grandiose, tout comme De Gea qui a maintenu plusieurs fois MU dans le match par des arrêts décisifs.
Arsenal ? Toujours aussi faiblard mentalement. Gibbs a craqué, ce n’est pas la première fois. Je me souviens de son craquage en C1 devant Park.
Et Ozil, il est où ? Une énigme totale. Cet immense joueur s’est arshanisé.
Le football devient étrange: c’est comme le transfert de Falcao à MU. Pourquoi faire ? Pas besoin de lui.
Même quand Sir Ferguson n’est plus là, Arsène Wenger ne gagne pas contre MU à Londres, en plus.
MU a gagné un match que tous les fans de MU attendent car Arsenal a souvent fait perdre des titres à MU.
Donc, merci aux Red Devils. Merci. On a peut être assisté la jonction des ères Sir Ferguson-van Gaal.

Manchester United: De Gea/ McNair, Smalling, Blackett, Valencia, Carrick, Fellaini, Di Maria, Shaw (Young 15e puis Fletcher 89e), Rooney, van Persie (Wilson 75e).
Non utilisés: Lindegaard, Herrera, Mata, Januzaj.
Manager: Louis van Gaal

Arsenal: Szczesny (Martinez 60e), Chambers, Mertesacker, Monreal, Gibbs, Ramsey (Giroud 77e), Arteta, Oxlade-Chamberlain, Wilshere (Cazorla 55e), Welbeck, Sanchez.
Non utilisés: Rosicky, Podolski, Flamini, Bellerin
Manager: Arsène Wenger

PS/ Je ne note plus les joueurs. J’attends le retour de la constance, dans le haut du classement. Dans ce match, je mets néanmoins 10 à Rooney, 9 à Di Gea, 8 à Fellaini et 7 à Di Maria.

22.11.14

Permalien 18:15:35, Catégories: BALLES NEUVES, GRAND MONSIEUR  

Tous pour Roger Federer, l'un des plus grands sportifs de tous les temps. Depuis Noah, la France n'a eu aucun grand champion de tennis

Toute la semaine d’avant-match, Roger Federer a pulvérisé la préparation mentale de la France en disant qu’il était souffrant et lors de la compétition c’est Tsonga qui flanche ! J’ai noté que les matchs se déroulaient sur terre battue. Tout le monde sait que ce n’est pas la surface préférée de Federer… Les Français n’ont rien compris: croyez-vous que Federer joue pour l’argent ? Non, il joue pour gagner. C’est l’un des plus grands sportifs de tous les temps. Et je suis de tout cœur avec lui. Je veux le voir brandir le trophée qui lui manque. Ce champion est hors normes. En duo, il a joué avec un maillot où n’était pas marqué SUISSE dans son dos.

Finale de la Coupe Davis 2014, 2e journée
France 1-2 Suisse
La Suisse a remporté le double, samedi 22 novembre 2014
(6-3, 7-5, 6-4)
Roger Federer a mis des points de toute beauté, en montant au filet.
Federer c’est la grâce faite homme, un divin mélange de McEnroe-Edberg.
La paire Gasquet - Benneteau a été balayée par le duo suisse Federer et Wawrinka, à Lille.
Dans les tribunes il y avait le président de la République français avec l’écharpe des supporters. N’est pas Nelson Mandela qui veut. Pendant ce temps son ex maitresse continue de ridiculiser la France dans la presse. Comme si la Coupe Davis ne suffisait pas !
Les Français se sont inclinés en trois manches devant leurs adversaires qui mènent deux victoires à une.
Les Bleus n’ont pas été à la hauteur à l’image de Tsonga qui a déclaré forfait avant le match laissant sa place. Il a eu les chocottes, dit-on.
C’est très amusant: les médias attendaient de voir K.O. Federer le dos en compote et c’est Tsonga qui n’a pas joué. A mourir de rire.
La hiérarchie est respectée: les Suisses sont supérieurs.
La victoire finale de la suisse est programmée, sauf accident la Suisse a déjà gagné et à l’extérieur en plus.
Roger Federer a servi pour le gain du match. Il a été majestueux.
C’est l’un de mes héros: Cerdan est mort, Cantona et Giggs ne jouent plus. Il me reste Federer.
Je pourrais traverser l’océan à la nage pour le voir jouer.
Il est digne, humble et plein de classe. Tout ce que j’aime.
Son coéquipier aussi. Les médias français ont essayé de les séparer par une histoire sans fondement cela n’a pas marché. Non, la femme de Federer n’est pas Yoko Ono !
Federer et Wawrinka c’est la grâce et l’acier.
J’attendais le match Federer-Tsonga: le Suisse va-t-il dérouler devant Tsonga ou Tsonga va-t-il se réveiller ?
On ne verra pas le match Federer-Tsonga car le Français ne jouera.
Et dire qu’on se moque de l’équipe de France de football !
Ils sont où les grands tennismen français. Aucun Français n’a gagné Roland Garros depuis Noah en 1983. Le dernier grand est donc Noah. Depuis lui, rien.
On attendait la paire Gasquet-Tsonga et on a eu Gasquet-Benneteau.
Faillite mentale de Tsonga ? Défaillance physique ?
Pour l’instant, Tsonga a dit que le public français ne l’avait pas assez soutenu lors de son match perdu lors de l’ouverture de la finale.
Gasquet peut-il battre Federer ? Gasquet, je le vois comme un Henri Leconte. Capable du pire comme du meilleur. Un exploit est possible. Restera alors encore un match décisif…
Pour qu’un sportif soit aimé, il doit faire vibrer.
A vous de jouer messieurs !

Permalien 15:24:56, Catégories: BALLES NEUVES, GRAND MONSIEUR  

Finale de la Coupe Davis 2014: Suisse contre Suisse

Les médias sont 100 % pour la France et souhaitent que Roger Federer soit blessé pour que la France gagne. Ecoeurant ! Et d’aucuns osent me dire que je soutiens aveuglément Man United et l’OGCNice !

Finale de la Coupe Davis 2014
21-23 Novembre, 2014.

On vieillit. Les matchs ont lieu au stade Pierre Mauroy qui fut le premier ministre de Mitterrand en 1981. A Nice, la bibliothèque s’appelle du nom de mon ami, Louis Nucéra.

Revenons au terrain.
Les médias ne parlent plus que la Coupe Davis.

Ce sport de riches a même attiré le président français en exercice qui avait pourtant dit qu’il ne les aimait pas, les riches. Aujourd’hui, il a nommé un banquier aux finances. Tout cela est grotesque.
Lors de cette finale, tous les joueurs Suisses et Français habitent tous en Suisse.

Jo-Wilfried Tsonga qui perd contre Stanislas Wawrinka, c’est un habitant de Suisse qui perd contre un Suisse.
Les deux joueurs habitent à quelques kilomètres l’un de l’autre.
80 % des tennismen français de haut niveau adorent le canton de Genève.
Gilles Simon et Richard Gasquet ? Neuchâtel.
Gaël Monfils ? Trélex.
Jo-Wilfried Tsonga ? La Rippe.
Julien Benneteau et l’actuel sélectionneur de l’équipe de France de Coupe Davis Arnaud Clément ? Genève. toute l’équipe de France de Coupe Davis.
On peut citer aussi l’ancien capitaine et sélectionneur Guy Forget.
Et les retraités Arnaud Boetsch, Marion Bartoli et Amélie Mauresmo, capitaine de l’équipe de Fed Cup.
Dans ce match, je suis pour Roger Federer. Suisse pour Suisse autant être pour un vrai Suisse, accessoirement le plus grand joueur de tennis de tous les temps.
Pourquoi les tennismen français habitent-ils la Suisse ?
Pour le climat !

Permalien 01:01:24, Catégories: THE RED DEVILS, ARSENAL N'EST PAS EN FRANCE  

Arsenal-Man United de 2014 n'a plus la saveur des années Ferguson.

La nouveauté de MU ? Les Red Devils ne font plus peur à personne. Et ils ne sont plus favoris dans aucun match. le football de MU est aussi pauvre que celui de QPR ou West Ham. L’équipe joue la peur au ventre, sans inspiration, bredouillant un football sans spontanéité. Les Red Devils semblent joueur avec des IPhone tant leurs passes sont entendues d’avance, téléphonées trop tôt. Louis van Gaal est un spectateur quand MU a besoin d’un coach interventionniste.

Samedi 22 novembre 2014, 18 h 30
Arsenal-Manchester United

Voir Welbeck ex MU avec le maillot d’Arsenal…
Voir l’ex capitaine d’Arsenal - van Persie- avec le maillot de MU…
Tout ça n’est pas simple à vivre.

Je me force à voir ce match. Le plaisir d’avant-match est inexistant.
Man United n’est plus qu’un club en chantier qui attend la manifestation de la chance.

En début de semaines l’infirmerie de Man United était pleine:

Gardien : De Gea

Défenseurs : Rojo, Rafael, Jones, Evans, Shaw

Milieux : Blind, Carrick, Di Maria, Young, Lingard

Attaquants : Falcao

Lors du dernier entraînement de MU, on a vu quand même sur la pelouse De Gea, Angel Di Maria et Michael Carrick lesquels ont participé au jeu après leurs blessures des derniers jours. Joueront-ils à Londres ? Tous ?

L’infirmerie d’Arsenal:

Gardien: Ospina

Défenseurs : Debuchy, Koscielny

Milieu: Ozil

En 12 matches, l’entraîneur de MU a déjà utilisé 37 joueurs différents (un record pour le club), contre 26 pour City, 23 pour Chelsea et 18 pour Southampton.
Louis van Gaal n’a pas d’équipe-type.
Depuis le début d’année, il fait du turn over. Il collectionne les blessés: 12 joueurs de Manchester United souffrent de blessures après la trêve internationale qui n’a pas arrangé le club.

David De Gea est incertain pour affronter les Gunners, à cause luxation d’un doigt contractée à l’entraînement avec l’Espagne, la veille d’affronter le Belarus en éliminatoires de l’UEFA EURO 2016.
Le manager de MU sera privé de Marcos Rojo (épaule, blessé contre Manchester derby.
Rafael, Phil Jones, Jonny Evans et Luke Shaw ne sont pas non plus en grande forme.
Au milieu de terrain, Daley Blind s’est blessé au genou lors du succès 6-0 des Pays-Bas sur la Lettonie. Michael Carrick en phase de reprise a quitté la sélecion avec un problème aux adducteurs.
Angel Di Maria a reçu un coup de la part de Nani pendant le match Argentine-Portugal (0-1)à Old Trafford.
Ashley Young et Jesse Lingard sont toujours HS.
Seule l’attaque est au complet: Wayne Rooney, Robin van Persie et James Wilson sont prêts au combat.
Falcao est proche d’un retour après une blessure au mollet et trois matches manqués

Dailey Blind s’est blessé au genou à la 19e minute contre la Lettonie. Le score était déjà de 1-0 en faveur des Pays-Bas. Il a été très bien remplacé par Jordy Clasie qui aurait pu débuter le match mais avec des si… Franchement Guus Hiddink et les Pays-Bas ont-ils eu peur de la Lettonie avant le match ? Un turn over important aurait pu être installé.
Résultat des courses, Blind est salarié à Man United pour se faire blesser en sélection.
Van Gaal aurait dû anticiper, MU était déjà assez mal en point pour ne pas risquer la blessure de l’un des meilleurs Red Devils de la saison en cours.

Manchester United est-il en train de remplacer Arsenal en tête du palmarès des équipes les plus touchées par les blessures en Premier League? Depuis 10 ans, les Gunners sont de loin les plus touchés par ce fléau, ce qui leur vaut les moqueries régulières des médias britanniques.

Mais alors que l’infirmerie de l’Emirates se vide lentement, ce sont aujourd’hui les hommes de Louis Van Gaal qui connaissent une série de blessures sans précédent. Depuis l’arrivée du Néerlandais mi-juillet, Manchester a connu pas moins de 39 blessures.

21.11.14

Permalien 09:17:56, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Aux Belles Lettres, une biographie du génial Steve Jobs (1955-2011)

Qui est Roger Moore ? Qui est Tony Curtis ? J’opte pour l’autodidacte Steve Jobs dans le rôle de Tony Curtis.

Ils sont indissociables. Tous les deux ont révolutionné notre quotidien.
Si j’écris en ce moment, si vous me lisez, c’est grâce à eux.
Je n’utilise que rarement le mot génie mais là nous sommes en face de deux génies de l’ère informatique et surtout de sa vulgarisation mondiale.
D’un côté, Steve Jobs (1955-2011), pionnier de l’ordinateur à la maison, du baladeur, du Smartphone, de la tablette tactile. Rien que ça. Le champion de l’IPod, l’IPhone et l’IPad. Le Dieu Mac.
De l’autre, Bill Gates (1955), l’entrepreneur numéro 1 de la micro-informatique. Monsieur Microsoft, le phénoménal Windows. Le Dieu PC.
Deux parcours extraordinaires, deux visionnaires. Pour une fois, deux Anquetil, et pas de Poulidor. Hélas ! Steve Jobs est déjà mort.
Bien sûr nos deux champions ont réussi avec la contributions de plusieurs autres collaborateurs dans l’ombre. Ils savaient s’entourer, se disputaient les meilleurs cerveaux, les meilleures énergies.
Bien sûr, il y a les coups bas. La guerre à l’innovation.
David Brunat et Antoine Dubuquoy nous expliquent tout le parcours du fondateur d’Apple afin de savoir l’essentiel, en tout cas, les grandes lignes de force de sa vie.
De sa naissance mouvementée à son règne mondial, nous n’ignorons plus rien de ce fan de Bob Dylan qui déteste le sport. On songe à W. Churchill qui disait: “No sport".
Le duo de biographes nous apprend que Steve Jobs aimait tremper ses pieds dans la cuvette des W.C! Tous les Géo Trouvetout sont un peu frappadingue. La folie douce.
Les grands industriels de ce rang-là sont des poètes du management. Ils rêvent et passent à l’action pour réaliser leurs rêves. A la fois rêveur et concepteur. Cela demande des facultés intellectuelles hors normes. Tout oublier et tout savoir. Fluide dans la recherche et tueur dans la réalisation. Littéraire et affairiste. Pratiquement l’idéal. Comment séduire à la fois des consommateurs aussi différents qu’un Américain, un Chinois, un Russe et un Indien ? Il fallait frapper dans le besoin quasi vital, à coup sûr créer ce besoin !
Steve Jobs et Bill Gates sont dans la mémoire collective aussi important que Dylan, M. Ali, Picasso, Eastwood, J. Dean, Pelé, L. King ou Miles Davis. Nous sommes en présence de deux artistes de l’industrie moderne. Leur chiffre d’affaires est si astronomiques que je ne peux pas vous le donner: il y a dans la gamme des milliards d’euros.
Ford ou Rockefeller n’ont jamais atteint ce statut.
Steve Jobs a connu son apothéose en 1980.
Le jour de sa mort, on a vraiment senti qu’une immense personnalité nous quittait.
Steve Jobs a laissé son nom dans l’Histoire de l’Humanité. Il est présent chez nous.
Certains l’ont dans la poche sans le savoir.
Les projets d’Apple ?
Visiblement un téléviseur new look. Du jamais vu !

-Steve Jobs, figure mythique. David Brunat et Antoine Dubuquoy. Les Belles Lettres, 176 p., 19 €

18.11.14

Sharon Tate ne verra pas Altamont, de Marc Villard. (Cohen & Cohen)

Après le concert cool de Woodstock eut lieu le violent festival d’Altamont. C’est là que, Marc Villard, situe la fin de notre rêve d’un monde meilleur. Aujourd’hui, le mariage annoncé de Charles Manson réveille notre douleur incicatrisable.

Sept dates clefs qui marquent la fin du rêve hippie :
-9 juin 1969 : démission de Brian Jones des Rolling Stones.
-3 juillet 1969 : Noyade de Bran Jones.
-5 juillet 1969 : concert des Rolling Stones à Hyde Park devant 250 000 personnes.
-9 août 1969 : l’actrice Sharon Tate et quatre personnes sont tuées par les membres de la secte Masson.
-6 décembre 1969 : concert des Rolling Stones à Altamont au cours duquel meurt l’Afro-Américain de 18 ans, Meredith Hunter. Il a été poignardé par un Hells Angels quand il a sorti un révolver. Le festival fut organisé n’importe comment. Aucune sécurité. Came de partout. http://fr.wikipedia.org/wiki/Altamont
-8 décembre 1969 : procès de la bande à Manson.
-18 février 1970 : abolition de la peine de mort en Californie. C’est ainsi que ceux qui ont donné la mort ont sauvé leur vie.

Marc Villard dans la peau du biographe fossoyeur nous raconte à sa manière- comme un morceau d’Hendrix- la fin de nos illusions, nous les enfants de l’après-guerre.
Moi aussi j’y ai cru au peace and love jusqu’aux crimes commis par la bande à Manson qui a fait le pont avec les nazis. D’ailleurs, il s’est tatoué depuis une croix gammée entre les deux yeux. Aujourd’hui, il veut se marier- annonce faite le 18 novembre 2014- lui qui commandita le crime de Sharon Tate, enceinte.
Ce massacre m’a traumatisé. Ce fut l’anéantissement de ma jeunesse. Je n’ai pas pu apprécier Woodstock (15-18 août 1969) et l’Ile de Wight (28-30 août 1970). Ces concerts sont venus après les meurtres de la comédienne et de ses amis. A Woodstock je n’y croyais plus au monde idyllique, à cause de la mort de Sharon Tate.
Le 8 mai 1969 était sorti le film Easy Rider, ruban de rêves culte pour ma génération. Hélas ! l’euphorie s’est éclipsée le 9 août suivant. La bande de sauvages, qui a tué Sharon Tate et l’enfant qu’elle portait, m’a atteint aussi. J’ai vu les photos du massacre. Les bourreaux ont laissé en plus une inscription avec le sang de leurs victimes.
A l’époque, j’étais idiot mais pas au point d’ignorer que la défonce ne fabriquait pas que des gens cool. J’étais victime des médias. Je pensais que les Beatles avaient tout inventé. Je ne connaissais pas Lautréamont, Apollinaire, Dada, les surréalistes, la Beat Generation. Je pensais que Dylan était plus puissant que Brassens ou Brel ou Ferré.
Après l’assassinat de Martin King, le 4 avril 1968, je savais que le monde serait toujours une boule feu mais j’espérais voir vaincre les pacifistes, à l’image de Cassius Clay, qui en 1966 refusa de faire la guerre au Vietnam. Le champion opta pour l’islam sans appeler à la violence. Quand on voit ce qui se passe en 2014…

-Sharon Tate ne verra pas Altamont, de Marc Villard. Cohen & Cohen, 100 p., 13 €

Permalien 08:53:09, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

L’International des francs-tireurs, de Bruno de Cessole. (L’Editeur)

L’irremplaçable Thomas Bernhard est en bonne place dans le Panthéon de Bruno de Cessole consacré aux francs-tireurs.

Adolescent, je marchais boulevard de Cessole, à Nice.
A présent, je lis de Cessole. Bruno, le descendant direct. Après son Panthéon sur les réfractaires voici celui sur L’Internationale des francs-tireurs. Comme son titre l’indique, il n’y a pas de Français dans cette sublime confrérie de rebelles.
Les francs-tireurs haïssent les sectes des puissants qui se réunissent parce qu’ils n’ont aucun talent, hormis celui de vouloir passer la tête de son semblable sous le robinet. La haine est un ciment comme un autre pour les minables du PAF qui s’entraident parce qu’ils savent que leur prose ne vaudra pas cher face au jugement de l’intraitable postérité. De nous jours les écrivaillons ont pignon sur rue comme les conseillers des présidents. Il faut du monde pour actionner le tourniquet du m’as-tu-vu.
Bruno de Cessole, lui, est un serviteur de la langue française. A l’ancienne, tendance Pascal Pia et Kléber Haedens. Dans son prélude, Bruno de Cessole propose une idée de rangement d’une bibliothèque en fonction de la couleur des reliures : « Noir pour la philosophie, marron pour l’Histoire, bleu-roi pour le roman, vert d’eau pour la poésie, jonquille pour les essais… »
Ses notules oscillent entre la biographie de l’auteur choisi sous son rayon X et la substantifique moelle de l’œuvre traitée. Thomas Bernhard est en bonne place dans son anthologie. Un jour où il devait recevoir un prix, l’écrivain autrichien prit place dans l’assistance pendant que tout le monde l’attendait et s’impatientait. Magnifique acte de contestation mais Thomas Bernhard a fini par aller chercher son trophée. La caractère bien trempé était aussi furieux d’entendre dire qu’il vivait dans un micro climat paradisiaque alors que les gens qui disaient cela passaient en coup de vent au moins d’août dans la région au plus fort taux de suicide du pays !
Le Panthéon des francs-tireurs étrangers de Bruno de Cessole est une confrérie des fréquentables admirables. Ici on est sûr de ne pas croiser d’imposteurs qui se la racontent. Voici quelques joyaux de la galaxie de Bruno de Cessole : Jane Austen, Borges, Connolly, Hamsun, Hemingway, Kafka, London, Nabokov, Nietzsche, Pessoa, Pound, Schopenhauer, Svevo, Thoreau, Walser, Wilde, Virginia Woolf et Zweig. Qui manque-t-il ? Bierce, Plath et Dickinson, Chacun les siens. Il n’y en a pas beaucoup d’autres. Aucune faute de goût. Si l’on fuit la compagnie des hommes, l’on pourrait partir avec les deux livres de Bruno de Cessole consacrés aux écrivains majeurs. On ne sait jamais : en cas de perte de mémoire, il suffira de lire ces deux grandes nécropoles de géants de la littérature pour retrouver de véritables amis : des gens qui ne marchent pas dans la combine, des gens qui cherchent la vérité ou leur vérité, des gens qui veulent vraiment vivre et ne pas faire semblant, des gens qui ne trichent pas, des gens qui fuient la bêtise et le mensonge, des gens qui veulent vivre dans la grandeur d’âme, des gens qui sont morts en refusant le monde minable qu’on leur proposait. Des gens qui aimaient la littérature comme s’il s’agissait d’une personne. Des gens qui passaient leur temps à vivre dans le pays des écrivains. Un pays sans carte d’identité. Sans monnaie. Sans dirigeant. Sans frontière.
Il y a tout ça dans le nouveau livre de Bruno de Cessole. Ses deux livres sont déjà des références. La littérature est pour happy few. Je ne touche même pas avec des gants les deux torchons de l’année 2014 qui se sont arrachés par des gens qui pensent que Georges Perros était le goal de Rennes dans les années 1950. En revanche, les deux livres de Bruno de Cessole sont dans ma bibliothèque. Deux serre-livres divins. Il faut lire un portrait par jour. Pas plus. Un livre à déguster à petite dose. Il ne faut jamais boire d’une traite une bouteille de vieil Armagnac.

-L’International des francs-tireurs, de Bruno de Cessole. L’Editeur, 610 p., 22 €

Interview de Bruno de Cessole par Emmanuelle de Boysson :
http://www.bscnews.fr/201105021536/franc-tireur/bruno-de-cessole.html?sms_ss=twitter&at_xt=4dc26fedcc42b0b7

Mon post sur son livre consacré aux réfractaires :
http://www.blogmorlino.com/index.php/2011/06/14/le_defile_des_refractaires_de_bruno_de_c

[Post dédié à Louis Nucéra & Alphonse Boudard]

Le duel Vierra-Keane (Arsenal Wenger-Man United Ferguson) par Vieira et Keane

Magnifique document sur la rivalité Arsenal-Manchester United. Intelligence, humour, talent, force, il y a tout dans ce film. Pendant 20 ans j’ai attendu ce match certain que MU allait battre Arsenal. Je n’en dormais pas de la nuit. A présent tout a changé: je n’y pense plus tant le MU de van Gaal est insipide. Sans magie, sans grâce, le football comme le reste n’a aucun intérêt.

Lundi 17 novembre 2014, 20 h 50
L’Equipe 21
Keane et Vieira, les meilleurs ennemis
De Tim Mackenzie-Smith

Qu’il est loin le temps où MU inscrivait huit buts face aux Londoniens !
Qu’il est loin le temps où Keane et Patrick Vieira se frittaient dans le tunnel !
A la retraite du terrain, ils se retrouvent face-à-face pour discuter de leur rivalité explosive, au cours de l’une des périodes le plus importante de la Premier League.
Le 22 novembre 2014 à 18 h30 se déroule Arsenal-Manchester United.
Sous l’ère Sir Ferguson c’était l’un des matchs de l’année tant la rivalité était grande entre les deux clubs.
Les Gunners de Wenger ont privé les Red Devils de quelques titres importants.
MU a empêché Arsenal d’être champion ? Vous voulez rire, MU devait battre Arsenal selon la logique de la supériorité.
Jadis cette affiche était cochée dès que l’on recevait le calendrier.
A présent c’est devenu un match banal car MU n’est plus MU. MU de surcroît n’est plus qu’une infirmerie.


En savoir plus sur http://television.telerama.fr/tele/programmes-tv/keane-et-vieira-les-meilleurs-ennemis,85281729.php#mV8XX1gQAUhK8CdY.99

[Post dédié à Richard Kurt]

17.11.14

Philippe Caubère joue ou plutôt vit son historique Danse du Diable

Je remets en ligne mon plus récent article sur Philippe Caubère que j’ai juste un peu retouché. L’écrivain-comédien est un héritier direct de Molière et de Proust. Il transcende sa vie dans la création, le plus grand défi face à la mort. Caubère a un univers si fort qu’il ne peut quasiment pas s’insérer dans le spectacle d’un autre.

Je viens de voir une photo en scène de Philippe Caubère. J’y ai vu aussi le regard de Marie Casarès. Ce regard de foudre spirituelle.
Quand Caubère joue, la marche du monde est moins lourde.
Caubère sur scène c’est voir la forge d’un créateur juste au moment où il frappe le fer pour lui donner la forme désirée dans des faisceaux d’étincelles.
Louis Jouvet n’est plus à l’Athénée mais heureusement Caubère y joue.
Caubère ça n’a rien à voir avec un empileur de sketches, comme il y en a tant. Caubère ce n’est pas un promoteur de spectacles, c’est un poète qui crée à l’air libre. Il a révolutionné le théâtre en écrivant puis en jouant ce qu’il venait d’écrire ou le contraire, tout ça dans la plus haute des solitudes.
Qui est Caubère ? Prenez une photo de sa mère, la fameuse Claudine. Le fils se situe entre le sourire et les yeux de sa maman. Sa mère pétillait de vie. Le fils aussi. Juste avant l’effondrement en coulisses. Quand on donne autant, à la fin on est jacquesbrelisé, fracassé, hagard, paranoïaque si on le laisse dans le courant air. C’est un coureur de fonds qui a les qualités d’un sprinter. Lorsqu’il écrit, sa main va moins vite que son cerveau. Il y a un Doinel au cinéma, il y a Ferdinand au théâtre. Truffaut, Caubère, même combat. La descente dans la mine de l’enfance pour remonter des pépites à redistribuer au public.

Philippe Caubère a réalisé un Abécédaire, dans l’esprit de celui de Gilles Deleuze.
Les deux abécédaires n’ont rien à voir. Caubère est un homme de scène, ce n’est pas qu’un auteur.
Caubère c’est quelqu’un qui a pris le pouvoir. Au lieu d’attendre que le téléphone sonne, il a mis sa peau sur la scène et d’abord sur la page blanche.
C’est quelqu’un de très physique, comme un sportif.
Sur scène, il dépense une énergie hallucinante.
Il est beau à entendre et à voir.
Beaucoup de gens disent que c’était mieux avant. Certes, on est triste de ne plus voir Devos ou Zouc. Garrincha est mort. Pessoa n’est plus là, mais non ! ce n’était pas mieux avant, car nous avons Patrick Modiano et Philippe Caubère, pour citer deux artistes que j’aime et que j’aimerais jusqu’à ma mort. Ils n’ont rien à voir mais ils ont des points en commun:
Authenticité. Haine de la connerie. Ennemi de la compromission et de la reptation. Amoureux du français. Hyper intelligent, hyper sensible. Deux enfants démesurés. Un humour hors normes.
Quand Philippe Caubère joue, il faut aller le voir, sans hésiter une seule seconde.
Caubère porte en lui, la magie théâtre, celle de Molière.
Vous allez le voir, et puis vous voyez en même temps votre mère, ou plus exactement “maman", sur scène.
Lui seul à ce pouvoir de réincarnation. C’est un sorcier de la scène.
A la fois Arlequin et Cagliostro.

L’ABÉCÉDAIRE A COMMENCE EN OCTOBRE

Un mot par jour à compter depuis le 8 octobre :
Avignon, Benedetto, Claudine, Danse, Energie, Femme, Galabru, Humour, Impros, Jouer, Koltès, Littérature, Marseille, Non, Œuvre, Père, Qu’en-dira-t-on, Rémunération, Spectateur, Théâtre, Utilité ?, Véronique, Wallonie, X bis, Yves (Robert), Zouc

Philippe Caubère aime Zouc et Devos. Trois phares de la scène. Une lumière qui éclaire et n’aveugle jamais.

DATES DE TOURNÉES de Philippe Caubère

LA DANSE DU DIABLE

4 novembre au 7 décembre - Paris, Théâtre de L’Athénée.
Réservation de places en ligne | www.forumsirius.fr/orion/athenee.phtml?spec=436.

18 décembre - Miramas (13), Théâtre La Colonne.
Réservation de places en ligne | www.scenesetcines.fr.

5 janvier 2015- Chateauroux (36), L’Equinox.
Réservation de places en ligne | www.equinoxe-lagrandescene.com.

10 janvier - Lèves (28), Espace Soutine.
Réservation de places en ligne | www.ville-leves.fr/espace-soutine.php.

14 janvier - Boulogne-sur-Mer (62), Théâtre Monsigny.
Réservation de places en ligne | www.ville-boulogne-sur-mer.fr/le-theatre-monsigny.

17 janvier - Cébazat (63), Le Sémaphore.
Réservation de places en ligne | www.cebazat.fr/Accueil-billetterie-tarifs.html.

23, 24 janvier - Marseille, Théâtre Toursky.
Réservation de places en ligne | www.toursky.org.

28 janvier au 1er février - Boulogne-Billancourt (92), Théâtre de l’Ouest Parisien,
Réservation de places en ligne | www.top-bb.fr.

4, 5 fevrier - Amiens (27), Maison de la Culture.
Réservation de places en ligne | www.maisondelaculture-amiens.com.

8 fevrier - Salon-de-Provence (13), Théâtre Armand.
Réservation de places en ligne | www.salondeprovence.fr/index.php/theatre-armand.

28 fevrier, 1er Mars - Marciac (32), L’Astrada.
Réservation de places en ligne | www.fnacspectacles.com/place-spectacle/manifestation/Seul-en-scene-LA-DANSE-DU-DIABLE-MA419.htm

RENCONTRES PUBLIQUES

18 novembre - Au bar du Théâtre de L’Athénée, après le spectacle.

16 décembre - À la Médiathèque de Miramas (13), à 18h.

Permalien 08:23:49, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Journal et autres carnets inédits, de Georges Brassens. (Cherche Midi)

Le talent de Georges Brassens est immortel. Ses 33 tours sont plus vivants que le dernier CD des casses-oreilles.

Sur ces cahiers à petits carreaux , entre 1963 et 1981, Georges Brassens notait tout ce qui lui paraissait intéressant et non pas tout ce qui lui passait par la tête. Parfois, à plusieurs mois parfois années d’intervalle, il écrit la même phrase ou presque, ce qui est très bon signe: cela veut dire que ce vers - qui a la force d’un aphorisme- correspond à un sentiment qui est très fort en lui et donc qui mérite qu’il s’y penche de plus près.
Ces cahiers forment donc son journal, vaste brouillon de son œuvre, de sa vie.
On retrouve, la guerre, la mort - omniprésente, et donc la vie!- le temps qui passe et celui qui revient.
Nous sommes dans le voisinage de Cioran, Lichtenberg et Perros.
Ce vaste pense-bête est une mine pour les chercheurs et surtout pour les fins esprits qui aiment Brassens.
Brassens a le public le plus intelligent de France.
Il n’y a qu’un Brassens. Il est toujours bon de le retrouver. C’est notre ami indéfectible. Sa mort nous attriste chaque jour parce qu’il ne vit plus, mais pour nous, qui ne partagions pas son quotidien, Brassens n’est pas mort et ne mourra jamais, sauf le jour de notre propre mort, sale mort plutôt. Et plus tard, cela le mieux.
(On a pu revoir ces-jours l’émission hommage a l’unique G3 de la chanson, à savoir la rencontre au sommet Brel-Brassens-Ferré. La bonté des yeux de Brassens reste foudroyante. La malice aussi. Les deux autres n’en sont pas non plus dépourvus.)
Dans ce qui est désormais le Journal de Brassens, il y a des phrases, des flashs qui sont devenus des chansons.
Certains vers ont donné naissance à une succession de vers.
Il note ce qui l’obsède tel jour à telle heure. Cela pouvait lui resservir.
Les détracteurs de Brassens- ça existe ?- diront qu’ils s’agit de fond de tiroir. Les autres- en plus grand nombre- sont heureux de retrouver le créateur dans toute la splendeur de sa créativité. Une chose est certaine: les fonds de tiroir de Brassens valent mille fois la vitrine des prétentieux inaudibles.
Le cerveau de Georges Brassens carburait à l’émotion autant que son cœur.
Il s’est pressé le citron pour en tirer le meilleur élixir spirituel possible.
Jean-Paul Liégeois a bien recueilli les pépites qui dormaient dans les cahiers à petits carreaux. Il les présente avec encore un peu de terre dessus.
Dans le magma proposé est né un bouquet de chansons: Mourir pour des idées, Cupidon s’en fout, Le pluriel, Les deux oncles, entre autres merveilles auditives.
A consommer à petite dose pour faire durer le plaisir.
Georges Brassens était un troubadour, un chanteur, un parolier, un musicien mais surtout un grand écrivain.

-Journal et autres carnets inédits, de Georges Brassens. Edition établie par Jean-Paul Liégeois. Cherche Midi, 330 p., 18,50 €

16.11.14

Permalien 17:27:06, Catégories: FOOT FRANCHOUILLARD, GRAND MONSIEUR  

Zlatan Ibrahimovic dispensé du match bidon contre les Bleus à Marseille

A 33 ans, Zlatan Ibrahimovic doit se ménager. Sa carrière est hélas!, pour tous les amateurs de football, presque terminé. L’équipe de France de Deschamps ne le verra pas. Tant mieux ! Risquer la blessure pour un match Canada dry cela n’était pas raisonnable. Bravo à la Suède d’économiser l’un des cinq plus grands joueurs au monde en activité.

La fédération suédoise a annoncé sur son site que Zlatan Ibrahimovic ne jouera pas lors de France-Suède mardi 18 novembre 2014 (20h45) à Marseille.
Et moi qui étais disposé à regarder le match pour voir “Ibra". Avec le Suédois, on voit de la lumière. Celle de Benzema ? Quand il ne joue pas avec C. Ronaldo, James Rodriguez et tous les autres joyaux du Real Madrid son jeu perd 80% d’intérêt.
Je ne regarderai donc pas le match. Je déteste les matchs amicaux. C’est comme un livre dont on ôterait tous les verbes.
Ibrahimovic, longtemps blessé au talon gauche, a joué son premier match entier depuis des lustres lors du match de qualification à l’Euro 2016 au Monténégro (1-1) samedi 15 novembre, marquant un but dès la 9e minute de jeu.
Son retour sur le terrain en match officiel se déroula à la fin de récent PSG-OM (2-0).
Le magnifique joueur avait déclaré qu’il était «concentré» sur le Monténégro, match très important dans notre course à la qualification pour l’Euro».
Suite à l’intégralité du grand champion - lui mérite ce terme- au Monténégro, le sélectionneur suédois Erik Hamren a décidé que son joueur phare n’affrontera pas l’équipe de France en amical. Très bonne décision: il faut ménager l’attaquant après sept semaines d’absence. Et puis quel intérêt de faire jouer la star du PSG dans le stade de l’OM ?
Officiellement, “Ibra” a ressenti une douleur à la hanche avec la Suède. C’est la stricte vérité, même si l’on sait qu’un football professionnel ne joue jamais à 100 % au top physiquement.
Le joueur a quitté immédiatement le groupe après le match au Monténégro.
Erik Hamren a déclaré:
-"Son retour était le principal objectif de ce rassemblement et il a concentré ses efforts sur cette partie. Par conséquent, il est libéré pour le match contre la France mardi, quittant le groupe avec effet immédiat".
Ibrahimovic (33 ans) doit faire attention que sa talalgie ne se réveille pas:
- “Mon talon ? Il était encore sensible. Ensuite, j’ai eu mal à la hanche durant tout le match", a-t-il expliqué sur son application Zlatan Unplugged.
Laurent Blanc, le coach du PSG, est satisfait du forfait de sa star contre la France.
Le public qui a payé sa place pour voir “Ibra” est le dindon de la farce.
On ne sort pas une F1 lors d’un défilé de joueurs qui ne sont là que pour avoir une sélection de plus.
Pendant les travaux, la vente continue.
Je vous laisse le football d’opérette. Ce n’est pas ma cup of tea.
Ribéry a eu raison de renoncer aux Bleus. Il n’a plus besoin de ça pour gagner 800 000 euros par mois.

15.11.14

Eric Cantona rend hommage aux grands joueurs français venus d'ailleurs

“Si j’avais pu jouer avec Cantona je n’aurais jamais bu” a dit George Best. Même si ce n’est pas vrai, c’est beau, très beau. Est-ce que Di Maria a la classe de Best, ou de Cantona ? La réponse est non. Je le sais déjà. Di Maria joue moins bien que James Rodriguez. Les dirigeants du Real Madrid ne sont pas fous.

Dimanche 16 novembre 2014
Canal Plus 20 h 50
Football et immigration, 100 ans d’histoire

d’Eric Cantona et Gilles Perez

Eric Cantona poursuit son introspection du football.
Après les derbys dans tous les plus grands pays de football.
Après les rebelles du ballon rond.
Voilà l’apport des immigrés au football français.
Eric Cantona raconte par l’image ce que je ne cesse pas de raconter par l’écrit.
On peut étendre à la littérature, à la peinture. Que serait la poésie française sans Apollinaire ? La sculpture française sans Brancusi et Giacometti à Montparnasse ? La peinture française sans la présence de Modigliani, Picasso et Chagall ?
A propos de peinture, la mère d’Eric Cantona - et de Jean-Marie et Joël- Leonor Cantona, semble sortir d’un tableau d’El Gréco. Toute l’Espagne sur un seul visage.
Ce film c’est aussi un hommage aux parents.
Les deux premiers footballeurs de couleurs- comme l’on disait jadis- à intégrer les Bleus furent Raoul Diagne, le fantastique arrière du RCP, fils de député sénégalais de l’Assemblée nationale française, et Ben Barek, le premier joueur a être baptisé la perle noire, 20 ans avant Pelé.
Oui, le football est une fantastique machine à intégrer.
Le football est et a toujours été en avance sur la société.
Les tribunes gavées d’ignorants cela n’a rien à voir avec les footballeurs, avec le terrain.
Eric Cantona a donc rencontré Michel Platini, Zinedine Zidane, Basile Boli, entre autres participants.
Kopa, Ujlaki, Piantoni, Cisowski, Théo, Mekhloufi, Charles Alfred, Kabyle, la liste est longue de tous ceux qui ont apporté leur talent à la France, berceau des gens de bonne volonté.
Platini, toujours aussi intelligent, rappelle que nos pères supportaient les clubs de villages, presque de quartiers.
Mon père, Marcel Morlino, jouait dans l’équipe du Col de Villefranche, un secteur haut dessus de Nice. Pour mon père, il n’y avait que deux catégories de gens: ceux qui savaient jouer au football et les autres. En deux mots, il définissait un joueur instantanément. Il était capable de raconter dans le détail un match qu’il n’avait pas vu. En travaillant, il écoutait les matchs à la radio. Ensuite, il faisait croire à ses amis qu’il avait vu tel match de Nice ou de Monaco et il leur racontait de A à Z des phases de jeu, racontant les débordements à l’aile de Charly Loubet ou les tacles propres de Maurice Serrus. Fascinant ! Mon père était un joueur-né, mais pas un joueur de Casino, un joueur dans la vie, il avait un humour hyper corrosif. Un chambreur. On l’appelait Nice-Matin tant il savait tout sur tout. Il savait même ce qu’il ne savait pas !
En ce qui concerne ma famille, trois de mes grands-parents étaient Italiens. Les Italiens sont venus dans les Alpes-Maritimes ou en Lorraine, comme les Platini et les Piantoni.
La première fois que j’ai entendu parler de Platini c’est par Roger Piantoni, immense joueur, immense homme.
Platini vouvoie Eric Cantona. Quand on sait que l’actuel président de l’UEFA fut son sélectionneur en équipe de France. C’est une grande marque de respect. La plus grande.
Platini, Cantona et Zidane, le tiercé magique et gagnant des Bleus. Les trois plus grands joueurs français depuis Kopa. Platini et Cantona n’ont pas gagné la Coupe du Monde mais leur talent respectif n’était pas inférieur de celui de Zidane. Ceux qui prétendent le contraire sont des ignorants.
Je vais être ému par la séquence Zidane-Cantona car je voulais les voir ensemble en 1998.
Zidane pleure en évoquant ses parents. Il ne sera pas le seul à pleurer.
La France de 1998 avec Cantona et Zidane serait devenue mythique comme le Brésil en 1970.
Sans Cantona, la France a juste gagné. Avec lui, à la place des fifrelins qui jouaient en pointe, elle aurait eu en plus un attaquant de classe mondiale.
Ce succès mondial sans Cantona reste une plaie ouverte. Le King aurait dû participer à cette apothéose.

PS: Eric Cantona ne s’est pas filmer pendant les interviews, laissant le plein écran à Platini, Zidane, Tigana et Luis Fernandez. Signe de grande classe. Si loin des journaleux qui se tirent la couverture à eux. Comme sur le terrain, Eric dans la vie aime faire des passes aux autres pour les mettre dans la lumière.

XV, l’incroyable aventure du Rugby, de Françoise & Serge Laget, Philippe Cazaban et Gilles Montgermont. (Chronique éditions)

La voix de Roger Couderc popularisa le rugby le plus simplement du monde. Ici nous retrouvons Albaladejo et Darrouy. En ce temps-là, les joueurs ne se déshabillaient pas de manière grotesque pour épater la galerie dans des calendriers putassiers. Non, eux, ils mettaient leur âme à nu sur le terrain. Les photos de joueurs à poil ne m’apprennent rien. Il y a un monde entre ne pas se prendre au sérieux et être totalement ridicule. Réduire les athlètes à un tas de muscles me rappelle la propagande des J.O. de 1936. Je préfère la poésie de Pierre Mac Orlan ("Aujourd’hui, encore, quand je pénètre sur un terrain de rugby, une étrange émotion me prend à la gorge.")

Ce monumental album sur le rugby - 3 kilos à la pesée !- signé par les Laget, Cazaban et Montgermont – nos Lagarde et Michard de l’ovalie- ce n’est pas de la nostalgie mais de l’Histoire. Quand les enfants ouvrent leur livre d’Histoire à l’école dit-on qu’ils sont nostalgiques ? Dommage qu’on n’apprenne pas l’Histoire du rugby, j’aurais eu de meilleures notes. Hélas ! mes professeurs ne s’appelaient pas Blondin, Couderc ou Laget. L’Education nationale a le tort de former des profs qui nous ennuient trop souvent.
Nos historiens du rugby, eux, savent raconter les matchs comme des Guerre de 100 ans en temps de paix. Les matchs sont des guerres de pacifistes. Ceux qui n’ont pas compris cela passent à côté du sport de haute compétition. Dès les premières pages de l’album, on tombe sur la photographie de spectateurs pionniers qui allaient en train à Colombes. Les voyageurs arrivaient de Saint-Lazare, destination stade de Colombes. Ils avaient presque tous un chapeau. Ceux qui n’en portaient pas avaient une casquette. Très peu de femmes, encore moins d’enfants. Les fans ne portaient aucun fanion, aucune banderole, aucun drapeau, aucun maillot. Ils étaient tout heureux en arrivant à Colombes. Aucune bagarre. Rien que de la convivialité.
L’album comprend 15 chapitres: De Ronsard à William Webb Ellis (1550-1869), La mêlée infernale (1914-1918), Le plus grand des Grands Chelems (1969-1977)… Tout l’ouvrage regorge de trèsors visuels : photos couleurs ou N & B. Des affiches de matchs. Des unes de journaux. De très anciennes cartes postales. Des placages, des débordements, des tours d’honneur, des reproductions de cartes postales, des photos de tous les côtés, noir et blanc ou couleurs. Sur la double page dévoilant la photo de groupe de jeunes rugbymen de 1889, on peut y rester très longtemps. On pourrait écrire un livre sur cette école alsacienne: les regards, l’amitié… Tous sont morts. Déjà. Je me reconnais en eux. Des frères de sensations. Avec leur corps, ils ont écrit les premières pages de ce que nous sommes devenus.
Voilà le genre de photos qu’il faudrait mettre dans les calendriers au lieu des poses idiotes des joueurs réduits au rang d’hommes objets.
Grâce l’album XV, on remonte le temps de la meilleure façon. Il y a tout ce que l’on veut voir. La reproduction d’un ticket d’entrée de France-Pays de Galles du 25 avril 1926. Pour beaucoup c’est inutile. Pour moi c’est essentiel. Les madeleines n’ont pas le monopole de la machine arrière. Peu à peu, le noir et blanc s’éclipse au profit de la couleur, comme on est passé de la radio à la télévision.

-XV, l’incroyable aventure du Rugby, de Françoise & Serge Laget, Philippe Cazaban et Gilles Montgermont. Préface Walter Spanghero. Chronique éditions, 352 p., 39 €

14.11.14

Nouvelle de rêve. Roman graphique de Jakob Hinrichs (Le Nouvel Attila)

Autre album de Jakob Hinrichs, ci-dessous, pour voir son style.

La couverture du film est criarde comme les films des années 1950-1960. Elle a quelque chose entre l’illustré X 13 et le groupe Spoutnik. Le trait du dessin renvoie à la science-fiction qui s’infiltre dans le quotidien. Le bandeau de l’ouvrage nous apprend que nous sommes en présence du texte qui a inspiré Eyes Wilde Shut au cinéaste Stanley Kubrick lors de son nouveau et hélas ! dernier film.

Ce livre est donc une BD pour adultes. Jakob Hinrichs a écrit un roman graphique inspiré par la nouvelle de Schnitzler qui est publiée intégralement en fin de volume. Le thème central est la jalousie sur fond de fantasmes. Le couple se fait peur en pensant à d’autres partenaires. On ne sait plus qui fait quoi, qui est avec qui, qui voudrait être avec qui. Le mâle, un médecin- parlons en ces termes tant leur sexualité les dirige- vit avec Albertine qu’il va délaisser surtout en rêve. Sa conjointe fait la même chose.

Un soir, au luna park, ils s’imaginent dans une partie de jambes en l’air : lui avec un pin-up de baraque foraine, elle avec un gaillard plein de biceps apparents. Tout le livre est fort bien construit. On ne s’attend pas à trouver des sexes au coin des pages. Il y a là à un parfum de partouzes qui hésite entre le film X, dans ce qu’il a de plus minable (c’est une volonté de l’auteur) et le film de cul intello genre Pierre Kast. Du jamais vu en BD !

-Nouvelle de rêve. Roman graphique de Jakob Hinrichs. Traduit par Jörg Stickan. D’après la nouvelle d’Arthur Schnitzler. Traduit de l’allemand par Pierre Deshusses. Le Nouvel Attila, 160 p., 23 €

Avec l'excellente série TV, nous fêtons nos retrouvailles avec John Voight (76 ans) le héros de notre jeunesse au temps de Macadam Cowboy

Tous les jeudis sur Canal + à 21 h
Ray Donovan

Grâce à la télévision, nous retrouvons John Voigt qui est aujourd’hui souvent réduit au rang de père de l’actrice Angelina Jolie et du réalisateur James Haven.
C’est oublier qu’il est un acteur de premier plan qui n’a pas tellement tourné vu son immense talent.
Il y a cependant quatre films cultes dans sa filmographie: Macadam Cowboy, Délivrance, Runaway Train et Le Retour.
L’inoubliable cowboy de Macadam Cowboy c’est lui. Le film avec Dustin Hoffman est un hymne à l’amitié. A voir et à revoir.
A présent, John Voigt fait son grand retour dans la série télévisée américaine créée officiellement par Ann Biderman aux Etats-Unis le 30 juin 2013.
L’ébouriffante série est diffusée à présent sur Canal+.
Ray Donovan travaille pour un cabinet d’avocats qui sert à étouffer dans l’œuf toutes les incartades commises par des gens en vue, cibles des médias. Ray Donovan intervient pour régler les problèmes avant qu’ils soient connus. Magnifique idée. Simple et forte. Ray Donovan est incarné par Liev Schreiber, superbe comédien, un volcan en sommeil toujours prêt à se mettre en activité. Un jeu intériorisé. Une révélation mondiale.
Ray Donovan vit dans l’entourage de ses trois frères qui vivent dans une salle de boxe.
L’un deux dirige la salle, un autre a un traumatisme lié à son enfance et le dernier est métis car il s’agit d’un demi-frère. Nous sommes donc en présence de quatre frères.
Leur père c’est Mickey joué grandiosement par John Voigt. Il vient de sortir de prison et veut renouer avec sa famille. Ray, le chef des fils, refuse de laisser revenir l’homme qui a détruit sa vie, dit-il sans cesse. Il est disposé à éliminer son paternel.
La première saison vient de s’achever en nous révélant le lourd secret de famille.
Cette série est superbe: film d’action sur fond de grande violence familiale mais que d’amour ! dirait Tchekhov.
Jeudi prochain, 21 novembre 2014, la seconde saison démarre sur C +. La troisième saison est en tournage aux Etats-Unis.
J’appréciais Dexter mais j’apprécie encore plus Ray Donovan.
Il y règne un climat épatant, un rythme faussement lent.
Tous les acteurs sont prodigieux, tous sans exception.
Ils ont tous un monde intérieur qui explose sur l’écran.
John Voigt est un géant du cinéma: de la race de Clint Eastwood, Dustin Hoffman, Robert De Niro, Al Pacino, Jack Nicholson et Gene Hackman.
Quand il débarque sur l’écran, j’éprouve la joie de revoir un ami.
Il a un jeu d’une très grande richesse, basée sur l’invention: démarche, rictus, mimique, œillade, dégaine hallucinante. D’après l’état civil il a 76 ans… Foutaise! John Voigt est éternellement jeune. Comme tous les grands artistes, il sait faire la divine balance entre l’intelligence et la sensibilité.

Acteurs principaux:
Jon Voight : Mickey Donovan, le père de Ray
Liev Schreiber : Raymond « Ray » Donovan
Paula Malcomson : Abby Donovan, la femme de Ray
Eddie Marsan : Terrence « Terry » Donovan, le frère de Ray
Dash Mihok : Brendan « Bunchy » Donovan, le 2e frère de Ray
Steven Bauer : Avi, le bras droit de Ray
Pooch Hall : Daryll Donovan, le demi-frère de Ray
Kerris Dorsey : Bridget Donovan, la fille de Ray
Devon Bagby : Conner Donovan, le fils de Ray

Site officiel : http://www.sho.com/sho/ray-donovan/home

13.11.14

Permalien 12:59:52, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Sublimes voyages, en toute saison. Un bel album National Geographic

Qui était mieux placé que National Geographic pour élaborer un tel somptueux album ?
National Geographic a l’avantage d’avoir des correspondants dans le monde entier qui connaissent leur coin fétiche de A à Z.
L’originalité de l’ouvrage réside au fait de proposer des voyages au rythme des saisons.
Le livre se présente donc sous la forme de quatre grandes séquences qui regroupent des pays, des régions, des lieux en fonction des phénomènes uniques, des manifestations étonnantes, des fêtes traditionnelles, des événements populaires.
Disons que l’on ne peut pas passer à côté des ciels étoilés anglais, de la cuisine au barbecue de Memphis, des mariages hindous lors de la mousson et de la fête de la bière munichoise.
Voici les quatre grands axes de l’album:

Printemps
Jazz à la Nouvelle Orléans, la Semaine sainte à Séville, les cerisiers en fleur au Japon, la Fête multicolore à Jaipur, Monte-Carlo, Paris, Istambul…

Été
Festival Mozart de Salzbourg, la coupe du monde de tango à Buenos-Aires, les étoiles filantes du Maine, une partie de golf à minuit en Islande, Vancouver, Nambie, la Suisse, Vérone…

Automne
Le rassemblement des requins-baleines en Basse-Californie, la saison des mariages au Rajasthan, les vendanges ans le Bordelais, la fête de la mi automne au Vietnam, Cap Breton, la fête de la bière à Munich, Tahiti…

Hiver
Les aurores boréales en Norvège, le carnaval de Rio de Janeiro, les habits extraordinaires dans les fêtes à New York, la transhumance des gnous dans le parc national du Serengeti, le festival de la glace et de la neige à Harbin, le Québec, le Costa Rica, la Laponie, Venise…

Tous les auteurs du livre ont sélectionné le Top des lieux à voir sans faute: le Top ten des couchers de soleil estivaux, le Top ten des vignobles, le Top ten des récoltes.

Que nous a-t-on sélectionné pour Paris ?
Le Pont Alexandre III, la tour Eiffel, les Deux Magots et Roland Garros. Beau programme.

-Sublimes voyages, en toute saison, collectif. Préface d’Andrew Evans, rédacteur en chef. Traduction de Stéphanie Alglave. National Geographic, 320 p., 35 €

11.11.14

Permalien 21:57:33, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Des grands livres sur 1914-1918 par Jean-Pierre Guéno, Alain (Emmanuel Blondel), Antoine Compagnon, Yuji Murakami, Guillaume Picon, Yanny Hureaux, Florian Illies, Mireille Le Van Ho, Maurice Genevoix, Paul Dupuy et Michel Bernard

Pour refermer l’année de commémoration du centenaire des débuts de la Première Guerre Mondiale, on peut se doter de livres qui ne vous tomberont pas des mains. Les médias institutionnels vont la refermer mais pas moi. Les plaies ouvertes ne se referment jamais.

Avant 1914, il y a eu 1913 comme nous le rappelle Floria Illies dans un livre sous-titré Chronique d’un monde disparu. L’année 1913 a eu des temps forts: en janvier, Hitler et Staline se rencontrent- déjà !- , et O. Spengler travaille sur Le Déclin de l’Occident. En février, Duchamp peint Le nu descendant l’escalier. En mars, Camille Claudel est jeté dans un asile psychiatrique. En avril, Hitler fête ses 24 ans. Dans le livre, il est question d’art, de politique, de Paris, de Kafka, de Proust, de Thomas Mann et de Rilke.

Si l’on veut lire un superbe roman sur la Grande Guerre, il faut se procurer celui de l’humaniste Yanny Hureaux qui nous donne un vibrant livre sur les Ardennes qu’il connaît par cœur: Le pain de suie. Alors qu’une famille prépare le mariage de sa fille, la guerre éclate. Les Allemands -les Boches qui riment avec moches- occupent tout à coup le terrain. Yanny Hureaux a écrit ce livre pour évoquer les gens simples, la seule famille qu’il revendique.

Déjà auteur de Paroles de Poilus, Lettres et carnet du front 1914-1918(Librio, 1998), avec Yves Laplume, Jean-Pierre Guéno a rassemblé un nouvel ensemble de courrier émouvant celui des français de la Grande Guerre (1914-1918) qu’il a baptisé humblement Les Poilus. Pour 3 euros, nous tenons en main un bouquet de lettres d’amour écrites par des hommes dont l’unique rendez-vous était celui avec la mort. La voix des anonymes se mêlent à celles d’Apollinaire, Péguy et Alain-Fournier. Une suite de témoignages les uns plus bouleversants que les autres.

L’indispensable Jean-Pierre Guéno vient de publier un autre grand livre: Dans la peau du soldat inconnu. Pour résumer cet ouvrage, il cite Montherlant :” Ce sont les mots qu’ils n’ont pas dits qui font les morts si lourds dans leur cercueil". Qui dort sous l’arc de Triomphe ? “C’est donc une femme qui [se trouve] sous la flamme sacrée". Puis, Jean-Pierre Guéno se ravise et nous dit que le soldat inconnu pourrait être “un Juif, un Arabe, un Sénégalais ou un Allemand". Et de conclure: “Un être humain tout simplement". Le livre est entre autres dédié au grand-père de Jean-Pierre Guéno qui se prénommait Louis, et à ses deux grands oncles, l’un mort pour la France, l’autre pour l’Allemagne… Dans le livre, l’écrivain se met successivement dans la peau du Poilu Martin Vaillagon comme dans celle d’Alain-Fournier.

Un autre écrivain rend sans cesse hommage aux Poilus par l’intermédiaire de Maurice Genevoix, outrageusement placé au purgatoire par les régents de la communication. Croyez-moi, la postérité n’est pas du côté de la “racaille moderne” (mot de Baudelaire) qui ne vante que sa clique. Donc Michel Bernard, cette fois, nous présente un recueil d’entretiens Maurice Genevoix à lire et relire d’urgence. On y entend le français dans toute sa splendeur. A l’oral comme à l’écrit, Maurice Genevoix était merveilleux dans tous les sens du terme. Sa vie durant il a célébré les soldats de 1914-1918. Michel Bernard a repris le flambeau. Il nous présente aussi la Correspondance entre Genevoix et Paul Dupuy, qui se déroula d’août 1914 à avril 1915. Paul Dupuy était le secrétaire général de l’Ecole normale supérieur. Document exceptionnel entre deux êtres humains exceptionnels.

De son côté, Mireille Le Van Ho nous apprend, dans Des Vietnamiens dans la Grande Guerre, qu’en 1915, alors que la France s’enlise dans la guerre, augmentant sans relâche sa production d’armement, les ouvriers manquent et le recours à l’Empire s’impose: de 1916 à 1919, 50 000 Vietnamiens sont recrutés parmi les régions les plus pauvres. La découverte de l’Occident est brutale pour eux. A Toulouse, à Saint-Raphaël, ils dorment dans les casernes, les poudrières. “Nous travaillons dans l’obscurité, méconnus comme des parias (…) corvéables à merci".

Les Belles Lettres- éditeur incomparable- ont mis en librairie l’ensemble de la correspondance entre Alain et deux femmes: Lettres aux deux amies. Alors qu’il était dispensé des combats, le professeur s’engage dans la guerre. Sans jamais évoluer dans la gamme du héros, Alain raconte ce qu’il voit et ressent. C’est un pamphlet contre “les crétins et les calotins qui se partagent le pouvoir". L’édition française n’est pas morte: la preuve ce livre sort l’année des triomphes commerciaux de deux torchons signés par des membres patentés du PAF. En lisant cette grande publication, j’ai pensé au mot d’Oscar Wilde: “Il y a des moments où l’art atteint presque à la dignité du métier manuel".

Antoine Compagnon et Yuji Murakami présente La Grande Guerre des écrivains, un ensemble de textes qui va d’Apollinaire à Roland Barthes, en passant par Colette, Céline, Genevoix, Aragon ou de Gaulle. 840 pages de rage et d’espoir. De beauté et d’horreur. Un livre à conserver toujours à la portée de la main et du cœur.

Dans le même esprit, Guillaume Picon a réuni un panorama de poèmes français, anglais, allemands, russes et italiens, dans Anthologie 1914-1918. Poèmes de Poilus. Une occasion de retrouver Drieu La Rochelle, Max Jacob, W. Owen, Rilke, Ungaretti, Zadkine, Apollinaire, Cendrars et Verhaeren. Et Philippe Soupault, aussi, qui a écrit: “Ceux qui préfèrent la mort des autres à leur propre vie". Ce vers, je l’ai répété cent fois lors de ma découverte pour ne jamais l’oublier.

-Dans la peau du soldat inconnu, de Jean-Pierre Guéno. Le Passeur, 189 p., 16 €
-Les Poilus, de Jean-Pierre Guéno. Librio, 190 p., 3 €
-Lettres à deux amies, d’Alain. Edition d’Emmanuel Blondel. Les Belles Lettres, 650 p., 25,50 €
-La Grande Guerre des écrivains, d’Apollinaire à Zweig, d’Antoine Compagnon et Yuji Murakami. Folio/ Gallimard, 840 p., 10, 60 €
-Anthologie 1914-1918. Poèmes de Poilus, de Guillaume Picon. Seuil, 420 p., 8,50 €
-Le pain de suie, de Yanny Hureaux. Le Livre de Poche, 315 p., 5,90 €
-1913, chronique d’un monde disparu, de Florian Illies. Traduit de l’allemand par Frédéric Joly. Piranha, 313 p., 20 €
-Des Vietnamiens dans la Grande Guerre, de Mireille Le Van Ho. Vendémiaire, 317 p., 20 €
-Correspondance (28 août-30 avril 1915), de Maurice Genevoix et Paul Dupuy. Préface de Michel Bernard. La Table Ronde, 330 p., 24 €
-Maurice Genevoix, l’harmonie retrouvée. Préface de Michel Bernard. La Table Ronde-Radio France-INA, 78 p., 21,50€

07.11.14

Permalien 08:31:24, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Une France Arabe (ou les débuts de la diversité) par Ian Coller (Alma éditeur)

Avec pour sous-titre 1798-1831, Histoire des débuts de la diversité, voici une France Arabe qui contribue au combat de l’antiracisme.
On note que l’auteur est un australien qui enseigne à Melbourne. Ce n’est pas la porte à côté. Pourquoi aucun auteur français ne s’est-il pas penché sur la présence des Arabes sur le sol français d’une manière si pointue ?
L’auteur avait remarqué des “têtes enturbannées” sur les peintres de la France post-révolutionnaire et aucun livre n’en parle, aucun histoire de l’hexagone ne décrypte cette présence, il y a comme une volonté inavouée de cacher la réalité historique.
Ian Coller explore tout, le bon et le moins bon, à savoir ceux qui apportent à la société et ceux qui s’en servent pour lui nuire. Dans le sillage de Napoléon, les premières arrivées de l’Afrique débarquent à Marseille. En 2014, les racistes disent que Marseille est la première ville africaine de France. Qui arrivent en premier ? Les Egyptiens.
En 1798, le Directoire envoie en Egypte une Armée d’Orient, placée sous le contrôle du général Bonaparte. Le but est de fermer la porte aux Anglais qui veulent prendre “la route des Indes".
Ensuite plusieurs réfugiés d’Egypte arrivent à Marseille: “mamelouks, marchands, domestiques et intellectuels".
C’est l’incursion de l’islam politique même si tous les arrivants ne sont pas tous musulmans.
La France Arabe débute ici.
Le livre s’arrête en 1831, date de la conquête de l’Algérie.
L’ouvrage fort bien documenté est une somme impressionnante. Que de recherches! Que de lièvres levés !
Ian Coller a débuté son travail en 2003 quand il est venu en France. C’est aux archives de Vincennes qu’il a trouvé le plus de documents que personne n’avait consulté avant lui depuis deux siècles !
Parlant très bien le français, Ian Coller nous apprend beaucoup de manière très simple, si loin des pensums universitaires habituels et illisibles.
Les Egyptiens arrivés à Marseille ont été obligés de rester sur place avec interdiction de monter à Paris, au moins pendant 10 ans.
Les premiers immigrés viennent ensuite à Paris. Il y a des soldats, des notables et des pauvres qui eux restent dans le Sud, au désagrément de la population. Il y avait des Libanais, des Palestiniens, des Africains qui s’étaient infiltrés.
Les autorités françaises demandent aux immigrés de surveiller leur population. Il y avait aussi des “négresses". Les esclaves étaient du voyage.
Et l’argent ? On leur donne un “secours” soit un salaire du gouvernement français. Une forme de pension qui va durer pendant 60 ans.
Comme la mairie de Marseille a souffert sous la Révolution, la ville décide d’incarcérer tous les gens qui lui semble suspect.
Ian Coller fait revivre une période fondatrice.
Nous sommes en présence des racines de la diversité.
Une richesse et non pas un boulet au pied.

-Une France Arabe, d’Ian Coller. Traduit de l’anglais par Frédéric Joly. Alma, 360 p., 29 €

06.11.14

Permalien 23:27:52, Catégories: GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME, HENDRIXEMENT  

Mort du guitariste virtuose Manitas de Plata (1921-2014)

On l’a surnommé le Picasso du Flamenco.
Je l’ai connu grâce à Brigitte Bardot qui parlait sans cesse de lui pour le faire connaître de tous.
Des bas du plafond disent qu’elle est xénophobe !
Les mêmes que ceux qui accusent W. Sagnol de racisme. Comme si l’ex bavarois croyait que Pelé était sans intelligence !
Manitas était très beau. Un torero qui joue de la guitare.
Un regard fort. Des doigts puissants. Un son généreux. Ouvert sur le monde.
Un jour l’un de mes frères arrive dans sa cité universitaire de Montpellier et trouve Manitas de Plata assis sur une marche de l’escalier dans l’obscurité totale.
-Que faites-vous là ?
-J’attendais de la lumière…
Manitas de Plata ne connaissait pas l’usage de la minuterie.
Certains en rigolent.
Nous, nous en étions émus.
Manitas était un cœur pur. Il suffit d’écouter sa musique.
Sa musique coule de source comme le piano de Keith Jarrett dans Cologne.
Voilà un nouveau pan de notre jeunesse qui vient de s’écrouler.

[Post dédié à mon ami Alexandre Lagoya, mon ancien voisin au Col de Villefranche]

Hommage au général grâce à Ainsi parlait de Gaulle (Albin Michel)

Le général était un “virtuose du langage” écrit Stéphane Barsacq. On ne saurait mieux dire. Enfant, je regardais ses conférences de presse. Je n’ai pas perdu mon temps. Que gagnerait un enfant de dix ans à écouter les actuels locataires de l’Elysée qui déconsidèrent la littérature au point que l’un d’eux a nommé rue de Valois quelqu’un qui invite à sa table Patrick Modiano sans être capable de citer un seul de ses livres ? De Gaulle était grand car on l’a vu à l’œuvre pendant la guerre. C’était un homme d’action et non pas d’intention. On ne va pas souhaiter une guerre sur notre sol pour voir la qualité de la classe politique actuelle. De Gaulle n’était pas un politicien de carrière. Nous étions en face d’un grand homme, tout simplement.

Le dernier président de la République dont j’écoutais les interventions fut F. Mitterrand.
Ce jeudi 6 novembre 2014 on nous propose l’actuel locataire de l’Elysée. Très peu pour moi.
Je n’ai pas de temps à perdre avec quelqu’un qui s’est laissé traîner dans la boue dans un torchon par une ancienne maîtresse. Pour les présidentielles je vote un homme, jamais un parti.
J’ai été arnaqué sur le produit. On m’a vendu du skaï que j’ai pris pour du cuir.
Madame Pingeot pourrait gagner des centaines de milliers d’Euros avec un grand livre de mémoires, elle n’a jamais cédé à la tentation. Voilà une très grande dame. Je suis certain qu’en plus son livre serait remarquable car nous sommes en présence d’une lettrée férue de peinture. Elle a passé sa vie à côtoyer les grandes œuvres.
Sur mon bureau, j’ai à porté de main Ainsi parlait de Gaulle. Les mots du Général.
Un formidable abécédaire présenté par Stéphane Barsacq qui estime que de Gaulle était un “virtuose du langage".
Je partage cette vision. Le préfacier salue les trois grands axes de paroles du général: chroniqueur, mémorialiste et moraliste.
On n’a pas oublié le réveil des mots “tracassin", “volapük” ou “chienlit". Sans parler des formules du genre “vive le Québec libre! “. C’est autre chose que “casse-toi pauv’con” et que les “sans dent".
Les grincheux disent que l’information sous de Gaulle était contrôlée. C’est exact. Aujourd’hui aussi mais elle est filtrée au sommet entre quatre murs.
Le premier grand stratège de la communication en France ce fut le général.
On a plaisanté sur ses interviews dans le sens du poil par Michel Droit. Celles qui ont suivi m’ont jamais mis un opposant déclaré en face d’un chef d’état en exercice.
De Gaulle et Mitterrand étaient audibles car ils aimaient vraiment la littérature.
De Gaulle aimait les écrivains. Il ne se servait pas de Malraux et de Gary pour leur demander d’écrire des discours qu’il prononcerait lui-même.
Le superbe petit livre bleu de chez Albin Michel présente toute une série de courtes phrases sur l’Allemagne, Cocteau, Paris, Vichy, ainsi de suite. Il y a aussi l’Appel de 1940 et un bref rappel biographique, en fin de volume qui a été publié en 2010. De manière incroyable, j’ai oublié de le chroniquer. Comme si je ne voulais garder le livre que pour moi.
L’ouvrage ? Un vrai festin linguistique. Cela pétille d’esprit de partout. C’est drôle et donc violent. On lit à haute voix pour faire claquer les mots.
L’intelligence au pouvoir.
Je suis fier d’avoir vécu quand le général était vivant. Sa prose, elle, est toujours vivante.
C’est l’avantage de la littérature et c’est pour cela qu’elle nous fascine quand elle sonne juste.
Je suis gaulliste parce que le général a servi autant le français que la France.

Extraits:
-"Les polichiens ou les jours de grandes fureurs: les polis-petits-chiens". On dirait du Michel Audiard. C’est aussi bon. Dans un livre j’ai écrit: “les politichiens” sans connaître le trait d’esprit du général.
-"Gouverner la France est aussi simple que de fabriquer le célèbre couteau sans lame auquel il manque le manche". Question humour François Hollande peut repasser !
-"On ne peut pas rassembler à froid un pays qui compte 265 spécialités de fromage". Cet aphorisme est devenu un grand classique dans le domaine du portrait ciselé de la France.
-"Avec Vichy depuis 1940, je ne me suis pas borné à échanger des lettres et des messages: j’ai tout de suite procédé à des coups de canon". Grandiose !
-Pour rester sous Pétain, voilà ce que le général a dit sur Roland Dorgelès: “Grand officier de la Légion d’honneur ? Le vichysme ne ralentit pas, il accélère!” il savait frapper là où ça fait mal.

Je me permets de vous citer le mot du général, à la mort de sa fille Anne, handicapée.
-"Maintenant elle ressemble aux autres".

-Ainsi parlait de Gaulle. Les mots du général. Présenté par Stéphane Barsacq. Albin Michel, 269 p., 9,90 €
Lien de la Fondation Anne de Gaulle: http://fondation-anne-de-gaulle.org/

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Le Paris de Patricia de Gorostarzu (Albin Michel)

Le Paris de Patricia de Gorostarzu est plus proche de celui d’Atget (voir la vidéo) que de celui de Doisneau.

Voici un nouvel album sur Paris.
Ce n’est pas nouveau mais il s’agit d’un nouveau regard, donc c’est nouveau. Vous me suivez ?
Il faut suivre la photographe qui propose 120 polaroïds, pris avec le fameux appareil à soufflet si cher à certains photographes dont Robert Mapplethorpe.
D’emblée, on est saisi par l’ambiance de l’album.
Un parfum visuel rétro, à la fois surréaliste et sépia.
Il n’y a pas grand monde, que des lieux vides ou plutôt vidés de ses habitants. Quand il y en a ils sont réduits ai rang de fantômes.
Nous sommes plus du côté d’Eugène Atget que chez Robert Doisneau. Tout simplement parce que Patricia de Gorostarzu photographie des lieux, des lignes, des espaces, des volumes, des architectures et non pas des personnes.
Les héros de son livre sont des murs, des bâtisses, des bouts de monuments.
Des reflets aussi comme chez André Kertesz et parfois Henri Cartier Bresson.
Un univers onirique, souvent angoissant comme dans les toiles d’Hopper tant la solitude est pesante.
On imagine la photographe marcher et regarder. Elle est comme une Diane Arbus qui aurait passé le stade de photographier les laissés pour compte pour ne plus s’attacher qu’aux endroits désertés du poids des humains.
Un mur ou un bout de sol c’est aussi une identité.
Triste ? Non.
Nostalgique ? Non.
Il s’agit de traverser Paris sans se laisser piéger par le clinquant.
Patricia de Gorostarzu a capté Paris comme si elle avait fait des radiographies au rayon X pour faire apparaître le squelette de la capitale.

-Paris, de Patricia de Gorostarzu. Préface de Tania de Montaigne. Albin Michel, 160 p., 29 €.

Site officiel de la photographe: http://www.degorostarzu.com/

05.11.14

Permalien 16:01:09, Catégories: LITS ET RATURES, GRANDE DAME  

Le prix Goncourt à Lydie Salvayre, l'une des reines de mon blog

Louis Jouvet lit le passage sur le mensonge et les imposteurs dans Les Enfants humiliés de Bernanos.

Le jury ne s’est pas laissé impressionner par les médias institutionnels qui avaient déjà désigné leur favori.
Comme quoi il ne faut jamais vendre la peau… surtout dans les émissions débiles de la télé où l’on a vu parader le chouchou des animateurs télés qui pensent que Fernando Pessoa jouait à Benfica avec Eusebio.
Lydie Salvayre jamais citée dans les favoris a été désignée Prix Goncourt 2014.
Très bonne nouvelle pour la littérature.
Ecrivain authentique, Lydie Salvayre a écrit plusieurs grands livres.
Tous ses ouvrages sont des aventures différentes.
Avec Nobel à Modiano, et le Goncourt à Salvayre, la littérature est dignement honorée.

Voici ce que j’écrivais dès le 21 août 2014:

Les lecteurs qui suivent Lydie Salvayre peuvent se réjouir. Le nouveau livre de la romancière est excellent. L’auteur (je n’écris jamais auteure) du cultissime La Compagnie des spectres (1997) entre autres merveilles littéraires, n’est jamais aussi percutante que lorsqu’elle nous livre des pans autobiographiques transcendés par son style à la rage poétique.
Quand elle évolue dans une trame sur fond politique, Lydie Salvayre met toujours dans le mille de notre sensibilité. Oui, c’est bingo à chaque fois tant cela sonne juste. Elle n’écrit jamais pour ne rien dire. Les mots lancés à la va comme je te pousse très peu pour elle. Dès qu’elle a son sujet, elle scrute la même terre de sentiments pendant 2 ou 300 pages. L’urgence actuelle était de rendre hommage à sa mère, aujourd’hui disparue, qui au déclin de sa vie perdait la mémoire. Il fallait absolument sauver de l’oubli le temps de la guerre, celle d’Espagne en 1936. La civile, comme on dit.
Pour articuler au mieux son histoire, Lydie Salvayre juxtapose deux récits : celui des faits et gestes de sa mère au sein de sa vie quotidienne au cours des événements familiaux et politiques, et celui de la vie intellectuelle de Georges Bernanos, flamboyant écrivain dans un univers de littérateurs carpettes. D’un côté, la luminosité d’une adolescente de 15 ans- sa mère est née en 1921- qui espère tant dans l’insurrection libertaire des Républicains. De l’autre, la noirceur du franquisme incarné par les nationaux rivés sur leur nombril à l’écart de ceux qui ne leur ressemblent pas.
On avance dans le livre comme dans un labyrinthe dont il faut trouver la sortie. Un labyrinthe de vitres et non pas de feuillage. On voit à travers mais on ne sait pas où l’on va. Lydie Salvayre n’a jamais perdu de vue ce qu’elle voulait dire. Son livre est comme un tableau qui est naît d’une même palette. Pas pleurer ? Que signifie ce titre énigmatique. Les titres des livres de LS sont toujours hors mode, hors code, hors m’as-tu-vu. Pas pleurer. Beau et grave. Comme ce qu’écrit la romancière. Page 277, on trouve la solution de l’énigmatique titre: « Elle finit par échouer dans un village du Languedoc » où il fallait apprendre le français, une nouvelle façon de vivre, ainsi de suite, « pas pleurer ». Oui malgré l’abandon de l’Espagne, ne pas pleurer. Jamais !
«Elle» c’est la maman de Lydie Salvayre. Maman convient mieux que mère. Fille de réfugiés espagnols, Lydie Salvayre est devenue la narratrice qui dit « Je ». Cela sonne vrai, j’insiste. Après la lecture des Grands cimetières sous la lune de Bernanos, elle a décidé de rendre hommage à ses parents. Bernanos, le fervent catholique, a sévèrement condamné l’église espagnole du côté des nationaux qui massacraient les Républicains, les « mauvais pauvres ». Bernanos, le grand Bernanos, a mis en lumière les ravages de la religion. Cela en fait un écrivain ultra d’actualité. (Le journaliste américain James Foley a été hélas ! décapité, a-t-on appris le 20 août 2014)) Bernanos haïssait le fanatisme, la terreur, les aveuglements, le nationalisme égocentrique. L’écrivain est très peu cité au sein de l’intelligentsia, et pour cause ! Les grenouilles de bénitier le tiennent en distance, étouffent sa présence littéraire au-delà de la tombe.
La maman de LS, Montse, était si sensible qu’elle avait des palpitations cardiaques dès qu’une situation l’a bouleversée ce qui arriva souvent. Une femme qui n’a pas voulu courbé l’échine sous les coups de Franco et de ses serviteurs barbares. La fille sauve le passé de l’auteur de ses jours. Le portrait d’une femme simple qui fait écho à la mère d’Albert Camus. Celle de Salvayre parlait le «fragnol». (La jeune Lydie avait honte du langage de sa mère comme jadis Albert Cohen avait honte de celui de sa mère. Par exemple pour dire se souvenir, elle disait «se raccorder». On est dans la géopoétique absolue. De la littérature dans ce qu’elle a de plus forte et belle. L’importance des mères ne cache pas celle des pères. Celui de Lydie Salvayre est aussi présent dans le récit. Il est lui-même l’acteur d’un parcours poignant qu’on n’oubliera pas. Les deux ibériques ont donné un sacré écrivain à la France.
Lydie Salvayre aurait pu se dispenser d’évoquer Bernanos mais par honnêteté intellectuelle elle rend à Bernanos ce qui appartient à Bernanos, à savoir son indignation face à l’aberration de la religion qui s’est rangée du côté des puissants au lieu de faire son travail d’aide sociale en dehors des bondieuseries commerciales. Aujourd’hui, elle tire un grand coup de chapeau à Bernanos comme hier à Pascal et Cervantes.
Pas pleurer rend aussi justice aux communistes portés par un grand dessein. L’oncle maternel de Lydie Salvayre est l’autre grand héros du livre de souvenirs sublimés. Un « rouge » mort aux combats pour la démocratie. Elle dit tout le mal qu’elle pense de Claudel qui avait la conscience politique d’un penseur de pacotille au QI d’escargot. Il n’y avait rien à attendre d’un artiste qui a laissé croupir en asile sa géniale sœur, Camille Claudel.
Lire Pas pleurer c’est se confronter à tous les ismes des années 1930-1940: monarchisme, nationalisme, communisme, anarchisme… Lydie Salvayre démontre leur résonance actuelle. La communion avec sa mère est totale. Je retrouve en elle toutes les grandes dames de ma vie, aux origines italiennes. Chacun y reconnaîtra les siennes. Je parle des gens qui ont des racines puissantes. Les écrivains de grand talent parlent aussi pour nous et de nous. Sinon, ils ne s’adressent à personne.

-Pas pleurer, de Lydie Salvayre. Seuil, 280 p. , 18,50 €

04.11.14

Le Real Madrid reçoit Gerrard, le clown de Liverpool, pendant que MU est à la maison devant la télévision

Mardi 4 novembre 2014, 20 h 45/ beIN SPORTS 2
Champions League, match de poules
Real Madrid - Liverpool (1)

Où sont les joueurs de MU ?
Devant la télévision.
C’est inadmissible!
Le club est passé du toit du monde à la cave du dernier mauvais restaurant.
Moyes puis van Gaal me forcent à tromper MU avec le Real Madrid !
Le football est mort à Man United. Pour l’instant, il n’y a rien à voir.
Regarder un match de MU depuis le départ de Sir Ferguson c’est comme regarder un tableau de Bernard Buffet, il y a la mort de partout, pas un seul souffle de vie.
Les joueurs de van Gaal jouent à MU comme s’ils jouaient à QPR.
Ils portent un bout d’étoffe rouge. Ils font honte au maillot.
Van Gaal ne sait pas mettre en place un tourbillon positif.
Je suis certain que Sir Ferguson et Sir Charlton pensent comme moi. Je connais par cœur MU. Il faut d’abord être heureux à l’entraînement, et quand je vois la tête des Red Devils en 2014, ils ne respirent pas la joie de vivre. Sans gaîté au cœur, on n’obtient rien. La vie devient lourde, pesante, oppressante.
Je ne veux plus voir ce spectacle affligeant.
Cela fait des décennies que je regarde tous les matchs de MU.
Attention! Les petits mancuniens ne peuvent pas vibrer en voyant des bras cassés à Old Trafford. Attention! Les fans ont aussi peuvent prendre le droit de changer de club !
City-United (1-0)ce fut un match minable. City a gagné sans forcer.
Je veux voir du football, et non pas des cadavres habillés de rouge.
Les joueurs actuels de MU - Rooney compris- n’avancent pas, ils reculent.
Le meilleur c’est Fellaini… au secours !
Et qui est l’autre Red Devil le plus en vue: le gardien De Gea. C’est dire qu’il est bombardé.
Les gens se moquaient de P. Evra. Les gens c’est-à-dire les imbéciles. Evra a plus de grinta que tout le vestiaire actuel de MU qui n’est plus qu’une volière de danseuses. Où sont les hommes ?
Carlo Ancelotti ? Voilà un vrai coach.
Ce soir, je m’attends à voir un 5-1 pour le Real Madrid. Les Madrilènes d’Ancelotti ont un jeu vertical, ils ne passent pas leur temps à donner le ballon en retrait comme les joueurs de van Gaal.
J’espère que le Gerrard va jouer. J’adore les clowns.
Louis van Gaal a fait le mauvais choix: il fallait recruter James Rodriguez et non pas Di Maria qui est sans doute le Pastore de MU. L’Argentin ne fait de plus en plus l’effet d’un gringalet auquel on a donné le premier rôle alors que c’est un figurant. Maradona il en avait 100 dans chaque orteils des Di Maria.
Voir le Real c’est voir l’ami Cristiano Ronaldo, le Red Devil exilé à San Bernabeu comme moi.
Que fait Sir Ferguson ? Va-t-il longtemps accepter que l’on assassine MU ? Moi, je ne l’accepte pas !
Regarder un match de MU sous van Gaal c’est de la torture visuelle.
Quand on a le plus grand studio d’Hollywood on n’y tourne pas des navets.

(1) Le Real a gagné 1-0 grâce à un beau de Benzema. Liverpool a été très médiocre. Pendant la première mi-temps, les Reds n’ont pas tiré une seule fois au but. Le Real a joué vite, très vite. Avec un peu plus d’adresse, les Madrilènes l’auraient emporté sur un score large. Gerrard n’a joué que vers la fin. Un petit tour de piste. Quel clown ! Incapable de gagner un championnat depuis qu’il joue. Cela suffit à mon bonheur mancunien. MU ne gagne plus mais savoir que Liverpool est toujours aussi nul cela fait très plaisir. Plaisir sadique du fan adverse… On se console comme l’on peut. Jules Renard a dit qu’il ne suffisait pas d’être heureux: il fallait que l’autre ne le soit pas ! MU en 2014 s’est arsenalisé. Les Red Devils ne gagne plus rien, une équipe en bois. MU est devenu Nothing United. Et ce rien, je vous le laisse comme disait Léo Ferré.

Permalien 15:32:28, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

La tornade Jack London a écrit à ses filles (Finitude). Bonne occassion pour lire aussi une nouvelle biographie (Folio) de l'auteur de Martin Eden

“Ma philosophie: ne pas avoir envoie d’être célèbre; ensuite, ne pas avoir peur de me retirer dans un ranch, d’être fermier et de m’occuper de poules et de pommes de terre".
Voilà ce qu’on peut lire dans la biographie publiée au sein de la désormais célèbre collection Folio/Biographies dirigée par Gérard de Cortanze.
Jack London était un vrai socialiste, à l’époque où cela voulait dire quelque chose.
Lui était vraiment du côté de la veuve et de l’orphelin, lui qui avec son intelligence aurait pu diriger n’importe quelle grande entreprise.
Jack London n’a jamais dit je n’aime pas les riches avant d’aller se coucher devant les puissants industriels.
Jack London a eu une vie bien remplie: écrivain (romancier, nouvelliste, auteur dramatique), photographe, amant, père, ami, mari, chasseur de phoques, chercheur d’or, repasseur, chauffeur, mineur, journaliste, correspond de guerre, vagabond céleste…
Jack London(1876-1916) a vécu dix mille vies.
Sa fin reste floue: est-il mort épuisé par la maladie ou s’est-il suicidé ?
Il est mort d’une overdose de morphine. Alcoolique, il ne se shootait pas mais malade il était sous morphine au moment de sa mort.
La thèse de son suicide n’est pas prouvée. Un médecin sur place l’a démentie.
Intelligent et très courageux, London aurait pu faire du cinéma grâce à son physique d’acteur.
Un regard clair, des traits fins.
Ses lettres à ses filles ne sont pas toujours tendres et parfois même franchement dures.
“Je suis un battant” écrit-il le 27 octobre 1908 comme pour excuser son machisme.
Il met la mère de ses enfants, plus bas que terre:
-"Tu souffres de ce que tu te considères comme offensée dans ta sexualité. Tu me reproches cette offense à ta sexualité, sans réfléchir un instant qu’elle a pour origine ta propre déficience sexuelle” écrit-il le 8 janvier 1911 à “Chère Bessie” avant de conclure qu’elle n’est pas qu’une :"femelle jalouse, sans instinct maternel".
Ses mots font mal et il le sait: “Les mots sont des outils, comme des couteaux affûtés, et comme avec les couteaux tranchants, on doit être prudent avec l’utilisation des mots. C’est un des secrets d’une bonne écriture” écrit-il le 9 mai 1913 à sa fille Joan. Le 11 octobre de la même année, on constate qu’il ne fait pas le même usage du langage dans son œuvre que dans le privée.
A preuve ce qu’il écrit à Joan: ” Tu écoutes ta mère qui est une personne insignifiante, dans un lieu insignifiant". Toujours à Joan, il rappelle qu’il est son père et non pas “qu’un ticket-repas” (24 août 1913). Dans cette même lettre où il réclame du respect, il explique: “Le monde appartient aux personnes honnêtes, aux personnes franches, à celle dont la parole est droite et profonde; et que le monde échappe à ceux qui demeurent silencieux, ceux qui par leur profond silence mentent et trichent et qui se moquent de l’amour de leur père et le transforment en ticket-repas"(Il écrit deux fois ticket-repas dans la même lettre). Il faut bien analyser ce passage. Il écrit cela sur le plan familial: il veut que l’on parle et que personne ne reste dans son coin à ressasser. Si l’on se place sur le plan de la société la première partie de son analyse ne tient pas puisque nous sommes dirigés par des gens malhonnêtes, à la parole fausse qui mentent tout le temps
Mauvais père ? Non. “Je prendrai soin de toi; je prendrai soin de Bébé B., je prendrai soin de ta mère. Je m’occuperai de vous toutes. Vous aurez un abri et de quoi vous nourrir” écrit-il le 24 février 1914, à Joan, avant de laisser tomber: “Mais malheureusement, j’aurai tourné la page et ne m’intéresserai plus à vous trois". Chute couperet.
Jack London n’a pas survécu longtemps à ce pronostic familial: il est mort le 22 novembre 1916.
Les orphelines avaient 15 et 14 ans. Lui, 40 ans.
Leur mère meurt en 1947.
La fille aînée Joan London s’occupera de l’œuvre paternel et écrira aussi. Elle est morte en 1971.
La plus jeune, Becky, a travaillé avec son père avant de prendre le relais de sa sœur concernant l’œuvre de son père, jusqu’à son dernier souffle, en 1992.
La photo du livre représente Jack London avec ses deux fillettes. Belle photo d’un père fier de ses enfants. Que reste-t-il de cette photo ? Rien à part des livres.

-Je suis fait ainsi (Lettres à ses filles), Jack London. Traduit de l’anglais (Etats-Unis)et présenté par Marie Dupin. Finitude, 126 p., 13 €

-Jack London, Bernard Fauconnier. Folio/ Biographies, 285 p., 8,40 €

03.11.14

Permalien 05:26:32, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Colette (Perrin), journaliste (Librettto). Mes vérités (Ecriture), par Gérard Bonal, Frédéric Maget et André Parinaud

Femme dans toute sa splendeur: la monumentale Colette. Elle savait tout faire, absolument tout. Et au risque de choquer les féministes, elle revendiquait le droit de faire la cuisine et de se pomponner.

L’actualité c’est suivre les nouvelles parutions. Colette, elle, est universelle, hors temps. On doit la (re)lire et la fêter en permanence.
La nouveauté pour la nouveauté n’a aucun intérêt. La modernité est plus importante. On croit que Brigitte Bardot a inventé la nudité en public et Saint-Tropez mais Colette fut danseuse nue avant d’inventer la mode de Saint-Trop ! Emmanuel Berl et Colette faisaient la fête sur le célèbre port quand B.B. n’était pas née. Quand ils habitaient tous les deux dans deux ailles différentes du Palais-Royal, Berl demanda à Colette : « Savez-vous que vous êtes l’écrivain la plus populaire de votre temps ? » Elle répondit : «Oui, je sais… », au plus grand étonnement de Berl qui était trop humble pour se considérer comme un artiste du langage. Simple serviteur, pensait-il.
Colette (1873-1954) est l’un des très rares écrivains à célébrer la vie. A part Jean Giono, on n’en voit pas d’autres. Pagnol, peut-être. Les écrivains s’y entendent pour se lamenter sur l’existence : Baudelaire, Kafka, Pessoa, Cioran, la liste est trop longue. Prévert ? L’humour est la politesse du désespoir… On nous bassine souvent avec les féministes de la première heure : Simone de Beauvoir, François Giroud ou je ne sais qui. Beauvoir ? La journaliste de Radio-Vichy ? Avant toutes les gloires médiatiques, il y a Colette. Pionnières en quantité de domaines. Ses articles désormais disponibles en poche nous permettent de voir tous ses pôles d’intérêt. Sa ligne d’horizon n’avait pas de limite. De la fraîcheur d’âme partout. Jamais blasée.
Colette a fait du music-hall, entièrement nue. Les bananes de Joséphine Baker, en guise de bikini, sont venues après la romancière sur scène. Colette a écrit des livres à la place de Willy qui paradait sans dire qu’ils étaient en fait de celle qui fut sa femme. Colette a ensuite publié sous son nom dans un monde d’hommes qui se réservaient la part du gâteau. Pour ce qui est de sa vie privée, elle a aimé autant les femmes que les hommes, de tous âges, faisant vieillir la plus dévergondée de la télé reality des années 2000. Elle est devenue mère d’une fille. Elle n’était pas obsédée par la lutte féminine. Elle agissait, c’est tout. Capable de coucher avec le fils s’il était mieux que le père. De manière naturelle, elle parlait aussi bien de recettes culinaires que de sa façon de coudre. Qui a entendu une fois Colette n’oublie plus jamais sa voix. Sublime accent ! Une conteuse d’exception. Dans le livre d’entretiens de 1949 avec André Parinaud, on l’entend rouler les « R ».
Peu de femmes parlent de Colette car elle réduit au néant leur minuscule apport à la société. L’auteur du Blé en herbe et de tant livres de livres plein de vitalité a donné du rythme au XXe siècle. Il faut la voir, cigarette à la main, bien avant Bette Davis et Laureen Bacall. Elle pose devant le photographe, habillée en pantalon et veste d’homme, clin d’œil à George Sand. Yves Saint-Laurent n’est pas allé chercher bien loin l’inspiration. Des technocrates ont recherché des cendres d’anciennes grandes dames pour les apporter au Panthéon afin que le gouvernement en place en récolte quelques instants de gloire. Colette était toute indiquée. Elle n’a pas été retenue pour l’Olympia des morts.
Même nue, Colette a de la classe. Jamais vulgaire, jamais prostituée. La beauté de l’âme, toujours. Dans le cahier photo de la minutieuse biographie de Colette signée par Gérard Bonal, on la voit poser assise sur une commode, la cuisse à l’air. Son regard nous aimante comme si elle était vêtue d’une cape ne nous montrant rien de son corps. Elle aurait fait une grande comédienne grâce à son implacable présence. A la fois Sarah Bernhardt et Joséphine Baker, Madame Colette était aussi une grande femme de pouvoir incarnée par sa présidence du jury Goncourt à une époque où seuls les écrivains écrivaient.
Il est stupide de coller à l’actualité, telles des sangsues. Il n’y a pas que le cinéma qui est une industrie : la littérature aussi. On l’a bien vu avec le triomphe du non livre d’une commère qui s’est vendu aux gens qui pensent que Pessoa jouait à Benfica. Lire Colette revient à repasser un moment comme on en passait avec sa grand-mère. Justement quand nos grands-mères bien souvent devaient vivre dans l’ombre de nos grands-pères, Colette, elle, envoya valser toutes les idées reçues, tous les carcans sociaux, pour vivre sa vie comme bon lui semblait, bisexuelle, mère de famille et femme active. Le mariage pour tous, c’est grâce à elle et à Gide. Les bénéficiaires sont l’écume des géants. En plus d’être une bonne vivante, elle luttait avec le langage pour notre plaisir. Il menait même un combat pour la cause animale. A présent, on voit souvent des comédiennes jouer aux mannequins et vice versa. Elles ne savent pas que Colette ouvrit un magasin de produits cosmétiques, rue de Miromesnil, à Paris. Chez Colette, on trouvait fard et poudres. Et elle n’hésita pas à en faire la réclame dans VU. Elle inventa donc aussi la publicité, le merchandising et la communication !

-Colette, journaliste. Chroniques et reportages. Edition de Gérard Bonal et Frédéric Maget. Libretto, 438 p., 11,80 €-
-Mes vérités. Entretiens Colette-André Parinaud. Ecriture, 285 p., 19,95 €
-Colette, de Gérard Bonal. Perrin, 361 p. , 24 €

PS: ce portait est publié dans http://www.servicelitteraire.fr/

02.11.14

Permalien 18:49:35, Catégories: THE RED DEVILS, ANTI-FOOTBALL  

Man United a proposé un football ridicule contre City. MU ? 13 points en 10 matchs. Du jamais vu depuis 1986...

Sir Ferguson était un acteur. Van Gaal n’est qu’un spectateur. Le Néerlandais est totalement passif, il subit le match. La semaine tout être longue à MU ! J’aime encore plus Sir Ferguson et je me demande même si je l’aime assez.

Dimanche 2 novembre 2014
Manchester City 1-0 Manchester United
But pour les Citizens: Aguero (64e)

La composition de United au départ du match:
De Gea - Valencia, Smalling, Rojo, Shaw - Blind, Fellaini, Di Maria, Januzaj - Rooney, van Persie
Remplaçants: Lindegaard, McNair, Carrick, Fletcher, Herrera, Mata, Wilson
Coach temporaire: van Gaal

Ne vous fiez pas au score. Entre l’actuel MU et City, il y a deux classes d’écart, voire plus.
La note aurait dû être plus salée en faveur des Citizens.
Hier, City était une équipe de mercenaires dont les dirigeants croyaient que l’Histoire s’achète à la bourse pendant que MU engrangeait les titres à la loyale. Aujourd’hui, City est bien structuré tandis que MU n’est plus qu’un aéroport international.
Inutile de noter les joueurs. On ne note pas un troupeau de chèvres. Surtout qu’elle n’a pas de berger.
L’agaçant coach néerlandais passe son temps à écrire pendant les matchs quand il ne se penche pas vers Ryan Giggs comme pour demander: “Comment il s’appelle déjà ce joueur ?” Van Gaal a liquidé l’ère Ferguson en expurgeant le club de 14 joueurs. C’est un génocide footballistique !
Louis van Gaal réussit le tour de force de rendre mauvais Valencia, Rooney et van Persie.
Il faut le faire !
Même Di Maria n’avance plus. Incapable de tirer correctement un corner.
On dirait que l’Argentin ne sait plus jouer. Avec lui c’est des ballons centrés dans la boîte n’importe où. On dirait qu’il joue sous infiltration tant il ressemble à un fantôme de la Pampa. 75 M€ pour ça ? Les dirigeants du Real sont géniaux !
Les joueurs de MU sont poussifs, ils sont jouent comme des chiffonniers. Ca va dans tous les sens. Aucune coordination. Du grand n’importe quoi. La pensée zéro.
Exemple: Smalling, l’un des pires transferts de Sir Ferguson, un Rio Ferdinand au rabais, a pris un jaune pour avoir empêché le gardien Hart de dégager. J’ai un doute: a-t-il été livré avec un cerveau ?
A force d’être dans le rouge- en surrégime- il a pris un rouge pour un tacle de voyou.
Les deux faits du matchs pour MU:
39e minute: rouge pour Smalling
Réorganisation de MU avec l’entrée de Carrick et sortie de Januzaj.
53e minute: Rojo évacuer sur une civière.
Ensuite but pour les Bleus à la 64e minute.
MU s’en sort bien: City aurait dû bénéficier de deux pénaltys. L’arbitre était 100% favorable à MU.
Il n’y a plus de football à MU.
Le football est mort dans l’équipe première de la Maison rouge.
Je ne regarderai plus les matchs de MU jusqu’à nouvel ordre.
J’attends le renouveau. Je ne suis pas un fan débile qui agite les fanions.
Je ne suis pas un spectateur de navets.
Trop c’est trop.
Le football au petit bonheur la chance, très peu pour moi.
Maintenant, je vais regarder les matchs du Real Madrid.
Je ne suis pas masochiste.
MU n’a pas joué avec cœur contre City. MU a joué sans âme, sans colonne vertébrale, sans aucune direction de jeu. Un coup, pressing. Un coup, panique à bord.
MU n’a plus de metteur en scène.
L’équipe n’est plus qu’un cahier de brouillon, plein de ratures, de gribouillis.

Permalien 06:27:51, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR  

Man City ne devrait faire qu'une bouchée de Man United à la dérive depuis la fin du cycle mythique Sir Ferguson

Dimanche 2 octobre 2014, 14 h 30
Manchester City - Manchester United

-"Notre objectif, c’est de gagner ce match. C’est possible. Nous grandissons, nous progressons. Ce que nous avons vu de City lors des derniers matches n’a pas été terrible", a dit Louis van Gaal.
Avec ce genre de phrases on n’avance pas d’un pouce.
Jamais Sir Ferguson n’a jamais dit des choses aussi faiblardes avant un derby.
Il est vrai que MU a acheté beaucoup de joueurs quand les Glazers auraient dû recruter Ancelotti, Guardiola ou Mourinho.
Van Gaal ce n’est pas assez solide. Autant conserver Moyes.
Quand on voit jouer le Real, Guardiola ou Mourinho, on comprend très bien ce que font les coachs.
Ce premier week-end de novembre 2014, le Real a gagné à Grenade pendant que le Bayern et Chelsea engrangeaient aussi les trois points de la victoire. C’est à l’image de la saison. On sait que les trois coachs feront du bon travail dans leur club qui joue le titre tandis qu’à MU c’est le flou non artistique. Juste avant le match de MU, on se dit: à quelle sauce vont-être mangés les Red Devils ? Avant, MU partait toujours favori, oui mais c’était avant !
Lors des matchs de MU, à part de se pencher vers Giggs et d’écrire ses mémoires, van Gaal est le roi de la passivité. Un simple spectateur qui attend de vo’r marquer son équipe, comme n’importe quel beauf.
Le public d’Old Trafford qui connait parfaitement le football n’apprend rien avec le Néerlandais.
A City, MU vient en position de perdant.
Le temps de la domination psychologique de MU est totalement terminé.
MU ne fait plus peur à personne. Ni à domicile et encore moins à l’extérieur.
Le pourcentage d’une victoire de MU à City ? 1%.
La presse a annoncé la venue de l’ex Madrilène Di Maria à MU comme si c’était le messie.
Résultat des courses: pour l’instant, le Real Madrid est leader de la Liga tandis que MU est dans le ventre mou de la Premier League, déjà à 13 points du premier, Chelsea.
Ancelotti, Guardiola et Mourinho sont tous les trois premiers. Van Gaal, lui, est 9e.
Tout est dit. Je ne m’en tiens pas bêtement au rang de premier de la classe, je parle de premier dans le talent pour galvaniser, dans le choix de la bonne décision, dans l’impact sur les joueurs, bref dans la compétence de haut niveau.

Permalien 06:19:14, Catégories: LITS ET RATURES  

Qui a tué le Dahlia noir ? (RING) Un fait divers crade raconté par Stéphane Bourgoin

Voici le genre de livre que je ne lis jamais, c’est pour cela qu’il m’intéresse.
On va pas laisser ce genre aux Américains ou écrivains français de la branchouille qui ont tous les défauts des pires auteurs ricains.
Cette fois nous sommes dans l’enquête policière avec ce qui faut de journalisme et d’esprit romanesque.
Nous sommes au carrefour de plusieurs genres et Ring sait très bien faire là-dedans.
Cette maison d’édition est en train d’inventer ce que les autres ne proposent pas. Une littérature cinématographique et peut-être même télégénique car la télé fait beaucoup d’audience avec les faits divers hyper crades, du crash cash. Sans parler des séries hyper bien ficelées genre Dexter ou la très innovante Ray Donovan.
L’auteur prétend avoir découvert le tueur de la jeune femme découpée en deux et vidée de son sang.
Beaucoup de gens se sont intéressés à ce crime qui fait parler plein de monde souvent sans aucun fondemdent.
L’auteur dénonce des contre-vérités: la victime m’a jamais été prostituée. Elle était seulement belle, ce qui attirait aussi la convoitise de tarés dont la mauvaise rencontre avec un sérial killer car pour commettre un tel crime il faut ne pas être un débutant dans l’horreur. C’est ce qui fascine le public, abasourdi devant tant de cruauté. Je vous passe les détails, présents dans le livre.
Le 15 janvier 1947 à Los Angeles, on a découvert les restes de la dépouille d’Elizabeth Short surnommée le Dahlia noir. Son cadavre a donc été découvert en deux parties, à la vue de tous, au bord de la route.
La malheureuse victime a sans doute était tuée ailleurs avant que son assassin n’expose ses restes à l’air libre pour qu’on les retrouve afin qu’on parle de lui sans le nommer. L’abject tient du rituel. C’est la thèse de l’auteur.
La presse a devancé la police, massacrant toutes les empreintes sur la zone de crime. Le tueur était sûrement venu en voiture.
Les deux parties de la dépouille étaient non seulement vidés du sang mais lavés en plus.
Cet ouvrage est accompagné d’une importante iconographie, de coupures de presse. Les photos de la dépouille sont là devant nous. Ne laissez pas traîner le livre sur la table du salon !
Le livre tient du polar et de Détective, version frères Kessel.

-Qui a tué le Dahlia noir ? L’énigme enfin résolu…, de Stéphane Bourgouin. Ring, 490 p., 22 €

01.11.14

L'étudiant manifestant est mort suite au tir d'une grenade offensive de la gendarmerie qui l'a atteint dans le dos

-«Les examens réalisés sur le sac à dos de Rémi Fraisse ne mettent en évidence aucune substance, sinon le TNT présent dans la grenade utilisée par la gendarmerie. C’est donc bien l’explosion de la grenade qui a causé la mort de Rémi Fraisse» (Dépêche AFP)

La piste de la grenade offensive lancée par la gendarmerie est officielle.
Les analyses du sac à dos que portait le manifestant Rémi Fraisse au moment de sa mort ont mis en évidence la présence de TNT.
Ces analyses ont été menées sur les restes du sac à dos que portait Rémi Fraisse au moment de sa mort dans la nuit de samedi à dimanche 26 octobre 2014.
De bonne source, les analyses n’ont pas fait apparaître d’éléments chimiques provenant des engins pyrotechniques artisanaux fabriqués et utilisés par une partie des adversaires du barrage contre les forces de l’ordre.
L’étudiant de 21 ans, originaire de Toulouse, a été tué lors d’affrontements entre des manifestants et les forces de l’ordre sur le site de ce barrage.
Le conseil général du Tarn a suspendu vendredi le chantier du barrage de Sivens.
Une information judiciaire a été ouverte contre X du chef de «violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, faits commis par une personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions».
Les forces de l’ordre n’ont pas voulu tuer mais elles ont tuées quand même. Le mort aurait pu être aussi du côté de la gendarmerie.
On notera que l’étudiant a été tué par un projectile qui l’a atteint dans… le dos.
A-t-il lancé quelque chose avant de déguerpir ?
Ou marchait-il, dos tourné, sans acrimonie particulière contre les forces de l’ordre?
Dur de mourir dans ces conditions. Avec un peu de hauteur c’est donc la France qui tue l’un des ses enfants.
Ce n’est pas première fois que cela arrive, et pas la dernière. Il vaut mieux marcher sur les clous comme disait aussi Georges Brassens pour ne pas risquer sa peau bêtement. On n’en a qu’une.
Je pense à Loïc Lefebvre, 27 ans, mort sous les balles d’un CRS parce qu’il avait pris un sens interdit près de la rue Mogador, en 1986. Il n’avait plus le permis mais ce n’était pas un bandit, juste un jeune affolé qui ne mettait pas en péril la société.
Remarque: en 1986, nous étions en pleine cohabitation, avec gauche à l’Elysée et droite à Matignon. Je me souviens très bien que la gauche avait massacré la droite pour la “bavure” de 1986.
Quand la gauche est au pouvoir à l’Elysée et à Matignon, comme en 2014, la “bavure” est beaucoup moins médiatisée.
Etre au pouvoir n’est pas de tout repos. Où est le premier ministre actuel le 1er novembre 2014 ? A Bercy… Il travaille même le week-end, en visite au ministère des finances ? Non, il fait une pause aux Masters de tennis. Manuel Valls espère passer une meilleure fin de semaine que le week-end dernier quand le Barça en a pris trois à Madrid.
Pour frapper les esprits de la presse, le premier ministre français dit à présent quelques mots dans la langue du pays qu’il visite.
Ces mots sont plus marquants que ceux du long discours attendu qu’il prononce en faisant croire qu’il l’a écrit.
Avant lui, un autre Français l’a devancé sur ce terrain: le général de Gaulle.

Novembre 2014
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