Archives pour: Août 2014

31.08.14

Permalien 19:06:46, Catégories: LITS ET RATURES  

La théorie de l’information, d’Aurélien Bellanger. (Folio/ Gallimard)

Toute la galaxie de la communication nous contemple dans l’ouvrage du philosophe de formation.
Aurélien Bellanger dissèque l’épopée de Pascal Ertanger cet adolescent intoxiqué d’informatique qui a renvoyé Gutenberg à la préhistoire.
Le livre relate l’odyssée de la modernité en trois parties : Minitel, Internet et 2.0.
Rien ne semblait prédestiner Pascal Ertanger a devenir puissant.
Très intelligent, ce personnage romanesque a anticipé l’évolution du marché.
Ce n’est pas un mince exploit.
Les lecteurs de Michel Houellebecq dont Bellanger est l’un des meilleurs lecteurs doivent livre cette réédition du premier roman d’Auréline Bellanger qui est un coup de maître.
Dans le genre, il n’a pas de concurrent en France.

-La théorie de l’information, d’Aurélien Bellanger. Folio/ Gallimard, 524 p., 8,40 €

30.08.14

Permalien 17:46:13, Catégories: THE RED DEVILS, LA REVUE DE STRESS  

Interruption momentanée du football à Manchester United

Malgré l’arrivée de Di Maria contre 75 M€, le football est momentanément interrompu à Man United.
Il n’y a plus rien à voir à part de l’ennui à couper au couteau.
Si vous regardez jouer MU, vous allez penser à la prochaine liste de vos commissions: s’il faut acheter du sel ou du sucre.
MU est victime d’un accident industriel.
On voit les limites du poste d’entraîneur. Van Gaal est inerte, il est figé, il attend que ça passe.
MU est devenu comme Man City c’est à dire une collection de noms achetés à droite à gauche.
Si City est parvenu à mettre un système de jeu; United pas encore.
Paul Scholes pense que MU a commencé sa traversée du désert.
C’est fort possible.
Entre 1968 et 1992, MU n’a plus gagné le championnat.
Après le titre de 1967 avec Best et B. Charlton, il a fallu attendre Cantona pour le regagner en 1993.
Cela fait plus de 20 ans que Liverpool n’a plus remporté le championnat.
Circulez, il n’y a rien à voir !
Le football c’est un jeu qui doit exprimer la vie à son plus haut degré.
Si c’est pour regarder des plots de chantiers autant aller se promener dans un cimetière.
MU n’est plus qu’un bureau des rêves perdus.

Manchester United est bon sur le papier mais nul sur le terrain

Je dédie ce match à notre héros qui a assisté au nouveau match catastrophique de MU.

3e journée de championnat anglais
Samedi 30 août 2014, 13 h 45
Burnley - Manchester United

Sur le papier, l’équipe de Man United était monstrueuse à partir du milieu de terrain.
Rien que des bons joueurs mais la mayonnaise n’a pas pris.
Ce groupe de Red Devils n’a pas de schéma tactique, pas de ligne conductrice.
Il joue sans savoir quoi faire de la sphère.
MU ne joue plus le titre.
Liverpool, Chelsea, Man City et Arsenal sont loin devant MU.
MU est entré dans l’anonymat.
Les Red Devils ne sont même pas du niveau de Tottenham, d’Everton et de Newcastle.
Di Maria a fait de très bons débuts.
Il doit se demander: dans quelle galère suis-je tombé ?

Manchester United:

De Gea/ (5) Rien à faire et parfois mis en difficulté par l’atroce défense à 3
Jones (7) Bon et régulier depuis le début de saison
Evans (3) Manque de rythme et mal à l’aise dans la stupide défense à 3
Blackett (2) On lui demande trop pour ses débuts/
Valencia (3) Pas bien mis en valeur par le schéma tactique
Fletcher (5) A trop de travail car trop seul dans son registre
Young (4) Aurait dû bénéficier d’un penalty. Van Gaal lui donne trop d’importance/
Di Maria (6) Très bon début puis Anderson (70e) Envoyé au casse-pipe, Mata (4) Peu inspiré puis Januzaj (87e)Non noté/
Rooney (1) Lamentable
Van Persie (2) Perte de confiance, puis Welbeck (73e) Non noté

Sur le banc: Amos, M.Keane, James et Chicharito

Manager: Van Gaal (0). Doit renoncer à la défense à trois et s’impliquer plus sur son banc. N’a aucune emprise sur le match. Il regarde la rencontre sans intervenir, tout en déplaçant ses pions aimantés sur son ardoise. C’est facile d’être entraîneur à ce compte-là.

Permalien 17:18:21, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Le Nuage Radioactif, de Benjamin Berton (Ring)

Roman d’anticipation, de science-fiction, fantastique, roman tout court, Le Nuage Radioactif de Benjamin Berton, aurait pu s’appeler LNR de BB pour faire encore plus peur.
Jadis, Baudelaire voyait dans les nuages ses meilleurs amis.
Aujourd’hui, ils sont nos pires ennemis. Et je ne parle pas des cumulus ou autres annonciateurs de pluie.
Non, il s’agit des lourds nuages radioactifs. Invisibles, ils peuvent tous nous massacrer sans détruire un seul lampadaire.
La guerre nouvelle peut venir de l’extérieur ou de nos propres usines. Propres ? On devrait dire nos sales usines.
Si Benjamin Berton était anglo-saxon, il serait encore plus connu. On dirait: “Wouha ! On tient un nouveau H. G. Wells…”
Nul besoin de comparer Berton à X ou Y. Il a suffisamment de talent pour se dégager des influences. Plus il est lui-même, meilleur il est.
L’enjeu de son nouveau livre est très simple:
Que se passerait-il si tout disparaissait sous nos yeux et nous avec ?
Pas grand chose ! Cela méritait un livre. En version française non sous-titrée, cela est parfait.
Avec Emmanuel Berl, j’ai souvent parlé de l’apocalypse à venir en raison de la destruction de la planète sous les coups des industriels.
Berl disait que le parti écologique était inutile car nous devrions tous protéger la terre et le ciel.
-"Qu’importe d’aller dans la lune si la terre n’est plus qu’un terrain vague !” m’a-t-il dit.
Les plus aisés iront peut-être dans la lune, le jour du passage d’un terrifiant nuage radioactif.
Malraux, lui, a commenté:
-"Qu’importe d’aller dans la lune si c’est pour s’y suicider".
On voit que nos aînés avaient pensé à tout.
Benjamin Berton, lui, appartient à une génération qui a déjà connu des catastrophes nucléaires, et je ne parle pas des bombes balancées délibérément.
Le romancier imagine un contemporain qui a le cerveau rongé par la phobie du NR.
-"Il n’y aurait plus de guerres, d’argent, il n’y aurait plus de riches et de pauvres, juste un retour naturel…”
Hélas! sans arbre, sans animaux, sans vie, sans rien.
Le héros stressé prend son fils sous les bras et part en direction de la centrale d’où il est certain que le premier nuage funeste va s’échapper. D’autres auraient fait le contraire. Lui va dans la gueule du loup !
Tout se déroule dans le décor des châteaux de la Loire, pour mieux contraster ce qui se passe ou va se passer.
A quoi sert la littérature si tout doit se terminer d’ici peu ?
Pourquoi faire des enfants qui ne dépasseront pas l’adolescence ?
Qui aura le courage de dire vraiment l’état de nos centrales nucléaires ?
Quand va-t-on enfin nous révéler que les réservoirs qui contiennent les déchets nucléaires vont tous se fissurer un jour ou l’autre car ils ont une durée de vie inférieure au poison qu’ils sont censés contenir ?
BB nous fait entrevoir le cataclysme.
J’attends le réalisateur qui mettra en image LNR.
La France n’a pas de Kubrick ?
-Allo! vous pouvez me passer Luc Besson, svp.

-Le Nuage Radioactif, de Benjamin Berton. Ring, 400 p., 19,95 €.
L’ouvrage se referme sur une BD originale signée par Kevin Cannon.

Permalien 07:31:37, Catégories: THE RED DEVILS, LA REVUE DE STRESS  

Le football mal joué est insupportable à Man United comme ailleurs

Sur trois matchs officiels avec MU, van Gaal a été incapable de gagner une fois. Son MU a perdu 4-0 contre une équipe de L3. A force de prendre de la hauteur sur les événements, le nouveau coach n’a plus les pieds sur terre. On le voit, carnet à la main, toujours en train d’écrire. Il écrit quoi ? Sa liste des courses au supermarché ?

Match du ventre mou de la Premier League anglaise
Samedi 30 août 2014, 13 h 45
Burnley - Manchester United

-"Avant de commencer, j’ai dit que je donnerais une chance à tous les joueurs, et c’est ce que j’ai fait. Ceux qui n’étaient pas aux USA ont joué contre les MK Dons. J’ai donné une chance à tout le monde avant le 1er septembre, de rester ou partir. C’est leur choix maintenant. J’ai toujours dit ça. Je ne pense pas que ce serait une bonne chose que d’arriver et demander 11 nouveaux joueurs. J’ai donné une chance à tout le monde.”
Ces mots de Louis van Gaal signifient donc qu’il ne compte pas sur Kagawa, Chicharito, Anderson et Welbeck. Jamais Sir Ferguson a dit de telles énormités. Avec l’Ecossais chaque joueur devait se sentir près à jouer à n’importe quel moment car la saison est longue, il y a les blessés, la méforme, les suspensions. Dire à Kagawa, Chicharito, Anderson et Welbeck vous ne serez pas dans mon onze-type c’est vraiment un très mauvais choix de coaching. Le vestiaire de MU est désuni.
MU se déplace à Burnley et c’est MU qui tremble, qui a peur, qui est stressé avec ses stars pâles comme des débutants.
Les joueurs de MU sont devenus quelconques car ils ne sont plus protégés par Sir Ferguson.
Dans un premier temps, David Moyes a renvoyé tout le staff de MU mis en place par Sir Ferguson.
Dans un second temps, Louis van Gaal a fini par éteindre les dernières cendres de l’ère des années 1986-2013.
Désormais, MU repart de zéro. Il n’y a plus de références récentes, de nappe phréatique.
MU n’a plus de base défensive, plus de milieu clairvoyant. Il reste des attaquants en quête de munitions.
Angel Di Maria est-il l’homme providentiel ?
On n’en sait rien et je n’y crois pas une seconde.
A part Eric Cantona, aucun joueur n’a été décisif de manière constante à MU. Même pas Best ni B. Charlton.
van Persie a fait illusion en 2012-2013, puis il est rentré dans l’anonymat.
Si Di Maria pouvait être à MU aussi bon que le fut C. Ronaldo on s’en contenterait.
Depuis 1993, les fans de MU voyaient du très beau football.
Aujourd’hui, on ne voit plus rien à part des joueurs en pleine errance, sans projet, sans trait de génie.
MU ne propose plus qu’un jeu imbécile.
Burnley ? Les temps changent. Désormais, MU a vraiment peur de Burnley.
MU a peur de tout depuis que Sir Ferguson n’est plus le patron.
MU est un bateau à la dérive.
On ne regarde pas un match de football s’il procure l’équivalent de l’ennui généré par chaque discours d’un politicien sans charisme.
On accepte la défaite à condition de vraiment jouer un match.
Les joueurs de MU sous van Gaal donnent l’impression d’avoir laissé leur cerveau au vestiaire.

DERNIERE MINUTE:
Manchester United a trouvé un accord avec l’Ajax Amsterdam pour recruter le défenseur Daley Blind, sous de la visite médicale.

29.08.14

Permalien 23:39:31, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR  

Di Maria s'est dit prêt à honorer le n°7 de Manchester United

-"Le numéro 7 ? Je suis conscient de son importance. Cristiano Ronaldo m’a parlé au Real Madrid et m’a expliqué combien il est important à Old Trafford. Je veux porter le maillot frappé du 7 et donner le meilleur pour le club, comme Ronaldo l’a fait. Le club voulait aussi que je porte le maillot n° 7 et j’espère que je serai à la hauteur.”

La légende de ce maillot remonte à George Best, le premier artiste-footballeur de MU. Il joué aussi avec le 11 comme Charly Loubet, l’un des plus meilleurs ailiers du football français.

Le 7 a ensuite été porté par:
Bryan Robson, un grand n°7
Eric Cantona a rendu mythique le 7 car il a porté le club sur ses épaules de 1993 à 1997
David Beckham, à l’époque où il n’était pas vendeur de slips
Cristiano Ronaldo, le dernier grand 7 rouge
Michael Owen, un Red égaré chez les Red Devil

Valencia a refusé de porter le 7 alors qu’il est loin d’être un mauvais joueur.
Nani lui a évité le ridicule de le porter.

Di Maria arrive à MU où il a tout à prouver.
Actuellement MU est dans le ravin.
MU n’a plus de fond de jeu, plus de confiance, plus de schéma tactique, plus aucune garantie sportive.
La dynamique installée par Sir Ferguson depuis 1993 a disparu.
C’est au petit-bonheur la chance.
Le nouvel entraîneur n’a aucun impact sur les matchs.
Tout le monde peut être entraîneur à ce compte-là.
Le football est, comme le reste, insupportable quand il est mal joué.
pour l’instant quand je vois jouer le MU de van Gaal, je ne vois que du vide spirituel.
Les joueurs ne sont plus portés par un projet commun.
MU n’a plus d’identité de jeu.
MU a actuellement le football le plus pauvre d’Europe.
Payer Di Maria 75 M€ ne garantit en rien l’acclimatation de l’Argentin.

PS: Superbe vidéo sur CANTONA http://youtu.be/PTvEJA4DVyE

Cristiano Ronaldo, meilleur joueur d'Europe 2013-2014

C.Ronaldo est récompensé par l’UEFA. Quoi de plus logique.
Il a écrasé la C1 2014 de toute sa classe.
Il a marqué but sur but. Pulvérisant tous les records.
A 29 ans, il a marqué 17 buts lors de la dernière Champions League ! Il a très largement contribué à offrir au Real son dixième sacre européen en C1.

-"C’était sensationnel, un exploit que le Real attendait depuis des années. A Madrid, on sent qu’il faut gagner la Champions League. C’était une saison fantastique: nous avons gagné la Champions League, la Coupe d’Espagne et la Super Coupe de l’UEFA. Tout est possible. J’ai gagnée la C1 avec Manchester United et maintenant avec Madrid, donc nous avons hâte d’en décrocher une autre…”

Tout est dit. Ronaldo a devancé Neuer et Robben.
Enfin un classement qui est vraiment bien par rapport à la saison écoulée.
Niveau Ballon d’Or, il faudra le donner à Neuer ou à Lahm.

C.Ronaldo suscite toujours autant de jalousie. Il est beau, riche, intelligent, sensible, travailleur et très sympathique. De quoi déranger, en effet.
C.Ronaldo n’a bien sûr pas renoncé à la sélection portugaise, n’imitant pas deux joueurs français qui ne lui arrivent pas à la cheville. Et Ronaldo a dix fois plus de pression qu’eux.
Faut pas confondre intermittent du spectacle avec grand joueur.
C.Ronaldo est constant au plus haut niveau depuis 10 ans.
On l’a connu enfant. A présent c’est un homme.
De loin, c’est le plus bel ambassadeur du football contemporain.
La classe, hors et sur le terrain.
Orphelin de père, il a su écouter Sir Ferguson avant de voler de ses propres ailes.
C.Ronaldo a la particularité d’être aimé par les fans de MU et par les fans du Real alors qu’il est toujours en activité et qu’il a quitté MU pour l’Espagne.
Son parcours est époustouflant. Un footballeur qui hisse haut le jeu en plein règne de Léo Messi.
Enfin Poulidor qui bat Anquetil !

Classement du meilleur joueur UEFA 2014:

1 Cristiano Ronaldo – Real Madrid
2 Manuel Neuer – Bayern Munich
3 Arjen Robben – Bayern Munich
4 Thomas Müller – Bayern Munich
5 Philipp Lahm – Bayern Munich
Lionel Messi – Barcelona
7 James Rodríguez – Monaco
8 Luis Suárez - Liverpool
9 Ángel Di María – Real Madrid
10 Diego Costa – Atlético Madrid

Permalien 10:05:02, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Postérité, de Philippe Muray (Les Belles Lettres)

«Je suis le correcteur idéal. L’effaceur effacé. Silencieux. Ponctueur catimini. Fantôme. »
Voici comment se présente le narrateur qui a quelque chose à voir avec le Bartleby de Melville et avec Fernando Pessoa, lui-même. Le correcteur voit passer plein de textes sans intérêt, gorgés d’inepties.
Du rien, du vide. Son travail est de tout rendre présentable pour la presse.
Le livre de Muray est d’un bloc comme une brique désemmurée !
Parfois le narrateur reçoit la visite d’écrivains ou plutôt de fonctionnaires de l’écrit qui sont surtout bons à l’oral lors de leurs misérables passages à la télé, ce trottoir pour tapins du PAF. Ils demandent à y passer comme d’autres font une passe mais pas comme celles sur un terrain de sport.
Philippe Muray (1945-2006) c’est Antonin Artaud qui se soucie encore des lecteurs.
On ne lit pas Muray, on voyage dans un continent de mots.
Si des services contrôlent les naissances alors pourquoi pas les livres ?
Rien à voir avec la censure, plutôt une question de bon goût prêt à tout tolérer dès qu’il a un vrai talent.
On se laisse envahir par les digressions sublimes.
Il y a du texte. Il y a du sexe.

-Postérité, de Philippe Muray. Les Belles Lettres, 547 p., 25 €

28.08.14

Michel Houellebecq au cinéma c'est Antonin Artaud égaré chez Woody Allen

Qu’est-ce qui fait la force de Michel Houellebecq acteur ? Il est terriblement attachant. Son monde intérieur crève l’écran.

L’Enlèvement de Michel Houellebecq
Téléfilm français
Réalisation et scénario de Guillaume Nicloux

Photographie : Christophe Offenstein
Montage : Guy Lecorne
Durée : 92 min
Diffusé sur Arte le 27 août 2014
Vous pouvez voir le film ici:
http://www.arte.tv/guide/fr/049817-000/l-enlevement-de-michel-houellebecq

Distribution:
Michel Houellebecq : Michel
Luc Schwarz : Luc
Mathieu Nicourt : Mathieu
Maxime Lefrançois : Max
Françoise Lebrun : Françoise
Ginette Suchotzky : Ginette
André Suchotzky : Dédé
Marie Bourjala : Fatima
Karim Achoui : l’avocat
François Samuelson : François

François Hollande va-t-il verser la rançon pour libérer Houllebecq victime d’un rapt ?
Il faut voir l’écrivain s’étonner de son enlèvement, persuadé que la France ne lèvera pas le petit doigt pour le sauver.
Je vous le dis et croyez-moi: ce film a du génie.
Michel Houellebecq est une vedette de l’édition mais aussi un écrivain.
Parfois cela arrive et c’est très rare.
C’est tombé sur lui, tant mieux. Il y a pire !
Son ascension éditoriale a été orchestrée de main de maître par Raphaël Sorin. Un plan médiatique fantastique.
Le public n’a rien à perdre et tout à gagner à aimer Houellebecq.
Ce n’est pas un styliste mais il a du style ! Un artiste du fond plus que de la forme, sauf dans ses poèmes. Il fait réfléchir la France, ce n’est pas donné à tout le monde.
Question cinéma, il est a découvrir sans perdre une minute dans L’Enlèvement de Michel Houellebecq, très bonne surprise de la rentrée.
Cette fois, l’écrivain se fait remarquer par un film et non pas un livre.
Il faut l’entendre parler du microcosme littéraire et de la vitesse. C’est imagé à merveille, mine de rien.
On perçoit son monde intérieur et cela suffit à faire la différence avec les imposteurs guidés par l’appât du gain ou l’impact médiatique à entretenir, genre la vente continue pendant les travaux !
Bien sûr, l’écrivain est lui-même mais un “lui-même” qui sait qu’on le filme.
Il est de la trempe de Jean-Pierre Léaud, il joue avec ce côté pur que seuls les divins naïfs peuvent avoir.
Son rire jamais bidon est un grand moment: par exemple quand l’un de ses ravisseurs récite un poème au ras des pâquerettes. Là, Michel Houellebecq explose de rire. C’est du niveau Oronte-Alceste dans Le Misanthrope.
L’acteur qui joue le Gitan (Luc Schwarz) est l’autre grande révélation du film. Un Depardieu sans tic. Un Raimu new Look. Un Harry Baur inconnu. Ses partenaires sont aussi excellents dans leur composition hallucinante, d’un fan de musculation et d’un ex as de free-fight, deux tas de muscle qui hésitent entre la fête foraine et les combats de catch du temps de Roger Couderc à l’Elysée-Montmartre.
Houellebecq est ravi d’être kidnappé, cela ajoute du sel à la vie.
Au début, il a un peu peur puis il se laisse porter par les événements qui se déroulent chez un couple, très Raymond Bussières et Annette Poivre. Le non-jeu de Michel Houellebecq et de ses hôtes porte le film au rang d’Ovni du 7e Art.
Houellebecq, clope à la main à la Jules Berry, a les attitudes d’Antonin Artaud ravagé par les électrochocs.
Il veut toujours boire, plus WC. Fields que Malcom Lowry.
Plus esseulé que sur une île déserte, il réclame un tapin, la belle Fatima incarnée par Marie Bourjala, fille de tristesse.
Nous sommes dans un film de John Cassavetes tourné par Raymond Depardon.
Plus Striptease que les Cahiers du Cinéma.
Rien d’intellectuel chez Guillaume Nicloux. Tout au second degré. Un film de Situationniste qui aime plus Tati que Les Bronzés.
C’est spirituel, émouvant, amusant, intelligent. On ne perd pas son temps.
Moins Jean-Luc Godard que Jean-Jacques Rousseau, le cinéaste belge homonyme du Promeneur solitaire.
A la fin, cerise sur le baba au rhum, Houellebecq fait les 24 h du mans.
Tout à coup Léautaud devient Steve McQueen.
L’ensemble donne un film frais, pas du tout branché.
Loin de ses productions débiles de cinéastes à la manche qui sont couvés par la branchitude nombrilesque.
Mieux vaut être proche des Marx Brothers qu’être un Bergman raté.

PS: Michel Houellebecq est aussi présent dans Near Death Experience, film français de Gustave Kervern et Benoît Delépine (2014).

27.08.14

Dictionnaire amoureux de la Résistance, de Gilles Perrault. (Plon)

Gilles Perrault avec Angelo Rinaldi, entre autres intervenants. Les vieux étaient-ils tous à Vichy et les jeunes dans la résistance ? Passionnant débat avec quelques fulgurances.

Lors du débarquement, il n’y avait que la plage de Français.
Si j’ai bon souvenir, ce mot est de Gilles Perrault.
Je me rappelle de l’avoir cité à Alphonse Boudard qui l’avait trouvé excellent parce que très juste.
En effet, lors en juin 1944, il n’y avait qu’une poignée de soldats français parmi la multitude d’hommes étrangers sur les plages normandes. «Les plages de la démocratie» comme les a appelées l’auteur du discours prononcé par le Président des Etats-Unis, B. Obama venu sur place lors du 70e anniversaire du débarquement des alliés.
Le Dictionnaire amoureux de la Résistance est sans nul doute l’un des meilleurs ouvrages de cette collection qui est l’une des dernières grandes réussites de l’édition française. Gilles Perrault qui connaît son sujet sur le bout du cœur n’y va pas par quatre chemins.
Ce livre sur la résistance complète parfaitement son œuvre, puisqu’il nous avait déjà donné Paris sous l’Occupation (Belfond, 1987), remarquable album où même les légendes photos sont soignées. Il faut dire que Gilles Perrault a la particularité d’avoir du style. C’est un écrivain ce qui est très rare dans son domaine où d’habitude ii n’y a que des auteurs. Il est aussi journaliste et historien. Et également pamphlétaire et romancier. Cela fait beaucoup pour seul homme mais dans ce cas-là rien n’est usurpé.
Gilles Perrault était tout désigné pour écrire sur la Résistance qui est le versant opposé à la Collaboration qu’il a donc déjà traité. Excellent sur tous les terrains qu’il aborde, Gilles Perrault a l’élégance d’avoir du talent. La saine colère est l’un de ses moteurs. On connait son combat pour la réhabilitation de Christian Ranucci.
Il a en plus une très belle voix qu’il sait moduler comme les meilleurs avocats. Sans doute un atavisme paternel.
Son Dictionnaire amoureux sur la Résistance ne coupe pas la France en deux avec d’un côté les salauds et de l’autre, les braves gens. C’est plus compliqué, sauf si on s’appelait Jean Prévost ou Robert Lynen pour citer de véritables héros dont on ne parle pas assez.
Il y a bien d’autres hommes et femmes qui se sont comportés en citoyens exemplaires. Perrault leur rend hommage au fil de sa plume, légère dans son expression et lourde quand il le faux. Lourde pour écraser la vermine.

-Dictionnaire amoureux de la Résistance, de Gilles Perrault. Plon, 500 p., 22 €

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La méthode perdante de "Louis van Moyes" à MU

Le match apocalyptique de MU en Coupe de la Ligue 2014-2015. MU s’est fait jeter dès son entrée en compétition. L’image du club ne cesse pas de se dégrader depuis le départ de Sir Ferguson.

Mercredi 27 août 2015, à 00 h 45
BeIN SPORTS 1
Match tragicomique en différé

Coupe de la Ligue anglaise du 26 août 2014
Milton Keynes Dons Football Club 4 - 0 Manchester United
Buts pour MU: Grigg (25e, 63e), Afobe (69e, 84e)

Le nouveau coach de MU a déjà hérité d’un surnom: Louis van Moyes !
Moyes ce n’était pas terrible mais van Gaal c’est encore pire: aucune victoire en trois matchs officiels.
Tous les rivaux de MU font la fête.
A Liverpool, à Arsenal, à Man City et à Chelsea on saute en l’air, fou de joie.
MU en a pris 4 contre une équipe de D3. Sombre mardi 26 août.

La méthode de van Gaal:
1/ Il dit qu’il y a des blessés.
2/ Il a cassé le schéma historique de MU, soit le 4-4-2 ou le 4-3-3 pour une lamentable défense à 3.
3/ Pendant le match, il prend sans cesse des notes, le nez sur la feuille blanche. Cela prouve qu’il n’a aucune mémoire.
4/ Il ne se lève jamais. Ne parle pas aux joueurs sur le terrain.
5/ N’a aucune incidence sur les arbitres.

Permalien 00:15:54, Catégories: THE RED DEVILS, LA REVUE DE STRESS  

Crise à MU. Eliminé par un club de D 3, le Man United de van Gaal porte atteinte à l'Histoire du club

Sir Ferguson ne peut pas laisser des incapables détruire tout ce qu’il a construit. Il doit revenir au club pour former un coach capable de lui succéder. Si Moyes n’a pas eu le temps, l’Ecossais, lui, n’avait pas l’arrogance déplacée du Néerlandais. Pourquoi donner du crédit à van Gaal alors qu’on l’a refusé à Moyes ? MU est orphelin de père et ce n’est pas des hommes sans envergure qui peuvent le remplacer.

Coupe de la Ligue anglaise
Mardi 26 août 2014
Milton Keynes Dons Football Club 4 - 0 Manchester United (ou plutôt ce qu’il en reste)
Buts pour MU: Grigg (25e, 63e), Afobe (69e, 84e)

La défense à trois de MU mise en place par le nouveau coach temporaie est un fiasco total. Van Gaal a envoyé de De Gea à l’abattoir.
Man United qui n’a plus que le nom de MU s’est fait éliminer de la Coupe de la Ligue dès son entrée en compétition par Milton Keynes Dons Football Club, un club qui évolue en Football League One soit en troisième division du football anglais !
Le 26 août 2014 est désormais une date noire: celle qui prouve que van Gaal est un entraîneur quelconque.
Pas la peine de faire le prétentieux comme il le fait: lui ou un autre c’est la même chose.
Un inconnu ne ferait pas aussi mal: je regrette le départ de David Moyes.
Peut-être qu’un jour van Gaal gagnera mais cela sera le fait des joueurs et non pas grâce à sa façon de coacher.
Par rapport aux derniers matchs, il a fait un turn over: une vraie catastrophe !
Il a fait jouer tous les joueurs qu’ils n’aime pas: Anderson, Chicharito, Kagawa et Welbeck.
Tous ces Red Devils ont très bien faits de mal jouer. Je leur donne 100% raison. A peine arrivé, van Gaal a cassé l’unité du vestiaire.

Son changement de dix joueurs est une grave erreur. En plus, il a titularisé De Gea. Le gardien titulaire a encaissé 4 buts.
C’est bien pour la confiance !
Nous sommes en août et MU ne jouera donc pas cette saison ni la C1 ni la Coupe de la Ligue. Il reste le championnat et la FA Cup. Une vraie peau de chagrin.
Di Maria va se demander ce qu’il vient faire dans cette galère.
C’est très mauvais de mettre autant de pression sur un nouveau venu.
Tout le monde va voir Di Maria comme un messie. Pas terrible pour l’adaptation.
La manière d’agir de van Gaal prouve qu’il n’a rien compris à MU.
A MU, il n’y a pas de petits matchs. Chaque sortie c’est comme une finale de Coupe du Monde.
Les jours de van Gaal sont déjà comptés.
Il fallait faire signer José Mourinho. Je m’en veux de ne pas y avoir pensé dès la retraite de Sir Ferguson.
Van Gaal va attendre que les événements tournent en sa faveur. Ce n’est pas un homme qui agit sur les faits.
Lors ce nouveau match catastrophe, MU n’a tiré que 4 fois dans le cadre !
Une équipe de D3 vient d’humilier MU qui n’est plus qu’un club à la recherche de son lustre d’antan.
United est en pleine crise.
Evra, Ferdinand et Vidic peuvent être contents. Leur départ commun équivaut à un tremblement de terre.
Le vestiaire de MU est un train fantôme.
Van Gaal a lancé des jeunes et des mal-aimés dans un match suicide. C’est une faute professionnelle.
Jadis j’étais triste quand MU perdait.
A présent, je suis juste en colère.
Nous sommes dans l’ère de l’incompétence. Celle des gens qui pètent plus haut que leur cul.
Si l’on n’est pas capable de conduire une Formule 1, on fait du tricycle.
Ryan Giggs ne sert à rien à côte de van Gaal. C’est juste une caution culturelle.
MU ne cesse pas d’être en chute libre.
Avec Moyes ce n’était pas terrible. Avec van Gaal, on touche le fond.

Manchester United (3-4-1-2):
De Gea/
M Keane, Evans, Vermijl/
Janko (A Pereira 45e), Powell (Wilson 57e), Anderson, James/
Kagawa (Januzaj 20e)/
Hernandez, Welbeck.
Sur le banc: Amos, McNair, Thorpe, Zaha.

Manager: van Gaal (0). Lamentable. Je ne note pas les joueurs: ils n’y peuvent rien car ils n’ont pas un coach à la hauteur. Van Gaal a commis l’erreur de lancer trop de jeunes en même temps.

Hommage aux vainqueurs:

MK Dons (4-2-3-1) Martin/ Baldock, Lewington, Kay, McFadzean/ Alli, Potter/ Bowditch (Powell 56e), Reeves, Carruthers (Green 61e)/ Grigg (Afobe 68e).
Sur le banc: McLoughlin, Spence, Randall, Hitchcock
Manager: Karl Robinson



26.08.14

Angel Di Maria, le nouveau Red Devil de Manchester United

Le Real Madrid et Man United sont tombés d’accord: 75 M€ le transfert.
L’ancien record était: 62 millions d’euros pour Fernando Torres (de Liverpool à Chelsea)
Il s’agit du plus gros achat de MU. Un joli coup réalisé par Ed Woodward, vice-président de MU, qui a remplacé David Gill. En coulisses, c’est le même remplacement que Sir Ferguson par Moyes puis van Gaal.
Pour l’instant, Woodward ne réussissait à n’attirer personne de bien important.
L’Argentin Di Maria ? Le PSG le voulait aussi, mais il a choisi MU. On n’achète pas l’Histoire. Elles sont où les C1 du PSG ?
Les rapports MU-Real Madrid sont historiques depuis le crash de 1958.
Quand les Red Devils sont morts dans l’avion, le Real a été le seul club au monde à venir prêter mains fortes aux endeuillés.
Les Madrilènes ont même voulu offrir pendant un an les services de Di Stefano pour qu’il remotive les jeunes.
Sir Matt Busby refusa. Cependant les deux clubs sont comme mariés depuis cette époque.
Le Real Madrid organisa des matchs pour donner la recette à MU.
Voilà pourquoi C. Ronaldo est passé de MU au Real.
Et voilà pourquoi A. Di Maria est passé du Real à MU.
Tous mes vœux à Di Maria. Je souhaite bien sûr qu’il s’adapte vite et bien à MU qui a bien besoin de lui.
Le milieu offensif relayeur peut aussi jouer à l’aile.
Di Maria, 26 ans, est un joueur explosif qui va au contact. Un physique en lame de couteau. Un physique pour tourner dans un western de Sergio Leone.
Il devra éviter les lourdes charges adverses.
Ronaldo a autant réussi en Angleterre qu’en Espagne.
Di Maria devrait faire la même chose, dans le sens inverse.
Avec Ancelotti et Zidane, l’Argentin a étoffé son jeu: il est devenu beaucoup plus hargneux sur la balle. C’est un plus considérable. Di Maria joue de mieux en mieux alors que Nani joue de moins en moins bien. Comme quoi le mental est hyper important.
Bienvenue à Old Trafford, Monsieur Di Maria !
Et, svp, peuplez nos rêves. Trop de joueurs se contentent de faire rêver le peuple.

PS: MU a aussi dans le collimateur le récupérateur chilien de la Juventus Turin, Arturo Vidal (27 ans) et le latéral néerlandais Daley Blind (24 ans). Il ne reste plus que 5 jours pour conclure les transferts du mercato d’été.

[Post dédié à Richard Kurt]

25.08.14

Trois livres pour comprendre la Libération:Eté 44, l’insurrection des policiers de Paris (Christian Chevandier), Paris libéré 1944-1949 (Antony Beevor et Artemis Cooper) et Le chagrin et le venin (Pierre Laborie)

Pierre Mendès-France est l’un des plus grands Français du XXe siècle. Ne l’oublions jamais, svp. Hélas! il n’a aucun héritier politique. Il est vrai que le courage est une valeur en perdition.

152 policiers sont morts pour la Libération de Paris, en août 1944. Ils ont attaqué les Allemands avec les Gaullistes et les communistes qui eux-mêmes ont devancé les Alliés.
Jamais aucun historien ne s’était penché sur la présence des policiers lors de l’insurrection. Grâce à Christian Chevandier nous n’ignorons plus que les policiers étaient en civil dans les rangs des FFI.
L’ouvrage est ainsi découpé :
1/ Paris occupé : les nazis sont de partout sous les yeux des collabos zélés.
2/ Paris insurgé : les barricades, attaque du Grand Palais, la Division Leclerc …
3/ Paris libéré : de Gaulle en héros, l’épuration…
La seconde partie est consacrée à un gros plan sur les combattants et à la volonté de leur rendre hommage pour ne pas laisser en plan dans l’Histoire au rayon des victimes anonymes.
« Qu’est que le peuple ? C’est ce qui dans une nation ne veut jamais s’agenouiller » dixit Albert Camus.
Les policiers présents dans le livre ont illustré ce qu’a écrit Camus au prix de leur vie.
Tout n’a pas été si simple et le brillantissime Christian Chevandier nous fait bien comprendre que ces policiers, à l’origine formé pour servir la IIIe République, ont été amenés à servir le régime fasciste de Vichy qui s’est servi d’eux à maintes reprises.
Bien sûr, il ne s’agit pas forcément des mêmes hommes mais il faut admettre que c’est la police française qui a raflé les juifs notamment pour les parquer au Vel’ d’Hiv. Tous les policiers n’ont pas été collabos mais la plupart sont restés sous les ordres des vichystes. Voyant la tournure des événements, d’aucuns sont devenus résistants. Tous les hommes ne sont pas des héros. On peut être aussi poussé par le vent de l’Histoire, pour sauver sa peau et tout à coup pencher du bon côté. Seuls les grands citoyens transgressent les mauvaises lois, et celles de Vichy en étaient.

Pour bien comprendre la Libération de Paris, il faut aussi lire Paris libéré 1944-1949 du duo Beevor-Cooper, deux fins connaisseurs de l’époque. Antony Beevor est un historien mondialement reconnu, et Artemis Cooper témoignage de ce que lui a raconté son père, Duff Cooper, qui fut l’ambassadeur de la Grande-Bretagne en France, juste après la Libération. Leur livre est un apport considérable pour ceux qui ne veulent pas être dupes des historiens partisans qui pullulent dans l’édition. Un historien doit être neutre et non pas rouler pour un clan politique. C’est trop facile de lire l’Histoire avec des yeux de droite ou de gauche. Non lire devrais-je écrire mais réécrire l’Histoire…
Beevor et Cooper, eux, exposent bien ce qui est arrivé juste après la Libération, à savoir les règlements de comptes entre gaullistes, communistes, résistants, collabos, Français, Américains et Soviétiques. Il y a avait les vainqueurs et les perdants, mais dans la réalité qui avait fait quoi ?
“Rares sont les pays qui aiment leurs libérateurs lorsque les acclamations se sont tues". Telle est l’ouverture du livre. Cette remarque est illustrée par la déclaration de Charles de Gaulle qui a chaud n’a pas remercié les Alliés quand il a fait son célèbre discours: “Paris outragé, Paris brisé, martyrisé mais Paris Libéré !” Certes cet omission est à mettre sur le compte de l’enthousiasme mais force est de constater que le général n’était dupe de rien. Il savait que les Etats-Unis étaient entrés en guerre en Europe pour que celle-ci devienne un nouveau marché économique. La France devait devenir la banlieue de l’Amérique du Nord! Les Français voulaient s’approprier la victoire. Si on les écoutait, ils avaient libéré seuls le pays. Les collabos se prenaient maintenant pour des résistants ! Le marché noir faisait rage: la nourriture c’est la clé numéro pendant la guerre. “La nourriture, c’est le pouvoir", a dit Ernst Jünger, l’écrivain déguisé en officier de la Wehrmacht. Les communistes sont allés jusqu’à dire que 75 000 membres du PCF furent tués par les nazis. Ils avançaient ce chiffre outrancier pour mieux faire oublier le pacte germano-soviétique en 1939.
Pendant longtemps on a diabolisé le régime de Vichy pour le lui faire porter le chapeau sans oser dire que les hommes de Pétain ont marché main dans la main avec les nazis. Il a fallu attendre Jacques Chirac en 1995 pour qu’un président de la République reconnaisse cela de manière publique et officielle. 50 ans d’attente ! Le président Mitterrand, lui, faisait la différence entre l’Etat Vichy et la République, signifiant que Vichy ce n’était plus la République, donc pas la vraie France. Il jouait sur les mots, quand bien même on pouvait comprendre son attitude, surtout connaissant son passé. Vichy se n’était pas la République, mais Vichy a remplacé la République, donc ce fut la France à ce moment-là de l’Histoire. On ne peut pas se masquer les yeux devant la réalité des faits.

Un troisième livre est à prendre en considération sur l’époque. Sous-titré “Occupation, résistance et idées reçues", Le chagrin et le venin, signé par Pierre Laborie est une pierre à l’édifice de la compréhension des événements et de leurs différentes lectures et commentaires. L’enjeu du livre est de ne pas nous faire croire qu’il y avait d’un côté les salauds et de l’autre les héros. Si après la Libération, le général de Gaulle a prôné une politique de réconciliation après 1968, le film Le chagrin et la pitié (1971) a beaucoup contribué à faire croire que tout le pays n’était qu’une vaste confrérie de collabos pendant les années d’occupation nazie. Laborie tente de rééquilibrer le balancier de la vérité historique. Certes Vichy a fait plus que ce que demandaient les nazis- on le sait depuis le livre de l’historien américain Paxton qui en 1973 a révélé le fiel vichyste. Il ne faut pas confondre résistants inactifs et maquisards. L’armée des ombres (Kessel, 1943) a vraiment existé, et l’armée des anonymes aussi. Pierre Laborie ne veut pas qu’on instrumentalise l’Histoire a des fins politiques. Il faut dire que l’époque était complexe. Emmanuel Berl avait tellement confiance en la France qu’il est allé se faire recenser comme Juif, ne se doutant pas une seconde qu’il se jetait alors dans la gueule du loup. Et par ailleurs, Mireille, la chanteuse et musicienne épouse de Berl, m’a dit que Bousquet lui avait permis de sauver un réseau de résistants. Je ne partage pas la sévérité de Pierre Laborie envers les Hussards qu’il ne faut quand même pas accuser de tous les maux. Michel Déon était un ex de l’Action Française ? A ce jeu-là je rétorque: Paul Eluard a écrit une ode à Staline.

-Eté 44, l’insurrection des policiers de Paris, de Christian Chevandier. Avec un cahier-photos. Vendémiaire, 477 p., 24 €

-Paris libéré 1944-1949, d’Antony Beevor et Artemis Cooper. Traduit de l’anglais par Frank Straschitz. Perrin/ Tempus, 502 p., 11 €

-Le chagrin et le venin, de Pierre Laborie. Folio histoire/ Gallimard, 405 p., 8,90 €

Permalien 09:02:54, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR  

Le défenseur Tyler Blackett est la belle révélation de Man United

Le nouveau défenseur maison a plus démontré en deux matchs que Herrera et que Fellaini pourtant plus chevronnés.

Actuellement, le football de MU ne me plait pas du tout mais j’ai eu la joie de découvrir un nouveau joueur très intéressant pour la suite des événements. Je lui souhaite une très grande carrière. Et cela s’annonce très bien pour lui, et donc pour nous, les lecteurs - j’utile volontairement ce terme- de vrais footballeurs.
Tyler Nathan Blackett est la grande satisfaction de la nouvelle ère van Gaal
Né le 2 avril 1994 à Manchester, le jeune défenseur de 20 ans a parfaitement négocié ses deux premiers matchs en championnat pro où il a connu la désillusion de la défaite à la maison avant de ramener un nul de l’extérieur.
Il a signé à MU en 2002 quand il avait 8 ans.
Du haut de son 1.88 m, il dégage une belle autorité que Smalling n’a jamais eue.
Blackett, lui, a la grinta comme Phil Jones.
Le nouveau Red Devil professionnel peut jouer à gauche mais aussi en défense centrale où j’attends de la voir évoluer. Le nouveau Rio Ferdinand c’est peut-être lui.
A mes yeux, c’est une grande recrue interne.
Blackett a précisément la qualité que MU n’a plus: il est tranchant !
Son jeu est hyper propre. Il s’est bien se placer, joue bien sans ballon.
Il a une très bonne lecture et ne s’en laisse pas compter.
Il ne dégage aucune peur, aucun stress alors que Smalling ne dégage que ça.
Le natif de Manchester a une très grande harmonie de gestes, et de très belles qualités athlétiques.
Il ne craint pas le un contre un et ne refuse jamais l’occasion de dribbler.
Petit à petit, il gagnera en assurance et montera davantage en surnombre.
Pour l’instant, il s’applique a bien défendre.
Blackett fait plaisir à voir. Depuis le début de saison, c’est le Red Devil le plus intéressant à regarder jouer car il a un football positif.
C’est avec des joueurs de cette mentalité que van Gaal doit vite récréer une énergie nouvelle à Man United.
Quant à Rooney, il doit se réveiller. Il semble vivre sur sa réputation. Il doit mieux porter le brassard.
Rooney est un aîné à présent.
Blackett a l’âme d’un titulaire et non pas d’un remplaçant.
J’espère qu’il ne devienne pas le Pogba de van Gaal, à savoir quitter MU parce qu’on ne lui fait pas confiance.

24.08.14

Permalien 19:39:33, Catégories: THE RED DEVILS, LA REVUE DE STRESS  

Le triste Man United de van Gaal a pris un point sur six

Le nouvel entraîneur de MU a ses têtes et apparemment il n’aime pas le football de Chicharito. Ne pourrait-on lui faire passer quelques DVD ?

24 août 2014
Sunderland 1-1 Manchester United

But pour Sunderland: Rodwell (30e)
But pour MU: Mata (17e)

MU a eu un léger mieux en deuxième période. A part ça rien.
On peut rajouter que van Persie aurait pu bénéficier d’un penalty. Tout comme Young mais le joueur explosif et si frêle de MU a une réputation de plongeur, alors l’arbitre lui a donné un carton jaune !
MU reste une toute petite équipe. Un genre d’Arsenal des mauvais jours.
Scholes a raison: MU est en train de devenir le Liverpool des années 2010.
MU n’a pas gagné le championnat de 1968 à 1993. C’était triste période semble repartir !
Disparition de la confiance et donc du culot. Aucune entreprise psychologique sur les débats.
Un football stupide de passes imprécises. Une peur permanente.
Aucun patron.

Du jamais à MU… Le nouveau coach a osé critiquer les fervents fans de Man U.
-"Il y a deux semaines, j’étais le roi de Manchester et maintenant je suis le diable” a dit le Néerlandais avant le coup d’envoi de son deuxième match de championnat.
1/ On ne dit pas Manchester mais United !
2/ Il n’y a qu’un roi à Mu et c’est King Cantona !
3/ On doit respecter les fans de MU dont 75% n’habitent pas Manchester où il n’ont jamais mis les pieds.
4/ Dire qu’il est le diable est idiot car tous les membres de MU sont des diables rouges.
5/ Van Gaal a tout à prouver à MU. Ce qu’il a fait avant ne compte pas. Il repart à zéro.

Manchester United/
De Gea/ (5) Trop esseulé dans l’inhabituelle défense à trois
Jones (8) Le meilleur Red Devil. Sans lui, MU aurait perdu.
Smalling (4) Trop stressé, puis Keane (44e) (5) Un jeune en rodage
Blackett/ (7) Très bon élément. Costaud et courageux
Valencia (7) Bon match
Cleverley (2) Quelconque comme d’habitude. N’a pas 5% du talent de Paul Scholes
Fletcher (4) Manque de rythme, puis Januzaj (63e) (1) Inexistant
Mata (6) Pas assez constant sur 90 minutes
Young/ (4) van Gaal lui a donné une place de titulaire qu’il prend avec trop d’arrogance
Rooney (3) Match raté
van Persie (5) Match de rentrée, puis Welbeck (63e) (5) De la bonne volonté comme toujours

Sur le banc: Amos, James, Kagawa, Chicharito

Manager: van Gaal. Le Néerlandais est en train de rater son entrée à MU: un point sur 6. Quelle misère ! van Gaal passe son temps à bavarder avec Giggs, ne mettant aucune pression sur les arbitres qui handicapent MU par des décisions inconcevables. Le schéma tactique de van Gaal n’est pas une réussite. On nous promet l’arrivée prochaine de Di Marie. On nous fait miroiter que c’est le nouveau Messi. Wait and see. A l’heure actuelle, MU a le mauvais timing: les Red Devils ont toujours une seconde de retard ou d’avance. Jamais dans le bon tempo. Sauf une fois à la 17e minute. C’est trop peu. Van Gaal a vu le même match que moi puisqu’il a déclaré dans sa conférence d’après-match: “En seconde période, nous avons beaucoup mieux joué mais nous aurions pu créer plus. Nous avons manqué trop de passes ; c’était soit trop lent ou trop précipité…” Le fameux tempo dont je vous parlais. Totalement absent du jeu de MU depuis des mois.

Permalien 10:40:05, Catégories: GRAND MONSIEUR, LA REVUE DE STRESS  

L'attaquant camerounais Albert Ebossé (1989-2014) a été tué par un pavé lancé par un "supporter"

Hommage à l’Humaniste Albert Ebossé.

Samedi 23 août 2014
Deuxième journée de championnat algérien
Stade du 1er novembre 1954, à Tizi Ouzou
JS Kabylie 1-2 USM Alger (2-1)

But pour la JS Kabylie: Albert Ebossé (27e)
Buts pour les Visiteurs: Benmoussa (7e), Belaili (83e)

On avait déjà vu le Colombien Andrés Escobar (1967-1994) assassiné par un parieur qui lui reprochait d’avoir marqué un but contre son camp ayant entraîné l’élimination de son pays lors de la Coupe du monde 1994.
Le 23 août 2014 vient de voir un nouveau drame dans le monde du football: le Camerounais Albert Ebossé, 24 ans, est mort d’un traumatisme crânien après avoir reçu un pavé, lancé des tribunes, sur la tête alors qu’il s’apprêtait à regagner les vestiaires. Le projectile a sans doute était propulsé par un spectateur issu des “supporters” de l’équipe de la Jeunesse Sportive de Kabylie qui jouait à domicile.
Bien sûr, tous les vrais amateurs de football sont touchés par la mort d’Albert Ebossé.
Lui, c’est nous. Il aimait ce que nous aimons et, svp, écoutez ce qu’il dit du racisme dans la vidéo. C’est tout simplement remarquable, magnifique, beau, grand et si vrai.
La bêtise d’un spectateur est devenue criminelle.
Ebossé n’a pas eu de chance. Le destin est cruel avec lui. Pour mourir, il a dû signer dans le club le plus titré d’Algérie (14 championnats), jouer ce jour-là, se trouver sur la trajectoire du pavé, et le recevoir dans les pires conditions. Oui, il n’a pas été épargné par le mauvais sort.
Physiquement c’était un athlète. Tant d’efforts pour devenir un très bon joueur, tant d’efforts pour mourir dans un stade. Rien n’est plus triste, plus injustice, plus scandaleux.
Si l’on retrouve le coupable, je l’entends déjà dire: “Je ne visais personne…”
La réalité c’est que l’attaquant, auteur d’un but lors de son dernier match, a reçu la pierre en pleine tête.
Rien ne nous rendra Ebossé. Rien.
Ebossé c’était bien préparé pour disputer “le choc de la deuxième journée du championnat", JSK-USMA opposant le deuxième du dernier championnat de L 1 au champion en titre. “Le choc…", ce mot fait soudainement mal à entendre.
Furieux de la défaite des Canaris pour leur première rencontre à domicile en 2014/15, les “supporters” de la JSK ont jeté sur “leurs” joueurs tout ce qu’ils avaient sous la main dont le pavé, transformé en arme du crime d’Ebossé, le Lion Indomptable aux 6 sélections.
Samedi dernier, lors de la première journée, Ebossé avait marqué pour la JSK lors la victoire des Canaris 2-0 sur la pelouse du MC Oran.
Albert Ebossé avait rejoint la JS Kabylie en 2013, disputant la finale la coupe d’Algérie 2014 avant de terminer vice-champion d’Algérie avec 17 but qui lui avaient permis de remporter le titre de meilleur buteur du championnat 2014.
Le football est un lieu de fraternité et non pas de haine.
Ceux qui ne l’ont pas compris sont des ignorants. De très dangereux ignorants.
La compétition est faite de victoires et de défaites.
Il a des forces plus ou plus équivalentes.
On ne peut pas comparer Liverpool avec Trifouillis-les-Oies.
Il est triste et révoltant de constater qu’un seul geste d’irresponsable peut tuer un homme.
Tous les vrais amateurs de football du monde portent le deuil d’Albert Ebossé.
Tous les clubs du monde devraient observer une minute de silence pour lui rendre hommage.

Albert Ebossé:
Né le 6 octobre 1989 à Douala (Cameroun)
Mort le 24 août 2014 à Tizi Ouzou (Algérie)
2008-2010/ Cameroun, Coton Sport
2010-2011/ Unisport Bafang
2012-2013/ Douala Athletic Club
2012-2013/ Malaisie, Perak FA
2013-2014/ Algérie, JS Kabylie
Sélections en équipe nationale: Cameroun 6 sélections

Permalien 01:04:48, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR  

L'immense Red Devil Paul Scholes demande que MU casse sa tirelire

Paul Scholes savait casser les attaques adverses, servir du caviar à la louche et marquer des buts importants. Il n’a aucun héritier digne de lui. Je ne ratais jamais un match de Scholes, joueur lumineux, technique, costaud et supérieurement intelligent. Un vrai régal. Ce n’est pas pour rien que Sir Ferguson a toujours refusé de le transférer. Des Paul Scholes, il n’y en a pas à chaque coin de stade. Son souvenir est encore plus fort que tous les titulaires actuels du milieu de terrain de MU.

Dans les colonnes de The Independent, Paul Scholes a donné son sentiment sur la situation désastreuse de Manchester United qui n’arrive plus à tenir son grand de champion depuis la retraite de Sir Ferguson… et de Scholes !
-« J’en ai marre de critiquer le club à qui j’ai donné ma vie de footballeur. Mais cette équipe de Man Utd a perdu sept matches de Premier League à Old Trafford la saison passée et a débuté la nouvelle en perdant face à Swansea. United doit stopper son déclin. Durant les années sous Sir Alex Ferguson, quand les trophées s’enchaînaient, ce type de médiocrité était impensable, mais c’est en train d’arriver. Ce n’est pas la faute de van Gaal, le problème est là depuis longtemps. J’aurais dû réaliser que le fait que je joue encore à 38 ans était un signe qu’il n’y avait pas assez de pression sur nous, les anciens, de la part des jeunes qui montaient. C’était pareil avec Ryan Giggs la saison dernière : il était parfois le meilleur sur le terrain, à 40 ans. Je pense que le temps est venu pour un changement majeur. De quoi United a-t-il besoin ? Cinq joueurs. Pas cinq joueurs à gros potentiel. Cinq joueurs expérimentés pour maintenant. Cinq joueurs qui peuvent renverser la situation. Les attaquants de United sont aussi bons que ceux des autres équipes du championnat. Le problème est ce qui vient derrière. »

Les cinq élus de Paul Scholes ?
Mats Hummels - « il a l’expérience dont a besoin United » - Raphaël Varane, Xabi Alonso, Sami Khedira et Angel Di Maria.

-«Il faudrait faire un gros appel au Real Madrid. Ce serait dur de tous les avoir, mais c’est le niveau dont United a besoin. Le club connaît toujours un succès commercial. Mais tout cela est basé sur ce qu’il se passe sur le terrain. C’est la base de n’importe quel grand club et United n’est pas différent. On nous dit que l’argent est là. Je dirais que le temps est venu de commencer à le dépenser. »

On nous fait miroiter la venue d’Angel Di Maria. Info ou intox ? Et sera-t-il à la hauteur de nos espérances. Que fait Ozil, le brillant Ozil à Arsenal ? Pas grand chose. Une adaptation en montagnes russes.
Paul Scholes a raison, si l’argent est là c’est grâce à lui, à Cantona, a tout ce qui s’est passé entre 1993 et 2013. Vingt ans de travail sérieux.
Sir Ferguson n’a pas trouvé les grands héritiers: Smalling, Jones, Evans, Rafael, Cleverley, Welbeck ne sont pas Vidic, Ferdinand, Evra, Scholes, Keane, Giggs et van Nistelrooy.
Moyes a fait venir Fellaini. No comment.
Pour l’instant, van Gaal a fait venir personne d’impressionnant.
Le milieu de MU est un désert du Sahara.
On en est encore à Carrick et Fletcher ! Mata est un intermittent du spectacle tout comme Kagawa.
Aucun joueur - à part Valencia- ne sait avoir les crocs comme Scholes qui savait aussi écarter le jeu de manière divine. Il changer d’axe à volonté, avec des ballons propres, bien dosés.
MU a besoin d’éclaireurs. Immédiatement et non pas demain.
Le MU perdait des matchs, parfois lourdement, mais après chaque défaite, la machine rouge repartait de plus belle.
Il faut que Rooney et van Persie aient plus de munitions.

Man United va-t-il enfin sortir de sa crise identitaire ?

Depuis que Sir Ferguson a quitté le banc de MU, les Red Devils sont des orphelins à la dérive. Et les fans aussi ! Il serait temps qu’un homme prenne le gouvernail du club. Van Gaal est-il la bonne personne ? Je demande à voir. Pour l’instant, il ne m’a pas convaincu. Il parle beaucoup, se protège mais on ne sent pas une volonté de fer dans son coaching.

Premier League
24 Août 2014, 17 h
Sunderland - Manchester United

Coupe de la Ligue
26 Août 2014, 21 h
Milton Keynes Dons Football Club - Man United

Premier League
30 Août 2014, 13 h 45
Burnley - Man United

Manchester United a trois matchs à l’extérieur pour lancer sa saison.
Après le premier match désastreux à la maison qui s’est terminé par une défaite de MU, le temps est à la révolte.
Louis van Gaal commence à se cacher derrière les blessés.
Dans sa conférence d’avant-match du 24 août 2014, il a confessé n’avoir jamais eu autant de blessés dans sa carrière.
Des blessés alors que nous n’en sommes qu’à la deuxième journée de championnat. La Coupe du Monde a laissé des traces et les matchs amicaux aussi.
MU est un grand club, enfin était un grand club compétiteur. Depuis le départ de Sir Ferguson, MU est quelconque pour ne pas dire
minable.
Van Gaal dit que Fellaini est blessé mais le Belge ne représente rien à MU ou alors il incarne le déclin du club à lui tout seul.
MU, même sans Carrick ou Evans, doit être capable de gagner, sinon c’est devenu un club du ventre mou.
MU doit être un tourbillon qui accepte des nouveaux joueurs dans sa spirale.
Qu’importe les titulaires ! La star c’est MU.
MU doit gagner les trois matchs qui viennent. Il n’y a pas d’autres discours à tenir.
Milton Keynes Dons Football Club ?
C’est un club qui évolue en Football League One soit en troisième division du football anglais !
Quand van Gaal parle des blessés, on dirait qu’il prépare une nouvelle défaite de MU, en disant:
-"Je n’y suis pour rien, je n’ai plus assez de joueurs valides.”
Un discours de loser.
MU a un rang à tenir et il faut qu’il le tienne.

21.08.14

Permalien 14:26:52, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Pas pleurer, de Lydie Salvayre. (Seuil). Hommage aux humbles et à Bernanos.

Louis Jouvet lit le passage sur le mensonge et les imposteurs dans Les Enfants humiliés de Bernanos.

Les lecteurs qui suivent Lydie Salvayre peuvent se réjouir. Le nouveau livre de la romancière est excellent. L’auteur (je n’écris jamais auteure) du cultissime La Compagnie des spectres (1997) entre autres merveilles littéraires, n’est jamais aussi percutante que lorsqu’elle nous livre des pans autobiographiques transcendés par son style à la rage poétique.
Quand elle évolue dans une trame sur fond politique, Lydie Salvayre met toujours dans le mille de notre sensibilité. Oui, c’est bingo à chaque fois tant cela sonne juste. Elle n’écrit jamais pour ne rien dire. Les mots lancés à la va comme je te pousse très peu pour elle. Dès qu’elle a son sujet, elle scrute la même terre de sentiments pendant 2 ou 300 pages. L’urgence actuelle était de rendre hommage à sa mère, aujourd’hui disparue, qui au déclin de sa vie perdait la mémoire. Il fallait absolument sauver de l’oubli le temps de la guerre, celle d’Espagne en 1936. La civile, comme on dit.
Pour articuler au mieux son histoire, Lydie Salvayre juxtapose deux récits : celui des faits et gestes de sa mère au sein de sa vie quotidienne au cours des événements familiaux et politiques, et celui de la vie intellectuelle de Georges Bernanos, flamboyant écrivain dans un univers de littérateurs carpettes. D’un côté, la luminosité d’une adolescente de 15 ans- sa mère est née en 1921- qui espère tant dans l’insurrection libertaire des Républicains. De l’autre, la noirceur du franquisme incarné par les nationaux rivés sur leur nombril à l’écart de ceux qui ne leur ressemblent pas.
On avance dans le livre comme dans un labyrinthe dont il faut trouver la sortie. Un labyrinthe de vitres et non pas de feuillage. On voit à travers mais on ne sait pas où l’on va. Lydie Salvayre n’a jamais perdu de vue ce qu’elle voulait dire. Son livre est comme un tableau qui est naît d’une même palette. Pas pleurer ? Que signifie ce titre énigmatique. Les titres des livres de LS sont toujours hors mode, hors code, hors m’as-tu-vu. Pas pleurer. Beau et grave. Comme ce qu’écrit la romancière. Page 277, on trouve la solution de l’énigmatique titre: « Elle finit par échouer dans un village du Languedoc » où il fallait apprendre le français, une nouvelle façon de vivre, ainsi de suite, « pas pleurer ». Oui malgré l’abandon de l’Espagne, ne pas pleurer. Jamais !
«Elle» c’est la maman de Lydie Salvayre. Maman convient mieux que mère. Fille de réfugiés espagnols, Lydie Salvayre est devenue la narratrice qui dit « Je ». Cela sonne vrai, j’insiste. Après la lecture des Grands cimetières sous la lune de Bernanos, elle a décidé de rendre hommage à ses parents. Bernanos, le fervent catholique, a sévèrement condamné l’église espagnole du côté des nationaux qui massacraient les Républicains, les « mauvais pauvres ». Bernanos, le grand Bernanos, a mis en lumière les ravages de la religion. Cela en fait un écrivain ultra d’actualité. (Le journaliste américain James Foley a été hélas ! décapité, a-t-on appris le 20 août 2014)) Bernanos haïssait le fanatisme, la terreur, les aveuglements, le nationalisme égocentrique. L’écrivain est très peu cité au sein de l’intelligentsia, et pour cause ! Les grenouilles de bénitier le tiennent en distance, étouffent sa présence littéraire au-delà de la tombe.
La maman de LS, Montse, était si sensible qu’elle avait des palpitations cardiaques dès qu’une situation l’a bouleversée ce qui arriva souvent. Une femme qui n’a pas voulu courbé l’échine sous les coups de Franco et de ses serviteurs barbares. La fille sauve le passé de l’auteur de ses jours. Le portrait d’une femme simple qui fait écho à la mère d’Albert Camus. Celle de Salvayre parlait le «fragnol». Par exemple pour dire se souvenir, elle disait «se raccorder». On est dans la géopoétique absolue. De la littérature dans ce qu’elle a de plus forte et belle. L’importance des mères ne cache pas celle des pères. Celui de Lydie Salvayre est aussi présent dans le récit. Il est lui-même l’acteur d’un parcours poignant qu’on n’oubliera pas. Les deux ibériques ont donné un sacré écrivain à la France.
Lydie Salvayre aurait pu se dispenser d’évoquer Bernanos mais par honnêteté intellectuelle elle rend à Bernanos ce qui appartient à Bernanos, à savoir son indignation face à l’aberration de la religion qui s’est rangée du côté des puissants au lieu de faire son travail d’aide sociale en dehors des bondieuseries commerciales. Aujourd’hui, elle tire un grand coup de chapeau à Bernanos comme hier à Pascal et Cervantes.
Pas pleurer rend aussi justice aux communistes portés par un grand dessein. L’oncle maternel de Lydie Salvayre est l’autre grand héros du livre de souvenirs sublimés. Un « rouge » mort aux combats pour la démocratie. Elle dit tout le mal qu’elle pense de Claudel qui avait la conscience politique d’un penseur de pacotille au QI d’escargot. Il n’y avait rien à attendre d’un artiste qui a laissé croupir en asile sa géniale sœur, Camille Claudel.
Lire Pas pleurer c’est se confronter à tous les ismes des années 1930-1940: monarchisme, nationalisme, communisme, anarchisme… Lydie Salvayre démontre leur résonance actuelle. La communion avec sa mère est totale. Je retrouve en elle toutes les grandes dames de ma vie, aux origines italiennes. Chacun y reconnaîtra les siennes. Je parle des gens qui ont des racines puissantes. Les écrivains de grand talent parlent aussi pour nous et de nous. Sinon, ils ne s’adressent à personne.

-Pas pleurer, de Lydie Salvayre. Seuil, 280 p. , 18,50 €

Permalien 10:05:02, Catégories: THE RED DEVILS, LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Rouge ou mort, de David Peace (Rivages). Hymne à Liverpool

Bill Shankly, comme Matt Busby et Alex Ferguson, était un immense dialecticien. Ces hommes sont des écrivains qui ont œuvré dans le football. Leurs paroles ont une force de persuasion qui provoque des ouvertures lumineuses dans notre cerveau.

Une fois n’est pas coutume, me voilà en train de faire la promo des Reds, ceux de Liverpool et non pas ceux de Manchester, les Red Devils de MU, actuellement figés dans la non créativité.
Dans un roman fleuve, David Peace rend hommage à Bill Shankly (1913-1981) l’un des plus grands entraîneurs de l’Histoire. De l’Histoire tout court et non pas de la seule Histoire de Liverpool. Né le 2 septembre 1913 et mort le 29 septembre 1981, le coach légendaire a entraîné les Reds de décembre 1959 à 1974. C’est bien simple, il y a un avant et un après Shankly. Avant les Reds vivaient comme au Moyen Age. Après, le passage de Shankly, les Reds ont un beau stade - il a rénové Anfield- un lieu d’entraînement, bref tout ce qu’il faut. Et le successeur de Shankly, Bob Paisley (1919-1996) poursuivit l’œuvre de Shankky de manière exceptionnelle.
David Peace a écrit un livre d’écrivain et non pas de journaliste. C’est un torrent de mots avec des redoublements comme des redoublements de passes.
On y sent battre le cœur du football. L’âme du jeu est partout. La passion dévore le texte. Nous sommes dans un livre culte. Tous les amateurs, non ! tous les vrais connaisseurs du football doivent lire ce livre. Il s’agit d’une odyssée fantastique. Nous sommes dans la grande littérature avec pour toile de fond le football.
Bill Shankly est un très grand humaniste. Il connaissait la nature humaine de façon merveilleuse. « Le football, ce n’est pas une question de vie ou de mort. C’est bien plus important que cela. » Sa phrase vaut les aphorismes de Vauvenargues ou Joubert. Meneur d’hommes avec une poigne de fer, il a pris Liverpool en L2 pour conduire le club sur les podiums de l’élite. Nous l’accompagnons dans son ascension. La victoire était le but mais Shankly savait ôter la pression à ses joueurs en leur faisant comprendre qu’ils faisaient le plus beau métier du monde.
Bien sûr, j’ai recherché la présence de Man United dans le livre. Sir Matt Busby y apparaît souvent. C’est lui qui fait comprendre à Shankly que les dirigeants dont le président doivent rester à leur place et ne jamais ne mettre leur nez dans les affaires de terrain. Un jour, Busby se fait apostropher par un dirigeant et il ne bronche pas. Ensuite, il le prend à part et lui fait comprendre que si cela se reproduit en public, les conséquences pourraient être effrayantes. Croyez-moi qu’on a peur quand on lit ce passage !
Peace a le même charisme que Shankly, Paisley et Busby ! Tout le livre est consacré à la grande période Shankly, celle de 1960-1974. On ne peut pas s’empêcher de penser à Sir Ferguson qui est fait du même bois que Shankly. Il faut rendre grâce à l’Ecosse qui nous a donné Shankly, Busby et Ferguson. Trois maîtres du football. Des hommes qui ont tout fait pour bien vivre le présent. Ceux qui vivent le mieux le présent sont toujours gagnants. Ce n’est pour rien que David Peace cite toujours la minute des buts marqués. Quand j’écoute parler Busby, Ferguson ou Shankly j’entends des artistes. Mieux des artisans. Des êtres plus généreux que les «intellectuels» de studios TV. Les grands entraîneurs sont des êtres hyper compétents dans leur domaine et qui de surcroît savent aussi très bien manier le langage.

Palmarès du coach Bill Shankly à Liverpool :
• Vainqueur de la Coupe UEFA 1973
• Champion de D1 anglaise 1964, 1966 et 1973
• Vainqueur de la FA Cup 1965 et 1974
• Champion de D2 anglaise 1962

-Rouge ou mort, de David Peace. Traduit de l’anglais par Jean-Paul Gratias. Rivages, 796 p. , 24 €

[Post dédié à Richard Kurt]

20.08.14

Permalien 12:18:23, Catégories: THE RED DEVILS  

La crise identitaire de MU (suite): le jeune Rojo signe à MU pour remplacer Evra alors que Nani quitte Old Traffford par la toute petite porte

Le poids du passé des années Cantona-Sir Ferguson est en train d’écraser le présent de Man United. J’ai eu du mal à l’admettre. Maintenant c’est une certitude. Nous avons vécu dans le paradis du football entre 1992 et 2013. Des ignorants ont dit que le MU de Sir Ferguson gagnait sans bien jouer. Faux! MU gagnait car MU jouait un très beau football. La vérité actuelle c’est que MU doit tout reconstruire. MU n’a plus aucun cadre digne de ce nom. Carrick et Fletcher sont les vestiges d’un monde englouti.

Avant j’étais sûr que l’on allait gagner mais c’était avant !
Le football pour perdre, cela ne m’intéresse pas.
On va tous perdre car la caisse noire (celle des vers pas celle des Verts!) est notre ultime destination.
Avant je veux courir, sauter, rire et danser.
Voir MU jouer avec la certitude de perdre cela ne m’intéresse pas. Ce n’est pas le vrai MU.
Le vrai MU c’est Busby, Ferguson et Cantona. C’est Best, Scholes et Giggs.
Chercher midi à quatorze heure cela ne sert à rien.
Le football est un champ de joie et non pas un perpétuel cimetière d’actions avortées.
Le football est une histoire d’hommes. Il faut nommer les bons au bon moment sinon on n’obtient rien de bon.
MU n’est pas un club banal. Chaque match de MU est attendu par ses fans comme une finale de Coupe du Monde. Celui qui n’a pas compris cela n’a rien compris. 75 % des fans de MU n’a jamais mis un pied à Old Trafford. C’est dire le poids féerique de ce club !
Manchester United annonce avoir trouvé un accord avec le Sporting Lisbonne pour le transfert du défenseur argentin Marcos Rojo, 24 ans, dans le but de remplacer Patrice Evra.
L’ex capitaine de MU a raison: on ne le remplace pas aussi facilement.
Tous les prétendants au poste de latéral gauche se sont cassés les dents sur Evra !
Maintenant, je demande à voir.
Ma passion pour MU est au point mort.
Wait and see. Je commence à être revenu des annonces à grand coup de médias. Moyes devait poursuivre le travail de Fergie. Giggs devait lui succéder. Avec van Gaal, c’était le titre assuré. Fellaini, le Keane des années 2010. Beaucoup de promesses pour rien du tout !
Désormais, MU est un club comme un autre.
Certes, il y a l’argent, le renom, le passé mais au niveau football c’est rien de plus que Lorient, Fulham ou Metz.
Je jugerai sur pièce. Pour l’instant, je ne vois rien venir. Je suis sœur Anne !
Rojo? Il a beaucoup de tatouages, c’est certain, mais est-il un grand latéral ? Je n’en sais rien.
Un joueur du Sporting arrive à MU pendant que Nani lui fait le chemin inverse. Il est prêté au Sporting car il n’a aucune chance de jouer à MU.
Retour à la case départ pour Nani qui a passé sept saison à MU sans jamais s’imposer. Au contraire, chaque saison il joué plus mal que la précédente.
C’est un intermittent du spectacle grassement payé. Un joueur surcoté. Capable du meilleur - hélas ! une fois par saison- et du pire- hélas! à chaque match.
Nani est une déception tout comme Anderson, le Brésilien.
Nani est plus doué qu’intelligent balle au pied. Anderson, lui, est en perpétuelle surcharge pondérale.
Sir Ferguson leur a donné cinquante fois l’occasion de s’exprimer. Ils ne lui ont jamais rien rendu ou si peu. En tout cas la constance n’est pas leur point fort.
Nani est capable d’un geste génial avant de disparaître pendant des mois et des mois. Il reste une énigme. MU est club trop grand pour lui.
Quant à Anderson, il n’a jamais pu prendre le relais de Paul Scholes.
En 2014, MU est un club du passé dépassé par tous ses concurrents.
On nous prédit l’arrivée de Di Maria mais sans Sir Ferguson la mariée n’est plus très belle.
Hier, elle était sublime, une vraie princesse.
Aujourd’hui, elle ressemble à la fée carabosse.
Duncan Edwards et George Best non plus de successeurs qui peuplent les rêves.
Angel Di Maria futur Red Devil ? Certes son prénom permettra de faire de beaux titres dans la presse mais il n’a pas encore signé pour United.
Wait and see. On veut voir sur le terrain. Les promesses ça suffit !
La reconstruction s’annonce longue. C’est fini le temps où l’on se régalait par avance du spectacle à venir.
Place au doute, place à la peur, place à l’angoisse, place au n’importe quoi.
Place aux dès lancés comme n’importe qui.
Place à la crainte de rencontrer le 17e.
Avec Sir Ferguson, on faisait la peau au hasard, on avait le scalp de la connerie.
MU est entré dans le rang du morne, de la platitude.
La grâce a quitté Old Trafford, vaisseau fantôme des exploits récents.
Les jours de matchs, il est recommandé d’aller au cinéma ou au théâtre.
S’ennuyer avec MU, très peu pour moi.
Le football doit nous faire oublier que nous sommes mortels.
Le football de Moyes et celui de van Gaal rappellent le chant mortel des obsèques que l’on veut fuir.
Le football c’est la révolte contre la mort et non son accompagnement.
Merci à Sir Ferguson, merci à Paul Scholes, merci à Ruud van Nistelrooy, merci à C. Ronaldo, tous des éveilleurs de conscience.
On veut des acteurs vivants, pas des fossoyeurs de tirs hors cadre.

[Post dédié à Eric Cantona]

19.08.14

Permalien 10:47:00, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME, CERDANEMENT  

Constellation, d'Adrien Bosc (Stock). Hommage à Cerdan et aux passagers du crash 1949.

Marcel Cerdan est dans mon Panthéon avec Coppi, Anquetil, Garrincha, Best, Clay, Pessoa, Baudelaire, Verlaine, Camus, Cioran, Brassens, Trenet, Ferré, Brel, Reggiani, Hendrix, Lennon & Harrison, Morrison, Gabin, Raimu, Nucéra et bien sûr mon père.

“Une voix d’enfant, aigüe et gauche, un décalage entre son inflexion ténue, sa carrière et sa carrure (…) Engoncé dans un corps de géant à l’élocution d’un gamin timide, bégayant, butant sur les mots…” Bien vu, bien entendu, bien dit. Oui, qui a entendu la voix de Marcel Cerdan ne l’oubliera jamais. C’est l’inverse de celle caverneuse de Miles Davis. Le cliché voudrait que le boxeur eût une voix grave et aggressive mais à la vérité elle était douce, timide et hésitante.
Constellation… Est-ce la description de la voilée lactée pleine d’étoiles? En quelque sorte oui. Il s’agit du nom de l’avion qui n’a jamais ramené au sol Cerdan et la violoniste Ginette Neveu, deux stars de l’après-guerre. On ne cite souvent que ces deux célèbres victimes du crash du 28 octobre 1949, dans l’archipel des Açores. Adrien Bosc, lui, ne se contente pas de ces deux noms: il est parti à la recherche de l’identité des 35 autres passagers sans laisser de côté les 11 membres d’équipages.
En tout, le vol Air France du F-Bazan a donc fait 48 victimes. Trois personnes, prévues au départ, auront la vie sauve car au dernier moment, Cerdan accompagné de son son manager et d’un ami, usera d’un droit de priorité pour en fait aller rejoindre au plus vite Edith Piaf qui a précipité le départ du champion de boxe qui ne devait à l’origine rejoindre que plus tard les Etats-Unis pour tenter de réconquérir le titre de champion du monde des poids moyens alors la propriété de Jake LaMotta.
Adrien Bosc ausculte de très près la fatalité au coeur de la catastrophe aérienne. Qui sont ces passagers ? Des privilégiés, car à l’époque Monsieur tout le monde ne prenait pas l’avion comme le métro. Parmi eux, des gens simples allaient tenter de vivre le rêve américain. D’autres plus aisés partaient pour y faire des affaires. Présent dans la carlingue: Bernard Boutet de Monvel. Pourquoi ne cite-t-on jamais la présence du peintre parmi les morts ? Adrien Bosc répare cet oubli, parmi d’autres révélations qui nous touchent car elles remettent dans la lumière des malchanceux frappés par le destin. Le néo romancier a même retrouvé le menu du plateau-repas ! Bosc est un limier de première ligne. On sent pointer l’écrivain sous l’immense amas d’informations que très peu de journalistes auraient eu la patience d’amasser.
On apprend que des pillards sont venus se servir sur les dépouilles avant l’arrivée des secours . Bosc nous précise que L’Hymne à l’amour chanté par Piaf est une chanson écrite avant la mort du boxeur. Ce premier roman est très agréable à lire parce qu’il n’est pas l’oeuvre d’un romancier qui se sert d’un fait divers pour le transformer en exercice de style. Non, il se contente d’être une caméra vivante. Il nous entraîne partout, avec une pudeur de chaque instant. Emotion garantie, à l’exclusion de toutes les tentations de la presse à scandales.
A la fin du livre, on a l’impression d’avoir voyagé dans le Lockeed Constellation. Grand merci à Adrien Bosc. On rêvait de lire un jour un livre entièrement consacré aux derniers instants de Marcel Cerdan. Je parle au nom des passionnés de boxe. Bien sûr toutes les victimes méritent l’hommage donné par Adrien Bosc. Le romancier ne fait pas parler les morts. Il les rend vivants. Le temps de la lecture, et c’est déjà beaucoup. Ensuite, on range le livre, et l’on sait qu’il s’agit d’une nécropole portative. On veillera sur elle, promis.

-Constellation, d’Adrien Bosc. Stock, 193 p., 18 €

[Post dédié à Marcel Cerdan junior]

18.08.14

Permalien 22:49:25, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Eloge des vagabondes, de Gilles Clément (Robert Laffont/ Documento)

Ce magnifique livret est à ranger à côté de De Natura Rerum de Lucrèce. Ce qui n’est pas un mince compliment.
A la fois botaniste, paysagiste, écrivain et poète, Gilles Clément sait voir ce que presque plus personne ne voit. Et même ce que plus personne ne voit. En effet, il vante les mauvaises herbes que tout le monde arrache !
Lui sait qu’elles s’appellent les plantes vagabondes. N’est-pas merveilleux ? C’est comme si l’on supprimait tous les vagabonds, les SDF, parce qu’ils ne vivent pas dans un bon ordre.
Gilles Clément est une sorte d’armée du salut à lui tout seul, d’un abbé Pierre des fleurs.
L’ingénieur-agronome, le jardinier-paysagiste, le botaniste et l’entomologiste défend le brassage planétaire : rhubarbe du Tibet, pavot de Californie, armoise de Sibérie, grande berce du Caucause, tout ce beau monde cohabite dans le livre de Clément qui œuvre pour la réconciliation de l’Homme avec la nature.
Rien que les noms font rêver : lantana d’Amsud, mimosa à bois noir d’Australie, l’hakea du Queensland, pin pignon d’Europe, pin radie de Californie.
Au cœur du livre, un cahier photos couleurs nous fait voyager dans la nature.
Ne manque plus que le bruissement des feuillages.

-Eloge des vagabondes, de Gilles Clément. Robert Laffont/ Documento, 200 p., 8,90 €

Permalien 00:52:59, Catégories: GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Pierre Vassiliu (1937-2014) nous a quittés

Amour, amitié: un chef d’œuvre.

Pierre Vassiliu est parti en plein été.
Né le 23 octobre 1937, à Villecresnes.
Mort le 17 août 2014, à Sète.
Le chanteur s’en est allé pour toujours. Mon blog est aussi une nécropole. J’ai souvent le cœur gros parce que j’aime beaucoup de gens.
La chanson a des géants comme Trenet, Brassens, Ferré, Aznavour, Ferrat, Barbara, Moustaki, Nougaro, Bécaud, Lapointe, Polnareff, Béart et Brel.
Et puis des maîtres qui sont restés des artisans qu’on aurait dû aimer davantage: Mouloudji, Louki, Lemarque, Vassiliu, Ferrer, Christophe et Peyrac.
Je me moque complétement de la notoriété. Seule le talent compte.
Vassiliu avait beaucoup de talent.
Il avait fait le Petit Conservatoire de la Chanson de mon amie Mireille. Quand j’y pense: j’en ai passé des heures, des journées, des années entières avec Mireille. Que reste-t-il de tout cela ? Moi, avec mes souvenirs.
Vassiliu, fils de père roumain, a très bien servi la chanson française.
Je n’ai jamais oublié son œil coquin, son amour du Brésil. Sa manière détachée de lancer son texte.
Il a connu un immense succès avec Qui c’est celui-là ?, (1973) et adapté de Partido alto, de Chico Buarque, le merveilleux poète et immense amateur de football.
Le 17 août 2014, le music hall a perdu un grand monsieur. Quelqu’un d’authentique.

Magnifique chanson: Je cherche encore une fille… qui annonce Manset et Bashung.

16.08.14

Permalien 16:43:38, Catégories: THE RED DEVILS  

Le Man United de van Gaal se fait marcher dessus d'emblée à Old Trafford

Prendre la succession de Sir Ferguson est impossible. van Gaal a-t-il repris la suite de Moyes, c’est à dire l’abonnement à la défaite ?

Samedi 16 août 2014
Manchester United 1-2 Swansea City
But pour MU: Rooney (53e)
Buts pour les visiteurs: Swansea City: Ki (28e), Sigurdsson (72e
)

Manchester United:
De Gea/ (2) N’a plus aucun repère sans Evra, sans Vidic, sans Ferdinand, sans Evans, sans Rafael…
Jones (6) A la grinta mancunienne mais cela ne suffit pas
Smalling (2) C’est un remplaçant. N’a jamais su s’imposer titulaire
Blackett(4) Un bon esprit
Lingard (non noté). Puis Januzaj (24e) (4) De l’initiative, hélas! trop personnel !
Fletcher (4) Trop seul dans la récupération
Herrera (0) Il a joué ? Transparent! Puis Fellaini (67e) (-4) La honte de MU: il a donné un coup de genou dans le dos d’un visiteur qui aurait dû faire sortir le carton rouge à l’arbitre. Quand il ne donne pas de coup dans le dos, il gifle !
Young/ (3) Croit trop qu’il est devenu Zorro
Mata/ (4) On lui a donné les clés et puis il a perdu le trousseau
Rooney(9) Bien affuté. Il a perdu du poids. Aurait plus sa place au Real Madrid ou à Chelsea que dans ce MU là qui est morbide
Chicharito (1) Mal utilisé. (Nani 46e) (-2) A encore couru dans le vide. Cas unique: plus les années passent, plus il perd son football

Sur le banc: Amos, M Keane, James, Kagawa.

Manager: van Gaal (0) a démarré avec un 3-4-1-2 avant de se rabattre en catastrophe sur un 4-4-2. Par rapport aux matchs de préparation, il a été méconnaissable. Il avait un masque, ne montrant rien. Il a joué au coach d’expérience, qui en a vu d’autres. N’a pas vécu le match au présent. Il prend des notes comme les mauvais metteurs en scène de théâtre. A la fin, il a serré des mains et signé des autographes tels les lofteurs de reality show débiles.

Voici l’équipe des visiteurs qui sont venus faire leur marché à O.T. Une équipe de soldats inconnus.
Swansea City: Fabianski; Rangel, Amat, Williams, Taylor (Tiendalli 53e); Ki, Shelvey, Dyer (Montero 67e), Sigurdsson, Routledge; Bony (Gomis 77e)
Manager: Garry Monk

Depuis le départ de Sir Ferguson, MU est devenue une machine à perdre, comme Arsenal il y a quelques années.
Swansea City n’a pas fait un hold up. Les visiteurs ont gagné facilement, sans forcer.
Louis van Gaal est très fort dans les interviews mais sur le terrain on n’a rien vu.
Avant le match, il a dit: “C’est mon dernier poste d’entraîneur…”
Une manière de dire: j’ai trouvé la femme de ma vie, j’arrête de courir les jupons.
Tout ça ce n’est que des paroles de commerçant pour bien se faire adopter par le public.
Avant le match, il a dit aussi: “Match important ? Match à trois points comme les autres…”
Là ce n’est pas terrible. Car c’était un match important, le premier de son ère.
Autant garder alors David Moyes ou Ryan Giggs.
D’ailleurs pendant le match lorsque Lingard s’est blessé, on a vu van Gaal parler à Riggs. Il disait ce qu’il allait faire et en même temps il cherchait à savoir si c’était bien de faire ça.
Soit van Gaal prend les décisions soit c’est un coach comme un autre, je veux dire qu’il ne va pas faire long feu à MU.
Le match contre Swansea a été si minable que je me suis endormi !
Un match soporifique ! Les visiteurs ont marché sur Man United de manière délibérée pendant 90 minutes et cela a fonctionné.
MU avec une défense à trois ? Fiasco.
Fellaini ? Fiasco, il joue avec les mains, gifle les adversaires quand il ne leur met pas un coup de genou sur la colonne vertébrale !
Les détracteurs de MU n’ont pas cessé de dire que Sir Ferguson était un grand meneur d’hommes mais un petit technicien. Faux ! Concernant la deuxième partie de la phrase: sous l’ère de l’Ecossais MU jouait par les ailes avec une coulisse latéral-ailier. MU avait un grand gardien et deux grands défenseurs centraux. Et MU jouait toujours de l’avant avec des virtuoses successifs.
Tout ça c’est fini. Du passé !
Fini Cantona !
Fini Keane !
Fini Scholes !
Fini van Nistelrooy !
Fini Ronaldo !
Fini Giggs !
Fini Evra-Ferdinand-Vidic !
Fini Sir Ferguson !
Entre 1992 et 2013, j’ai vécu une fantastique séquence de football. 21 ans non stop d’intelligence de jeu.
C’est fini, complétement fini.
Commencer par une défaite, c’est signé ! Cela sent le grand n’importe quoi !
Où est la grinta de MU ?
Où est l’âme de MU ?
On n’a vu que des froussards incapable de construire une action avec la volonté de gagner.
Pendant le match, on n’a pas vu un van Gaal très habité. Quand MU a égalisé, il n’a pas bronché, comme hermétique. S’il était si concentré, il n’avait qu’à gagner le match ! Non, il n’a rien donné aux caméras et donc au public. Il calcule et ne vit pas le présent. MU n’est pas un club comme un autre. Il faut y vivre le présent à 100 % ou alors ça ne marche pas.
Je suis déjà déçu, et dès le premier match en compétition officielle.
Qu’on ne me parle pas de réglages !
Quand on commence à la maison, il faut vite tuer le match et prendre les trois points.
Les visiteurs ne sont pas tombés dans le panneau du grand coach van Gaal.
Pour eux, tout ce bruit autour de la venue du Néerlandais ce n’était que de l’esbroufe.
Bien vu !
Man City, Chelsea et Chelsea peuvent se réjouir: van Gaal n’a accouché que d’une souris.
Le titre 2015 est largement ouvert à tous. MU n’est absolument pas le favori.
Le 16 août 2014, MU n’a montré que le visage d’un ventre mou.

[Post dédié à Eric Cantona]

Le 16 août 2014, Manchester United inaugure la Premier League avec un appétit retrouvé

Premier match de la première journée de la PREMIER LEAGUE 2014-2015
Samedi 16 août
Manchester United - Swansea City (13 h 45)

C’est MU qui inaugure la saison de championnat 2014-2015.
Cet exercice ne se présente pas la peur au ventre pour les Red Devils.
L’an passé, David Moyes avait un comportement de loser inconcevable à MU. Il faut dire que son début de calendrier ne lui était pas favorable, avec que des grands duels au sommet.
Alors que l’on pensait que les joueurs coachés par le protégé Sir Ferguson allaient imposer le nouveau coach, on assista à Old Trafford à une série de contreperformances inédites.
Moyes a réussi son contrat à l’extérieur mais dès qu’il se retrouvait à Old Trafford on avait la mauvaise impression qu’il portait encore le costume d’Everton, son ancien club, à l’image de son joueur fétiche Fellaini qui se débarrassait du ballon dès qu’on le lui donnait.
L’époque Moyes a duré moins d’un saison. C’est l’un des échecs les plus cuisants de Sir Ferguson.
A présent commence l’ère Louis van Gaal.
A l’étude de son langage corporel, il a 100 % pour lui. C’est un winner à la recherche de son passé prestigieux. Il vaut gagner à nouveau et MU semble fait pour lui.
MU débute à la maison, il ne faut donc pas se planter. Une large victoire avec la manière est attendue par les millions de fans.
MU n’est pas un club du ventre mou et encore moins de bas du tableau. Depuis le passage d’Eric Cantona, la défaite est interdite de séjour à Old Trafford.
Tous les adversaires de MU sont prévenus: privé de C1, MU veut gagner le championnat 2015.
Louis van Gaal a fait une revue d’effectif qui a été largement bénéfique.
On a hâte de voir cette défense à 3 totalement new look à Man United. C’est risqué.
Que le spectacle commence !

Samedi 16 août
Manchester United - Swansea City (13 h 45)
Leicester City - Everton (16 h)
Queens Park Rangers - Hull City
Stoke City - Aston Villa
West Bromwich Albion - Sunderland
West Ham United - Tottenham Hotspur
Arsenal - Crystal Palace Crystal (18 h 30)

Dimanche 17 août
Liverpool - Southampton (14 h 30)
Newcastle United - Manchester City (17 h)

Lundi 18 août
Burnley - Chelsea (21 h)

14.08.14

Permalien 08:56:01, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR  

En hommage à Ferdinand et à Vidic, Man United laisse de côté les numéros 5 et 15

Ce post peut vous sembler dérisoire mais il vaut mieux se perdre dans sa passion que perdre sa passion, comme l’a enseigné Saint Augustin. Changer de numéro alors que tant de misère se déroule au même moment cela peut paraître grotesque. Eh bien ! justement, il faut savoir préserver ses hochets avant que la foudre ne vous tombe dessus. Le mieux c’est d’éviter la foudre.

Pas de 5 (Rio Ferdinand), pas de 15 (Vidic) et pas de … 7 (Cantona, Ronaldo and cie)
Pas de 9, non plus.
Januzaj, lui, a repris le 11 de Giggs. C’est très bien. Cela démontre une similitude dans le jeu. Dans la volonté d’aller de l’avant pas l’aile c’est certain.
Je suis contre cette tradition d’abandonner la numéro d’un joueur sortant, aussi grand soit-il.
Reprendre un numéro de grand joueur, c’est se surmotiver pour être à la hauteur. J’aurais aimé voir Nani avec le 7. Il n’en veut pas: c’est avouer sa faiblesse mentale.
Jouer sans les numéros 5 et 15 cela signifie à chaque match que Ferdinand et Vidic ne sont plus là. Souhaitons que leurs successeurs parviennent à exister à leur tour, je pense surtout à Evans qui doit confirmer.

LISTE DES NUMEROS DES RED DEVILS POUR 2014-2015:

1. De Gea; 2. Rafael; 3. Shaw; 4. Jones; 6. Evans; 8. Mata; 10. Rooney; 11. Januzaj; 12. Smalling; 13. Lindegaard; 14. Chicharito; 16. Carrick; 17. Nani; 18. Young; 19. Welbeck; 20. van Persie; 21. Herrera; 22. Powell; 23. Cleverley; 24. Fletcher; 25. Valencia; 26. Kagawa; 28. Anderson; 29. Zaha; 30. Varela; 31. Fellaini; 34. Lawrence; 35. Lingard; 36. Vermijl; 38. M Keane; 39. Thorpe; 40. Amos; 41. James; 42. Blackett; 45. Petrucci; 46. Rothwell; 48. W Keane; 49. Wilson; 50. Johnstone.

13.08.14

Franck Ribéry annonce en Allemagne qu'il ne jouera plus pour la France

Inséré dans le collectif bien huilé du Bayern Munich où il joue parmi une galaxie de très grands joueurs, F. Ribéry a gagné plein de titres. A l’inverse, chez les Bleus où on espérait le voir prendre le pouvoir comme les grands noms du passé, il n’a rien gagné. Ribéry est un joueur véloce plein de tonicité quand il n’est pas blessé, mais son jeu stéréotypé n’en fait pas un footballeur charismatique. La retraite internationale de Ribéry (81 sélections et 16 buts) n’a rien à voir avec celle de Miroslav Klose qui, lui, dit adieu à l’Allemagne après 137 sélections et 71 buts avec de surcroît un titre de champion du monde donné à l’Allemagne. Ribéry est un joueur périphérique, ce n’est pas un joueur majeur autour duquel on compose un onze. Pour comparer, je rappelle que Zidane, lui, a disputé deux Coupes du monde sous le maillot tricolore. Du jamais vu en France !

Nouvelle annonce d’une retraite internationale. Cette fois, il s’agit de Franck Ribéry. Le magazine allemand Kicker révèle que le milieu offensif français, 31 ans, a décidé de prendre sa retraite internationale. Le support choisi n’est même pas français, c’est tout dire.
-"Je raccroche. Je voudrais consacrer plus de temps à ma famille, me concentrer encore davantage au Bayern Munich, et laisser place aux nombreux jeunes joueurs qui ont intégré l’équipe nationale(…) Il faut savoir quand il faut s’arrêter. On a vu qu’il n’y avait pas de souci à se faire pour l’avenir de l’équipe de France lors de la Coupe du monde.”
C’est le genre de communiqué bien comme il faut, sans la moindre agressivité. Ne soyons pas dupes: il faut savoir lire entre les lignes. Je vous laisse vous faire votre opinion. Libre à vous d’interpréter cette retraite.
A l’inverse de Samir Nasri, qui lui aussi a pris sa retraite internationale, Ribéry était un leader de Didier Deschamps, qui comptait en faire son joueur de référence dans le secteur offensif pour le Mondial au Brésil avant la blessure du Bavarois. Le sélectionneur pouvait penser que Ribéry, 31 ans, soit l’un des cadres de son groupe pour l’Euro 2016 en France dans deux ans.
Ribéry en équipe de France c’est 81 sélections et 16 buts. Il a connu une belle période à ses débuts sous l’ère Zidane lors de la Coupe du monde 2006 lorsque les Tricolores avaient atteint la finale. Ribéry avait inscrit un but important lors du huitième de finale remporté face à l’Espagne (3-1). Ensuite, il n’a jamais vraiment été le leader qu’on attendait et l’on se souvient du fiasco 2010. Absent des débats quatre ans plus tard, il a vu les Bleus atteindre les quarts de finale sans lui, au Brésil.
Pour résumer, Ribéry a sa vie au Bayern Munich et elle est très belle. Nous ne sommes plus au temps jadis, celui où il fallait jouer en équipe nationale pour se faire remarquer. Aujourd’hui, tous les matchs du Bayern Munich sont visibles à la télé chaque semaine. Jouer dans un grand club c’est le but de tous les joueurs. Ribéry l’a atteint depuis longtemps. Tant mieux pour lui.
Le football de Ribéry n’a rien à voir avec celui des trois héros tricolores : Kopa, Platini et Zidane. Ribéry est loin derrière. Il n’a pas besoin de briller à l’Euro 2016 pour se faire une plus grande place au soleil.
Ribéry est un ailier de débordement. Point. Ce n’est pas un buteur régulier ni un joueur qui va faire la décision sur toute la saison. C’est un très bon élément s’il est bien intégré dans un collectif, comme au sein du club bavarois. A ce moment-là, il peut apporter sa part à l’édifice ou céder la place à un partenaire plus apte à faire pencher favorablement la décision. Ce n’est pas un joueur qui rayonne comme Pelé, Di Stefano, Cruyff ou Maradona. Son football souffre d’un manque de variétés dans la gamme de jeu. Il fait trop souvent la même chose.
La question qui se pose est la suivante : pourquoi un joueur sélectionnable qui joue en club peut-il se permettre de renoncer à la sélection ? Jadis c’était rigoureusement interdit. Les instances ont vraiment baissé la garde devant les vedettes. Avant-hier c’est Paul Scholes qui disait non à l’Angleterre. Hier Lahm. Aujourd’hui Ribery. Demain les poussins première année vont-ils dire non aux Bleus. Où sont les dirigeants du football ? A la vérité un joueur qui dit non à la sélection alors qu’il est convoqué doit être suspendu par son club. D. Deschamps ne va sans doute pas aller jusque là.
Je reconnais à Ribéry le talent de pouvoir bien centrer et donc de semer le trouble dans les défenses adverses. Pour le reste, il ne m’a jamais fait lever de mon siège. La grand ailier du Bayern c’est Arjen Robben étincelant au Brésil. Comme on est bien élevé, on dit merci à Ribery de s’être bien repris après la faillite du bus de la honte 2010. Ribéry et Nasri ont réussi en club. C’est déjà une grande satisfaction pour eux. D’autres ne réussissent ni chez les Bleus, ni en club. Suivez mon regard du côté de Gerland. Ribéry, lui, joue dans l’un des plus grands clubs du monde. Cela personne ne peut le lui contester.

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Miroslav Klose quitte la Mannschaft par la grande porte

Ennemi du chiqué, des sourires commerciaux et de l’esbroufe médiatique en veux-tu en voilà, l’un des plus grands buteurs de sa génération renonce à la sélection. C’est le repos du guerrier avec un grand G.

Il représente tout ce que j’aime.
Un égal de Giggs et de Scholes.
A des années lumière de Beckham ou CR7 qui passent leur temps en slip, genre tapin de luxe en quadrichromie.
Au même moment où Samir Nasri dit qu’il renonce à la sélection, par la petite porte, Miroslav Klose, lui, dit adieu à l’Allemagne après 137 sélections et 71 buts, donc par la très grande porte, celle du titre mondial 2014.
L’attaquant de 36 ans est une machine à marquer par la tête et par les pieds. Il a de qui tenir: son père Józef Klose a joué à Auxerre et sa mère, Barbara Barbara Jeż, est une ancienne internationale de Handball qui totalise 82 sélections avec l’équipe de Pologne.

Distinctions personnelles de Miroslav Klose:
Vainqueur de la Coupe du monde 2014 (2 buts).
Meilleur buteur de la National Mannschaft (71 buts avec l’équipe d’Allemagne contre 68 pour G. Müller). Second joueur le plus capé en équipe nationale.
Meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du monde de football avec 16 buts inscrits (5 en 2002, 5 en 2006, 4 en 2010, 2 en 2014).
Seul joueur à avoir disputé quatre demi-finales de Coupe du monde.
Meilleur buteur de la Coupe du monde 2006 avec 5 buts. Soulier d’or en 2006. Soulier d’argent en 2002.
Seul footballeur avec Uwe Seeler à avoir inscrit au moins 2 buts dans 4 coupes du monde
Meilleur buteur du Championnat d’Allemagne en 2006 (25 buts).
Auteur d’un quintuplé en championnat d’Italie (2013) avec la Lazio Rome.
Prix du fair-play 2005 et 2012 (par la Fédération allemande).

Le joueur de la Lazio Rome explique avoir “réalisé un rêve d’enfant avec le titre au Brésil” et se réjouit d’avoir pu vivre des “moments inoubliables avec l’équipe nationale. J’ai utilisé ces dernières semaines pour savourer encore une fois les derniers temps et, pour moi, il ne peut pas y avoir de meilleur moment pour clore le chapitre de l’équipe nationale".

Avant lui, le capitaine Philipp Lahm, 30 ans, avait annoncé lui aussi sa retraite internationale, cinq jours après la finale gagné face à l’Argentine (1-0 a.p.) le 13 juillet 2014.
Le président de la fédération, Wolfgang Niersbach, a estimé que Klose était “non seulement un joueur exceptionnel mais également un homme absolument exemplaire".

Parcours de l’international allemand Miroslav Klose, né le 9 juin 1978 à Opole (Pologne):
1996-1998 SG Blaubach-Diedelkopf
1998-1999 FC Homburg
1999-2000 FC Kaiserslautern B
2000-2004 FC Kaiserslautern
2004-2007 Werder Brême
2007-2011 Bayern Munich
2011 Lazio Rome
2001-2014 Allemagne 137 sélections (71 buts)

Palmarès:
Werder Brême
Coupe de la ligue d’Allemagne 2006

Bayern Munich
Champion d’Allemagne 2008 et 2010
Coupe d’Allemagne 2008 et 2010
Coupe de la Ligue d’Allemagne 2007

Lazio Rome
Coupe d’Italie 2013

Équipe nationale d’Allemagne
Coupe du monde 2014
Vice Champion du monde 2002
Troisième de la Coupe du monde en 2006 et 2010
Vice Champion d’Europe 2008

Adieu à la mythique Lauren Bacall (1924-2014)

Une allure particulière, très Marlène Dietrich. Il faudra attendre Charlotte Rampling pour retrouver cette féminité très forte. Bogard avait du féminin en lui, Bacall avait du masculin en elle. Bacall ou la beauté de l’âme. Bacall, B. Davis, A. Magnani, A. Gardner, G. Garbo voilà des femmes majeures loin des décérébrées aux faux nibards qui exhibent la crasse de leur bêtise. Les catins modernes sont sur les écrans. Les tapineuses du PAF sont mises en avant par les régents de la communication qui comptent leurs sous en abrutissant leurs contemporains réduits au rang de téléspectateurs.

Lauren Bacall vient de s’éteindre chez elle, le 12 août.
L’été 2014 ne nous fait pas de cadeau.
Une voix, un visage, des yeux, une silhouette.
Un grand caractère.
Lauren Bacall a formé avec Humphrey Bogart un couple inoubliable.
Elle fut et elle reste, l’une des femmes célèbres les plus fantastiques du XXe siècle

Voici les films qui l’ont installée dans notre mémoire, en une seule décennie:

-To Have and Have not (Le port de l’angoisse, 1944), Howard Hawks

-Confidential Agent (1945), Herman Shumlin

-The Big Sleep (Le grand sommeil, 1946), Howard Hawks

-Dark Passage (Les passagers de la nuit, 1947), Delmer Daves

-Key Largo (1948), John Huston

Permalien 07:17:43, Catégories: LITS ET RATURES  

Seuls, de Marc Alpozzo. (Les Belles Lettres)

Dans une nouvelle collection dirigée par Laure de Chantal, consacrée à des sujets sur l’air du temps sous la forme de pamphlet, coup de griffes ou coup de cœur, Marc Alpozzo a choisi de s’attaquer à la solitude. Son essai s’intitule Seuls, au pluriel. Cela donne d’emblée à réfléchir.
Sommes-nous tous seuls ou seul… ensemble ? Réponse dans 168 pages.
Pourquoi allons-nous vers quelqu’un ? La communication existe-elle vraiment ou n’est-ce qu’un échange dont on espère tirer profit ? Certains sont-ils assez imposteurs pour faire croire en l’amitié ?
Le livre est entre l’essai, le récit autobiographique et le roman puisque nous ignorons tout de l’auteur. Il y a un côté rousseauiste, période rêverie du promeneur solitaire.
Alors qu’il est dans la forêt du Jura, le narrateur, 40 ans, tombe sur une femme mystérieuse qui s’est retirée de la société, une Alceste au féminin. La Dame- mirage ou pas- l’interroge sur la détresse qui semble l’habiter. N’est-ce pas une tête à tête rêvée avec l’incarnation de la Philosophie ? L’amitié et la trahison viennent vite sur le tapis. Les deux protagonistes discutent et ne bavardent jamais. On a l’impression d’être plusieurs, eux et plus vous et moi. A les écouter nous sommes en face de deux Alceste qui se sont exclus d’eux-mêmes de la société. La dame prétend que l’on peut quand même briser la solitude au contact d’autrui. A la fin du volume, le duo se sépare, chacun part de son côté. Une métaphore de la vie ? La rencontre est une grâce. Il faut savoir la voir venir. Comme cette dame du livre de Marc Alpozzo.

-Seuls, de Marc Alpozzo. Les Belles Lettres, 168 p., 9 €

12.08.14

Disparition brutale de Robin Williams (1951-2014)

Pensée du jour:
-"La vie ne vaut rien mais rien ne vaut la vie.” (André Malraux)

Robin McLaurin Williams
Naissance
21 juillet 1951 à Chicago, Illinois, États-Unis
Décès
11 août 2014 à Tiburon, Californie, États-Unis

Voilà tout ce qui reste de nous, de lui.
D’après la police l’acteur a tiré volontairement sa révérence. “Il était dépressif” lit-on ici et là.
L’américain Robin Williams a été découvert mort chez lui, lundi 11 août 2014, “après s’est apparemment suicidé", a annoncé lundi la police californienne.
En effet, son corps a été retrouvé à son domicile, à Tiburon, au nord de San Francisco.
-"Ce matin, j’ai perdu mon mari et mon meilleur ami, et le monde a perdu l’un de ses artistes les plus aimés", a confié sa femme, Susan Schneider.
L’acteur était populaire dans le monde entier. Cela ne l’a pas rendu heureux.
Le fond de l’âme a ses mystères.
Peter Handke me dit toujours: “Adulte, à chaque nouvelle décennie de sa vie, on a envie de se suicider". Il a raison. Il faut donc faire attention. Robin Williams avait 63 ans.
“Nous souffrons de maux antérieurs à nous-même” a dit Antonin Artaud. Pensée profonde à méditer.
Oui, le comédien était Populaire avec un grand P. Il jouait tout de manière remarquable. Un Bourvil américain.
Les enfants l’adoraient car il les faisait rire.
Les grands comiques sont souvent les plus désespérés. C’était un bourreau de travail. Il enchaînait les films depuis les années 1990.
Je n’ai jamais oublié la performance du défunt dans Le cercle des poètes disparus. Jamais.
Je me rappelle aussi très bien que Robin Williams adorait le Tour de France et bien sûr Lance Armstrong.
Armstrong aurait des raisons de se suicider. Les médias et ses procureurs l’ont mis plus bas que terre. Enterré de son vivant !
Armstrong reste debout.
Chacun fait comme il peut.
Je pense à Robin Williams, à Handke, à Armstrong.
Léopold Sédar Senghor a confié que chaque matin, il avait envie de se suicider. Puis, après quelques exercices physiques, il était heureux d’être en vie.
On se suicide car on voudrait vivre autrement sans y parvenir.
Le plus difficile c’est d’intégrer la mort dans la vie. Certains n’y parviennent pas. Certain jour on n’y parvient hélas ! pas.
“Carpe Diem” enseigne le professeur excellemment incarné par Robin Williams dans Le cercle des poètes disparus.
Le 11 août 2014, il n’avait plus envie de cueillir le jour comme il vient.

Filmographie de Robin Williams:

1980 : Popeye de Robert Altman
1982 : Le Monde selon Garp (The World According to Garp) de George Roy Hill
1983 : The Survivors (en) de Michael Ritchie
1984 : Moscou à New York (Moscow on the Hudson) de Paul Mazursky
1986 : La Dernière Passe (The Best of Times) de Roger Spottiswoode
1986 : Club Paradis (Club Paradise) de Harold Ramis
1986 : Seize the Day de Fielder Cook
1987 : Good Morning, Vietnam de Barry Levinson
1988 : Portrait of a White Marriage de Harry Shearer
1988 : Les Aventures du baron de Münchhausen (The Adventures of Baron Munchausen) de Terry Gilliam
1989 : Le Cercle des poètes disparus (Dead Poets Society) de Peter Weir
1990 : Cadillac Man de Roger Donaldson
1990 : L’Éveil (Awakenings) de Penny Marshall
1991 : Dead Again de Kenneth Branagh
1991 : Le Roi Pêcheur (The Fisher King) de Terry Gilliam
1991 : Hook ou la Revanche du capitaine Crochet de Steven Spielberg
1992 : Shakes the Clown de Bob Goldthwait
1992 : Toys de Barry Levinson
1992 : Les Aventures de Zak et Crysta dans la forêt tropicale de FernGully, de Bill Kroyer
1992 : Visionarium (From Time to Time) (attraction des parcs Disney) de Jeff Blyth
1992 : Aladdin de Ron Clements et John Musker
1993 : Les Mille et une vies d’Hector (Being Human) de Bill Forsyth
1993 : Madame Doubtfire (Mrs. Doubtfire) de Chris Columbus
1995 : Jumanji de Joe Johnston
1995 : Neuf mois aussi (Nine Months) de Chris Columbus
1996 : Birdcage de Mike Nichols
1996 : Jack de Francis Ford Coppola
1996 : L’Agent secret (The Secret Agent) de Christopher Hampton
1996 : Hamlet de Kenneth Branagh
1996 : Aladdin et le Roi des voleurs (Aladdin and the King of Thieves) de Tad Stones
1997 : La Fête des pères (Fathers’ Day) de Ivan Reitman
1997 : Harry dans tous ses états (Deconstructing Harry) de Woody Allen
1997 : Will Hunting (Good Will Hunting) de Gus Van Sant
1998 : Flubber (Plaxmol) de Les Mayfield
1998 : Au-delà de nos rêves (What Dreams May Come) de Vincent Ward
1998 : Docteur Patch (Patch Adams) de Tom Shadyac
1999 : Jakob le menteur (Jakob the Liar) de Peter Kassovitz
1999 : L’Homme bicentenaire (Bicentennial Man) de Chris Columbus
2001 : A.I. Intelligence artificielle (Artificial Intelligence: AI)
2002 : Photo Obsession (One Hour Photo) de Mark Romanek
2002 : Crève, Smoochy, crève ! de Danny DeVito
2002 : Insomnia, de Christopher Nolan
2004 : Final Cut (The Final Cut) de Omar Naim
2004 : Le Prince de Greenwich Village (House of D) de David Duchovny
2004 : Noël de Chazz Palminteri
2005 : The Big White de Mark Mylod
2005 : Robots, de Chris Wedge et Carlos Saldanha
2006 : Happy Feet de George Miller
2006 : Camping-car de Barry Sonnenfeld
2006 : The Night Listener de Patrick Stettner
2006 : La Nuit au musée (Night at the Museum) de Shawn Levy
2006 : Man of the year de Barry Levinson
2007 : Permis de mariage (License to Wed) de Ken Kwapis
2008 : August Rush de Kristen Sheridan
2008 : Le Psy d’Hollywood de Jonas Pate
2009 : La Nuit au musée 2 de Shawn Levy
2009 : Les deux font la père (Old dogs) de Walt Becker
2009 : World’s Greatest Dad de Bob Goldthwait
2011 : Happy Feet 2 de George Miller
2013 : Un grand mariage (The Big Wedding) de Justin Zackham
2013 : Le Majordome (The Butler) de Lee Daniels
2014 : The Face of Love de Arie Posin
2014 : The Angriest Man In Brooklyn de Phil Alden Robinson
2014 : La Nuit au musée 3 de Shawn Levy
2014 : Merry Friggin Christmas de Tristram Shapeero

[Post dédié à Christian Laborde]

11.08.14

Permalien 18:18:30, Catégories: GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Crosby Stills Nash And Young, la tournée 1974

CSNY 1974
Coffret collector 3CD+1DVD

Pour fêter les 40 ans de leur tournée mythique, Crosby Stills Nash And Young publient un collector historique.
Certes, il faut compter 45 € jusqu’au 14 août puis 65 mais quand on aime on ne compte pas.

Sur les 3CD, il y a 40 titres live et sur le DVD, 8 vidéos live.
Le livret de 188 pages comporte de nombreuses photos.
Tout l’ensemble est inédit.
C’est l’album de l’année.
CSNY ont fait du bien après la séparation des Beatles.
Une musique hyper cool.
Bien sûr Neil Young faisait plus planer que les autres alors que pourtant il n’aimait plus se défoncer.
Les quatre artistes sont toujours de ce monde et l’on s’en réjouit chaque matin et chaque soir aussi.
Leur musique correspond à un temps fort du XXe siècle. Il ne s’agit pas de show biz ! Ni de clones d’autres musiciens.
Il y a un son CSNY comme il y a un son Genesis ou Rolling Stones. Doors ou Who.
1974-2014, ça tient la route !

10.08.14

Permalien 07:11:00, Catégories: LE GYM E BASTA, GRAND MONSIEUR  

Les très bons débuts de Nice face à Toulouse

1ère journée de Ligue 1 2014-2015
Samedi 9 août 2014
Nice, Allianz Riviera: 19 474 spectateurs
NICE 3-2 TOULOUSE FC
(mi-temps 1-2)
Buts pour les Aiglons: Cvitanich (23e, 63e), Bosetti (69e)
Buts pour le Téfécé: Baithwaite (44e), Ben Yedder (45e)
Avertissement : Regattin (57e) à Toulouse

OGC Nice : Hassen - G. Puel, Genevois, Bodmer, Amavi - Mendy, Eysseric, Hult - Pied (Digard 70e), Cvitanich (Honorat 85e), Bauthéac (Bosetti 35e)

Toulouse FC : Boucher - Veskovac, Spajic, Grigore - Sylla (Akpa-Akpro 79e), Didot (Pesic 76e), Bodiger, Regattin (Trejo 70e), Matheus - Ben Yedder, Braithwaite

En face, il y avait deux doyens: le coach le plus capé (Puel) en activité et le coach le plus constant en place (Casanova). Chapeau messieurs !
Il n’y avait moins de 20 000 personnes à l’Allianz Riviera. Les absents ont eu tort car ils auraient vu un superbe match de football. A force de voir les matchs à la télé, les gens veulent voir Real-Barça chaque week-end. Il ne faut pas voir la vie comme cela. Il faut aimer son club, un point c’est tout.
Nice a démontré de grandes valeurs mentales sur le premier match.
Après avoir pris deux buts avant la mi-temps, les Aiglons ont relevé la tête et sont allés de l’avant pour arracher la victoire grâce à un but de Bosetti, l’enfant du pays. Quoi de plus beau ? Rien !
On sait que Claude Puel doit en même temps former des jeunes -avec son staff- tout en recrutant des joueurs de talent qu’on ne connait pas forcément, comme Hult. Ce n’est pas facile à faire. Et Puel le fait.
Gagner cela permet d’être heureux.
Alors soyons heureux !

09.08.14

Permalien 18:49:53, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Le cheval Péguy. Un Mystère. De Jean-Luc Seigle. (Pierre Guillaume de Roux)

Qu’est-ce qu’un livre qui nous plaît ? Sans doute un ouvrage qu’on a l’impression d’écrire sous nos yeux quand on le lit. C’est l’effet que m’a fait Le cheval Péguy. On lit pour entendre un ami qu’on ne connaît pas. Pour écouter aussi. Les livres sont des petits mots que l’on se passe comme ceux qu’on donnait à nos copains en classe. Le livre de Jean-Luc Seigle est habité par la grâce d’écriture, cela ne court pas les rues. Rien à voir avec une biographie et encore moins avec une hagiographie. Ici nous sommes dans le domaine de la communauté d’esprit mais pas celle d’un clan qui doit nous servir dans un plan de carrière. Non, il s’agit du plus haut degré de l’esprit, l’intelligence avec une grande ouverture de compas.
Le titre peut prêter à confusion. « Le cheval Péguy »… Dans la quatrième de Longchamp ? Ou à Cagnes-sur-Mer ? S’agit-il du cheval de Péguy ? Non, rien de tout cela. Plus précisément, il s’agit de celui de Jeanne d’Arc, un cheval dont on ignore le nom. En avait-il un ? Sûrement oui, mais on ne sait pas lequel. Le titre du livre est suivi par « Un Mystère ». Jean-Luc Seigne s’est-il fixé de la percer ? Rien de tout cela. Au Moyen Age, un Mystère était un genre théâtral qui mettait en scène des sujets religieux. Le mot convenait à Jean-Luc Seigle qui s’est attaqué à la « Cathédrale Péguy », il entend par là la cathédrale de papier construite petit à petit dans les différents lieux d’écriture appréciés par Péguy: cuisine de sa mère puis dans celle de sa femme, boutique de sa revue “Les Cahiers de la Quinzaine", salle à manger, chambre …
Grand républicain, socialiste et chrétien, Charles Péguy est souvent cité mais qui l’a lu ? Le livre de Jean-Luc Seigle nous fait prendre conscience que Péguy avait, entre autres qualités, un très grand respect des lecteurs. En peu de temps, Péguy(1873-1914) a œuvré sur plusieurs tableaux pour devenir un intellectuel complet: poète, dramaturge, philosophe, polémiste, typographe et éditeur. Qui dit intellectuel dit souvent froid, hermétique, isolé dans sa tour d’ivoire. Péguy était le contraire des penseurs onanistes. Il savait d’où il venait : quand on a pour mère et grand-mère des rempailleuses, on n’a pas le temps d’être prétentieux. La pauvreté n’a rien à voir avec la misère. Le jeune Charles Péguy à la lucidité chevillée au corps, et son manque à perpétuité est l’absence de son père, mort à la naissance de son fils. Péguy était ému par les mains d’homme de sa grand-mère qui réparait les chaises des autres.
Le jeune Péguy associe les paysans aux chevaux : un monde de sabots, que l’on soit homme ou animal. (J’ouvre une parenthèse pour rappeler que Cocteau a dit qu’un homme qui marche dans la neige fait le même bruit qu’un cheval qui mange du sucre). Péguy aimait observer la majesté des chevaux, métaphore vivante de la vie. Le jeune garçon s’identifia tant à Jeanne d’Arc qu’il jouait à être son cheval. Le fils lisait les textes sacrés à haute voix. Sa mère se parlait à elle-même comme le faisait Jeanne d’Arc. Bon élève, Péguy aussi se parle à lui-même, un peu par jeu, soit par atavisme ludique.
A force d’observer ce qui se trame dans la société, il en veut à la bourgeoisie qui semble d’autant plus apprécier la « grandeur du ciel » à meure qu’il accueille les malheureux morts trop tôt, usés par le travail. Ne frappant personne d’ostracisme, le jeune Péguy , côté pauvre, se lie avec un collégien issu de la bourgeoisie. Au collège Sainte-Barbe, ils sont font partie d’une sorte de cénacle de poètes disparus qui rêvent d’une société égalitaire où tout le monde pourra développer sa personnalité car l’enjeu sera la réalisation de chaque individu. Parmi ses copains de collège prédomine la présence de Marcel Baudoin, un timide sans religion qui passe son temps à prier. Ensemble, ils inventent la Cité Harmonieuse, fameuse ville idyllique qui favorisera l’éclosion intellectuelle et émotionnelle de tous ses citoyens. « Rendre à chacun ce qui lui est dû et non ce qu’il mérite », précise Jean-Luc Seigle. En effet, Péguy accordait plus de place au travail qu’aux idées. Hélas ! l’un des deux fondateurs cette entreprise utopique meurt de le typhoïde, le 25 juillet 1896. Orphelin de Marcel Baudoin, il fait vœu de ne jamais oublier son ami, à tel point qu’il épouse la sœur du disparu, Charlotte, l’année suivante. Ce mariage n’emballe pas la mère de Péguy qui lui disait pourtant que les Bourgeois étaient de bons clients : « Ils usent les chaises bien plus vite que les pauvres ». Le premier enfant du couple se prénommera… Marcel. Adulte, il s’occupera bien d’honorer la mémoire de son père.
Jean-Luc Seigle écrit : « Si seulement il y avait un mot pour dire l’amitié comme il y a un mot pour dire l’amour… » Ce mot, je l’ai inventé : l’amourtié. J’ai toujours dit que si je laissai un mot dans la langue française, j’en serai très heureux. Un mot. Même pas un aphorisme, et encore moins un livre. Ces messieurs de l’intelligentsia seront-ils assez attentifs pour l’entendre ? Inutile de vous dire que Péguy est l’un de mes auteurs fétiches.
Fidèle à son serment sur l’amitié, Charles Péguy choisit de publier son livre Jeanne d’Arc sous la bannière de deux auteurs : « Marcel et Pierre Baudoin ». Qui est ce Pierre Baudoin ? Tout simplement Charles Péguy qui s’efface pour n’être plus de Pierre, un frère inventé de l’ami défunt, Marcel Baudoin. En secret, il manifeste une volonté de survivance. On peut interpréter ce changement sous différents angles. Celui de l’amitié indéfectible domine la volonté de vouloir changer de caste. Jamais le dreyfusard Péguy n’a renié ses origines.
Le livre de Jean-Luc Seigle comporte d’admirables pages sur l’amitié, la religion, le socialisme, la république et la poésie. On revient presque sur chacune d’entre elles pour écouter le rythme du texte qui semble faire entendre les battements du cœur de Péguy. Il a cru au socialisme jusqu’au moment où on lui a dit qu’il n’y aurait qu’une vérité : celle du parti. Péguy aimait la simplicité des gens de petite condition économique car ils ne cherchent pas à exploiter leurs prochains. Il aimait l’école laïque qui met tout le monde au même niveau. Il haïssait l’exclusion. Beaucoup plus tard, dans l’Histoire des lettres, l’œuvre de Camus fait écho à celle de Péguy.

-Le cheval Péguy. Un Mystère. De Jean-Luc Seigle. Pierre Guillaume de Roux, 120 p., 15,50 €

07.08.14

Les éditions Gallimard célèbrent le centenaire de Romain Gary avec trois livres dont Le vin des morts et Le sens de ma vie

Gallimard publie le premier roman de Romain Gary(1914-1980) écrit quand l’auteur en herbe avait 19 ans. Nous sommes ici dans la nappe phréatique non seulement de Gary mais aussi de son double Emile Ajar qu’il inventa à la fin de sa vie pour faire la nique à la critique qui faisait des papiers sur ses livres sans les lire. Ils parlaient de Gary comme de la quinzaine du Blanc. Beaucoup d’écrivains sont des tiroirs caisses. Gary n’appartenait pas,au cercle des écrivains qui ont besoin qu’on parle d’eux pour se rassurer. Faut pas confondre écrivain et auteur. Ni artiste avec vedette. Ni imposteur avec authentique.
Ne soyons pas dupes, Romain Gary est l’un des meilleurs écrivains de sa génération mais comme il n’était pas de gauche, l’intelligentsia ne l’a pas célébré à sa juste valeur. Les canards à la pointe de l’actualité qui dictaient le goût aux français ont préféré mettre en avant les textes amphigouriques de penseurs à la mode au lieu de vanter les romans du grand romancier. Gary est l’archétype du romancier par excellence : élégante plume, de l’humour pour qui sait le déceler (La vie devant soi, Gary/Ajar), de la dramaturgie à foison, et dans la vie privée, l’impossibilité à définir la lisière entre la réalité et la fiction. Par exemple, il dit que sa mère fut comédienne mais personne ne l’a jamais vu jouer ! Les romanciers sont de grands menteurs car ils ne cessent pas d’être de grands enfants.
On lit donc avec plaisir Le Vin des morts qui nous met en présence du jeune Tulipe prisonnier d’un labyrinthe plein de macchabées à l’état de squelettes. La sublime imagination de Romain Gary est à son aise : il va jusqu’à nous dire qu’un Poilu a laissé sa place dans la tombe du soldat inconnu à un… Allemand ! Dans cet univers de morts-vivants règne un Dieu ivre et grossier. Ce roman contient tout l’univers de Romain Gary celui de la suprématie des fantômes sur le réel. Pas facile à suivre pour le commun des mortels. La vie ne l’intéressait Gary que pour une fiction à venir. Une attitude très flaubertienne. Romain Gary a beaucoup brouillé les pistes comme Fernando Pessoa. Romain Kacew est devenu Gary en 1945. Né à Wilno, aujourd’hui Vilnius, jadis polonais, l’écrivain racontait donc qu’il avait pour mère une comédienne, et pour père un négociant. Ce père fut totalement absent de son univers. Le premier roman de Gary dépeint l’après-guerre et la crise des années trente à venir.
Nous retrouvons tous les éléments autobiographiques – réels et romancés- de Gary dans Le sens de la vie, un recueil né d’un entretien, le dernier accordé par l’écrivain quelques mois avant de se suicider le 2 décembre 1980. Nous retrouvons tous ce qu’il a dit sur Radio-Canada, sans les questions. Les fervents lecteurs de Gary retrouveront la trame de La Promesse de l’aube, son roman-clé sur sa jeunesse à Nice. Gary revient sur son parcours d’aviateur pendant la Seconde Guerre mondiale, et nous gratifie de quelques confidences : ainsi il se moque des gens qui ont fait croire qu’il était impuissant. Il insiste aussi pour dire son dégoût de l’alcool et des drogues bien avant que Jean Seberg ne succombe à un mélange des deux. C’est aux Etats-Unis qu’il a réalisé que toute la vie sociale et politique n’était plus qu’un spectacle. Il s’adresse un autosatisfecit en estimant qu’il a mis la cause féminine au centre de son œuvre. Sous toutes ses formes. Autant sa mère que la féminité qu’il avait en lui. Il se définit comme le contraire du séducteur, haïssant l’idée même de possession. Gary fait précéder le nom de deux écrivains du mot ami : Malraux et Camus. Gary nous dit encore la difficulté de rencontrer des femmes quand la contraception n’existait pas. Il évoque bien entendu sa carrière diplomatique et son incursion dans le cinéma.
En définitive, il reconnaît que «chaque nouvelle génération n’a pas besoin de celle qui l’a précédée ». J’ai moi-même testé cette vérité auprès de jeunes qu’on barbe si on parle «d’avant». Je crains le pire quand il n’y aura plus aucun survivant de 1939-1945. Seule sa propre expérience ne compte vraiment, à part si l’on est très intelligent.
Quelques temps avant la mort volontaire de Gary, je l’ai vu sortir de la librairie Gallimard, boulevard Raspail. Je l’ai reconnu d’emblée de profil. Il était droit, habillé d’un grand pardessus. Quelle belle allure ! J’ai eu un choc face à sa belle tête, sa barbe bien taillée. Souvent j’accoste les gens que j’aime sans les connaître. Là, je n’ai pas pu. Je l’ai simplement suivi, jusqu’au bas de chez lui. Devant moi, tant de littérature, tant d’émotion, tant de sensibilité, tant de colère, tant d’angoisse, tant de souffrance, tant de talent. Tant de Nice, ma ville natale. J’avais tant de choses à lui dire que je n’ai pas su me mettre à sa hauteur. Ce jour-là, j’ai trop admiré. J’ai eu tort. Je n’ai pas réussi à lui dire : «Merci, Monsieur ».
En marge de ce livre phare, on peut se procurer l’album présentant les photos de Jean Seberg (1938-1979), la plus Française de Américaines. On reste suspendu devant la jeunesse éternelle de l’actrice qui tourna avec Otto Preminger (Jeanne d’Arc, 1957) et Jean-Luc Godard (A bout de souffle). Comment dit-on ? Egérie. 220 photos nous permettent un retour sur le passé de la jeune femme qu’on n’a pas oublié et que l’on n’oubliera pas.

-Le vin des morts, de Romain Gary. Edition établie et préfacée par Philippe Brenot. Gallimard, 240 p., 17,90 €
-Le sens de ma vie, de Romain Gary. Entretien. Préface Roger Grenier. Gallimard, 111 p., 12,50 €
-Jean Seberg, Photos. Préface d’Antoine de Baecque. Mercure de France, 208 pages.

05.08.14

Raimu, un grand enfant de génie, par Isabelle Nohain-Raimu. (Cherche Midi)

Un soir, Raimu quitte prématurément le bar du Fouquet’s parce qu’il estime passer trop son temps à signer des autographes au lieu de rester tranquillement avec sa fille. A peine descend-t-il les Champs Elysées à pied qu’il se met à dire à Paulette :
« -Ils ne m’aiment plus ou quoi ? »
Dans un mélange d’humour et d’angoisse, Raimu dit cela car personne ne le saluait dans la rue, contrairement à l’habitude.
Jules Muraire, alias Jules Raimu (1883-1946) reste un monument du cinéma mondial. Orson Welles a été précis : « Raimu est le plus grand acteur du monde ». (sic) Avec Michel Simon, il incarne le talent français par excellence. La grâce à l’état pur. L’instinct contrôlé. La science du vocabulaire. La diction irréprochable. L’ennemi du laisser-aller, de la paresse intellectuelle. Des poètes du corps et de l’esprit. Des clowns blanc déguisés en Auguste. Raimu est issu du music-hall comme les meilleurs acteurs français : Gabin et Bourvil. Raimu respire la vie et non pas les cours d’Art Dramatique. Des acteurs comme ça, le moule il est cassé. Pas plus de nouveau Raimu que de nouvel Harry Baur.
A la fois petite-fille de Jean Nohain et de Jules Raimu, Isabelle Nohain-Raimu rend hommage à son grand-père maternel dans un livre qui retrace toutes les étapes importantes de la vie du comédien fétiche de Marcel Pagnol. Ce livre permet de réaliser que Raimu fut une immense vedette du théâtre avant de s’imposer sur grand écran. Dans les années 1910 et 1920, il n’a pour ainsi dire pas quitter les planches, donnant le meilleur de lui-même sur les scènes du Midi puis de la capitale. A Paris, il a illuminé de sa présence le théâtre Michel, les Variétés, le théâtre du Palais-Royal et le théâtre de Paris, entre autres. Ses partenaires étaient Maurice Chevalier, Spinelly, Denise Grey, Yvonne Printemps, Gabrielle Dorziat, Madame Simone, Jane Marnac et Mistinguett. C’est là que Raimu a laissé beaucoup de sa vie. Les grands acteurs sont des artistes à part entière. Chaque rôle n’est pas moins exténuant que l’écriture d’un livre. On oublie le parcours des comédiens au théâtre parce qu’ils pratiquent un art éphémère. Le don de soi n’est pas moins important chez les grands acteurs que chez les vrais écrivains.
Le livre d’Isabelle Nohain-Raimu nous donne beaucoup de renseignements sur la vie privée, avec la pudeur qu’il faut. Bien sûr, rien à voir avec la presse à scandales. Ici nous apprenons que Raimu est mort suite à une anesthésie générale. Il ne s’est pas réveillé. Dans le grand public, on ne sait pas exactement comment Raimu a quitté l’entrée des artistes. Il ne souffrait pas d’une grave maladie : il s’agissait d’une simple opération de confort. Aujourd’hui on ne risque en principe plus sa vie pour ce geste opératoire.
En 1929, Marius de Marcel Pagnol fait un tabac au théâtre avec Raimu. Le comédien impose l’auteur. Il est évident que Raimu incarne à merveille l’univers de Pagnol. La notoriété de l’acteur fait beaucoup dans le succès de la pièce. La notoriété et le talent évidemment. Les deux hommes deviennent amis pour le meilleur et le pire, comme dans un mariage. Michel Galabru (Raimu) et Philippe Caubère (Pagnol) ont très bien montré les rapports entre les deux géants à travers leur correspondance. De manière inattendue, le plus écrivain des deux semble être souvent Raimu qui a la langue bien pendue avec un style bien à lui.
Le livre nous montre l’ascension de Raimu qui ne partit pas gagnant de Toulon, sa ville natale, car même son père ne croyait pas à sa vocation sur les planches. Peu à peu, il impose sa faconde, son image de marque, plus il joue le Méridional plus il atteint l’universel. Fascinant ! Pendant la Seconde Guerre, il est enrôlé à la Comédie Française. Vous trouvez à redire ? Et les boulangers ne faisaient-ils pas de pain ? Le livre évoque ses rapports avec Sacha Guitry, entre autres pointures du XXe siècle.
Il ne faut pas opposer Louis Jouvet à Raimu ou Raimu à Jouvet. Cela revient à comparer théâtre public à théâtre privé. Les deux acteurs jouaient dans la même catégorie : les poids lourds du théâtre. Jouvet avait la cote avec les intellectuels. Pas Raimu car il était trop populaire. L’intelligentsia déteste le grand public considéré comme un ramassis de sans goût. Grossière erreur de jugement. Raimu et Jouvet faisaient entrer les personnages en eux et n’entraient jamais dans les personnages. Gabin et Simon aussi. Tous les grands acteurs font ça. Les géants de la scène entrent sur scène quand les autres ne font qu’y monter.
« L’homme le mieux habillé à l’air d’un clochard à côté de Raimu » a signalé Jean Cocteau, avec sa justesse habituelle. Sacha Guitry a été encore plus catégorique : « Raimu est un admirable comédien instinctif, à tel point qu’il peut dire n’importe quoi sur scène, jouer n’importe comment, assuré qu’il est de ne jamais se tromper, étant dans la lignée des grands acteurs naturels ». Tout l’indispensable livre d’Isabelle Nohain-Raimu est truffé de photos de son grand-père qui – pardonnera-t-elle de nous entendre dire- est le nôtre aussi tant on l’aime. Merci à la petite-fille de l’acteur d’entretenir la mémoire de Jules Raimu, prolongeant ainsi l’œuvre de sa mère qui voulait un musée Raimu pour honorer le grand interprète de La femme du boulanger, fleuron du 7e Art noir et blanc. Raimu et Pagnol participent à la grandeur de Marseille mais rappelons qu’ils sont nés à Aubagne (Marcel) et à Toulon (Jules). Une précision qui fait plaisir aux autochtones des villes citées. On les comprend.

-Raimu, un grand enfant de génie, par Isabelle Nohain-Raimu. Cherche Midi, 314 p., 19 €

[Post dédié à Charles Morlino junior]

Permalien 09:45:20, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR  

Le Manchester United de van Gaal ressemble à un ogre

Mardi 5 août 2014
Miami
51 014 spectateurs
Manchester United 3-1 Liverpool

Buts pour MU: Rooney (55e), Mata (57e), Lingard (88e)
But pour Liverpool: Gerrard (14e pen.)

Manchester United:
De Gea/
Jones, Smalling, Evans (Blackett 46e)/
Valencia (Shaw 8e), Fletcher © (Cleverley 46e), Herrera (Lingard 78e), Young/
Mata (Kagawa 69e)/
Rooney, Chicharito(Nani 69e).

Sur le banc: Lindegaard, Amos, Johnstone, M Keane, James, Zaha, W Keane.

Manager: Louis van Gaal assisté de Ryan Giggs

Si en championnat et en C1, le MU de van Gaal continue sur sa lancée de sa tournée estival ça va saigner!
Les Red Devils sont de retour! Et ils ont une faim de loup!
De vrais carnivores qui dévorent tout sur leur passage: le Real Madrid comme Liverpool, personne ne leur résiste.
Les bons joueurs répondent présents, les très bons aussi.
Cela fait plaisir à voir.
La greffe s’est bien faite avec les nouveaux éléments.
Que la fête commence !
Sir Ferguson ne dormira plus sur son siège d’Old Trafford.
On va revoir du football dans le théâtre des rêves.
Fini la peur, fini l’angoisse, fini le doute imbécile, fini les passes n’importe où, fini les joueurs qui se débarrassent du ballon.
Place au jeu, place à l’audace, place au courage, place à la fierté.
Place à MU !

04.08.14

Permalien 22:53:10, Catégories: THE RED DEVILS, GRAND MONSIEUR  

Depuis son arrivée à Man United, Louis van Gaal a déjà réinstallé la dynamique de la victoire dans la sublime Maison Rouge

International Champions Cup
2 août 2014
Real Madrid 1-3 Manchester United

But pour le Real: Bale (27e pen.)
Buts pour MU: Young (21 e, 37e), Chicharito (80e)

Manchester United: De Gea/
M Keane, Jones, Evans (Blackett 46e)/
Valencia (Lingard 62e), Herrera (Cleverley 46e), Fletcher ©, Young (Shaw 46e)/
Mata (Kagawa 62e)/
Rooney (Chicharito 62e), Welbeck (Zaha 41e).

Sur le banc: Lindegaard, Amos, Johnstone, James, Nani, W Keane.

Manager: Louis van Gaal

Real Madrid: Casillas; Ramos, Pepe, Nacho; Arbeloa (Ronaldo 74e), Illarmendi, Alonso (De Tomas 56e), Carvajal; Modric, Bale; Isco.

Sur le banc: Lopez, D Llorente, Osede, Medran, M Llorente, Mascarell, Pacheco, Sobrino, Vazquez, Benzema

Manager : Carlo Ancelotti

Avant même d’arriver à Old Trafford, Louis van Gaal trouva le lien pour s’unir aux fans lors d’une conférence de presse improvisée au Brésil.
A un encarté de la BBC, sans doute fan d’un club de Londres, qui lui demanda ce que cela faisait de signer à MU, il rétorqua par un uppercut verbal:
-"Question stupide ! Je signe dans le plus grand club du monde et vous me demandez ce que je ressens. Oui, question stupide! “
D’emblée, le Néerlandais entra dans notre cœur.
Bien sûr, au Real Madrid, à Barcelone, à Liverpool, ainsi de suite, chaque fan pense aussi qu’il appartient au meilleur club au monde. Disons que MU est l’un des cinq plus grands clubs au monde avec l’AC Milan, le Real, le Barça et le Bayern.
Fini la poisse, fini la peur au ventre, fini le stress au coup d’envoi !
Cette avant-saison de MU ne connaît pas de matchs amicaux traditionnels. Tous les Red Devils jouent à fond pour séduire le nouveau coach au regard de laser. C’est question de vie ou de mort sportive. Ceux qui ne seront pas retenus feront banquette ou partiront voir aller.
Presque 110 000 spectateurs se sont déplacés au Michigan Stadium pour voir Manchester United battre le champion d’Europe 2014 (3-1) grâce à un doublé d’Ashley Young et un but de Chicharito qui ont concrétisé tous les efforts d’un très beau groupe mancunien qui recommence à faire peur à Chelsea et à Man City les deux principaux prétendants au titre anglais 2015.Arsenal et Liverpool sont toujours si fragiles mentalement qu’ils occupent le rideau suivant des favoris. Tottenham ? Vous voulez rire ou quoi ! Les Spurs ne sont que des figurants. La saison dernière, Lloris a encaissé une valise de buts. Pour gagner de l’argent Tottenham c’est bien, pour le reste, pfff… Au début du match, les 110 000 personnes ne savaient pas que MU allait gagner. A la fin, tout le stade était conquis par les Anglais, y compris les fans du Real Madrid dont certains changèrent de camp pendant le match !

Les dirigeants du Real sont respectueux de leurs fans étrangers. Les Américains voulaient voir Ronaldo, ils l’ont vu. A l’inverse de ceux du Barça qui n’ont pas vu Messi à Nice. Rappelons que l’union MU-Real est authentique. Au moment du crash 1958, seul le Real parmi les clubs étrangers a apporté son soutien à MU endeuillé au point de proposer de prêter Alfredo Di Stefano un an à MU. Matt Busby refusa mais l’amitié entre les deux clubs est depuis éternelle. Ce n’est pas un match amical ou de C1 qui va détruire l’union sacrée.

Revenons au terrain. Les essais de van Gaal font plaisir à voir. Alors que MU n’a jamais joué avec une défense à trois, il est en train de l’installer. C’est mieux que d’être un clone de David Moyes qui a trop mis ses pas dans ceux de Sir Ferguson. Van Gaal ose et a raison. Son groupe sent la victoire. Les joueurs ont retrouvé la grinta. Cela se voit, les Red Devils ont de nouveau faim ! Les places de titulaires sont chères. Tout le monde veut être de la fête !
Après le départ des trois capitaines : Vidic, Evra et Ferdinand, c’est Darren Fletcher qui a hérité du brassard. Voilà un grand signe de van Gaal au niveau de la tradition rouge. Fletcher… On a cru qu’il allait quitter le football, voire quitter la vie mais sa force de caractère a vaincu la maladie. Le soldat Fletcher est revenu au premier plan: comme balayeur-relayeur-relanceur on ne fait pas mieux. La grandeur de MU c’est de toujours récompenser ses soldats les plus valeureux, ceux qui n’abandonnent jamais. Anti vedette people, anti Beckham, Fletcher est un vrai de vrai comme Giggs, Scholes et Carrick. Des hommes, pas des marionnettes pour ignorants du football.
Les matchs amicaux de MU ont permis à van Gaal de faire remonter à la surface les vrais talents. Les détracteurs de MU – ils sont des millions- sont prévenus : MU rejoue pour la gagner, pour le titre. Le langage corporel de van Gaal est celui d’un winner. Cette fois, pas d’erreur de casting !
La finale du tournoi américain sent les retrouvailles puisqu’elle oppose le 5 août Man United à … Liverpool !

[Post dédié à de Stael]

Nasri et l'équipe de France: to be or not to be ?

Dans un entretien accordé à Sky Sports, Samir Nasri a évoqué son probable avenir chez les Bleus:
-"J’ai pris ma décision. Je l’ai prise il y a quelques temps déjà, mais je l’annoncerai quand ce sera le bon moment. Ce n’est pas quelque chose que l’on peut annoncer comme ça sur Twitter. On doit s’asseoir, prendre le temps d’une longue interview (…) Je vis en Angleterre, et tout ce qui se dit en France ne me touche pas. Je suis habitué. Mais c’est très difficile pour mes parents. Je veux les rendre heureux, et la sélection nationale ne me rend pas heureux. Avec l’équipe nationale, je n’ai rien gagné. C’est plus facile de prendre cette décision comme ça, que si nous venions de gagner quelque chose. Quand vous jouez dans un grand club, et que vous disputez beaucoup de matches, il est facile de prendre à cette décision.”

Avec 41 sélections (5 buts), Nasri prend les devants.
Il vaut mieux dire adieu à la sélection plutôt que de ne pas être sélectionné.
Quand vous jouez dans un grand club, tous les joueurs sont internationaux. Lorsqu’il y a les séquences des équipes nationales il n’y a plus grand monde à Man City lors des entraînements.
Si vous n’êtes pas international, vos partenaires vous regardent comme si vous étiez un petit joueur.
Ne pas être international fait très mauvais effet au moment des contrats et des sponsors.
Quasi certain de ne plus être retenu par Deschamps, qui est sélectionneur au moins jusqu’après l’Euro 2016, Nasri préfère dire “je ne veux plus jouer en équipe nationale".
Le parcours des Bleus au Brésil, a prouvé que personne n’est irremplaçable, surtout qu’actuellement la France n’a pas de Kopa, pas de Platini, pas de Zidane.
Je suis convaincu que Nasri ferait un très bon organisateur chez les Bleus car il a une bonne vista et sait conserver le ballon, au besoin après trois dribbles.
Si j’étais sélectionneur, je prendrais Nasri pour le placer dans les meilleures conditions au sein d’un fort collectif.
Nasri a de la lumière dans les jambes. Il est moins un intermittent du spectacle qu’avant.
Chez les Gunners, il ne résistait pas beaucoup aux charges adverses. A Man City, il y a tant de bons joueurs à surveiller qu’il peut mieux s’exprimer. Bien sûr, il n’est pas déterminant comme Cantona à United- très loin de là- mais c’est un très bon technicien qui va toujours dans le sens du but adverse.
Je regrette qu’un joueur sélectionnable puisse dire non à la sélection.
La FIFA n’autorisait pas cela jadis.
Lié à Man City jusqu’en 2019, Nasri conduit très bien sa carrière en club. C’est déjà une très grande satisfaction.
Depuis qu’il a quitté Arsenal, il est devenu deux fois champions d’Angleterre. Donc bravo !
Nous ne sommes plus en 1950. La sélection n’est plus indispensable pour se faire remarquer.
En 2014, il est plus important de bien jouer en club.
D’ailleurs tous les grands clubs sont des sélections multinationales.

03.08.14

Permalien 19:44:19, Catégories: LITS ET RATURES  

L’art de l’ivresse, de Cleo Rocos (Autrement)

En 12 leçons, Cléo Rocos se propose de raconter l’Art de la biture. La comédienne en connaît un rayon sur le sujet, elle a de la bouteille. En Angleterre c’est une championne de l’humour, et l’on sait que les Anglais en connaissent un rayon là-dessus : Benny Hill, Monty Python, Mister Bean… J’en passe et des pires.
A une époque où les pouvoirs publics ne cessent pas de combattre l’alcoolisme au volant, il est étonnant de publier un livre à la gloire de la boisson. Voilà qui fera plaisir aux producteurs de vins. Bien sûr l’auteur fait l’apologie du boire avec modération. Je n’y crois pas trop. Boire ou (bien se) conduire, il faut choisir. Ce livre est livre amusant, il ne faut pas prendre le titre au pied de la lettre.
« On boit ensemble mais on est saoul tout seul. » Paroles de Blondin qui s’y connaissait en lever de coude. « Je ne bois pas pour boire mais pour l’ivresse » disait Verlaine. Baudelaire, lui, voulait qu’on s’enivre, de vin ou de poésie. De vin et de poésie, c’est mieux. « J’ai horreur du champagne chaud, du café froid et des femmes excitées » rappelait souvent Orson Welles. Le guide de Cleo Rocos est bourré… de recettes de cocktails, sans omettre tous les conseils pour éviter les effets indésirables.

-L’art de l’ivresse, de Cleo Rocos. Traduit de l’anglais par Jean-Loup Chiflet. Autrement, 240 p., 15, 90 €

02.08.14

La saison 2014-2015: c'est reparti mon kiki !

Aujourd’hui 2 août, la nouvelle saison amorce son début.
La veille a eu lieu l’ouverture de la L2.
C’est au tour des gros bras d’ouvrir le bal avec le Trophée de champions, en Chine ! Oui, PSG-Guingamp se déroule à Pékin. Guingamp qu’es-aco ? disent les Pékinois.
Voici les matchs du jour avec de grandes affiches, fussent-elles des matchs amicaux, de la com. quoi
On note que tous les matchs sont payants.
Si les allocutions des hommes politiques étaient payants personne ne les regarderait.
Dans pas longtemps on nous fera payer l’air que l’on respire.

14 h / beIN SPORTS 1
Paris PSG 2-0 Guingamp, Trophée des Champions

15 h/ Canal+ Sport
Valence CF 2-2 Monaco, Emirates Cup

17 h 20/ Canal+ Sport
Arsenal 5-1 Benfica, Emirates Cup

19 h/ beIN SPORTS 1
AS Rome 0-2 Inter Milan, International Champions Cup

20 h 45/ beIN SPORTS 2
Nice 1-1 Barcelone FC, amical.

21 h / beIN SPORTS 1
Manchester City 2-2 [4-5]Olympiakos, International Champions Cup

22 h 05/ beIN SPORTS MAX 4
Real Madrid 1-3 Manchester United, amical
But pour le Real: Bale (27e pen.)
Buts pour MU: Young (21e, 37e), Chicharito (80e)

Composition de départ de MU:
De Gea - M. Keane, Jones, Evans - Valencia, Ander Herrera, Fletcher, Young - Mata - Rooney, Welbeck

Van Gaal serait bien inspiré de conserver Chicharito. Bon vent à Fellaini mais le Mexicain doit rester un Red Devil !

01.08.14

Permalien 23:15:15, Catégories: LITS ET RATURES, GRANDE DAME  

Mon chat zen, de Ludovica Scarpa (Autrement)

La vénitienne Ludovica Scarpa est tombée sous le charme du chat de son voisin qui est venu se planter sur le palier de chez elle de son plein gré. Le matou s’appelle Zorro. Donc Zorro est arrivé un beau jour dans la vie de la philosophe comme par enchantement : «Zorro est un chat spécial. C’est lui qui m’a choisie». La dame ouvre la porte à son hôte qui a pris l’habitude d’aller sur « son » fauteuil. S’en suit un dialogue muet, un opéra de regard entre le chat et sa compagne qui l’observe sans cesse. Même si la narratrice est donc une élue et qu’elle n’a pas fait la démarche d’aller s’offrir un chat, son récit est un bloc de solitude, à l’image de ce voisin qui fait à manger pour quatre alors qu’il vit seul. Un récit très sobre, à la japonaise. Une façon de ciseler les séquences qui rappelle le trait du peintre Hokusai. Les amateurs de minous doivent lire Ludovica Scarpa pour y entendre ronronner Zorro.

-Mon chat zen, de Ludovica Scarpa. Traduit de l’italien par Caroline Roptin. Illustrations de José Reis de Matos. Autrement, 128 p., 10 €

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