Radioscopie de la confiance de Renaud Lavillenie

07.03.14

Permalink 09:12:04, Catégories: GRAND MONSIEUR, CERDANEMENT  

Radioscopie de la confiance de Renaud Lavillenie

Après le saut historique de Lavillenie, son illustrissime aîné Sergueï Bubka a quitté les tribunes pour venir saluer son successeur au record du monde. Grands moments.

Quand le Français Renaud Lavillenie a battu le record du monde de saut à la perche en salle franchissant 6,16 m dès son premier essai, samedi 15 février 2014 à Donetsk, en Ukraine, l’athlète n’est pas soudainement devenu meilleur qu’avant de s’élancer vers la barre.
Il suffit de voir son palmarès international pour s’en persuader : en individuel ou par équipe, il collectionne les titres de champions d’Europe (2009, 2010, 2011, 2012, 2013) du Monde (2012) et Olympique (2012).
Impressionnant ! Renaud Lavillenie était déjà un immense champion avant d’effacer le précédent record mondial de la spécialité détenu par l’Ukrainien Sergueï Bubka, considéré comme le plus grand perchiste de tous les temps, depuis 21 ans, avec 6,15 m.
Désormais Lavillenie a remporté tout ce qu’il est possible de gagner. Son record mondial le situe dans la galaxie des plus grands champions français : Mimoun, Cerdan, Killy, Prost, Perec, Zidane, Manaudou, Loeb, Riner.
Après son record du monde, les médias se sont emparés de son exploit pour faire les gros titres. Les sportifs de haut niveau procurent des bonnes nouvelles. Celles dont on a tant besoin car d’habitude on nous inonde de catastrophes en tous genres. Beaucoup de gens s’identifient aux sportifs qui accomplissent une grande performance alors qu’ils n’en sont que les spectateurs, voire téléspectateurs. Le sport est si attractif que l’on finit par croire qu’on a réalisé le saut de Lavillenie nous-mêmes.
Il convient de regarder de plus près ce qu’a fait Renaud Lavillenie. En premier lieu, il nous a montré une fois de plus qu’il pense toujours pouvoir réaliser ce qu’il veut faire. Sinon, il n’aurait jamais franchi toutes ces barres si élevées au cours de sa carrière. Penser réaliser ce qu’on veut faire c’est preuve d’une immense confiance en soi.
La perche est un très grand sport car elle nécessite d’être en harmonie totale. Il faut être prêt physiquement, bien choisir son matériel, courir vite en parfait équilibre, s’élancer au bon moment après avoir bien engagé la perche, monter le plus haut possible, commencer à franchir la barre lorsque le corps a atteint sa vitesse limite, repousser la perche avant la rotation du corps, ne pas toucher la barre lors de l’amorce de la chute dans la fosse… Pour être combinés tous ces paramètres demandent une immense technique.
Quand il est redescendu des airs, Renaud Lavillenie a vu que la barre était restée fixe. Avant même d’avoir regagné le sol, il savait qu’il avait battu le record du monde. On a pu lire sa joie sur son visage si expressif.
Ensuite, il a manifesté son bonheur comme le fit Bob Beamon lorsqu’il sauta en longueur 8,90 m pendant les Jeux olympiques 1968 de Mexico. La meilleure performance mondiale du Français ne s’est pas déroulée n’importe où. Lavillenie est devenu l’homme qui saute le plus haut du monde, à Donetsk, en Ukraine, sous les yeux de Sergueï Bubka qui jadis régnait dans ces mêmes lieux.
Les deux champions ont été réunis pour la photo. On a pu voir que le Français (67 kg) atteint les sommets sans dépasser les 1, 80 m qui est la taille habituelle des meilleurs perchistes.
Après son record du monde, Renaud Lavillenie s’est blessé à un pied à la réception d’un autre saut tenté à 6,21 m. Image frappante de voir le champion se déplacer avec des béquilles le jour de son exploit. Cette blessure ne doit rien au hasard. Autant le saut héroïque a ponctué une préparation au cours de laquelle le champion était concentré à 100 % et plus ! Autant sa tentative à 6,21 m est intervenue dans un moment euphorique. Certes, pour franchir 6,16 m il faut sauter plus haut que cette marque mais pour y parvenir on doit avoir l’esprit et le corps en totale osmose. Ce n’était pas le cas lors de l’essai pour améliorer le record du monde de fraîche date. Il va falloir que Lavillenie retrouve tous ses esprits pour repartir de plus belle.
La leçon à retenir c’est que l’on doit tout coordonner lorsque nous décidons d’accomplir une tâche. Si Lavillenie s’est blessé c’est qu’il avait escamoté trop de paramètres lors de sa tentative à 6, 21 m. Samedi 15 février 2014, Renaud Lavillenie nous a montré deux gestes antinomiques exactement comme Maradona en 1986 quand le footballeur a ouvert le score avec l’aide de la «main de Dieu » avant d’inscrire un second but décisif d’anthologie, partant de son camp pour dribbler toute l’équipe de la RFA- ou presque- afin d’aller conclure d’un tir foudroyant. La force des champions réside dans leur démonstration par des actes et non pas des mots. C’est pourquoi beaucoup écrivains aiment le sport, à commencer par Albert Camus.

Commentaires, Pingbacks:

Cet article n'a pas de Commentaires/Pingbacks pour le moment...

Laisser un commentaire:

Votre adresse email ne sera pas affichée sur ce site.
Votre URL sera affichée.

Balises XHTML autorisées: <p, ul, ol, li, dl, dt, dd, address, blockquote, ins, del, span, bdo, br, em, strong, dfn, code, samp, kdb, var, cite, abbr, acronym, q, sub, sup, tt, i, b, big, small>
(Les retours à la ligne deviennent des <br />)
(Sauver le nom, l'email et l'url dans des cookies.)
(Autoriser les utilisateurs à vous contacter par un formulaire de message (votre adresse email ne sera PAS révellée.))

Décembre 2020
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
 << <   > >>
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      

Le blog de Bernard Morlino

Rechercher

powered by b2evolution free blog software