Kafka, poète de la honte, de Saul Friedländer.(Seuil)

25.09.14

Permalink 17:15:45, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Kafka, poète de la honte, de Saul Friedländer.(Seuil)

D’emblée, l’auteur nous dit qu’il n’est pas un spécialiste de Kafka mais on se rend vite compte qu’il a lu autant Kafka que les livres sur Kafka.
C’est en 1947 et à Paris que Saul Friedländer a lu Kafka pour la première fois. Il s’agissait plutôt d’un livre SUR Kafka puisqu’il avait entre les mains la biographie de Kafka écrite par Max Brod. L’essayiste est donc venu à lire l’auteur de La Métamorphose par un détour chez son meilleur ami, Max Brod qui a beaucoup fait pour la vulgarisation de l’œuvre de Kafka, sauvant de l’oubli des pans de manuscrits. A travers les écrits de Kafka, l’auteur remonte tout le fleuve du grand romancier, de l’enfance à sa mort.
Saul Friedländer se démarque de Max Brod qui a présenté Kafka comme il le souhaitant, retirant ses zones d’ombre.
Le livre aborde la relation père-fils que l’on savait basé sur l’écrasement du fils qui se sentait inférieur physiquement vis-à-vis de la silhouette qu’il voyait comme un colosse.
Le biographe enseignant à Los Angeles nous dévoile un Kafka, homosexuel latent qui ne passe pas à l’acte.
Kafka était complexé, il se voyait dans la peau d’un Juif chétif.
Attiré par les filles de joie, il en ressortait triste.
Saul Friedländer nous présente un Kafka plus vivant qu’on n’aurait cru, et moins métaphysique qu’on ne le colporte.
Un fait évident: ce fut un génie de la littérature, et cela le reste.
Non sioniste, Kafka a appris l’hébreu, seul, en 1917.
Max Brod a un peu usé de la gomme dans sa relecture des manuscrits de l’ami Franz.
Saul Friedländer rectifie le pire.
Tout cela ne nuit pas au grand écrivain Pragois.
Le terme “honte” est trop fort car Kafka savait très bien que sa sensibilité était hors norme.
Quand on est clairvoyant, on est toujours seul.
Brod lui a fait du bien, et c’est tant mieux.
Aujourd’hui, ni Kafka ni Brod ne sont là.
Place aux interprétations, aux révélations.
L’œuvre, elle, est là et bien là.

-Kafka, poète de la honte, de Saul Friedländer. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Nicole Weill. Seuil, 247 p., 19,50 €

Commentaires, Pingbacks:

Commentaire de: saga [Visiteur] Email
Oui, oui bien sur, il était un travelo aussi. O critique ! Oui moi aussi après avoir baisé je suis triste parfois. C'est grave ?
PermalinkPermalien 26.09.14 @ 17:25
Commentaire de: saga [Visiteur] Email
Que les historiens restent entre eux ca nous fera des vacances. Le meilleur livre su Kafka : Seul comme Franz Kafka de Marthe Robert.
PermalinkPermalien 26.09.14 @ 21:17
Commentaire de: morlino [Membre]
Ah Ah Il est forme le martien vert
PermalinkPermalien 27.09.14 @ 09:37
Commentaire de: Pierre [Visiteur] Email
"Kafka en colère" de Pascale Casanova est aussi un tres bon livre.
PermalinkPermalien 27.09.14 @ 12:42
Commentaire de: morlino [Membre]
Je regarderai merci Pierre.
PermalinkPermalien 27.09.14 @ 17:32

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