Appels aux Européens, et Derniers messages, de Stefan Zweig (Bartillat)

26.05.14

Permalien 15:40:24, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Appels aux Européens, et Derniers messages, de Stefan Zweig (Bartillat)

Le livre comporte pour un tiers la préface de Jacques Le Rider qui explique bien la vision européenne de Stefan Zweig (1881-1942) qui souhaitait que l’union des composantes différentes serait la garantie contre la guerre. Nietzsche, avant lui, avait dit que «le XXe siècle serait le siècle classique de la guerre». L’auteur d’Ainsi parlait Zarathoustra haïssait les patriotismes exacerbés.
Le Rider nous rappelle que dans sa jeunesse Zweig avait plus un tempérament belliciste que pacifiste. Les éditions Bartillat publient deux conférences inédites du maître autrichien. L’appellation « maître » n’est pas injustifiée quand on sait qu’on l’utilise pour des sportifs qui n’ont pourtant rien fait d’extraordinaire.
En 1932, juste avant l’arrivée d’Hitler au pouvoir, Zweig écrit “La désintoxication morale de l’Europe", le texte qu’il lit à la Conférence pour le congrès de l’Accademie italienne à Rome. Quand le nationalisme fait rage, il appelle les dirigeants à favoriser les échanges entre nations : il voudrait que les jeunes étudient ailleurs dans leur pays d’origine afin de développer la culture entre les peuples. Quelle désillusion ! Il choisira l’exil : l’Angleterre puis le Brésil.
En 1934, il écrit à son ami Joseph Roth pour lui dire qu’il espère venir à Paris pour une autre conférence. On ne sait pas s’il parlait de “L’unification de l’Europe” où il évoque sa terreur de voir les rassemblements de foule immense qui écoute les dictateurs. « Dans tous ces effets de masse agit une force hypnotique ». Peut-on être plus lucide ?
Déçu par les leaders politiques des années 1930-1940, qui attisent la haine entre les peuples, il se suicide le 22 février 1942 à Rio-de-Janeiro, entraînant sa femme dans la mort, sa femme qui était très souffrante. Derniers messages ne contient pas ses ultimes textes mais le titre convient bien car on peut les lire comme des bouteilles à la mer qu’on ne découvre qu’en 2014. Ceux qui l’ignorent apprendront que Zweig était un traumatisé de la guerre, celle de 14. Il était écoeuré à l’idée de revoir une nouvelle folie meurtrière. L’ouvrage comprend une suite d’hommages à von Hofmannshal, Tolstoï et Byron, des compagnons de chevet. A présent c’est lui, Stefan Zweig qui reste auprès de nous.

-Appels aux Européens, de Stefan Zweig. Préface et traduction de Jacques Le Rider. Bartillat/ Omnia poche, 144 p., 7 €
-Derniers messages, de Stefan Zweig. Traduit de l’allemand (Autriche) par Alzir Hella. Préface de Jacques Le Rider. Bartillat/ Omnia poche, 252 p., 9 €.

[Post dédié à Klaus Mann]

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