La Revue de Stress: Libération prisonnier des baisses de vente

16.02.14

La Revue de Stress: Libération prisonnier des baisses de vente

Concernant la crise de Libération, on peut lire dans www.lemonde.fr :
“Pour passer le cap de janvier, l’Etat a versé de façon anticipée une grande partie des aides à la presse dues à Libération pour 2014, soit 3 millions d’euros. En 2013, le titre avait touché 6 millions d’aides publiques mais ce montant pourrait être plus faible cette année, notamment en raison de la baisse des ventes. « Aucun actionnaire n’investirait dans la situation actuelle », estime une source gouvernementale.” (1)

Et aussi:
“En 2013, les ventes en kiosques ont baissé de 28,8 % par rapport à 2012 et viennent de passer sous la barre des 30 000 exemplaires quotidiens (la diffusion payée est, elle, de 100 000 exemplaires environ). Libération n’est pas adossé à un groupe. Les pertes s’accumulent. La direction a dû négocier un rééchelonnement d’une dette de 6 millions d’euros.”

Sur Canal +, Antoine de Caunes a dit que Libération avait demandé 2 M€ supplémentaires au gouvernement, si possible.

Tous les journaux de grande audience bénéficient d’aide gouvernemental.
Et on ose parler de l’indépendance de la presse…
Un journal de gauche sponsorisé par un gouvernement de gauche n’a plus la liberté de critiquer, et s’il critique c’est un goujat qui n’a pas la reconnaissance du ventre. Bien sûr les théâtres subventionnés montent des spectacles hostiles au pouvoir mais un journal n’a rien voir avec du théâtre.
Ce que je dis pour la gauche est valable aussi à droite.
Dans le camp opposé on ne tire pas à boulets rouges sur son patron marchand d’armes actuellement sous les feux de la justice.

Revenons à Libération. Dans les années 1970, c’était un laboratoire grandiose, un vent d’air frais. Rappelons que nous étions sous la domination de la droite.
Au cours de la présidence F. Mitterrand dans les années 1980, Libération a atteint son meilleur niveau: les pages culturelles étaient superbes avec de magnifiques plumes: Daney, Waintrop, Thibaudat…
J’étais moins sensible aux papiers qui usaient trop d’un langage branchouillard qui vieillit très vite.
Les faits divers étaient bien traités par Denis Robert.
Les sports aussi: Remy Fière. Beaucoup d’autres.
Il y avait une grande politique de la photographie sous l’impulsion de Christian Caujolle.
La page courrier créait chaque jour l’événement et puis tout à coup elle a été supprimée.
A partir de cette suppression qui m’a fait l’effet d’une censure je n’ai plus acheté le journal.
Au départ, Libé c’était un organe de presse mis à la disposition des lecteurs.
A mes yeux, Libé=Serge July, comme Tour Eiffel=Paris.
Les journaux comme le reste sont incarnés par une forte personnalité.
Serge July n’avait peut-être pas que des qualités mais sa direction, Libération avait du caractère.
Maintenant Libé c’est qui ?
Jadis Le quotidien de Paris c’était Philippe Tesson.
Libération n’a pas su se renouveler.
Les noms historiques servaient le journal et ne s’en servaient pas.
Libé fut une grande école de journalisme. Au fil du temps, des signatures moins talentueuses étaient surtout fortes pour les effets de manche.
Dans les années 1970, Libération incarné la contestation.
Dans les années 1980, un grand goût culturel.
En 2014, l’identité est floue. Pour les Bobos ?
Désormais, lire Le Parisien n’est plus ringard.
On ne sait pas si ce journal est de gauche ou de droite.
L’actualité est traitée dans des formats lisibles. C’est bien ventilé.
Le Parisien est populaire dans le meilleur sens du mot.
Etonnamment, Le Parisien traîne encore l’image du béret avec la baguette et le litron de vinasse.
A l’ère internet Libération n’a pas su se situer entre Le Monde et Le Parisien.
J’aime lire des humeurs mais pas qu’on me disent: si tu ne penses pas comme toi tu n’es qu’un pauvre type.

(1)http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2014/02/13/liberation-six-jours-de-crise-et-une-demission_4365938_3236.html

Commentaires, Pingbacks:

Commentaire de: saga [Visiteur] Email
tous les journaux sont subventionnés. TOUS. Voici, France Dimanche, Ici Paris aussi! Ils appellent cela respecter la pluralité de la presse
PermalinkPermalien 16.02.14 @ 16:45
Commentaire de: saga [Visiteur] Email
La parisien, quana à lui, a recu 9 million d'euros de subvention pour l'année 2012
PermalinkPermalien 16.02.14 @ 17:13
Commentaire de: morlino [Membre]
Je n ai pas dit le contraire...
"Tous les journaux de grande audience bénéficient d’aide gouvernemental." Mieux que ça je ne peux pas l'écrire.
PermalinkPermalien 16.02.14 @ 21:25

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