Archives pour: Octobre 2014

30.10.14

Permalien 12:00:40, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Journal d'un poète, de Sergueï Essenine. (La Différence)

Voici un livre que l’actuelle locataire de la rue de Valois ne lira pas.
Vous pouvez aller en librairie l’esprit tranquille. Vous le trouverez.
Il n’y a rien à colorier dedans ! Ceci explique cela.
Qui présente une édition bilingue russo-française de Sergueï Essenine (1895-1925) en 2014 ?
Personne, à part les exigeantes éditions de la Différence. On n’en fait plus beaucoup comme elles.
L’ouvrage est impeccablement présenté avec des photographies qui nous dévoilent un Essenine qui rappelle un peu les traits de Jack London, deux beaux garçons.
Essenine a mis son espoir dans la révolution mais il a vite déchanté, déçu par les ravages des dirigeants.
Essenine autant le dire d’emblée c’est le Rimbaud russe.
Ecrire de la poésie équivaut à un suicide social, hier comme aujourd’hui.
Ses vers n’ont pas vieilli car il ne trichait pas, ni dans la vie, ni sur la page.
Il fut marié à Isadora Duncan (1877-1927), la riche américaine. Quel couple !
La friquée et le pauvre ère.
Le mariage a eu lieu en 1922. Ils avaient 18 ans de différence. Isadora étant l’aînée.
La grande danseuse qui aimait danser pieds nus a révolutionné son art, influencé par son frère Raymond Duncan adepte de l’hellénisme.
Quand il rencontre sa future femme celle-ci est meurtrie par un double deuil insurmontable: la mort de ses deux enfants morts noyés dans la Seine suite à un accident de voiture. Sa fille et son fils, nés de pères différents, avaient 7 et 3 ans. La maman n’était pas dans l’auto conduite par un chauffeur accompagné de la nourrice des enfants.
Le couple Essenine-Duncan ne dura pas très longtemps, une fois la passion éteinte.
Les deux amants ne parlaient pas la même langue, chacun figé dans son vocabulaire maternel.
Ils voyagent beaucoup, grâce à l’argent de la danseuse: New York, Venise, la grande vie quoi !
Le duo est réputé pour avoir des crises assez salées dans les hôtels. Au Crillon, à Paris, Essenine a quasi détruit sa chambre, la mettant sans dessus-dessous. C’est Philippe Soupault qui ne l’a raconté.
Essenine était connu dans son pays car il était le poète de la terre, de la nature, mais il se complaisait dans le rôle de l’artiste maudit. Il buvait comme un trou, victime des hallucinations qui vont avec.
Avant son suicide, Essenine se remarie avec la petite-fille de Léon Tolstoï. Il aimait l’idée du mariage: on lui en prête cinq !
Essenine a une légende bien ancrée dans l’Histoire de la poésie. Il y tient un haut rang et la postérité ne l’a pas mis hors jeu.
Pour tenter de le désintoxiquer, on lui a fait faire des séjours en asile psychiatrique. En vain.
Il laissa comme testament un poème écrit avec son … sang !
Auparavant, il avait écrit:
-"Du Sergueï que je fus
me voici revenu.
Je ne vous tourmenterai plus".
Deux ans plus tard, Isadora Duncan, qui ne cachait pas sa bisexualité, trouva la mort de manière tragique, mot qui lui colle à la peau: le 14 septembre 1927 à Nice, son long foulard de soie se prend dans les rayons de la roue de l’Amilcar GS. Ejectée de l’auto, elle meurt sur le coup.

-Journal d’un poète, de Sergueï Essenine. Traduit du russe, présenté et annoté par Christiane Pighetti. La Différence, 287 p., 23 €

29.10.14

Permalien 19:07:35, Catégories: LITS ET RATURES, LA REVUE DE STRESS  

Dans le communiqué officiel du 9 octobre 2014, sur le prix Nobel de littérature, signé par la ministre de la culture, il y a deux titres de livres de Modiano...

Les journaux anglais se moquent une fois de plus de la France qui a un ministre de la culture qui ne lit plus depuis deux ans.
Les journalistes d’outre Manche s’en donnent à cœur joie. Ils ont un nouvel os.
Cependant, je conseille à la ministre de consulter le site de la rue de Valois pour savoir ce qu’on lui fait écrire.
Voici ce qu’aurait pu lire l’actuelle ministre de la culture si elle avait regardé le site officiel de son ministère:

http://www.culturecommunication.gouv.fr/Presse/Communiques-de-presse/Felicitations-a-Patrick-Modiano-Prix-Nobel-de-litterature

Cela lui aurait permis de connaître deux titres de livres de Patrick Modiano que l’auteur de ce communiqué lui a mis sous la plume comme si le communiqué de presse publié le “09.10.2014 à 15h00 - PARIS” sur le site de la rue de Valois avait écrit par la ministre.

“Félicitations de Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, à Patrick Modiano, Prix Nobel de littérature

Communiqué de presse

Patrick Modiano est Prix Nobel de littérature.

C’est un jour heureux pour la littérature française, une très grande émotion et une immense fierté pour la France et pour l’ensemble de nos concitoyens.

Le Jury du prix Nobel a décidé de distinguer cette année un auteur français dont les romans, traduits en 36 langues, ont bouleversé et passionné des générations de lecteurs à travers le monde.

De La Place de l’Étoile à son dernier roman Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, son œuvre empreinte d’une douce mélancolie s’aventure avec une infinie poésie dans les replis de la mémoire et les méandres du souvenir. Écrivain d’un Paris occupé, des visages oubliés et des enfances retrouvées, il s’empare des destins individuels pour redonner vie à toute une époque.

Prix Goncourt plusieurs fois récompensé pour l’ensemble de son œuvre, il ne manquait que cette ultime consécration à Patrick Modiano qui représente aujourd’hui aux yeux du monde la vitalité et le rayonnement de la littérature française.

Je lui adresse mes plus chaleureuses félicitations.”

Tout ça donne raison à Patrick Modiano: il faut fuir les mondanités.
Certains ont appris l’existence de Modiano, le 9 octobre 2014.
Pour ce qui est de la ministre, passe encore qu’elle ne lise plus de livres depuis deux ans, mais elle pourrait au moins relire ce qu’on lui fait dire !
Une pie jacasse du PAF a déclaré que l’on devrait faire des fiches à la ministre…
C’est dire que tout le monde, parle, parle, parle pour ne rien dire.
Les conseillers de Madame la ministre ont très bien fait ce qu’ils avaient à faire.

28.10.14

Permalien 12:55:24, Catégories: SPECIAL MARADONA, ANTI-FOOTBALL, LA REVUE DE STRESS  

Maradona a-t-il disjoncté ou l'a-t-on fait disjoncter ?

Malgré toutes les tentatives de la presse pour casser Diego Maradona, les médias institutionnels et les sauvages sur le net ne réussiront pas à me faire détester l’Argentin qui reste le meilleur footballeur de tous les temps avec Pelé, en version soft. Pelé c’est Rembrandt. Maradona van Gogh. J’aime les deux. Pelé est le premier héros sportif qui a su se reconvertir pour rester au sommet. Maradona lui s’est le poète maudit incapable de fréquenter les puissants parce qu’il est issu d’un quasi bidonville.
Quand les loups crient: “Maradona bastonne une femme", moi je dis: la victime c’est Maradona.
Sur une vidéo qui circule cet automne 2014, on y voit el Pibe de oro pas à son avantage.
Il semble regarder un match à la télé comme n’importe quel beauf dans un état d’ébriété ou défoncé.
Soudain, il se lève et vient dire à sa compagne du moment: “Tu es toujours avec ton portable!”
S’en suit deux baffes.
Tout ça est lamentable, je vous l’accorde.
J’ai toujours pensé qu’il était impossible de vivre dans la situation de Maradona post carrière de joueur.
Cela revient à dire à Clint Eastwood à 30 ans: le cinéma c’est fini pour toi.
Quoi faire après ?
Maradona est mort dix fois avant de renaître.
Je me demande comment est-ce possible qu’il soit encore vivant après tant d’excès ?
Il a une santé de fer.
Sur la vidéo, il est saoul et en colère, c’est évident.
Une question se pose, une fois qu’on a dit que son comportement n’est vraiment pas glorieux.
La question est:
Pourquoi la scène est-elle filmée ?
Maintenant, il suffit de faire sortir de ses gongs quelqu’un et de le filmer avant de tout mettre sur le net.
Cela non plus ce n’est pas très beau.
Maradona a réalisé des prouesses avec un ballon.
Il vient de l’Argentine d’en-bas comme dirait Balzac.
Si Maradona avait voulu, sans alcool, sans stupéfiant, il serait le plus grand ambassadeur du football. Devant Pelé, devant Platini.
Au lieu de se vendre comme Pelé et d’autres, c’est un footballeur en détresse perpétuelle.
N’étant pas du côté des dirigeants il a tout du laissé-pour-compte comme le fut Garrincha.
Le joueur m’a enchanté, l’homme fait peine à voir.
Seul, ivre devant sa télé. Tragique. Maradona le virtuose en train de regardes des chèvres avec un ballon. Cela donne envie de se biturer c’est certain !
Alors pourquoi le filmer ? Vendre la vidéo ? Espérer des dommages et intérêts ?
Maradona est vraiment seul. Triste à voir.

Les 23 noms pour le Ballon d'Or 2014 avec Ronaldo en super favori

Mon podium: C. Ronaldo parce que c’est un superbe ambassadeur du football, bien plus charismatique que Messi qui n’a plus le rayonnement des années passées. Ensuite, je distingue Neuer et Robben.

La FIFA vient de rendre public sa liste des 23 prétendants au Ballon d’Or 2014.
On sait que désormais la FIFA a pris le relais de France Football ce qui donne encore plus de résonnance au trophée. Les votes ont changé. Ils sont plus ouverts alors qu’avant seuls les journalistes de FF et ses correspondants n’avaient droit au bulletin.
L’attribution aura lieu en direct de Zurich le 12 janvier 2015. Auparavant, on connaîtra le podium des trois premiers dans l’ordre alphabétique.
La question est simple. Qui doit-on récompenser ?
Un champion du monde 2014 ? Dans cas, je désigne le gardien Neuer ou Bastian Schweinsteiger, pour l’ensemble de sa carrière. Neuer serait le second goal récompensé après Yachine. Le capitaine Philipp Lahm peut aussi le recevoir pour tout ce qu’il a apporté au football.
Doit-on récompenser le plus régulier ?
Dans ce cas c’est Cristiano Ronaldo qui a été déterminant lors de la conquête de la 10e C1 par le Real Madrid.
Ronaldo est toujours passionné par le jeu. Il joue comme si c’était un mort de faim. Jamais blasé, et surtout on le sent pleinement réalisé alors que Messi ne respire pas la plénitude.
Autre joueur méritant ?
Arjen Robben. Super bon au Bayern Munich et avec les Pays-Bas.
Trois absents notables ?
Suarez: sa morsure d’un Italien l’a disqualifié.
Klose: le meilleur buteur de l’Histoire de la Coupe du Monde est outrageusement oublié.
Ribéry: disparu des radars.
Que vient faire Mascherano dans la liste ?
Benzema y a sa place. Il est beaucoup plus imposant qu’avant. Il a franchi un cap avec Ancelotti.

Voici la liste des 23 pré-sélectionnés :

Gareth Bale (Pays de Galles)

Karim Benzema (France)

Diego Costa (Espagne)

Thibaut Courtois (Belgique)

Cristiano Ronaldo (Portugal)

Angel Di Maria(Argentine)

Mario Goetze (Allemagne)

Eden Hazard (Belgique)

Zlatan Ibrahimovic (Suède)

Andres Iniesta (Espagne)

Toni Kroos (Allemagne)

Philipp Lahm (Allemagne)

Javier Mascherano (Argentine)

Lionel Messi (Argentine)

Thomas Mueller (Allemagne)

Manuel Neuer (Allemagne)

Neymar (Brésil)

Paul Pogba (France)

Sergio Ramos (Espagne)

Arjen Robben (Pays-Bas)

James Rodriguez (Colombie)

Bastian Schweinsteiger (Allemagne)

Yaya Toure (Côte d’Ivoire)

27.10.14

Permalien 17:06:12, Catégories: GRAND MONSIEUR, LA REVUE DE STRESS  

Hommage à Malraux. L'actuelle ministre de la culture déclare ne plus lire depuis deux ans

Incapable de citer le titre d’un livre de Patrick Modiano, l’actuelle ministre de la culture déclare n’avoir plus le temps de lire depuis deux ans, comme si Modiano avait écrit toute son œuvre en 24 mois.
Je propose que le prochain prix Nobel de Littérature soit décerné à une dépêche AFP.
Et on ose me dire que je suis nostalgique !
Permettez-moi de préférer les politiciens qui lisent.
Charles de Gaulle était auteur et lecteur.
Pompidou a publié une anthologie de poésie.
François Mitterrand était auteur et lecteur.
Permettez-moi de faire l’impasse sur les autres présidents de la Ve république.
J’ai une pensée émue pour André Malraux.

Permalien 13:51:01, Catégories: LE GYM E BASTA, GRAND MONSIEUR, GOOOOL DO BRASIL !  

Le quintuplé d'Eduardo lors de Guingamp 2-7 Nice

Dimanche 26 octobre 2014
EA GUINGAMP 2-7 OGC NICE

Buts pour l’EAG: Beauvue (8e), Schwartz (70e)
Buts pour les Aiglons: Eduardo (11e, 26e, 43e, 51e, 65e), Plea (45e), Bauthéac (72e)

OGC Nice : Hassen - Palun, Genevois, Bodmer, Amavi - Mendy, Digard © ; Vercauteren, 63e) - G.Puel (Eysseric, 68e), Eduardo, Bauthéac - Plea (Maupay, 75e)

Prêté par le FC Porto, Carlos Eduardo s’est fait un nom ce 26 octobre 2014: 5 buts dans le même match!
Nice réalise parfois des exploits d’un autre monde: on pense à sa victoire à Monaco suite au triplé de Victor Agali, et au quadruplé de Robby Langers lors du match de barrages 1990 Nice - Strasbourg.

Pour retrouver un quintuplé niçois, il faut remonter à celui de Fontaine (20 ans), en janvier 1954. Ce jour-là, “Justo” avait marqué cinq des six buts du Gym face à Lens (6-1). Cela fait 60 ans.

A Troyes en 1960 et à Sedan en 1972, Nice avait gagné 0-5.
La dernière fois que les Aiglons avaient inscrit sept buts c’était il y a 40 ans, face à Sedan au Stade du Ray (7-2).

Il faut féliciter le staff niçois d’avoir su convaincre Eduardo de venir un moment à Nice.
Il y a des clubs qui doivent se mordre les doigts de ne pas l’avoir pris pour l’actuel saison.
Quand on voit ses cinq buts, on s’aperçoit qu’il fait le bon geste dans le bon tempo.
Le Brésilien vient d’éclore au niveau européen et même mondial car ses buts vont aller jusqu’au Brésil.
Pour Eduardo, il y a un avant et un après Nice.
Il rejoint les grands Aiglons brésiliens: Amalfi, Everson et Ederson.

Permalien 13:27:55, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR, LONDON CITY  

Man United arrache le nul devant un Chelsea réduit à 10

Dimanche 26 octobre 2014
Manchester United 1-1 Chelsea
But pour MU: Van Persie (90e + 4 et des poussières)
But pour les visiteurs: Drogba (53e)

Les deux papys buteurs ont marqué !
L’image qui incarne le mieux l’actuel MU c’est Fellani. C’est à dire un style poussif, de la bonne volonté et des gestes totalement désordonnés avec parfois des coups bas. Un petit éclair de beauté n’est pas à exclure.
On est loin du jeu avec beaucoup de liant entre les lignes.
Si j’étais Carrick, je demanderais à quitter le club. C’était le titulaire indiscutable au rang de récupérateur-relayeur au temps de Sir Ferguson. Là ce n’est même pas un remplaçant.
L’arbitre doit aimer MU, tant que les Red Devils n’ont pas égalisé, il a laissé le jeu se dérouler.
Van Persie a marqué alors que les 4 minutes de temps de rab étaient déjà passées.
Il a fallu que le défenseur Ivanovic soit expulsé à la 93e pour que van Persie égalise.
Chelsea aurait dû gagner cent fois ce match car Mourinho sait très bien que MU est sclérosé dans une période sans mais les Blues n’ont pas été fameux, à part une ou deux fois Eden Hazard.
MU traverse une nouvelle fois une saison de transition. Même en ne grattant rien de la semaine, MU sans C1 est incapable de prendre le jeu à son compte. Di Maria a balancé des grands ballons devant à l’aveugle. Même un poussin sait qu’il ne faut pas faire ça.
Le but est venu grâce à une tête de Fellaini repoussée par le gardien Courtois.
Fellaini est un joueur qui revient de la case prison comme dans le jeu de l’oie.
S’il parvient à canalyser sa fougue il peut devenir un mixte de Vieira-Keyne.
Il sait marcher sur l’homme, et joue avec un cœur gros comme ça.
Je n’ai vu que lui sur le terrain, il se bat comme un chien qui n’a pas mangé depuis 15 ans. Cela a son charme aussi.
Grâce au nul d’Old Trafford le championnat n’est pas joué d’avance. J’ajoute que MU ne joue pas le titre, juste la 3e place et encore rien n’est moins sûr.

26.10.14

Permalien 06:00:55, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR, LONDON CITY  

Chelsea vient à Old Trafford pour battre Man United

Sans Sir Ferguson et sans Scholes je me retrouve comme au temps du départ de King Cantona. Je ne reconnais plus MU, on dirait un autre club. Giggs est trop en retrait pendant les matchs. Van Gaal ce n’est plus le père ou frère. Même pas un oncle. Je le vois comme un coucou. Pas de chaleur. Un mur opaque me sépare de lui. J’aurais souhaité Mourinho ou Ancelotti ou Guardiola. Van Gaal met des pions et attend que ça se passe. N’importe qui peut faire la même chose. Domenech aussi serait capable de faire comme Van Gaal.

Dimanche 26 octobre 2014, 17 h
Manchester United-Chelsea
Pronostic: MU 1-3 Chelsea

Autant j’étais sûr que le Real Madrid vaincrait le Barça même quand les Catalans menaient 0-1 avant de perdre 3-1, autant je ne crois pas un seul instant que MU va battre Chelsea. Pendant près de 25 ans, jamais je n’ai cru que les Blues gagneraient à Old Trafford maintenant les pronostics ne sont plus en faveur de MU qui joue en dents de scie. C’est le football en montagnes russes. Un coup bien, un coup rien. L’identité fergusionne a été chassée du Théâtre des rêves qui vire au cauchemar. On voit onze Red Devils qui se cherchent, à tous les sens du terme. Il est impossible de bien vivre ensemble quand on change tant de joueurs à la fois.
Je suis toujours en deuil du jeu de MU version Sir Ferguson.
Ma nostalgie est plus forte que le présent que je vois sous mes yeux.
Tous les joueurs actuels ont besoin d’écrire l’Histoire vont-ils y arriver ?
Pour l’instant, il ne s’agit que d’un album Panini.
Il est temps que van Gaal laisse sur le terrain Carrick et Valencia deux valeurs sûres de MU. Il faut aussi aligner Rafael et Jones. Rooney n’est pas le seul héritier. De Gea va avoir des arrêts déterminants à effectuer.
Le nouveau coach a part dépenser de l’argent pour des noms ronflants, on ne voit pas son schéma tactique.
Le football est simple, pourquoi le compliquer.
J’espère qu’il a vu le Real Madrid d’Ancelotti. Là on voit du football.
Au début, van Gaal a perdu du temps et des points avec sa ridicule défense à trois.
MU doit jouer en 4-4-2 sans ballon et en 4-3-3 en possession de balle.
Di Maria a quitté le Real mais le Real joue toujours aussi bien.
Di Marie est venu à MU mais MU a baissé de rendement.
MU est devenu un club de mercenaires. Chelsea aussi mais Mourinho est en avance sur van Gaal.
Chelsea et Eden Hazard sont les favoris.
On n’invente rien. Le plus dur est de jouer simple.

25.10.14

Ronaldo, Benzema et tout le Real dominent largement Barcelone, 3-1. A voir la conférence d'après-match de Mr. Carlo Ancelotti

Karim Benzema réalise un très grand début de saison. Il vient d’enchaîner deux matchs de haut niveau, contre Liverpool et contre le Barça. Un football collectif, un football intelligent et très généreux. Du grand art, et son jeu est compatible avec celui de Ronaldo. Le match fut si intense qu’aucun joueur n’a échangé son maillot. Ce qui est très bien. L’échange de maillots est stupide. Il ne devrait intervenir qu’à des moments précis: adieu d’un joueur, retour d’un joueur dans son ancien club.
CONFERENCE DE CARLO ANCELOTTI APRES LE MATCH:

Samedi 25 Octobre 2014
Clasico aller
Real Madrid 3-1 Barcelone
Buts pour le Real: C. Ronaldo (35e pen.), Pepe (50e), K. Benzema (61′)

Les deux équipes au départ:

REAL : Casillas - Carvajal, Pepe, Sergio Ramos, Marcelo - Modric, Kroos, Isco - James, Ronaldo, Benzema. Coach: Ancelotti

FC BARCELONE : Bravo - Daniel Avles, Mascherano, Piqué, Mathieu - Busquets, Xavi, Iniesta - Neymar, Suarez, Messi.Coach: Luis Henrique

Le match a commencé comme souvent avec le Barça. Les Catalans avaient le ballon et en jouaient comme le charmeur de serpent joue de la flûte. Subjugué, le Real était paralysé. Neymar en profitant par ouvrir le score d’un exploit personnel.
Ensuite, le Real a souffert avant de se reprendre. Casillas évita le 0-2 devant Messi.
Petit à petit le Real se requinqua car les Catalans faisaient la pub pour Damar, ils tricotaient de manière idiote sans vrai percussion.
Le Real lui a procédé par des contres assassins sa marque de fabrique séculaire.
Tout le Real jouai à l’unisson quand le Barça passe son temps à s’en remettre à Messi.
Le Real est beaucoup mieux organisé, équilibré, managé.
Tout le Real est à féliciter pour sa solidarité, pour sa complémentarité, pour son audace. En trois passes, les Madrilènes traversent le terrain là où le Barça fait 60 passes.
Benzema et Ronaldo s’entendent très bien avec James Rodriguez. Quel trio !
Benzema et Ronaldo se cherchent sans cesse pour bien faire joueur l’autre.
En face, c’est une maison de retraite: Iniesta et Xavi ont tout gagné, ils n’ont plus faim.
Benzema a fait de très grands progrès. Sa paternité et la venue de Chicharito qui représentait une menace l’ont métamorphosé. Il joue simple avec beaucoup de tempérament. Ils nous l’ont changé. Jamais je n’avais vu Benzema rayonner de la sorte, dans le jeu et dans la gestuelle. Il a donné le tempo au Real. Il est allé rechercher des ballons sous la ligne médiane, il a fait des appels. Un des plus grands matchs de sa carrière.
A 3-1, la messe était dite.
Pour voir du football, actuellement, il faut voir jouer le Real d’Ancelotti.
Je me suis régalé jusqu’au 3-1. Le Real a démontré de grandes ressources mentales pour revenir au score puis l’emporter.

Carlo Ancelotti: "Cristiano Ronaldo a tout. Bon du pied droit, du gauche et de la tête. Et surtout, il utilise ses qualités pour l'équipe".

Samedi 25 octobre 2014, 18 h
Le clasico aller de la Liga
Real Madrid - Barcelone
Sur beIN SPORTS 2 (Rediffusion à 22 h sur BS 2 et le lendemain à 10 h 15)
Favori: Real Madrid

“Choc” titre L’Equipe du 25 octobre 2014.
Vous savez de quoi il s’agit ?
De PSG-Bordeaux, MDR.
Leur gros titre c’est sur le match de L1. C’est titrer sur Pauline Carton quand Penelope Cruz est dans le coin.
Puisque la télé nous montre de grands matchs, on ne peut plus aimer les petits matchs de tournoi de sixte. Autant aller voir un match de poussins ou jouer avec des copains.
La veille, par contre, j’ai acheté le journal, rien que pour lire l’interview de Carlo Ancelotti. Une merveille. Tout respire l’intelligence.
L’Italien c’est la grande classe. Man United a fait la grave erreur de ne pas le recruter.

EXTRAITS:

Obligé de gagner le clasico ?
-"La saison dernière, on a perdu les deux clasico et on a gagné la Champions league. Je veux bien refaire la même chose !”

Votre défense ?
-"Avec Varane, Pepe et Ramos, on a trois des meilleurs défenseurs du monde.”

C. Ronaldo ?
-"Une qualité individuelle fantastique. Un professionnalisme au top. Et tout ça au service de l’équipe. Il est très efficace. Bon du droit, du gauche et de la tête.” [Et sur coup de pied arrêté aussi!]

Benzema ?
-"Dos au but, il est meilleur que Falcao et Suarez. Il pourrait jouer organisateur au milieu de terrain.”

Le PSG ?
-"Je suis parti quand j’ai compris que les résultats à court terme comptaient plus que le projet à long terme.” [Quel tacle !]

Votre schéma fétiche ?
-"Le 4-4-2, mais quand on a le ballon, je demande que l’on change tout de suite en 4-3-3. Avec Cristiano [Ronaldo]à gauche, Gareth [Bale]à droite et Karim [Benzema] au centre.” [Sous eux se positionnent alors Modric, Kroos et James Rodriguez. Isco est aussi très important. Bref tout le monde !]

La possession de balle est-ce le secret avec le pressing ?
-"Mon premier coach me disait quand tu as le ballon tu ne peux pas prendre de but… mais une possession sans objectif cela devient vite dangereux.”

Pensez-vous que vos joueurs sont réceptifs à tout ce que vous demandez ?
-"S’ils font 30% de ce que je leur demande, je suis content!” (Rires

© L’Equipe. Merci à Damien Degorre et Frédéric Hermel, le plus grand fan français du Real Madrid, après moi! J’ai synthétisé la pensée du coach pour aller à l’essentiel. Quand L’Equipe propose une telle double page c’est un grand journal.

24.10.14

Le clasico, le vrai ! Le Real Madrid reçoit le Barça qui n'a encore encaissé aucun but !

Samedi 25 octobre 2014, 18 h
Le clasico aller de la Liga
Real Madrid - Barcelone
Sur beIN SPORTS 2 (Rediffusion à 22 h sur BS 2 et le lendemain à 10 h 15)
Favori: Real Madrid

500 millions de téléspectateurs vont assister à ce match.
Sur la pelouse, il y a au moins sept des plus grands joueurs du monde: Ronaldo, Messi, Modric, Iniesta, Casillas, James Rodriguez, Varane…
Les ignares se moquaient du Français Mathieu mais le Barça n’a pas encore vu ses propres filets trembler !
Le 3e avec 18 points reçoit le leader avec 22 points, il y a de l’Urgo dans l’air madrilène.
La meilleure attaque (30 buts) accueille la meilleure défense (0 buts)… oui le Barça n’a pas encaissé un seul but en 8 matchs !
Ce n’est pas parce que Canal + n’a plus les droits de la Liga qu’il faut faire l’impasse sur le clasico.
Dire que les médias français osent appeler clasico PSG-OM. C’est comme si on disait d’une Clio qu’il s’agissait d’une Ferrari.
Au même moment que le clasico du 25 octobre a lieu PSG-Bordeaux, à 17 h (C+). Vous hésitez entre les deux matchs, vous ? Moi, non. Si vous m’offriez une loge au Parc des Princes je n’y mettrais jamais les pieds.
Le clasico ne concerne que les deux monstres sacrés ibériques.
Il n’y a que l’Italie (à Milan, Turin et Rome) et en Angleterre (Manchester, Londres, Liverpool/Everton) que l’on a droit à d’autres grosses affiches. Que pèsent un OL-ASSE face à Inter-AC Milan ? Rien: Lyon et Saint-Etienne sont deux villes distinctes.
Ce clasico aller devrait être un vrai sommet.
Ronaldo, Benzema et le milieu de la Maison Blanche sont sont en plein boum tandis que le Barça a une défense inviolée.
Benzema est meilleur en 10 quand 9. Il s’entend bien avec CR7. Du coup Chicharito est sur le banc. Benzema a haussé son niveau de jeu depuis la venue du Mexicain, comme quoi la concurrence à du bon.
J’attends plus du clasico que de Man United-Chelsea qui a lieu le 26 octobre. MU n’a plus aucun fond de jeu, c’est du hourra football. Van Gaal est très loin d’avoir la longueur de vue d’Ancelotti.
Paris a eu de la chance d’avoir un tel entraîneur mais à Paris, Ancelotti n’avait pas Ronaldo, le meilleur joueur du monde. Si Ibrahimovic était le meilleur joueur du monde, il jouerait au Real. Le PSG n’a que des miettes.

Dans la peau de Maria Callas, par Alain Duault (Le Passeur)

Qui parle comme La Callas ? Personne. Les plus grands sont les plus simples.

Non, Alain Duault n’est pas un travesti.
Il joue simplement le jeu de se mettre dans la peau de quelqu’un, selon le principe de la collection du Passeur.
On connait le journaliste mélomane depuis des années, dans la mouvance de Bernard Gavoty, mais qui sait que Duault est aussi un poète à l’œuvre constante depuis 1967 ?
Il suffit de lire Dans la peau de Maria Callas pour saisir la portée de sa poésie présente dans chaque page.
Duault aime La Callas et cela se sent. Bienvenue au club !
Ne pas aimer Maria Callas c’est ne pas aimer le soleil, et la nuit aussi.
Sa vie oscille sans cesse entre la haute création et le drame intime.
Sa mère coupa le cordon dès la naissance de sa fille, ce n’est rien de la dire.
La petite Maria se réfugia vite dans la musique.
Elle avait un oiseau au fond de la gorge.
Sa vie sentimentale fut le point noir de sa vie. « La gloire est le deuil éclatant du bonheur » a signalé Mme de Staël.
Alain Duault nous fait revivre les 15 derniers jours de la vie de la Diva claquemurée dans son appartement parisien et dans sa vie passée.
Elle écoutait ses anciens enregistrements… Un écrivain qui lirait ses propres livres ? Il n’y a pas plus suicidaire.
La Callas n’avait absolument pas conscience qu’elle était la plus grande chanteuse du XXe siècle.
Tant de femmes croient être géniales alors qu’elles n’ont pas 10% du génie de la Callas.
Morte seule et abandonnée de tous, La Callas est l’un des plus grands êtres humains de l’Histoire de l’Humanité.
Je déteste l’Opéra, et surtout son public qui m’insupporte autant que les supporters dans les stades.
Sur les plateaux, on n’entend que des gens qui braillent et qui jouent de manière lamentable.
Ils massacrent même Mozart et Verdi.
Je déteste l’Opéra et son emphase. Je déteste l’Opéra, sauf Marie Callas qui parle la langue du cœur et de l’âme.
Quand j’entends une autre cantatrice que La Callas je me bouche les oreilles.
Des abrutis ont osé siffler La Callas quand elle s’est cassée la voix à Paris. En Italie aussi elle a été huée.
La Callas parlait un français impeccable. Je vous conseille d’aller sur You Tube pour la voir avec son ami Visconti.
Impossible d’être plus humble qu’elle.
A la fois chanteuse et comédienne, elle a réinventée tout ce qu’elle a chanté.
Droite sur le proscenium, sans dire un mot, elle avait une présence fracassante.
Sa beauté est indiscutable. Là encore d’aucuns ont osé dire qu’elle n’était pas belle. C’est sûre, elle avait la beauté de l’âme, pas la beauté de l’âne. Le côté j’ai de gros seins très peu pour elle.
La Callas est devenue célèbre grâce à son immense talent. Elle n’a pas fait la Une parce qu’elle se déshabillait devant les objectifs. Elle mettait à poil son âme pas son corps !
La Callas est un phare de ma vie. J’aperçois toujours sa lumière. Sa mort n’a rien effacé.
Ses ondes sont toujours là. Je suis simplement révolté du traitement qu’on lui a infligé.
Merci à Alain Duault pour son vibrant hommage

-Dans la peau de Maria Callas, d’Alain Duault. Le Passeur, 180 p, 16, 90 €

23.10.14

Permalien 08:32:52, Catégories: THE RED DEVILS, LA MAISON BLANCHE, GRAND MONSIEUR  

En attendant le clasico, un grandiose Real Madrid s'impose à Liverpool (0-3) avec Ronaldo (70 buts en C1) et Benzema (40 buts en C1)

Mercredi 22 octobre 2014
Champions League 2015
Liverpool 0-3 Real Madrid

Buts pour le Real: Ronaldo (23e), Benzema (30e, 41e)

Loin du carton du Bayern Munich qui a dynamité la Roma 1-7, la Maison Blanche s’est néanmoins imposée 0-3 à Anfield proposant un football hyper collectif.
Carlo Ancelotti peut être heureux: son Real développe un jeu offensif gr?ce à un pressing incessant.
J’ai bien choisi mon match moi qui suis en période de désintoxication mancunienne, à cause de la déstructuration de Man United qui a jeté son fond de jeu à la poubelle.
Donc j’ai choisi de regarder le Real. Le jeu permute sans cesse par les ailes.
James Rodriguez, CR7 et Benzema m’ont regalé. Un football altruiste sauf en cas de bonne position pour frapper, et là cela devient aussi du collectif en une seul geste car un but c’est toujours pour l’équipe.
Tous les Madrilènes jouent l’un pour l’autre.
La première mi-temps fut paradisiaque.
En face ? Gerrard toujours aussi nullissime. Un surcoté. Une vedette édulcorée.
Balotelli ? Un accident industriel permanent. Il va d’un club à l’autre. Un joueur très prétentieux. Il joue moins bien qu’à ses débuts. Un footballeur borné, têtu dans le mauvais sens. Ce joueur ne tient pas ses promesses. Chaque saison, il baisse davantage.
Steven Gerrard lui est égal à lui-même: insignifiant. Un bas du plafond. Un football imbécile, sans aucun regard périphérique. A part faire une passe volontaire à Drogba (Chelsea) pour que MU ne gagne pas le championnat, c’est un bon à rien. Son football respire la bêtise. Tête baissée, yeux mornes. Dans la ville des Beatles, il joue faux. C’est un working-héros de l’imposture.
Je me régale d’avance: le week-end prochain, il y a le clasico ! Le vrai, Real-Bar?a, pas PSG-OM.
A Anfield, le Real Madrid a donné un récital, un opéra de l’?il.
Les Madrilènes ont réveillé ma passion. Merci.
En football, comme ailleurs, c’est l’intelligence qui m’intéresse.
Tout le reste n’est que littérature. Très mauvaise littérature.

22.10.14

Hommage à François Truffaut dans Le Point, hors série

Patrick Modiano, en littérature, et François Truffaut, au cinéma, sont les deux créateurs français contemporains que j’estime le plus dans leur domaine.
Leurs œuvres me parlent. Ils regardent plus qu’ils ne montrent.
Modiano quand il s’exprime laisse apparaître toutes ses angoisses. On est loin des auteurs qui pérorent, tout leur moi dehors comme on dégrafe sa braguette.
Truffaut parle vite, une vrai mitrailleuse pour cacher ses angoisses, mais sa mort si jeune laisse penser qu’il était étreint pas l’angoisse. On connaît son enfance, encore plus atroce que celle de Modiano.
On n’oublie pas les films de Truffaut. Avec Doinel, il a parle de l’enfance de tous les Français.
La peau douce est mon film préféré avec La chambre verte.
Bien sûr, il y a aussi L’homme qui aimait les femmes et La nuit américaine.
Truffaut était un écrivain qui faisait du cinéma, et Modiano est peut-être un cinéaste qui écrit.
Les yeux de Truffaut, le débit de sa voix, sa vitesse d’exécution, sa pudeur, son intelligence, sa sensibilité, tout reste si présent.
La France était coupée en deux, il fallait aimer Truffaut ou Godard. Moi c’était Truffaut, comme j’aimais Anquetil et non Poulidor (quoique…), les Beatles et pas les Rolling Stones. On opposait même Bardot et Moreau.
A bout de souffle c’est vieillot. Pierrot le fou, reste mon Godard fétiche. J’aime écouter parler Godard mais son cinéma m’ennui, m’endort. Les films de Truffaut n’ont rien universitaires, tous sont très vivants. La sirène du Mississippi m’a copieusement énervée, comme s’il s’agissait d’un faux Truffaut. Il faudrait que je le revois. Les deux Anglaises et le continent aussi. Dans La femme d’à côté, il cite Raymond Guérin sans le signaler.
Il achetait ses livres rue Durantin chez un ancien élève de Charles Dullin: André Bugnard. J’y allais aussi. Ce libraire me fascinait. J’estimais que c’était le plus grand libraire-bouquiniste de France. Il lisait presque toujours. Je le plaçais plus haut que n’importe quelle personne parlant de livres.
On le dérangeait presque. Il toisait le client pour savoir qui il avait en face de lui. Il détestait qu’on touche ses livres. Je le comprenais car un maladroit pouvait déchirer la tranche.
Ses yeux derrière ses puissants verts des lunettes m’effrayaient souvent. Heureusement, il pouvait rire.
Je n’arrivais pas à l’imaginais vivre une vie de couple, tant il était imbibé de littérature.
Un jour sombre, mal luné, il pouvait dire: “Ne touchez pas les livres, ils ne sont pas à vendre!” Il avait mis un écriteau dans ce sens. Il m’aimait bien car je recherchais les Berl, Soupault, Bove, Calet, Guérin… Il a pris sa retraite, je l’aperçois parfois dans le coin, à Montmartre, marchant comme Dullin. Dans la rue Durantin, il y a beaucoup de magasins de fringues. La librairie a disparu, comme Truffaut.
Le Point publie un hors-série très bien fait.
François-Guillaume Lorrain parle parfaitement de l’enfant François Truffaut.
Ecoutez le témoignage de son ami François Lachenay: “Notre merveilleuse entente juvénile fut quelques fois traversée d’orages. Je commis une action que j’ai toujours regrettée. Un jour d’engueulade, j’ai jeté tous ses livres dans l’escalier. Je le revois encore, en larmes, les ramassant".
Ce témoignage qui était enfoui dans un vieux Cahiers du Cinéma de 1984 méritait une nouvelle exposition.
Voilà qui est fait.
Il y a une interview de Madeleine Morgenstern, la mère de ses deux filles aînées.
Leur fille aînée Laura se confie aussi.
Il y a d’autres témoignages de collaborateurs et divers proches. Ses grands modèles, ses influences.
Manque un entretien avec Jean-Pierre Léaud. Cependant procurez-vous ce spécial Truffaut. Il y a lire et relire. On rend hommage. On se rappelle. On apprend. On découvre. Tout est parfait. Un vrai bel hommage.

-TRUFFAUT, l’homme qui aimait le cinéma. Le Point, hors série. 82 p., 7,50 €

20.10.14

Permalien 12:47:52, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR  

Cinq Red Devils dont King Giggs et King Cantona dans le Top Ten de la Premier League depuis 1992

Les 169 buts de l’éblouissant gallois Ryan Giggs sous le maillot de MU en 963 matchs entre 1991 et 2014. France Football et la FIFA ne lui ont jamais donné le Ballon d’or. Honteux et injuste. L’ailier gauche recyclé au milieu de terrain avait un jeu félin, tout en agilité. Fin dribbleur, hyper malin, il plaçait ses tirs ne tirant jamais comme un imbécile apeuré. Même en pleine course, il avait la présence d’esprit de placer sa frappe. Je l’ai découvert en 1992. J’ai eu un immédiat choc visuel tant il était vif et audacieux. “Toi, aussi, tu l’aimes…” m’a dit Eric Cantona dans le petit hall des joueurs- véritable cabine des Marx Brothers. Nous étions en hiver 1992. C’était le début de la nouvelle grande aventure rouge, après celle de Sir Busby. Que de bonheurs à venir ! Que de bonheurs vécus ! Je peux témoigner: j’ai vu de près, de très prés, la magie du ballon rond. Des gens qui peuplent les rêves. Ceux qui font les rêver le peuple ne n’intéressent pas.

Lundi 20 octobre 2014
West Bromwich Albion 2-2 Man United

Buts pour West Bromwich Albion: S. Sessegnon (8e), S. Berahino (66e)
Buts pour les visiteurs: M. Fellaini (48e), D. Blind (87e)

Evénement microscopique: Fellaini a marqué un but sous le maillot de MU. Sinon RAS. Tant de millions sur la pelouse pour ça… Triste de voir M. Carrick sur la pelouse. C’est comme si on interdisait de vestiaires Sir Ferguson ! Dimanche prochain aura lieu MU-Chelsea le premier vrai test de l’ère van Gaal contre le favori pour le titre avec Man City.

The Telegraph a classé les meilleurs joueurs de la Premier League depuis sa refonte en 1992.
Selon quels critères ?
Ryan Giggs, premier. C’est normal: personne au monde n’a plus de titres que lui. Il a en plus deux C1. Le joueur de Man United est un mythe vivant.
Henry deuxième ?
C’est très subjectif. Entre 1999 et 2007, il n’a gagné que deux championnats (2002 et 2004) quand Eric Cantona a remporté 4 championnats à MU entre 1992 et 1997, soit en 1993, 1994, 1996 et 1997. En 5 ans, Cantona a relancé le football anglais à lui tout seul. Henry a joué en Angleterre parce que Cantona y a rayonné avant lui. Cantona a un rôle clef. Même sans C1, il mérite d’être deuxième. Henry a marqué beaucoup de buts mais cela n’a rapporté que deux titres. Je ne parle pas des autres compétitions où Cantona a brillé aussi, tout comme Henry.
La fidélité c’est important aussi. Giggs a joué tout le temps de sa carrière professionnelle à MU. Cantona n’a plus joué après son passage à MU. Henry, lui, a déserté Arsenal pour aller à Barcelone puis aux Etats-Unis. Question fidélité à Arsenal, on repassera. Henry a été un très bon joueur mais il ne m’a jamais fait vibrer. Cantona est un joueur à la vision de jeu beaucoup plus périphérique. Le deuxième du Top Ten aurait dû être lui. En plus, il a été champion d’Angleterre 1992 avec Leeds, en une seule saison. Ils sont où Leeds en 2014 ?
Dans ce classement, il y a deux absents que l’on remarque beaucoup: Drogba et John Terry. Ils auraient dû être à la place de Roy Keane et Patrick Viera.

Le classement du Telegrah:
1. Ryan Giggs, MANCHESTER UNITED
2. Thierry Henry, Arsenal
3. Roy Keane, MANCHESTER UNITED
4. Alan Shearer, Newcastle
5. Paul Scholes, MANCHESTER UNITED
6. Cristiano Ronaldo, MANCHESTER UNITED
7. Patrick Vieira, Arsenal
8. Eric Cantona, MANCHESTER UNITED
9. Dennis Bergkamp, Arsenal
10. Frank Lampard, Chelsea & Man City

Petite bibliothèque du coureur, de Bernard Chambaz. (Champs classiques/ Flammarion)

Le mythique finlandais Paavo Nurmi. L’athlète n’a rien à voir avec les joggers qui courent pour prolonger leur vie.

“Je crois que la course à pied est le plus sûr moyen de produire une génération de crétins malfaisants” a écrit Léon Bloy qui serait bien surpris de voir tant de survêtementr dans les rues contemporaines. Cela lui donne-t-il raison ? Boire ou courir, il faut choisir, pourrait-on dire. Courir c’est la vie même. Courir ne signifie que nous sommes bas du plafond. Tant que l’on court nous sommes en bonne santé. Bloy devait opposer la tête et les jambes.
Bernard Chambaz propose un livre qui est à la fois un essai et une anthologie sur la littérature et la course à pied. Avant la fin du XIXe siècle, on courait peu. Depuis les années 1970, on court plus, il suffit de voir les adeptes du jogging gambader dans les rues.
Voici la découpe du livre de Bernard Chambaz:
1/ Aux commencements
Pindare voyait dans le sport une valeur morale, une sorte de Sisyphe. Virgile, Ovide
2/Des coureurs très classiques
Cervantès, Corneille, Stendhal, Alexandre Dumas
3/ Des coureurs olympiques
Pietri, Prévost, Echenoz, Blondin, Montaignac
4/ Des courses plus ou moins éperdues
Woolf, Perec, Mailler, Himes
5/Des coureurs du dimanche mais aussi du lundi
Hemingway, Delerm, Delbourg
6/ Courir pour de rire
Giono, Gamblin, Delavault, Garcia

-Petite bibliothèque du coureur, de Bernard Chambaz. Champs classiques/ Flammarion, 286 p., 8 €

19.10.14

Permalien 17:40:05, Catégories: THE RED DEVILS, LA MAISON BLANCHE, GRAND MONSIEUR  

L'infatigable Ronaldo alias CR7, avec 15 buts en 8 matchs de Liga, bat un record de 1943 !

Ronaldo, Modiano, deux Soleils dans la nuit de la médiocrité politique ambiante.

Auteur d’un doublé, samedi 18 octobre 2014, à Levante, Cristiano Ronaldo totalise 15 buts en Championnat. Jamais un joueur n’avait marqué autant de buts après 8 journées en Liga. Même pas Alfredo Di Stefano, Puskas ou Raul.
Et ses détracteurs continuent de le comparer à Beckham surtout connu pour la vente de ses slips.
Beckham est à Ronaldo ce que Plastic Bertrand est à Bob Dylan.
Cela fait dix ans que CR7 nous régale aussi bien au Real Madrid qu’à Man United. Sorti de son cocon du Barça que ferait Messie à Chelsea ? Je demande à voir. Loin d’Iniesta, l’Argentin a une jambe en moins alors que sans Di Maria, CR7 claque toujours autant de buts.
Ronaldo n’est pas prétentieux, il est fier.
Ronaldo n’est pas arrogant, il est feinteur.
Ronaldo n’est pas une invention du PAF c’est un compétiteur hyper constant.
Son talent ? Technique, condition physique, régularité, intelligence et sensibilité dominée.
Ronaldo qui s’impose sous l’ère de Messi, c’est Poulidor qui devient Anquetil.
Vulgaire ? Pas du tout. Un gagneur comme M. Ali. Ceux qui ont vu Cassius Clay à la pesée savent de quoi je parle. Que les autres regardent You Tube. Aujourd’hui, la mémoire collective s’appelle You Tube. Je vous dis pas le nombre d’Alzheimer qu’il va y avoir dans 10-20 ans. Il faut travailler sa mémoire comme un muscle. Fermons la parenthèse.
Quand il est arrivé à MU comme ils étaient beaux ses balbutiements ! Au poteau de corner, il se mélangeait les pinceaux à force de faire des dribbles de trop. Sir Ferguson n’a jamais cassé la personnalité du jeune orphelin de père. Oui, c’était beau. CR7 est un poulain qui a tenu ses promesses. C’est si rare. Encore aujourd’hui, il peste quand il rate une passe, un tir ou un dribble. C’est la marque du champion. Toujours aller de l’avant.
A 29 ans, CR7 se présente toujours impeccable sur le terrain, pas un gramme de trop. Une hygiène de vie admirable.
Cela fait dix ans qu’on le dit noceur, il se couche à l’heure des poules pour tout donner au football.
Quand il arrêtera, il pourra dire: j’ai fait mon maximum, je n’ai rien brûlé bêtement.
A Levante, il a battu un record vieux de 71 ans : 15 buts marqués après 8 journées de Championnat.
Pour trouver un joueur de comparable en Liga, il faut remonter à Esteban Echeverria et à ses 14 buts lors des 8 premières journées sous le maillot d’un autre Real Oviedo, en 1943-1944.
CR7 a inscrit un penalty (13e)- exercice toujours périlleux- avant de marquer un but sublime perforant la défense adverse depuis l’aile gauche pour marquer le troisième but (61e) du Real Madrid auteur d’un carton (5-0). Lors de son second but Ronaldo a effacé quatre défenseurs plus le gardien !

“Faire plus que ce que fait Cristiano est impossible", a confié son entraîneur, Carlo Ancelotti. A une semaine du Clasico et de la réception du FC Barcelone à San Bernabeu, à ne pas rater. Le Barça est leader avec 4 points d’avance sur le Real, 22 points contre 18. Enfin, un match que j’ai envie de regarder car depuis la retraite de Sir Ferguson je porte le deuil du MU de 1986-2013. Très lourd à porter. Ne plus voir Paul Scholes et Giggs courir sur un terrain, c’est triste, très triste.

Permalien 15:47:06, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Hommage au faux silence par John Cage: 4'33'' par Kyle Gann (Allia)

Il fallait le faire, John Cage (1912-1992) l’a fait !
Soit convoquer le public dans une salle de concert avec un grand orchestre qui ne joue pas pendant 4′ 33′’.
Ce silence en fait est un faux silence car on entend du bruit: celui du public alors que l’orchestre est figé comme sur une photo, même si les petits incidents ne sont pas à exclure.
Ce moment nous renvoie à nous-mêmes mieux que n’importe quelle musique.
Nous sommes chez Duchamp, chez Satie partout dans le refus des grands réfractaires. Refus génial, s’entend.

«Le titre de cette œuvre figure la durée totale de son exécution en minutes et secondes. À Woodstock, New York, le 29 août 1952, le titre était 4′33″ et les trois parties 33″, 2′40″ et 1′20″. Elle fut exécutée par David Tudor, pianiste, qui signala les débuts des parties en fermant le couvercle du clavier, et leurs fins en ouvrant le couvercle. L’œuvre peut cependant être exécutée par n’importe quel instrumentiste ou combinaison d’instrumentistes et sur n’importe quelle durée. » Dixit John Cage.

Kyle Gann nous raconte la genèse de cette non-œuvre.
Ce 4′33′’ est bien plus profond qu’il n’en a l’air de prime abord.
Il y a du Zen dans Cage qui refuse d’être… enfermé dans un aucun système.

-No Silence. 4′33 de John Cage, de Kyle Gann. Allia, 190 p., 15 €

17.10.14

Permalien 16:04:01, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Patrick Modiano, l'écrivain sans reptation médiatique, est numéro 1 des ventes de romans

En attendant son discours en Suède lors de la remise du Nobel de Littérature, le 10 décembre 2014, je republie un post sur Modiano à l’occasion de l’édition Quarto. Pour le discours, l’écrivain a évoqué la possibilité de lire “une fiction". Osera-t-il ?

Patrick Modiano, couronné le 9 octobre par le Nobel de littérature, arrive a la mi octobre 2014 passée en tête des ventes de romans et se glisse à la 2e place du Top 20 Ipsos/Livres Hebdo, entre les deux torchons dont toute la France parle. Un torchon d’un régent du PAF et un torchon d’une: à nous deux Paris Match !

Avec un tirage initial de 60.0000 exemplaires, le nouveau roman de Modiano, a eu une réimpression de 100.000 exemplaires, et l’édition Quarto a une seconde vie avec un retirage de 160.000 exemplaires.
Un coffret Folio en novembre et ses livres pour enfants sont à la réimpression.

Voilà les bonnes retombées du Nobel. Ce n’est que justice pour un écrivain-écrivain et non pas un produit du PAF.
Quand il a appris qu’il était le lauréat 2014, Modiano a dit: “C’est comme s’il s’agissait de quelqu’un qui portait le même nom". Que les égocentriques en prennent de la graine.

Quand France Culture lui a consacré une journée, on avait par moment l’atroce impression qu’il s’agissait d’une nécrologie. Je n’ai pas pu m’empêcher d’y penser. Dans notre monde, il faut être dans l’actualité comme ils disent pour que l’on parle de vous. Ils sont peu nombreux, les créateurs qui méritent que l’on parle d’eux chaque jour. Modiano est l’un de ceux-là.

A lire sur le blog, à la date du 18 mai 2013:

En attendant son entrée dans La Pléiade, une partie de l’œuvre de Patrick Modiano a les honneurs de l’édition Quarto qui n’est pas une Pléiade Canada Dry. C’est même plus agréable à lire qu’une Pléiade qu’on a toujours peur d’abîmer. Quand on voit la liste des romans republiés, on lève la tête et on les voit séparément dans notre bibliothèque. Qui ne lit pas Modiano n’aime pas la littérature. Il y a un son Modiano -j’aime mieux dire “son” que musique- qui écrit avec un silencieux comme Miles Davis jouait en sourdine. Pourquoi tant de mots, les bons suffisent.
En un seul volume on a droit dans l’ordre de mes préférences à: Dora Broder, un Pedigree, Villa triste, Rue des boutiques obscures, Livret de famille, Remise de peine, Chien de printemps, Dans le café de ma jeunesse, Accident nocturne, L’horizon… En tout neuf livres qui conservent toute leur force créatrice. Dora Broder a mes faveurs car il contient ce qu’on aime le plus chez Modiano, ce délicat tremblé qui rend les scènes comme si on les voyait à travers une vitre cathédrale. Cette quête sur une jeune femme pendant la guerre est on ne peut plus bouleversante. On avance à pas feutrés au milieu de lambeaux de mémoire sauvés de l’oubli par Modiano qui atteint là son sommet tout comme dans Pedigree. Ses lecteurs sont dans ce cas précis encore plus touchés car il s’agit de la vie de Modiano et celle de sa famille. On le lit depuis tant d’années qu’il est un peu de la nôtre et nous de la sienne.
Bien sûr, on se trouverait en face de lui, on n’aurait rien à lui dire : il aurait trop l’impression de nous surprendre dans son salon et nous de le voir dans sa salle de bains. Les vrais écrivains disent tout dans leurs livres et rien dans la vie, ou si peu et pas à n’importe qui ni n’importe où. C’est pour cela que Modiano est si bon à l’écrit et si délicieusement timide à l’oral. A ce sujet, j’insiste, on ne le voit jamais s’abaisser à participer à ces émissions télés débiles où se vautrent tant d’écrivains et acteurs, sans parler des politiciens qui sont à Jean Moulin ce que les sketches de Bigard sont à ceux de Raymond Devos. Il est même arrivé à Modiano, à la sortie de l’un de ses livres, de n’accorder qu’un seul entretien à l’une de ses filles. Cette attitude est si digne qu’un envieux c’est permis d’écrire que Modiano “méritait chaque année le Prix Drancy” (sic)Tout ça pour dire qu’il écrivait toujours le même livre, ce qui nous ravit bien qu’à présent ce n’est plus le cas.
«Ces «romans» réunis pour la première fois forment un seul ouvrage et ils sont l’épine dorsale des autres, qui ne figurent pas dans ce volume (…) Les quelques photos et documents reproduits au début de ce recueil pourraient suggérer que tous « romans » sont une sorte d’autobiographie, mais une autobiographie rêvée ou imaginaire» écrit Modiano. On remarque les guillemets qui encadrent le mot roman. L’écrivain précise que même les photos de ses parents sont à présent « des photos de personnages imaginaires». Et il dit avec force : «Seuls mon frère [Rudy], ma femme [Dominique] et mes filles [Zina, cinéaste et dessinatrice, et Marie, chanteuse musicienne] sont réels». (1)Des photos qui dévoilent de vrais beaux moments de complicité. Les enfants du couple Modiano sont aussi magnifiques que leurs livres. Il y a aussi le visage de notre ami commun, Emmanuel Berl – par Boubat-, entre Voltaire, Jankélévitch et Jules Berry. Berl considérait son jeune interlocuteur comme le fils qu’il n’avait pas. Le visage de Patrick Modiano a changé, bien-sûr, comme le nôtre. Pour nous, il restera toujours jeune car il reste l’emblème de notre jeunesse dans un monde qui met toujours la bêtise en première ligne. En ce qui concerne les parents de Patrick Modiano, on s’arrête longuement sur leurs photos très album de famille, notamment sur le beau profil de sa mère, la comédienne Louisa Colpeyn. On recherche la ressemblance avec son père, Albert Modiano. Certaines de ces photos sont présentes dans le “Cahier de L’Herne” consacré à Modiano (janvier 2012)
Modiano rappelle que Blanchot a dit justement qu’un lecteur est sans doute le vrai auteur du livre qu’il lit. Sachant cela, Modiano se met mal à l’aise pour parler de ses livres. Nous aussi puisque nous en sommes les auteurs autant que lui ! Là littérature est magique et Modiano est un magicien. Il place la littérature avant lui. C’est le seul de sa génération à agir de la sorte. J’ai remarqué que beaucoup de ses lecteurs parlent de lui comme s’il était leur grand frère. C’est dire le lien affectif qui nous lie à lui. Auncun autre écrivain de sa génération nous inspire autant de respect. Patrick Modiano et Peter Handke sont les deux seuls écrivains vivants que je mets au niveau des grands disparus. Les autres s’éloignent beaucoup trop de leur parole écrite. Modiano dit qu’il avance dans un livre comme s’il conduisait sous la pluie sans essuie-glace. Et Handke dit qu’il “va essayer” quand il part écrire. En plus d’être vrais, ils sont sympathiques.

-Romans
De Patrick Modiano
Quarto/ Gallimard, 1083 p., 23, 50 €

(1) On peut rajouter à présent, son petit-fils.

http://www.ina.fr/video/CPF11002757

Permalien 11:00:12, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Evénement éditorial: Le coup d’Etat. Robespierre, Danton et Marat contre la démocratie, de Pedro J. Ramirez (Vendémiaire)

1954 : Si Versailles m’était conté de Sacha Guitry. Une fille du peuple qui chante Ah ! ça ira est incarnée par Madame Edith Piaf.

Presque 1 000 pages ! Indigestes ? Tout le contraire.
C’est autre chose d’écrire un tel livre et de l’éditer que de proposer un bouquin de cul élyséen écrit à la truelle.
Hélas ! le gros du public français est attiré par la médiocrité. Ce n’est pas le cas chez nos voisins espagnols.
De son véritable titre : Le coup d’Etat. Robespierre, Danton et Marat contre le premier parlement élu au suffrage universel masculin, ce remarquable livre a été un best-seller en Espagne avant d’arriver en France, très bien traduit par Geneviève Naud. Traduire, c’est respecter. Son auteur n’est autre que Pedro J. Ramirez le fondateur du journal El Mundo avant d’en être exclu car il combattait trop… la corruption ! Il est logique que son livre ait trouvé preneur au sein d’une maison d’éditions qui s’appelle Vendémiaire et qui est un nouveau centre d’intérêts pour les lecteurs, vu la qualité de leurs publications.
Pedro J. Ramirez a conduit son livre comme une enquête avec des focus différents sur les temps forts de cette séquence capitale de l’Histoire qui concerne en fait le monde entier tant elle est importante. Au printemps 1793, la minorité de la Chambre a pris le meilleur sur la majorité modérée. Coup d’Etat ! Place au régime de terreur qui éloigne l’idée de la démocratie de la Révolution. Ramirez a mis son ordinateur, son stylo, sa plume au cœur de l’Assemblée Nationale, centre névralgique de toutes les utopies, de toutes les illusions, de tous les rêves, de tous les combats, de toutes les réalités qui se succèdent, de tous les cauchemars à venir, de toutes les promesses non tenues, de toutes les idées proposées et oubliées, de quelques accents de sincérité. Nous passons de la prise de la Bastille à la Déclaration des Droits de l’Homme, de l’exécution de Louis XVI à l’insurrection en Vendée. Nous assistons aux grandes envolées lyriques, emphatiques et aux conciliabules les plus brefs. Nous sommes au plus près des instants fondateurs. La majorité modérée d’élus au suffrage universel masculin est renversée par une minorité de Montagnards et de Sans-Culottes de la Commune de Paris. La majorité n’avait aucune cohésion dans ses rangs. Cela pourrait donner des idées…

-Le coup d’Etat. Robespierre, Danton et Marat contre la démocratie, de Pedro J. Ramirez. Traduit de l’espagnol par Geneviève Naud. Vendémiaire, 992 p., 28 €

15.10.14

Permalien 06:19:26, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Rire intelligent garanti avec "Maux d'excuse, les mots de l'hypocondrie" de Patrice Delbourg et Gérard Pussey.(Cherche Midi)

Cela fait du bien de lire un tel ouvrage en pleine névrose de l’ebola.
Comme dirait Coluche: l’ebola s’attrape beaucoup en lisant les journaux !
On ne parle que de ça. De manière cyclique on nous sort une nouvelle maladie.
“Quand il n’y a pas la guerre, il faut une maladie pour évacuer le trop plein", me disait Emmanuel Berl, la vigie du temps présent.
Rire avec la maladie, c’est merveilleux. Une antidote au stress, on le sait depuis Molière.
Delbourg, se dit hypocondriaque, sauf qu’avec le temps, il a eu de gros pépins de santé. Donc à mes yeux, il n’est plus hypocondriaque. Mieux vaut prévenir que guérir.
Avec Gérard Puissey, il présente une conversation pas piquée des hannetons, comme dirait Bernard Blier habillé sur mesure par Audiard, le père Michel.
Pour commencer, Delbourg y va de son petit couplet sur l’hypocondrie :"Je ressasse la douleur d’être au monde. Je serine la défaite de mes organes. Mainate de mes symptômes". On a là un extrait de son savoir écrire.
Il a trouvé son maitre en la personne de son alter ego Puissey qui perd confiance en son médecin généraliste :"Jamais d’analyses. Il se fie, dit-il, à son instinct. Ce type m’envoie à la mort avec une désinvolture confondante. Je dois me séparer de lui".
Plus Bouvard- pas Philippe- et Pécuchet, on meurt !
Que dis-je Bouvard et Pécuchet… Ouvrard et PQchiez, plus sûrement.
Quand Delbourg veut faire un cadeau à Puissey, il lui offre un pilulier. On imagine que son interlocuteur se fend d’un stéthoscope quand le moment de l’anniversaire de Delbourg est venu.
Le duo fait songer à Laurel et Hardy de la médecine ambulante en attendant la médecine de l’ambulance: Delbourg dans le rôle d’O. Hardy surveille son poids qui dépasse la “ceinture parisienne” à savoir le val d’Oise (95) tandis que Puissey se voit maigrir pour devenir la réplique corporelle de Stan Laurel. Delbourg propose à son confrère en maux éternels de se faire greffer une poignées d’amour. Il est prêt pour le don d’organe.
Les deux amis font plaisir à entendre. Les copains d’abord !
On ne peut pas mieux dire car Gérard Puissey est le neveu de René Fallet, le frère siamois de Brassens.
A lire sans modération. En vente dans toutes les bonnes pharmacies à partir du 23 octobre 2014. Vente sans ordonnance. Remboursé par la Sécu.

-Maux d’excuse, les mots de l’hypocondrie. Patrice Delbourg et Gérard Pussey. Cherche Midi, 169 p., 14, 50 €

14.10.14

Permalien 11:01:41, Catégories: ANTI-FOOTBALL  

Arménie-France ? "Un match de m..." dixit le coach des Arméniens. Les pays orgnisateurs de l'Euro et World Cup devraient eux aussi disputer les poules de qualifications au risque de se faire éliminer

Mardi 14 octobre 2014
Arménie-France (1)

-« Pour moi, c’est un match de merde ! Samedi [11 octobre], mes joueurs ont tout donné [1-1 face à la Serbie en éliminatoires]. Rejouer trois jours après, c’est un calvaire. C’est un cadeau empoisonné. Je ne peux pas jouer avec l’équipe B contre l’équipe de France, d’ailleurs, je n’ai pas d’équipe B. Les joueurs qui jouent dans le championnat d’Arménie n’ont pas le rythme pour faire deux matches à ce niveau-là. Ça me fait un peu peur et moi, je ne sais pas trop comment je vais faire. C’est un match un peu piège. Je n’aimerais pas que l’équipe prenne un carton parce qu’elle mérite autre chose.Il va falloir une fois de plus trouver des solutions. Ca peut être un bon test. Peut-être qu’on peut découvrir un joueur. J’ai un ou deux jeunes joueurs que je vais peut-être lancer à cette occasion. En espérant que ça se passe bien… »

Voilà ce qu’a déclaré Bernard Challandes, le sélectionneur suisse de l’Arménie.
On ne peut qu’être d’accord avec lui. Ce match est de l’anti-football, c’est du show pour faire tourner la boutique.
Quels enseignements tirés des matchs amicaux de la France actuelle ?
Créer des automatismes ? Chaque match a son histoire. On peut gagner 0-6 en Arménie et perdre 0-4 contre l’Allemagne, ensuite à Paris.
On sait tous que Varane est un super crack. On sait tous que le football de Koscielny est d’une pauvreté indigne d’un international.
La France qualifiée d’office pour l’Euro 2016 n’a que des matchs bidons en vue.
Elle vient de battre le Portugal (2-1) dans un match qui ne servait à rien pour le Portugal, sauf à blesser Ronaldo !
Je ne regarde pas les matchs amicaux, jamais ! Une guerre à balles à blanc ce n’est la guerre.
Si le football est réduit au rang de spectacles pour ignorants, très peu pour moi. D’ailleurs je me demande si ma passion pour ce sport n’est pas en train de s’en aller. Que me reste-t-il ? Nice par fidélité familiale. MU ? Sans Sir Ferguson c’est le TNP sans Vilar. J’ai encore quelques pôles d’attraction, Ancelotti, Guardiola, Mourinho, Hazard…
Près de 80 000 personnes se sont déplacés pour voir France-Portugal, la négation du football de compétition.
La France peut gagner 10-0 contre l’Arménie, cela ne voudrait rien dire, et même une défaite de la France ne signifierait rien.
Les buteur français- si faibles- vont pouvoir augmenter leur tableau de chasse, sans moi.
Arménie-France c’est comme lire un non livre.
L’entraînement est capital mais les matchs amicaux ne servent à rien. Je suis pour les supprimer, sauf les jubilés et matchs de bienfaisance.
Les pays organisateurs devraient disputer les poules de qualifications, au risque de ne pas se qualifier !
On a vu comment a fini le Brésil en 2014 à force de se prendre pour ce qu’il n’est plus.
Pourquoi protéger les pays organisateurs ? Pour des histoires de gros sous. Un pays ne veut pas dépenser des fortunes et ensuite risquer de voir la population déserter la compétition. Un fait certain: la France de 2016 n’a pas de Platini comme la France de 1984.
Pogba est un bon joueur mais ce n’est absolument pas un 10 comme Platini ou Zidane.
Pogba est dans la lignée de Vieira, c’est déjà très bien.

[Post dédié à Charles Aznavour]

(1) Comme prévu la France a gagné 0-3 (Rémy 7e, Gignac 55e pen. et Griezmann 84e). Un match pour rien car tous les sélectionneurs ont un onze dans la tête et les coiffeurs restent des coiffeurs. Le prochain match des Bleus ? Contre l’Albanie. Quelle affiche !

12.10.14

Evénement : l'Abécédaire de Philippe Caubère qui poursuit la Danse du Diable

Les Diables Rouges de Manchester United ne peuplent plus mes rêves mais heureusement la Danse du Diable Philippe Caubère est toujours dans les parages.
Quand Caubère joue, la marche du monde est moins lourde.
Caubère sur scène c’est voir la forge d’un créateur juste au moment où il frappe le fer pour lui donner la forme désirée dans des faisceaux d’étincelles.
Sir Ferguson n’est plus à Old Trafford, Louis Jouvet n’est plus à l’Athénée mais heureusement, Caubère va y jouer. Créer convient mieux. Caubère ça n’a rien à voir avec un empileur de sketches, comme il y en a tant. Caubère ce n’est pas un promoteur de spectacles, c’est un poète qui crée à l’air libre. Il a révolutionné le théâtre en écrivant puis en jouant ce qu’il venait d’écrire ou le contraire, tout ça dans la plus haute des solitudes.
Qui est Caubère ? Prenez une photo de sa mère, la fameuse Claudine. Le fils se situe entre le sourire et les yeux de sa maman. Sa mère pétillait de vie. Le fils aussi. Juste avant l’effondrement en coulisses. Quand on donne autant, à la fin on est jacquesbrelisé, fracassé, hagard, paranoïaque si on le laisse dans le courant air. C’est un coureur de fonds qui a les qualités d’un sprinter. Lorsqu’il écrit, sa main va moins vite que son cerveau. Il y a un Doinel au cinéma, il y a Ferdinand au théâtre. Truffaut, Caubère, même combat. La descente dans la mine de l’enfance pour remonter des pépites à redistribuer au public.

Voici l’Abécédaire de Philippe Caubère. C’est très bien de reprendre cette contrainte, dans l’esprit de celui de Gilles Deleuze.
Les deux abécédaires n’ont rien à voir. Caubère est un homme de scène, ce n’est pas qu’un auteur.
Caubère c’est quelqu’un qui a pris le pouvoir. Au lieu d’attendre que le téléphone sonne, il a mis sa peau sur la scène et d’abord sur la page blanche.
C’est quelqu’un de très physique, comme un sportif.
Sur scène, il dépense une énergie hallucinante.
Il est beau à entendre et à voir.
Beaucoup de gens disent que c’était mieux avant. Certes, on est triste de ne plus voir Devos ou Zouc. Garrincha est mort. Pessoa n’est plus là, mais non ! ce n’était pas mieux avant, car nous avons Patrick Modiano et Philippe Caubère, pour citer deux artistes que j’aime et que j’aimerais jusqu’à ma mort. Ils n’ont rien à voir mais ils ont des points en commun:
Authenticité. Haine de la connerie. Ennemi de la compromission et de la reptation. Amoureux du français. Hyper intelligent, hyper sensible. Deux enfants démesurés. Un humour hors normes.
Quand Philippe Caubère joue, il faut aller le voir, sans hésiter une seule seconde.
Caubère porte en lui, la magie théâtre, celle de Molière.
Vous allez le voir, et puis vous voyez en même temps votre mère, ou plus exactement “maman", sur scène.
Lui seul à ce pouvoir de réincarnation. C’est un sorcier de la scène.
A la fois Arlequin et Cagliostro.

L’ABÉCÉDAIRE COMMENCE EN OCTOBRE

Un mot par jour à compter du 8 octobre :
Avignon, Benedetto, Claudine, Danse, Energie, Femme, Galabru, Humour, Impros, Jouer, Koltès, Littérature, Marseille, Non, Œuvre, Père, Qu’en-dira-t-on, Rémunération, Spectateur, Théâtre, Utilité ?, Véronique, Wallonie, X bis, Yves (Robert), Zouc

DATES DE TOURNÉES de Philippe Caubère

MARSIHO
6, 7, 10, 17 octobre 2014
Louvain-la-Neuve (Belgique), Théâtre Jean Vilar.
Réservation de places en ligne | www.atjv.be.

LA DANSE DU DIABLE

9, 11, 12, 14, 16, 18 octobre - Louvain-la-Neuve (Belgique), Théâtre Jean Vilar.
Réservation de places en ligne | www.atjv.be.

4 novembre au 7 décembre - Paris, Théâtre de L’Athénée.
Réservation de places en ligne | www.forumsirius.fr/orion/athenee.phtml?spec=436.

18 décembre - Miramas (13), Théâtre La Colonne.
Réservation de places en ligne | www.scenesetcines.fr.

5 janvier 2015- Chateauroux (36), L’Equinox.
Réservation de places en ligne | www.equinoxe-lagrandescene.com.

10 janvier - Lèves (28), Espace Soutine.
Réservation de places en ligne | www.ville-leves.fr/espace-soutine.php.

14 janvier - Boulogne-sur-Mer (62), Théâtre Monsigny.
Réservation de places en ligne | www.ville-boulogne-sur-mer.fr/le-theatre-monsigny.

17 janvier - Cébazat (63), Le Sémaphore.
Réservation de places en ligne | www.cebazat.fr/Accueil-billetterie-tarifs.html.

23, 24 janvier - Marseille, Théâtre Toursky.
Réservation de places en ligne | www.toursky.org.

28 janvier au 1er février - Boulogne-Billancourt (92), Théâtre de l’Ouest Parisien,
Réservation de places en ligne | www.top-bb.fr.

4, 5 fevrier - Amiens (27), Maison de la Culture.
Réservation de places en ligne | www.maisondelaculture-amiens.com.

8 fevrier - Salon-de-Provence (13), Théâtre Armand.
Réservation de places en ligne | www.salondeprovence.fr/index.php/theatre-armand.

28 fevrier, 1er Mars - Marciac (32), L’Astrada.
Réservation de places en ligne | www.fnacspectacles.com/place-spectacle/manifestation/Seul-en-scene-LA-DANSE-DU-DIABLE-MA419.htm

RENCONTRES PUBLIQUES

17 octobre 2014- Au Théâtre Jean Vilar de Louvain-la-Neuve.

18 novembre - Au bar du Théâtre de L’Athénée, après le spectacle.

16 décembre - À la Médiathèque de Miramas (13), à 18h.

Permalien 11:54:31, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Le palmarès 2014 des Ecrivains Sportifs

A la fin des votes, le jury a trinqué au Prix Nobel de Littérature 2014 décerné à l’ami Patrick Modiano, authentique athlète du verbe, ennemi du relâchement stylistique.

L’association des Ecrivains Sportifs vient de décerner son palmarès pour 2014.

La tête et les jambes ?

-"Les beaux esprits et les muscles conquérants, le sport et la littérature ont naturellement tendance à se tourner le dos. Sauf que l’Association des Ecrivains Sportifs (AES) s’est donnée pour mission de contredire cette idée reçue. En décernant chaque année un certain nombre de Prix. Mais surtout en ouvrant le champ des échanges et des initiatives grâce à un site totalement dévolu à cette cause. Ce site est le nôtre. Celui de notre Association. Celui de nos membres. Il est surtout le vôtre".
Signé: Le Président, Benoît Heimermann

L’Association des Écrivains Sportifs a été fondée le 17 Juillet 1931 par Tristan Bernard et Jean Giraudoux.
http://ecrivains-sportifs.fr/

PALMARES 2014

-Grand Prix Sport & Littérature
(Prix Tristan-Bernard)

Dernières nouvelles du Martin-Pêcheur, Bernard Chambaz, Flammarion.

-Prix Etranger Sport & Littérature
(Prix Monique Berlioux)

Ils étaient un seul homme, Daniel James Brown, Librairie Vuibert.

-Prix du Beau livre
(Prix Lacoste)

La légende des 24 Heures du Mans, Gérard de Cortanze, Albin Michel.

-Prix du Document

Petit manuel musical du football, Pierre-Etienne Minonzio, Le Mot et le Reste.

-Prix de Technique et de Pédagogie sportives
(Prix Marie-Thérèse-Eyquem)

Les Fondamentaux de l’attelage, Laurence Grard-Guénard, Amphora.

-Prix de la Carrière
(Prix Louis-Nucera)

Eugène Saccomano.

-Prix du Commentateur sportif
(Prix Bernard-Destremau)

Pascal Praud.

Tous les 4 premiers livres ont été chroniqués sur mon blog.
Chambaz est comme nous l’aimons, passionné de littérature et de sport.
James Brown a écrit un superbe livre sur l’équipe américaine d’aviron 1936.
De Cortanze rend hommage à sa famille par les biais d’une course mythique dans un superbe album illustré.
Minonzio a publié un indispensable livre sur football et musique.
Grard-Guénard fait preuve d’une grande compétence qu’elle met au service de tous.
Saccomano aime autant Céline et Giono que Platini et Ben Barek.
Praud est un fin lecteur qui apprécie à la fois les débordements de Bernard Blanchet et l’exigence de Gracq.

Permalien 00:40:50, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

La playlist de Patrick Modiano: Cole Porter, Billie Holyday, Charles Trenet, Django Reinhardt...

Cette journée consacrée à Patrick Modiano est une réponse très importante à la rentrée littéraire française qui voit le triomphe de deux bouquins présentés par des représentants du PAF qui couchent dans les médias. Plus vous êtes vulgaire, plus vous plaisez au public fermé à la grandeur d’âme. Parmi les lecteurs de Modiano, il n’y a aucun amateur de coucherie présidentielle et encore moins de racistes et xénophobes. Suivez mon regard…

Samedi 11 octobre 2014, France Culture a eu la bonne idée de “bousculer” ses programmes pour fêter le Prix Nobel attribué à Patrick Modiano.
La station a beaucoup d’archives avec l’écrivain qui a raison de parler sur France Culture car ici il ne s’éloigne pas de la parole écrite.
Pendant toute la journée, les auditeurs ont pu se familiariser avec le travail de l’écrivain.
Là pas question d’entendre quelqu’un nous vendre sa salade ou nous dire :"Moi, moi, moi, moi…”
Modiano a bien expliqué tous ses tâtonnements.
Grande journée consacrée à la littérature et non pas à la suffisance d’un auteur qui fait mousser son dernier bouquin jetable avec le nom qu’il s’est déjà fait.
Modiano n’est pas arrogant ou cassant comme tant d’auteurs aussi inaudibles qu’ils sont illisibles.
Dès qu’il parle de son style, Modiano s’excuse et se fait discret: “Là c’est technique…”
En fait, il écrit comme Clint Eastwood joue, sans presque rien faire ou dire. L’important c’est le “presque".
Une petite remarque: il a parlé de “Fantastique social” que l’on voit dans les cafés et bars.
La journaliste en face de lui, a dit que l’expression était juste.
Il convient de rappeler qu’elle n’a rien de “modianesque". La journaliste en face de lui n’était plus que groupie.
Nous étions sur France Culture quand même ! Le minimum c’est d’avoir un peu de compétence sans parler de culture.
“Fantastique social” ? L’expression est de Pierre Mac Orlan.
Au cours de la journée nous avons pu écouter un choix de musique signé Modiano.
Je vous livre sa playlist, pour l’essentiel. Bien sûr, il s’agit d’une thématique bien particulière. (Il pourrait en faire d’autres) :
Billie Holiday, Lester Young, Cole Porter, Edith Piaf, Charles Trenet, Ray Ventura et son orchestre, Jean Sablon, Georges Ulmer et Django Reinhardt…
Aucun cadeau à l’air du temps. A part, Lester Young et G. Ulmer (qui a eu un restaurant à Nice, rue Csssini), ils sont tous chez moi.
Au sujet de la littérature contemporaine, il a expliqué que Perec était le premier grand écrivain de la nouvelle génération, zappant le nouveau roman, à mes yeux un repaire d’auteurs abscons.
Sur Pedigree, il a fait ce commentaire: “A part, mon frère, je voulais me débarrasser des corps étrangers". Puis, il s’excuse d’utiliser de tels mots pour désigner ses parents. Quand il parle, il lui arrive aussi de rayer des mots, les fameux remords. Est-ce le bon mot ? Faut-il adoucir ou forcer le trait ?
Tient-il un journal ? “Non", dit-il. il se dispense des petits arrangements avec la mémoire ? Le roman c’est mieux.
Que pense-t-il des écrivains qui ont témoigné sur les camps de concentration ? “Ont-ils tout dit ?”
Ecouter Modiano c’est entendre parler littérature sans aucune grandiloquence. Il en parle comme un chercheur d’or. Nul pédantisme.
J’espère voir à présent Peter Handke lui succéder. Le plus tôt sera le mieux.
Et ensuite Paul Auster. Des gens dignes. Des artistes, des artisans. Pas des vedettes.
Peter Handke ? Paul Auster ? Deux écrivains qui aiment la littérature française.
La finesse du français permet d’aller très loin dans le cerveau.

[Post dédié à Mireille, Emmanuel Berl et Robert Gallimard]

10.10.14

Permalien 17:18:48, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

La sublime humilité de Patrick Modiano

Quand les prix désignent un artiste de ce calibre, on aime les récompenses qui d’habitude ne sont que le résultat d’une guerre d’influences. Modiano c’est la catharsis du PAF. Tant de faux talents mis sous le projecteur, tant d’arrivistes qui s’autocélébrent, tant de pratiquants de la reptation, tant de cliques, de clans, de réseaux, pour un rare homme sans aucune compromission. Le jour où Modiano fera les talk-show débiles, la littérature sera morte en France.

Restons sur la vibration du prix Nobel de Littérature attribué à Patrick Modiano.
Ses lecteurs sont tous heureux pour lui.
Dupe de rien, il sait qu’il va lui falloir retourner à la page blanche.
Il a dédié le prix à son petit-fils, franco-suédois.
S’excusant presque d’être lauréat, il pense à son petit-fils. Le prix vient “de son pays, a-t-il dit. Magnifique !
Dans notre monde du règne de l’ego boursoufflé, il est bon de voir l’humilité de Modiano.
Lui nous donne du doute, de la timidité, l’absence totale d’arrogance, de la gentillesse.
Pas un seul instant, il nous donne une leçon sur je ne sais quoi.
Dans le PAF où tant de gens nous disent:
-"Il faut", “Y’à qu’à", “je veux", “Moi, je"…
C’est très important de voir quelqu’un avancer “sous la pluie sans essuie-glace", capable de conduire sans accident !
Et cet homme s’appelle Patrick Modiano.

SAMEDI 11 OCTOBRE 2014, FRANCE CULTURE. Jusqu’à minuit, SPECIAL MODIANO.
A écouter, en direct sur le lien ci-dessus:
http://www.franceculture.fr/player

09.10.14

Permalien 14:22:14, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, ANQUETILLEMENT  

Le Prix Nobel s'attribue Patrick Modiano, notre James Dean des Lettres

Patrick Modiano devant une forêt de micros et un essaim de journalistes a très bien dit que toute cette agitation tranchait avec sa solitude habituelle. Il s’est comparé à “un somnambule que l’on vient de réveiller". En peu de mots tout est dit. Le 9 octobre 2014 est et restera un grand jour pour les amoureux des livres, de la littérature et des écrivains. J’ai un lien indestructible avec Patrick Modiano: Emmanuel Berl. Maintenant que l’un de mes deux écrivains contemporains préférés est récompensé, j’attends le tour de Peter Handke. Quand un écrivain que l’on aime est fêté, on est plus touché que s’il s’agissait de nous, tout simplement parce que les lecteurs des vrais livres en sont aussi les auteurs. Modiano c’est quelqu’un qui donne et qui partage. Sinon pourquoi tant de grands livres ? Modiano fêté c’est comme si Camus revenait. Nous sommes dans la même vibration de fraternité. Que les faux écrivains en prennent de la graine ! Le Nobel à Modiano c’est comme le Ballon d’or à Pelé.

Le Prix Nobel se refait une santé en attribuant le Prix Nobel de Littérature 2014 à Patrick Modiano.
Dans la longue liste des récompensés, il y a beaucoup de noms qui écrivaient avec une truelle.
Cette fois, la distinction va à quelqu’un qui consacre sa vie à la littérature. Un homme qui ne pratique pas la reptation.
Il faut savoir que lors de la sortie de l’un de ses livres, il n’a donné qu’une interview à … l’une de ses filles !
Anti people, anti émissions débiles, il a un comportement public fantastique. Une rare honnêteté intellectuelle.
Modiano est un écrivain égaré dans un monde d’auteurs.
Quand vous voyez la couverture médiatique qui entoure certaines publications vous en avez la nausée.
Les campagnes de com. étouffent les vrais écrivains.
Voilà pourquoi il est important de couronner un écrivain pour que l’on entende sa voix, ou plutôt sa parole écrite.
L’écrivain Modiano est grand, à tous les sens du terme. Grand aussi par son absence totale de prétention.
Et quand il parle, il est très intéressant comme tous les silencieux.
Passons à l’œuvre.
C’est lui qui a fait comprendre l’importance de la connexion Vichy-nazis aux enfants de l’après-guerre.
Grâce à Modiano, j’ai compris que ma préhistoire c’était les années 1939-1945.
Il nous a ouvert les yeux. Au même moment, Robert Paxton, a fait la même chose, par le biais de l’Histoire.
La force de Modiano, c’est d’avoir révélé le réel par la fiction. Paxton? Un Américain. Il a fallu attendre qu’un étranger dévoile la vraie nature du régime vichyste, plus proche des nazis qu’on nous le racontait avant Modiano.
La nappe phréatique de Modiano provient des zones d’ombres paternelles.
Le style Modiano ? Un écrivain de l’oreille. Des mots qui sont aussi des sons.
Les thèmes: l’identité, la mort, l’errance et Paris.
Les clés: le flou, le mystère, le non-dit, le silence.
Il y a l’Occupation, et le désœuvrement, si je puis dire. Modiano écrit aussi sur la fin des années 1960, l’époque où les jeunes ne pouvaient rien faire car la majorité était à 21 ans. L’époque sans ancrage.
Beaucoup de travail dans sa prose mais on ne sent pas la besogne. Du cousu main. Haute littérature.
Patrick Modiano respecte infiniment ses lecteurs.
En faisant un lauréat de Modiano c’est le Nobel qui s’honore.

PS: 90 % de l’œuvre de Modiano est chez Gallimard. Je note que ses lecteurs sont très heureux de le voir récompenser. Il est très rare de voir une telle communion avec un écrivain. C’est le signe de sa grande classe.

[Post dédié à Emmanuel Berl et à Robert Gallimard]

La beauté du geste, de Philippe Delerm (Seuil)

Il appartient à la galaxie des écrivains qui considèrent le sport comme un des Beaux-Arts.
Depuis Platon à Louis Nucéra en passant par Jean Prévost et Albert Camus, le sport plait à beaucoup d’écrivains, pour son appel à la volonté, parmi tant d’autres paramètres.
On s’aperçoit que les écrivains qui aime le sport ont tous du style: de Giraudoux à Camus.
Certaines vedettes de l’édition n’ont que mépris pour le sport car elles haïssent tout ce qui est populaire.
Les médias les confortent en leur tendant le micro pour que la racaille moderne du PAF puisse dire des âneries sur l’Irak, la Lybie, Poutine… Plus les Guignols de l’info racontent n’importe quoi plus ils occupent l’écran.
Philippe Delerm se démarque de la masse des auteurs pour ne jamais s’éloigner de la parole de ses livres.
Cette fois, il nous présente un herbier de grands moments sportifs qui ont jalonné son parcours d’amateur de sport.
On est content de retrouver l’amitié entre Zatopek et Mimoun, et celle aussi très belle- même si elle fut temporaire- entre Owens et Long aux J.O. nazis de 1936.
Philippe Delerm a choisi des moments qu’on ne voit pas souvent.
Par exemple la détresse de Michel Jazy après son échec sur le 5000 m des J.O. 1964 qu’il rêvait de remporter. Si l’on peut voir la tristesse de Jazy c’est grâce à Raymond Depardon qui l’a suivi en coulisses après l’arrivé de la course.
Encore plus inattendu, le regard de Piquemal, toujours à Tokyo en 1964. Sur le 4 x 100, le sprinter affiche rage et détermination en plein effort. Encore une image de Depardon !
Il y a aussi la terre battue de Roland Garros: Nadal évite le pire grâce à son avant-droit quand il tombe sur le sol rouge.
Il y a Iniesta et pas C. Ronaldo. Encore moins Beckham, le marchand de slips.
En revanche, il y a Ali, Coppi, Pelé, Platini et Peggy Fleming (sans la voix de Léon Zitrone).
Partout l’élégance de la beauté du geste, l’élégance de Delerm qui capte toujours la magie du sport.
Présent parfois sur l’événement: il voit sur place Liu Xiang, grand favori du 110 m haies des J.O. de Pékin 2008, craquer en direct. L’athlète a le tendon d’Achille en compote, trop de pression vu que toute la Chine attend son triomphe. Tout à coup, La Chine ne s’éveille plus, il s’endort avec la défaillance de son champion.
Delerm est aussi un grand mémorialiste. Il a le troisième œil.

-La beauté du geste, de Philippe Delerm. Seuil, 152 p., 32 €

08.10.14

Permalien 14:56:51, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, VAN GOGH FOR EVER  

Hommage à Duchamp, Interview de l'artiste par Pierre Cabanne, et interview sur l'artiste par John Cage

Entretiens de Marcel Duchamp avec Jean-Marie Drot. Quand il parle des femmes, cela fait peur, très peur même. Et surtout décevant humainement. Dans sa voix, il a des intonations à la Paul Morand. Pédant souvent. Cette vidéo n’est pas à son avantage. Drot n’a pas triché: il a laissé tout entendre. Duchamp est l’un des artistes les plus passionnants de son temps. Il nous a appris à regarder. Si Picasso a très bien peint, Duchamp lui a très bien parlé en nous donnant le mode d’emploi pour ne pas vivre comme un imbécile de consommateur aveuglé par les apparences.

L’entretien avec John Cage - en version écrite et non pas en vidéo comme ci-dessus- remonte aux débuts des années 1970 mais leur première rencontre eut lieu trente ans plus tôt. Au cours de l’interview, John Cage parle exclusivement de ses rencontres avec Marcel Duchamp. La conversation tourne autour de l’art, de sa négation sublimé, des échecs- je parle du jeu- et de la merveilleuse insolence de Duchamp, un des grands rebelles du XXe siècle. Et de son rapport à l’argent aussi.

Extrait :
-« Il était aussi extrêmement précautionneux. Il ne faisait pas ce que nous avons fait depuis, c’est-à-dire étendre la notion de readymade à tout. Il était très précis et très discipliné. Et pour lui, cela devait être une chose très difficile de faire un ready-made, d’en prendre la décision. Mais plus tard, vers la fin de sa vie, pendant qu’il était en train de faire.»
“Il” c’est Duchamp.
Depuis sa mort, il a été cent fois imité mais en moins bien. Avant personne n’avait eu l’idée d’exposer un objet, en disant si c’est moi, l’artiste qui le met en évidence cela devient de l’art. Arme à double tranche : en même temps qu’il désigne une nouvelle œuvre il se moque du marché de l’art. Grandiose ! Ceux qui l’ont suivi dans ce domaine ne sont que de pâles copieurs là où il était inventif, subversif, novateur, violent et plein d’humour. Surtout, hyper intelligent. Il savait aussi très bien peindre mais vu le moment de l’Histoire qu’il occupe avec le début de l’industrialisation à grande échelle, il était important qu’il souligne le temps forts de la commercialisation à outrance d’un même produit. Son urinoir signé à fait date et fascine d’autant plus qu’ils ont changé de forme aujourd’hui.
Dans le domaine de l’argent, le livre est très intéressant. On apprend que Duchamp n’a jamais eu un job bien défini pour gagner sa vie, qu’il n’a jamais travaillé comme monsieur-tout-le-monde. Dans son entourage, on faisait en sorte qu’il ne manquât de rien. John Cage nous signale qu’à un moment de sa vie Duchamp a dû avoir faim, ressentir la faim.
Dans un autre livre d’entretiens, avec Pierre Cabanne cette fois, nous retrouvons Duchamp dans les années 1960. Cet ouvrage remonte le fleuve de sa vie avec des explications sur l’enfance de l’artiste, de ses influences, de sa manière de peindre et il donne son avis sur l’art contemporain, y compris la littérature.
La nouvelle édition par Allia est une merveille. La technique d’aujourd’hui avec la patine d’antan.
De la couverture- avec le jeune Duchamp- au papier, en passant par les photos, tout est impeccable.
Au niveau des réponses aussi, bien sûr ! Et donc des questions.

Marcel Duchamp a inspiré d’innombrables artistes dont Andy Warhol qui est son meilleur héritier.
Son influence persiste aujourd’hui, presque paralysante car il a tout fait avant tout le monde.
Hans Richter- le premier mari de mon amie Ré Soupault- parle du “détachement” de Duchamp face aux choses terre à terre.
On ne peut pas dire. On évoque aussi son rapport à la mort. Il a passé sa vie à la préparer.
Une évidence, il a exploré son cerveau du matin au soir.
C’est l’incarnation de l’intelligence face à l’environnement.
On parle toujours du surréalisme sans vraiment savoir de quoi l’on parle. Le surréalisme ce n’est pas de voir de la pluie tomber au mois de juillet. Le surréalisme c’est décoder le réel. Ne jamais être dupe des images. J’ai appris cela avec Soupault. “Créer sans le contrôle de la raison” - définition de Breton- c’est le moteur de la démarche.

-Rire et se taire sur Marcel Duchamp, de John Cage. Entretien avec Moira Roth & William Roth. Introduction de Moira Roth & Naomi Sawelson. Traduction Jérôme Orsini. Allia, 95 p., 6,20 €
-Entretiens avec Pierre Cabanne, de Marcel Duchamp. Allia, 172 p., 15 €

07.10.14

Deux grands livres aux Belles Lettres. La bibliothèque perdue, de Walter Mehring, et Le Roman de la bibliothèque, de Daniel Ménager.

Fahrenheit 451, film de François Truffaut

Pour un lecteur, pour un bibliophile, pour un écrivain, le livre de Walter Mehring (1896-1981) est un cadeau. Dans La bibliothèque perdue, il raconte l’histoire de la bibliothèque que son père lui avait léguée. Le titre aurait dû être “La bibliothèque brûlée” car tous les livres ont été saccagés par les nazis et cela bien que le fils attentif déménagea les livres d’Allemagne à Vienne. C’était sans compter sur l’annexion de l’Autriche par Hitler. La bibliothèque regorgeait de littérature française. Le fils et le père aimaient beaucoup l’Allemagne mais bien sûr pas celle d’Hitler. Le livre de Mehring est une déclaration d’amour à la littérature à l’heure où d’autres déclarés la guerre. Il est pénible de savoir que la littérature a dû baisser la garde devant la sauvagerie nazie. Si la terre n’avait comme habitant que des gens comme les Mehring père & fils, il n’y aurait jamais le moindre de guerre, seulement des débats, des échanges, des confrontations d’idées, des acquiescements ou des revirements de jugements. Quand les nazis furent battus, Walter Mehring a écrit de mémoire sur les livres partis en fumée. Tous les lecteurs épris d’esprit doivent lire Mehring, un frère de livres.

En complément au livre de Walter Mehring, Les Belles Lettres publient l’excellent essai de Daniel Ménager qui élargit la vision de Mehring aux bibliothèques qui sont présentes dans l’œuvre d’une belle compagnie d’écrivains : de Wilde et Poe à Murakami et Balzac en passant pas Nabokov et Nerval sans oublier Thomas Bernhard et Montaigne. Je me rappelle qu’un personnage de Gombrowicz fait les lire les livres à quelqu’un car il ne veut pas lire un livre neuf. Autre fait important : Romain Gary avait demandé à De Gaulle de prononcer ses allocutions télévisées devant une bibliothèque en trompe-l’œil, pour rendre plus vrai ce qu’il disait. Géniale idée ! L’ouvrage de Daniel Ménager est un hymne à l’intelligence. Le travail de l’essayiste ne peut pas se résumer en quelques lignes tant ses chapitres ont une si grande densité de références, d’annotations et d’analyse, plus pertinentes les unes que les autres. Il faudrait tout souligner, tout retenir.
Félicitations aux Belles Lettres d’avoir édité ces deux livres. D’une manière générale, cette maison d’éditions ne publie que des bons livres que l’on peut acheter les yeux fermés ! Il n’y a jamais tromperie sur la marchandise. Ici on est loin du torchon d’une journaliste professionnelle qui a eu le culot d’occuper une résidence de la République française dans le feuilleton dégradant du vaudeville élyséen avec François… Pays-Bas. Les Belles Lettres ont été attentives au livre de Mehring, pour ne citer que lui, sans doute aussi parce qu’en 2002, un incendie a détruit ses entrepôts de stockage, et réduit en cendres plus de trois millions de livres. Aujourd’hui, Les Belles Lettres ont retrouvées toute leur flamme, si j’ose dire.

-La bibliothèque perdue, autobiographie d’une culture, de Walter Mehring. Traduit de l’allemand par Gilberte Marchegay. Préface de Robert Minder. Les Belles Lettres, 270 p., 15 €

-Le Roman de la bibliothèque, de Daniel Ménager. 332 p., 25, 50 €

06.10.14

Permalien 15:58:10, Catégories: ARSENAL N'EST PAS EN FRANCE, ANTI-FOOTBALL  

7 victoires, 5 nuls, 0 défaite. C'est le bilan du combat de boxe Mourinho-Wenger

Wenger bouscule Mourinho mais c’est le Portugais qui mène par 7 victoires à 0. Il n’y a pas que les joueurs qui se donnent des coups. La dispute physique entre Wenger-Mourinho ce n’est pas vraiment très éducatif pour les jeunes. Imagine-t-on Hollande et Sarkozy en venir aux mains pendant un débat télévisé ?

José Mourinho n’a jamais connu la défaite, quelle que soit la compétition, face à Arsène Wenger.
Avec un bilan de 7 victoires, 5 nuls et 0 défaite pour le Portugais face au coach Alsacien, il y a de quoi être énervé.
Je ne suis pas un média qui joue du violon. Pas dupe des images médiatiques qui sont là pour se construire une réputation. Le tout gentil et le tout méchant cela n’existe pas.
Mourinho c’est l’homme qui a mis son doigt dans l’œil de feu Tito Vilanova.
Wenger c’est celui qui a dit au micro de TF1 lors de la joute verbale Rooney-C.Ronaldo - au cours d’un Angleterre-Portugal- lorsque CR7 demanda le rouge pour Rooney alors son partenaire à MU: “Ronaldo ? Il est de la génération de la main de Maradona". (sic) Sous-entendu: le Portugais est mal élevé car il est né quand Maradona a fait sa main contre l’Angleterre. Je vous laisse juge.
Restons sur le nouveau match gagné par Chelse 2-0 face à Arsenal. On a vu un duo fantastique: Hazard et Fabregas (ex Gunner légendaire) côté Chelsea alors que Welbeck (ex MU) a failli casser la jambe de Fabregas dans un match où Ozil a été nullissime. Quant à Koscielny qui a encore provoqué un penalty c’est un joueur totalement surcoté. En face, il y avait Terry. Inutile d’insister: on ne compare que ce qui est comparable. Comme quoi même en dépensant de l’argent, Arsenal a du mal à jouer le premier rôle. Le football est un Art très difficile: la preuve MU n’y arrive plus sans Sir Ferguson.
Actuellement, les trois meilleurs entraîneurs du monde sont:
Ancelotti, Guardiola, Mourinho…
Wenger accomplit un très beau parcours mais il n’est pas sur le podium. Il lui faut au moins gagner une C1.

J. Mourinho, né le 26 janvier 1963/ Portuguais

Palmarès: 20 titres
Champion League: 2

Porto
Primeira Liga 2003, 2004
Taça de Portugal 2003
Supertaça Cândido de Oliveira 2003
Champions League 2004
UEFA Cup 2003

Chelsea
Premier League 2005, 2006
FA Cup 2007
League Cup 2005, 2007
FA Community Shield 2005

Inter Milan
Serie A 2009, 2010
Coppa Italia 2010
Supercoppa Italiana 2008
Champions League 2010

Real Madrid
La Liga 2012
Copa del Rey 2011
Supercopa de España 2012

A. Wenger, né le 22 octobre 1949/ Français

Palmarès: 17 titres
Champion League O

Monaco
Ligue 1 1988
Coupe de France 1991

Nagoya Grampus

Emperor’s Cup 1995
J-League Super Cup 1996

Arsenal
FA Premier League 1998, 2002, 2004
FA Cup 1998, 2002, 2003, 2005, 2014
FA Community Shield 1998, 1999, 2002, 2004, 2014

Permalien 07:52:14, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

L'ultime balade de "Jim" , par Harold Cobert (Plon)

De manière définitive, il faut parler d’un poète quand on évoque Jim Morrison.
Il a payé de sa vie son amour pour la poésie, tel le papillon attiré par la flamme il s’est brûlé les ailes juste avant de mourir. Il n’y a pas d’image plus juste pour décrire Morrison qui a su ce que ça faisait de crever de la sorte mais il n’a pas pu nous le raconter.
Alors pour combler le vide, Harold Cobert s’est glissé dans la peau du mythique chanteur des Doors pour nous faire partager ses derniers mois à Paris en 1971.
Il s’est inspiré des propres mots du poète qu’il a retrouvés dans ses lectures et notamment dans les livres de Jean-Yves Reuzeau.
Parler à la place de Morrison, Harold Cobert le fait très bien.
Au début du livre, Jim n’en peut plus qu’on le traite tout le temps en icône alors que bouffi par les excès en tous genres il ne ressemble plus au beau gosse d’antan.
Loin de la rock star filiforme et gainée de cuir noir, Jim, est un gros barbu aux cheveux longs et grisonnants, qui déambule comme une ombre dans les rues de Paris qu’il adore. Dégoûté par l’industrie du disque, le chanteur est désormais un poète dépressif. Il ne veut plus appartenir au show biz afin de vivre la vie d’un poète, sorte de résurgence de Verlaine, Rimbaud et Baudelaire.
Célèbre dans le monde entier, il n’est plus qu’un écrivain maudit.
Il ressasse son passé jusqu’à son ultime souffle rue de Beautreillis.
Un fait certain: Morrison était un véritable écrivain, authentique poète, amoureux du langage qu’il savait manier dans son style bien à lui. Cela sonne juste.
Il n’a rien à voir avec les chanteurs qui le copient au point d’en n’être qu’une immonde caricature.
Il n’y a qu’un Jim Morrison, et il faut classer ses textes dans les anthologies de la poésie du XXe siècle, et ne pas se contenter de CD.
La couverture du livre nous le montre dans la peau de celui qu’il ne voulait plus être.
Une photo de Morrison à la fin de sa vie aurait mieux convenu, ne serait-ce que pour être raccord avec ce qu’il voulait être.

Jim, par Harold Cobert. Plon, 217 p., 16,90e

05.10.14

Un éblouissant David DE Gea offre la victoire à Man United contre Everton

Dimanche 5 octobre 2014

*Manchester United 2-1 Everton
Buts pour MU: Á. Di María (27e), Falcao (62e)
Buts pour les visiteurs: S. Naismith (55e)

Manchester United: De Gea/ Rafael, McNair, Rojo, Shaw (Blackett 71e)/ Blind/ Valencia (Fellaini, 79e), Di Maria/ Mata/ van Persie, Falcao (Wilson 73e)
Sur le banc: Lindegaard, Thorpe, Fletcher, Januzaj
Manager: van Gaal
Sans son jeune gardien espagnol, MU aurait perdu 2-3 sur son terrain. Le goal en état de grâce a stoppé un penalty avant de sauver son équipe en fin de match. Il mérite la note 10 mais l’Homme du match élu a été Di Maria. C’est vraiment injuste. Di Maria, a donné du caviar mais les deux arrêts de de Gea équivalent à deux buts.
MU a joué une nouvelle fois la peur au ventre avec une très faible défense hormis Rafael. Le retour de Valencia a fait du bien mais sa sortie reste une énigme. Après son retour sur le banc, tout le milieu rouge a été désorganisé. Dès que Fellaini est entré, MU a joué à 10 et Everton à 12 ! Quand on voit jouer le nouveau MU on n’est pas tranquille jusqu’à la fin. On a vu très bon Di Maria, un bon Mata et un génial de Gea.

*Chelsea 2-0 Arsenal
Buts pour les Blues: Hazard (27e pen.), Diego Costa (78e)

Les deux équipes au coup d’envoi:
Chelsea: Courtois - Ivanovic, Cahill, Terry ©, Azpilicueta - Matic, Fabregas - Schürrle, Oscar, Hazard - Diego Costa.
Arsenal: Szczesny - Chambers, Mertesacker, Koscielny, Gibbs - Wilshere, Flamini - Cazorla, Ozil, Alexis - Welbeck.

Hazard a été énorme. Ozil lamentable. Fabregas, l’ex Gunner, éblouissant. Welbeck, sur ce match a donné raison à van Gaal: il a été inexistant et aurait dû être expulsé pour un fauchage à la serpe !
Wenger a encore perdu face à Mourinho, vous savez celui qui l’a traité de “spécialiste de l’échec". Ils en sont presque venus aux mains. L’arbitre a été gentil de ne pas donner un rouge à Wenger qui a poussé Mourinho. A la fin, ils sont partis sans se serrer la main. Triste spectacle. Au plan du jeu, Arsenal a passé son temps à tricoter. Et Koscielny a encore provoqué un penalty: triste à voir. Chelsea a joué trois classes au-dessus.

Classement PREMIER LEAGUE :
1 Chelsea 19 pts
2 Manchester City 14 pts
3 Southampton 13 pts
4 Manchester United 11 pts

*Juventus Turin 3-2 AS Roma
Buts pour la Juve: C. Tévez (27e pen., 45e+3 pen.), L. Bonucci (86e)
Buts pour la Roma: F. Totti (32e pen.), J. Iturbe (44e)

Les deux équipes au coup d’envoi:
Juventus Turin : Buffon - Ogbonna, Bonucci, Chiellini - Lichtsteiner, Marchisio, Pirlo, Pogba, Asamoah - Tevez, Llorente.
AS Roma : Skorupski - Maicon, Manolas, Yanga-Mbiwa, Holebas - Pjanic, Keita, Nainggolan - Gervinho, Totti, Iturbe..

5 buts, 3 penaltys, 2 cartons rouges et 7 cartons jaunes.
Très beau match de Serie A.
De l’engagement. Des gestes de classe. De très grands joueurs. Magnifique. Du grand spectacle.

*PSG 1-1 Monaco
But pour le PSG:Lucas Moura (71e)
But pour Monaco: A. Martial (90′+2e)
Sans Ibrahimovic, Paris n’a aucune garantie. Sans Berbatov,l’ASM ramène un point de la capitale.

PS: mené 0-1, Nice arraché le nul dans les arrêts de jeu contre Montpellier (1-1. Dommage, Nice aurait pu se hisser à la troisième place, mais les Aiglons ont la satisfaction d’avoir enchaîné trois matchs sans défaite pour un total de 7 points sur 9.

04.10.14

Le Jour se lève de Prévert-Carné-Trauner en version restaurée avec les séquences censurées par la clique à Pétain

La scène culte du film, celle du désespoir jouée par Jean Gabin. Ici en version non restaurée. Prévert, Carné, Gabin, Arletty, Berry, Blier… Un ruban de rêves, pour reprendre le mot d’Orson Welles.

Le Jour se lève (1939), réalisé par Marcel Carné, sorti en 1939, est à nouveau dans quelques salles.
Je ne comprends pas pourquoi on ne voit pas d’anciens films dans les cinémas d’aujourd’hui. On trouve bien Montaigne en librairie.
75 ans ans, il a fallu attendre 75 ans pour voir une version intégrale avec les scènes censurées par le régime de Vichy.
La version restaurée est visible en salles, en DVD et Blu-ray grâce à Canal +, en collaboration avec Eclair.
L’analyse des copies d’époque ont révélé que deux scènes avaient été coupées : une avec Arletty nue sous la douche, une autre suggérant que les policiers sont des fascistes. Les noms de Curt Courant et Alexandre Trauner avaient été retirés du générique au nom de la chasse aux Juifs.
Lors de la sortie, le film avait été vite interdit de projection car jugé “trop démoralisant".
Un appel aux cinémathèques du monde entier via la FIAF (Fédération Internationale des Archives du Film) a été lancé pour retrouver ces scènes.
Celles de Milan et de Bruxelles ont répondu positivement à cette demande.
Le film dans sa version intégrale sort également aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne.
Tout le savoir faire de Prévert-Carné-Trauner est dans ce grand classique du 7e Art.

Le Jour se lève (1939)
Réalisation : Marcel Carné
Scénario : Jacques Viot
Adaptation et dialogues : Jacques Prévert
Musique : Maurice Jaubert
Photographie : Curt Courant, André Bac, Philippe Agostini et Albert Viguier
Montage : René Le Hénaff
Décors : Alexandre Trauner
Électricien : Marcel Policard
Costumes : Boris Bilinsky
Maquillage : Paule Déan

Tournage : de février à mai 1939, aux studios “Paris Studio Cinéma” de Boulogne-Billancourt.
Son : Armand Petitjean
Photographie de plateau: Raymond Voinquel

Distribution, principaux rôles:
Jean Gabin : François, ouvrier sableur
Jules Berry : Valentin, dresseur de chiens
Jacqueline Laurent : Françoise, la fleuriste
Arletty : Clara, la partenaire de Valentin
Bernard Blier : Gaston, un collègue de François
Marcel Pérès : Paulo, un collègue de François

03.10.14

Permalien 05:28:10, Catégories: GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

La réédition de deux albums majeurs de Maître Jimi HENDRIX

Quand il est mort, Jimi H. a emporté nos vingt ans avec lui.

«La disparition de Jimi m’a bouleversé.
Il était si jeune et avait un tel avenir.»
(Miles Davis)

Les auditeurs passionnés de Jimi Hendrix peuvent réentendre deux albums du plus étonnant guitariste de l’Histoire (avec Django Reinhardt): The Cry of Love et Rainbow Bridge, premier et deuxième album posthume du natif de Seattle.
Plus de 40 ans après sa disparition, le son vrille toujours l’espace, le cœur et l’âme. Faut compter dans les 20 euros chaque album. Les grincheux diront que d’aucuns font aucun du profil sur le cadavre de l’icône. On ne peut plus hélas! aller voir et surtout entendre le maître en concert. On se contente de nouveaux… anciens albums (!), douce illusion qu’il est encore sur terre.
Des versions vinyles vont aussi être disponibles. Le remastering - mot atroce- de ces albums a été confié à Bernie Grundman (Purple Rain, Thriller) à partir des bandes masters originales. On peut ainsi en prendre plein les oreilles avec Hey Baby (New Rising Sun), Dolly Dagger, Belly Button Window et la version live d’Hear My Train A Comin, captée -beau mot!- au cours du légendaire concert de Berkeley, le 30 mai 1970. See you later, Jimi !

RAINBOW BRIDGE

1. Dolly Dagger
2. Earth Blues
3. Pali Gap
4. Room Full of Mirrors
5. Star Spangled Banner (version studio)
6. Look Over Yonder
7. Hear My Train A Comin’ (live)
8. Hey Baby (New Rising Sun)


THE CRY OF LOVE

1. Freedom
2. Drifting
3. Ezy Ryder
4. Night Bird Flying
5. My Friend
6. Straight Ahead
7. Astro Man
8. Angel
9. In From the Storm
10. Belly Button Window

Permalien 05:00:54, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Le nouveau concerto littéraire de Patrick Modiano: Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier (Gallimard)

Loin du fracas imbécile du PAF, Patrick Modiano tisse son œuvre depuis le début des années 1960. Il reste debout dans un monde où règne la reptation. Un authentique écrivain dans un monde de fausses vedettes. D’aucuns lui reprochent de faire du Modiano mais reproche-t-on à quelqu’un d’être soi-même ? Disait-on à Beckett qu’il faisait du Beckett ?

Ce nouveau livre n’a pas de dédicataire. Jadis, les livres de Patrick Modiano étaient dédiés à son frère disparu, à sa femme, à ses filles, à Robert Gallimard, à Peter Handke… Là, rien. Et ce rien est impressionnant. Disons qu’il traverse les rues sans plus demander la main à personne. Je dis toujours la même chose à son sujet mais son comportement mérite d’être salué. On ne le voit jamais faire le gugusse à la télé dans des émissions débiles. Dommage en fait car il a des formules qui touchent dans le mille comme lorsqu’il a dit que lire Philippe Sollers cela lui rappelait les années Sacha Distel… Modiano loin des caméras, seul Michel Houellebecq parvient à rester lui-même au règne des talk-shows. Tous les autres vendeurs de salades sans aucune exception sont prétentieux, insupportables. Modiano ne prend pas part à la vie publique faussement intellectuelle de son temps. Il n’existe que par le prisme de ses livres. Il perd beaucoup de lecteurs, avec un tel comportement, mais comme me le disait Emmanuel Berl : « Le grand public c’est quoi ? Des gens qui regardent les gros titres de France Soir sur les grands boulevards… » Il disait cela sans aucun mépris. Cependant, Modiano a sans doute les lecteurs les plus intelligents de France.
Chez Modiano, on ne sait jamais trop à quelque époque nous sommes. Tout se touche et se confond. Ce n’est qu’à la fin du livre qu’on tombe sur 2012. Dans son oeuvre quand on souligne, les personnages ne prennent pas de Stabilo. Un simple Bic suffit. On retrouve toute sa science des noms propres, des plaques de rues, et en un mot de Paris. Depuis Léon-Paul Fargue, on n’a pas fait mieux. Les autres piétons de Paris sont trop présents dans la description. Lui écrit juste le nom de la rue, et nous y sommes. Du grand art ! La magie littéraire dans toute sa splendeur. Heureusement que Patrick Modiano n’est pas devenu cinéaste. Il se serait épuisé à la tâche comme François Truffaut. La littérature est un plaisir solitaire qui se termine en partouze, c’est cent fois mieux !
Le nouveau récit de Patrick Modiano relève de la période Villa Triste- pour l’ambiance éthérée. Il y a du polar dans l’air. Quelqu’un téléphone à un écrivain parce qu’il a retrouvé un répertoire lui appartenant. On pense à Sophie Calle qui n’a pas bien sûr le monopole de ce genre d’enquête. Elle existait avant elle, et existera encore après elle. Celui qui a retrouvé le carnet l’a lu bien sûr et y a trouvé le nom de Torstel qui aurait été mêlé à un fait divers… Il n’en faut pas plus pour camper une ambiance simenonesque.
Modiano donne un titre de l’œuvre de l’écrivain (Jean Daragane) : Le noir de l’été. Il pourrait très bien appartenir à la bibliographie des livres de Modiano, entre Quartier perdu et Du plus loin de l’oubli. Le nom du raseur qui s’installe dans la vie du propriétaire du calepin ? Gilles Ottolini. Cela sonne si juste qu’on a envie de se précipiter dans un annuaire. A ce propos, la poste ne distribue plus d’annuaire. Les «pages blanches ou pages jaunes» du net font moins rêver.
On se perd délicieusement dans les pages de Patrick Modiano comme lorsque l’on monte dans un bus sans savoir où il va. Le style Modiano ce n’est pas une musique, comme le disent depuis tant d’années ceux qui font semblant de le lire. Le Modiano actuel n’est plus celui qui nous a appris à regarder Vichy avec les yeux de Robert Paxton. Modiano a été mille fois copié, imité mais jamais égalé. Lui, quand il écrit : «Pierre Laval », l’on voit aussitôt Pierre Laval avec son triste mégot. Les autres doivent écrire 10 pages et Laval n’est toujours pas là ! Modiano ce n’est pas une musique. C’est un son. On lit Modiano pour entendre un «son» particulier comme on met un CD pour entendre la trompette de Miles Davis. Le jazzman haïssait les aboutissements. Modiano aussi. Tous ses livres ne sont que des chapitres aux quatre vents. On lit Modiano comme on parle avec un ami. Le voir vieillir appartient au domaine de l’inconcevable.

-Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, de Patrick Modiano. Gallimard, 160 p. , 16,90

02.10.14

Laissez-vous embarquer dans la biographie de "Bernard Blier, Un homme façon puzzle", de Jean-Philippe Guérand. (Robert Laffont/ Documento)

Blier, Gabin, Ventura, Audiard… Ils ont jalonné ma jeunesse dorée dans une immense rêverie cinématographique. Je n’échange pas un acteur français actuels contre l’un de ses quatre hommes. Aujourd’hui, on ne voit que des hommes en toc sur les écrans. De la branchouille. Rien sous le capot. Juste bon à jouer les notaires ou les vétérinaires.

Plus aucun bébé ne s’appelle Bernard, avez-vous remarqué ?
Moi, quand j’étais petit, j’étais content de me prénommer comme Bernard Palissy et Bernard Blier.
Bernard c’est sans doute un trop beau prénom pour les parents actuels imbibés de médias stupides.
Si mes parents m’avaient appelés Kévin, j’aurais changé de prénom ! Pour être précis, mon prénom a été choisi par mes deux grands frères que je remercie.
Donc, hommage à Bernard Blier.
Près de 600 pages pour célébrer la vie de Bernard Blier, c’est le juste poids pour un comédien fantastique qui est dans le cœur des Français qui ont toujours apprécié son immense talent, capable d’émouvoir ou de faire rire avec une densité de haut parage. Ancien élève de Louis Jouvet, Bernard Blier n’a pas perdu une miette de l’enseignement du patron.
Bernard Blier était un très grand lecteur, un bibliophile. J’ai assisté à la vente aux enchères de ses livres. C’était impressionnant de voir tous les livres qu’il avait lus et souvent relus. Il connaissait la valeur des mots. Ce n’est pas un hasard s’il les prononçait avec autant de maestria.
Bernard Blier ? 180 films, et plus de 30 pièces, sans parler de la télévision et de la radio.
Pour le définir, je me souviens de Jean Gabin disant : « Que des acteurs me disent qu’ils vont tourner avec Bernard Blier, je leur dit : « Attention ! dans les scènes avec lui, on ne verra que lui car il a une incroyable présence… » Cette mise en valeur de Gabin est l’un des plus beaux compliments qui soit. Et c’est la stricte vérité, Blier occupe l’écran avec une force qui nous parvient de manière poignante, aussi bien s’il interprète un homme trompé, un lâche ou un hilarant directeur d’agence de pubs.
Sa dimension comique a fait merveille dans Les Tontons flingueurs. Avec Gabin et Lino Ventura, il a été habillé sur-mesure par Michel Audiard. Les quatre amis ont fait les grandes heures du cinéma populaire, dix mille fois plus passionnant que le cinéma d’auteur, qui 9 fois sur 10 est barbant. Il ne suffit pas d’être rasoir pour avoir quelque chose à dire.
Inquiet, Bernard Blier croyait qu’on ne l’aimait plus si le téléphone ne sonnait plus. Il se demandait alors s’il faisait encore rêver les metteurs en scène. Le livre de Jean-Pierre Guerand est très bien mené, du début à la fin, comme un grand film. Le comédien est traité avec autant de respect que s’il avait été écrivain, musicien et savant ou encore grand militaire. Sa vie a été rondement menée. On revit ses périodes heureuses et ses périodes privées délicates comme chacun de nous. Outre ses films et ses pièces, Bernard Blier nous a aussi donné un fils, Bertrand Blier, écrivain et cinéaste de très gros calibre.
En ouverture du livre, il y a une lettre somptueuse de Michel Audiard qui dresse l’éloge de Bernard Blier, l’autre B.B. du 7e Art. Bernard Blier manque considérablement au cinéma. Il faut reconnaître que les acteurs de sa trempe ont laissé une œuvre comme n’importe quel autre créateur. On cite des pans entiers des dialogues de Michel Audiard qu’il a merveilleusement dits pour le plus grand plaisir des Français.
On suit Bernard Blier, de sa jeunesse jusqu’à son ultime souffle de vie. Le regard de Blier est inoubliable : qu’il soit triste, abattu, apeuré ou ironique, moqueur et complétement ahuri. Merci à son biographe. Merci Monsieur Bernard Blier.

-Bernard Blier, Un homme façon puzzle, de Jean-Philippe Guérand. Robert Laffont/ Documento, 584 p., 11,90 €

Welbeck realisé un triplé en C1 ce qui permet à Wenger de ridiculiser Van Gaal

2e journée de Champions League
1er octobre 2014
Arsenal 4-1 Galatasaray
Buts pour les Gunners: D. Welbeck (22e, 30e, 52e) A. Sánchez (41e)
Galatasaray: Burak Yilmaz (63e pen.)

Tous les fans de Manchester United sont furieux d’avoir vu van Gaal transferer Danny Welbeck à Arsenal.
On savait que Welbeck était en pleine construction et qu’il avait le désavantage de ne jamais jouer à son vrai poste, à savoir en pointe. C’est un attaquant hyper percutant et vif comme l’éclair.
Né à Manchester, formé à United depuis qu’il est enfant par Sir Ferguson et Ole Gunnar Solskjaer, il aurait dû rester à MU.
Il était couru d’avance qu’il allait très bien s’adapter à Arsenal.
C’est chose faite. Un triplé en C1 !
Van Gaal est arrivé à MU sans rien connaître du club. Il n’a rien compris à Welbeck, comparant ses statistiques à celles de Rooney et de van Persie, ce qui est du grand n’importe quoi. Danny Welbeck était peu souvent titulaire et on lui demandait d’honorer des taches défensives.
Cela fait plaisir de le voir réussir à Arsenal. Et d’un autre côté cela souligne le très mauvais choix de van Gaal.
Le manager néerlandais entraîne avec un carnet de chèques.
Il n’a rien prouvé à MU depuis son arrivée, à part casser tout le travail de sir Ferguson.
A la 60e minute, le gardien d’Arsenal a été expulsé Szczesny. David Ospina a démontré en 30 minutes qu’il était supérieur au Polonais.
Je dois me pincer quand je vois un Red Devil et un Aiglon à Arsenal.

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